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Grand Angle

Algérie : de l’identité d’exclusion à l’identité de cohésion (III)

La première marche du MCB réprimée à Alger le 26 mars 1980.

III - De l'identité d'exclusion à l'identité de cohésion

"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." Martin Luther King

Le temps n'est-il pas venu de remettre le pays dans ses dimensions originelles tout en l'arrimant à la modernité ? Mais avant de nous lancer dans ce qui nous paraît être les impératifs du vivre ensemble, essayons de comprendre ce que signifie le concept d'identité.

Deux axes structurent l'identité de l'humain : l'inné et le construit. Le premier est acquis à la naissance (le sexe, la couleur de la peau)- je suis un humain : c'est le principe de l'identité substantive selon l'expression de Edgar Morin. Le second principe se construit et se transforme tout au long de la vie : c'est le principe de l'identité adjectivée toujours selon Edgar Morin. Bien que l'identité substantive ne soit pas déterminée par l'environnement social, elle ne la met pas à l'abri de ses pesanteurs : naître fille en Afghanistan est différent en termes de trajectoire de vie de sa semblable née en Europe par exemple. En ce qui concerne notre exposé, nous nous intéresserons uniquement à l'identité adjectivée.

Si l'identité adjectivée est influencée par les facteurs socio-historiques cela pourrait alors signifier qu'elle n'est pas figée mais bien au contraire toujours en mouvement. Aussi c'est partant du principe que l'identité n'est pas un donné mais un construit que nous allons tenter d'émettre quelques pistes de réflexion pour une identité de cohésion articulée autour des héritages du passé, des impératifs du présent et des contingences du futur.

Comment concevoir cette identité de cohésion? Elle parait s'articuler autour de 3 axes :

- Une culture commune : langue, littérature, patrimoine

- Des valeurs communes : la république, l'égalité homme-femme, la laïcité, la démocratie

- Un destin commun : solidarité et communauté de destin.

D’emblée, nous constatons que cette approche est aux antipodes de la définition officielle de l’identité véhiculée par les différentes constitutions algériennes. La difficulté est d'autant plus accentuée à l'exposé des éléments constitutifs des trois points énoncés ci-dessus tant ils sont en opposition parfaite à la doctrine officielle et au sentiment majoritaire de la population. Nous y reviendrons plus loin car pour le moment, examinons en détail les éléments constitutifs de ce que nous appelons les impératifs de la problématique du "vivre ensemble" :

Une culture commune : elle repose essentiellement sur le souci de se référer et d'assumer une histoire commune ; de communiquer dans une langue en adéquation avec les réalités sociologiques et à même d'épouser les impératifs de la modernité.

Assumer une histoire commune, c'est reconnaître et se réclamer d'une histoire tumultueuse qui a vu passer sur la terre nord-africaine : romains, byzantins, arabes, turcs, français...la rencontre avec les populations locales ne s'est pas faite sans résistance bien évidemment mais aussi sans influence réciproque. Croire qu'on ne marque pas de son empreinte un pays que l'on a occupé pendant près de 6 siècles est une absurdité! Il en est résulté des processus d'acculturation sans pour autant faire disparaître les pratiques linguistiques et culturelles. Ceux qui définissent la terre Nord-Africaine comme arabe ou bien que l'islam a arabisée oublient que ce n'est qu'au VIIIème siècle que l’Afrique du Nord devient "Maghreb arabe" et que, aujourd'hui encore, le patrimoine culturel et archéologique, les idiomes régionaux témoignent de la profondeur de l'histoire de cette terre qui a su intégrer, sans pour autant s'aliéner, les apports extérieurs.

Notre histoire n'est ni linéaire, ni figée ; elle est à l'effigie de l'histoire des autres pays : contrastée, accidentée, nourrie et enrichie des apports extérieurs...Comme elle a enrichi les civilisations auxquelles elle était confrontée parfois violemment. Nous avons hérité du potentiel technologique et culturel des envahisseurs (les techniques de production, les langues, les techniques d’architecture et d’urbanisme) mais aussi nous avons donné des papes et des évêques (Victor 1er, Melchiade, Gélase 1er) à la chrétienté, des magistrats à la justice romaine, des pharaons à l’Egypte (Chechnak 1er). C’est aussi un berbère (Tarik Ibn Ziad) qui a permis à l’islam de rayonner dans le royaume de l’actuelle Espagne…

C'est cette histoire plurielle (méditerranéenne et africaine particulièrement) sans cesse en mouvement qu'il convient d'assumer aujourd’hui.

Quelle langue ?

Le deuxième élément de l'identité d'un pays est lié à la langue. La thématique linguistique en Algérie soulève des difficultés liées à des enjeux éminemment politico-idéologiques.

Aujourd'hui l'aire linguistique comprend principalement: l'Arabe classique, l'Arabe algérien/Darja, le Berbère/tamazight et le Français avec un statut largement dominant idéologiquement et politiquement du premier idiome cité. Et nous avons la faiblesse de penser que c'est la suprématie décrétée et entretenue de cet idiome qui est à l'origine des tensions, conflits qui minent le "vivre ensemble". Soyons plus explicites et tentons de faire succinctement l’état des lieux :

La langue arabe classique

C’est l'outil de codification et de divulgation du Coran à travers les pays et les contrées conquis par les Arabes. Au contact des idiomes des territoires annexés se produit alors une situation de diglossie largement en faveur de l'Arabe classique parce que langue écrite, sacrée et surtout soutenue par un bras armé : l’Etat. Outil de mobilisation contre l’occupant colonial, elle se veut, à l’indépendance, moyen de réappropriation de la personnalité algérienne et elle fut alors décrétée langue nationale et officielle de l’Etat algérien.

Quelques repères dans le processus d’arabisation :

- arabisation dès la rentrée de 1963 du tiers des enseignements de la première année du cycle primaire et arabisation totale de ce cycle un an après. L’Algérie, pour la mise en place de cette politique, fait appel à un contingent de 1000 enseignants égyptiens sans expérience pédagogique, ni d’enseignement.

- le 26 avril 1968, le Conseil de la Révolution, organe légiférant mis en place au lendemain du coup d’Etat du 19 juin 1965, ordonne l’usage de la langue arabe dans les administrations à partir du 1er janvier 1971 et les recrutements dans la fonction publique uniquement en langue arabe.

- en 1976, il est décrété l’arabisation de l’état civil, des noms des rues, et le vendredi est fixé jour de repos.

- septembre 1980, un oukase du ministère de l’enseignement supérieur, somme la communauté universitaire de dispenser les enseignements de la première année des sciences sociales et humaines en langue arabe. Pour la conduite de cette opération, l’Algérie fait appel à la coopération irakienne et renouvèle ainsi l’expérience malheureuse connue avec les enseignants égyptiens.

- la loi du 7 décembre 1996 fixe l’usage généralisé et obligatoire de la langue arabe à partir du 5 juillet 1998.

En dépit du rapport de force politique qui lui est favorable et des moyens financiers alloués, cette langue peine à prendre racine dans les mentalités algériennes en raison principalement :

°du peu d’enthousiasme qu’elle requiert auprès de la population (60% des foyers algériens pratiquent la langue française selon l’institut Abassa cité par le quotidien El Watan du 2 novembre 2000)

°de la charge idéologique qu’elle véhicule. Nous y reviendrons dans la suite de cet article.

°du rejet dont elle est l’objet de certaines franges de la population qui la vivent comme violence et entreprise de remise en cause de leur identité car, pour reprendre l’expression de Jacques Berque, "une langue ne sert pas à communiquer, elle sert à être".

- Le berbère ou tamaziYt et l’algérien/darja (ou arabe algérien)

Ces deux langues nationales authentiques et dynamiques sont largement répandues et usitées dans la vie de tous les jours mais guère encouragées par les pouvoirs publics quand elles ne sont pas tout simplement niées. Si pour la langue Tamazight les choses ont évolué positivement ces dernières années (reconnaissance constitutionnelle, enseignement), cela ne semble pas être de la langue algérienne dite Darja.

Pourtant, elle est la langue la plus répandue et elle couvre l’ensemble du territoire et plus (il n’existe pas de statistiques officielles en la matière) de 70% en maitrisent l’usage selon diverses sources. C’est un véritable idiome vivant avec un fond lexical et grammatical riche et diversifié : berbère, arabe, français, espagnol, hébreu… qui autorise la communication et facilite l’échange entre les algériens. Cependant marginalisée au niveau institutionnel et reléguée à un statut de sous-langue aux yeux des bien-pensants, cet idiome souffre de l’absence d’acteurs en capacité de lui donner une dimension politique.

La langue berbère, idiome d’environ 30% de la population selon l’estimation du linguistique Salem Chaker, ne doit sa survie qu’à l’abnégation de ses locuteurs et à la détermination de ses militants.

L’ostracisme, dont fut victime la langue berbère (suppression à la rentrée universitaire de 1973 des cours de berbère dispensés par Mouloud Mammeri à l’université d’Alger, l’interdiction de sa conférence sur la poésie kabyle ancienne à Tizi-Ouzou …) va servir de tremplin à l’émergence d’une revendication politique et vient ainsi consacrer un long travail de conscientisation entrepris dès l’indépendance voire bien avant.

Le printemps berbère de 1980, expression d’une mobilisation populaire sans précédent, marque définitivement l’inscription de la question linguistique dans le champ politique algérien. C’est là, la principale différence avec la langue darja dont les acteurs tardent à émerger sur la scène politique.

- Le troisième idiome dans l’aire linguistique algérienne est celui hérité de la colonisation

Un véritable paradoxe caractérise le statut de cette langue. Décriée et jugée suspecte de véhiculer l’idéologie néocoloniale par les partisans de l’arabisation généralisée, la langue française est perçue, particulièrement par les élites, comme outil d’émancipation et de promotion : 70% des parents d’élèves souhaitent que leurs enfants apprennent cette langue.

Il faut dire que l’échec patent de l’arabisation, menée au pas de charge par un personnel davantage militant que pédagogue, a favorisé, en raison de l’utilité particulièrement dans le domaine de l’emploi, l’option pour la langue française : plus de 11 millions d’algériens déclarent savoir lire et écrire en Français (source office national des statistique d’Algérie) et plus de la moitié des quotidiens de la presse écrite s’éditent dans cette langue.

Voilà succinctement pour l’état des lieux.

Et la question qui vient à l’esprit est de se dire pourquoi ne pas partir de cette réalité sociologique et historique pour définir une politique linguistique en conformité avec les spécificités de chacune de ces langues :

  • aux 1ères (tamazight et arabe algérien) : la vocation nationale et identitaire;
  • à la 2e (l’arabe classique) : la fonction liturgique ;
  • enfin à la 3eme (le français) : la charge d’outil de communication et de travail.

Cette dernière proposition risque de nous attirer les foudres des gardiens du temple qui n'hésiteront pas lancer des cris d’orfraie et à nous traiter de nostalgiques - de - l'impérialisme- et de "hizb frança" (parti de la France). Nous aurions pris au sérieux cette attaque :

- D’abord si l’état des lieux ci-dessus ne reflétait pas la réalité sociolinguistique du pays;

- Ensuite, si la scolarisation massive et forcée en langue arabe classique avait produit des résultats encourageants ici comme dans le reste des pays arabes. Or faut-il rappeler que 50% des populations de ces pays sont analphabètes et que seul un écolier sur quatre maîtrise l'idiome classique à la fin de sa scolarité. En Algérie, certaines sources évaluent le taux d'échec à 60%.

- Puis, si les différentes études linguistiques n'avaient pas conclu à l'invariance de la morphologie et de la syntaxe de l'arabe classique. Mostefa Lacheraf (ancien bref ministre de l'Education nationale en 1977) alertait déjà sur le phénomène de glaciation du vocabulaire et de la syntaxe de cette langue qui n’a pratiquement pas évolué depuis sa codification au VIIème siècle.

Plus expressif est le constat que dresse l’écrivain et journaliste égyptien, Chérif Choubachy, qui va jusqu’à affirmer, dans son ouvrage «Le sabre et la virgule », que la grammaire de la langue du coran est figée depuis 1500 ans et toute tentative de modernisation s’est heurtée à des blocages au prétexte que la langue sacrée ne doit en aucun cas faire l'objet de modification. Il conclut d’ailleurs que le développement des pays arabes est étroitement lié à l’impérative nécessité de rénover cet idiome. Faute de cette révolution des esprits, la langue arabe sacrée consacrera le carcan qu’elle s’est érigée depuis plus de 15 siècles ! (A suivre)

Auteur
Salem Djebara
 

Commentaires

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Mass Salem Djebara, Azul Amokrane

"De l’identité d’exclusion à l’identité de cohésion" , de facto , vous etes en porte à faux avec le thème de votre intervention .

Comment concevoir cette identité de cohésion uniquement autour de ces 3 axes :

- Une culture commune : langue, littérature, patrimoine

- Des valeurs communes : la république, l'égalité homme-femme, la laïcité, la démocratie

- Un destin commun : solidarité et communauté de destin.

Etrangement , L'Islam , vous l'ocultez et vous n'en parlez pas , alors que c'est une réalité dans la société Algerienne et Kabyle , à moins que vous l'évoquiez avec nuance dans les valeurs sus citées (Laicité) .

Ne décretez pas unilatéralement des valeurs pour en exclure d'autres , vous dites " l'identité n'est pas un donné mais un construit" et vous poursuivez " Deux axes structurent l'identité de l'humain : l'inné et le construit" , alors , l'Islam n'est il pas le construit ?

Win i wumi teεreq tikli n tsekkurt, ad yetbaε tin n tyaziṭ.

Amicalement

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Khazzat: Le "construit" par la force ne peut pas germer. L'arabisation n'a pas été citée dans aucun document ni du Congres de la Soummam ni duans les actes du Gpra.
Le régime nazi de boumediene a cru plaire à Nasser et pour le convaincre qu'il serait autant utile que benbella son prèféré, il a importé des enseignants d'arabes. Imposer une langue nationale à un autre peuple c'est un nazisme qu'Hitler n'avait pas osé.

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C'est bizarre que vous inculpez les pouvoirs de la non promotion de la Darija, alors que vous ne publiez jamais en cet Darija, vous écrivez tout simplement et tranquillement en Français ,langue que vous appelez coloniale, les seuls medias(audiovisuels) qui osent sans complexe utiliser la Darija sont considérés comme populistes et retrogrades par vos collègues francophones puristes. Soyez cohérent ?

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Tout d'abord , je tiens à remercier l'équipe qui gère le site et qui reprend fidèlement ma modeste contribution au débat démocratique , bravo.

Quant à la réaction de " Khazzat" excusez-moi l'expression, sa myopie ne lui a pas permis pas de discerner entre l'arabisation et l'islamisation de notre société, en effet, je n'ai à aucun moment cité l'arabisation dans mon intervention, cependant, j'ai attiré l'attention de Mass Djebara sur l'absence du réferent Islam par rapport aux autres valeurs de notre société, alors qu'il fait partie de notre substrat.
Svp ne poluez pas le débat , laissez nous débattre sans passion les questions liées à notre Culture et à notre Histoire , Mass Djebara est assez éloquent et intelectuellement compétent pour aborder ces sujets.

thanmirth

Win ifahmen yefhem, win ur nefhim ara yewhem.

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On parle encore du mot Daridja quand on veut parler de l'arabe algérien au lieu de parler du dialecte arabe et ses variances à travers tous les pays arabes même en Arabie Saoudite. Pourquoi cherche-t-on à donner de force à ce dialecte un certain statut quand on sait que même dans les pays comme la France ou le Québec on s'efforce de garder les parlers locaux en marge de la langue française avec ses normes de grammaire, de vocabulaire et de style selon l'usage que l'on fait de cette langue. Rédiger un document juridique ou un rapport médical demande une un lexique et un style différent. Le parler local est loin de rivaliser avec la langue académique. Alors d'où vient cet amour envers la langue Darija? un amour subitement affiché. A-t-on un complexe envers l'arabe académique?
Dieu merci, cette langue n'est pas juste celle du Coran comme il veut nous le faire croire mais aussi du droit, du politique, de la philosophie, de l’algèbre et de la géométrie et aussi de l'écriture romanesque.
J'ai étudié en langue arabe et je suis un lecteur assidu des journaux en langue arabe et je m'imagine mal communiquer en lange daridja dans un domaine scientifique en dehors de la langue Arabe académique. Et je le répète Une langue académique c'est une langue durement travaillée par des spécialistes chacun dans son domaine. Par conséquent s'élever d'une langue simple (dialecte) vers une langue de savoir c'est le pas à franchir vers le savoir. Pas l'inverse.
Aujourd'hui on fait des efforts pour passer par exemple du kabyle vers une langue du savoir. pour cela, des linguistes de renom ont travaillé fort pour franchir ce pas. Ce n'est pas avec le lexique de nos pères et de nos mères que demain on va rédiger un document juridique en kabyle. un peu de sérieux.
Pour la langue française, je veux rire. est-ce parce que je parle ou je maîtrise cette langue que je dois la considérer faire partie de mon patrimoine. En Algérie beaucoup parlent le français, l'anglais, l'espagnol, l'italien. WOOWW. toutes ces langues on doit se les réapproprier et dire que ces des langues qu'on doit enseigner pour qu'elles soient des langues ou des outils de communication. Non mon vieux. Une lange ne se limite pas aux mots où pour faire des discours. Une langue c'est des identités. On ne peut se réapproprier une langue étrangère sans qu'on se réapproprie son pendant qu'est la culture.
En Algérie on fait partie de la sphère culturelle arabe musulmane même si on est a-religieux. Comment?
En occident chrétien, le mot tabou n'a pas de place. le mariage tel qu'on le connaît a disparu. A la majorité garçon ou fille quitte le foyer familial pour faire sa vie et j'en passe. Comment je peux me réapproprier une langue qui ne correspond nullement à ma façon de vivre alors que j'ai une langue qui est l'arabe dont je suis fier même si je ne la maîtrise pas. pourquoi un simple français parle bien le français? pourquoi on n'a pas d’analphabètes en France?. Mais ces analphabètes au moins ils sont des êtres humains qui communiquent par excellence dans leur langue du terroir. Ne pas aspirer à parler une langue structurée, une langue savante n'a tué personne. C'est nous les êtres humains qui somme passées de langue simple à la langue savante par l'aiguisement de notre intelligence. Arrêtons de spéculer faussement et laissons les algériens amoureux de leur langue prospérer comme il le faut en arabe ou en berbère comme langue savante encore en construction.
.

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Il est remarquable que la seule chose qui vous interpelle est d'ordre cultuel, comme élément du construit que vous soulevez. Est-ce avec le dogme religieux qu'on construit un état moderne, développé, une société libre, émancipée vivant dans le confort de sa justice sociale ? Pourtant, nous avons devant nous le registre de 15 siècles qui témoignent de l'inertie induite de tous ordres par ce dogme. N'est-il pas un blocage total à tous les niveau : ni émancipation, ni progrès ou avancement scientifique, ni technologie, ni maîtrise d'un système éducatif relevé, ni système économique productif etc. Si vous vous dévouez avec autant d'abnégation à conjuguer vos efforts à sauver ce qui reste de la culture amazighe sans l'arrimer immanquablement au dogme bédouin vous n'auriez pas de difficulté à comprendre le sens de ce ''Khazzat'' dont je ne suis pas l'auteur. Mais, hélas, ''izzi yekcem s aqerru, i medden i fettu... d Ddin i d dwa lmehna". L'arabêtisation de masse a bien fait son œuvre et produit des résultats époustouflants, son cheval de Troie est un somnifère anabolisant, vecteur mutant sans égal, surtout ces dernières décennies. Autrefois, les gens pratiquaient innocemment une spiritualité dénuée de toute idéologie, sans atteinte à leur identité, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, le salafisme instrumentalisé vise à éradiquer la culture amazighe avec le poison de sa doctrine morbide, son but est d'effacer toute distinction culturelle quelle qu'elle soit, amazighe, kurde, copte, druze, yezidie etc. et fondre tout le monde dans une mythique oumma chimérique. Ce qui implique une destruction plutôt qu'une construction. Preuve, demandez-vous que sont devenus les Mandéens, les Nabatéens, les Moabites etc. Regardez autour de vous la prolifération des accoutrements bédouins: qamis, foulard, niqab, djilbab, barbichettes, chéchiates salafistes etc. tout comme la pléthore de canaux médiatiques dévolus à l'abrutissement de masse. Admirer la singerie quotidienne sur le canal Tamazight. Le mimétisme n'a rien épargné dans cette société désarticulée. Le langage n'est ponctué que par des incha allah, macha allah, astaghfir allah à tire-larigot. Baba ou Vava est devenu ''Abi'', Yemma est devenue ''Oummi'', 3li (Ali) est devenu 3âli et bien d'autres perles mimétiques chez les zélotes des temps nouveaux. Ainsi se décline le modus vivendi de l'arabo-musèlement. Alors, pour le construit, on repassera, ce n'est pas l'islam qui va construire quoi que ce soit de moderne, de démocratique, de scientifique, qui procède d'un phénomène positif de prospective. Les monothéismes, ou croyances prétendues comme tels, ne sont que le prolongement de mythes surannés qui se sont conférés l'imprimatur de la sacralité, avec laquelle ils s'arrogent le droit de régenter la vie terrestre. Parce que le but des religions n'est pas d'appréhender le monde avec une signification spéculative, la vie terrestre étant réglée par le dogme, elle ne fait que projeter le film de l'au-delà, avec le moyen convaincant le plus signifiant déployé à l'encontre du récalcitrant et du crédule, la massue d'Azraël, les comptes à rendre au Comptable démiurgique, même après une vie misérable on ne peut se rassurer d'être épargné de la destination de l'incomparable Resort des Grandes Chaleurs. Ben tout ça pour le naïf et l'innocent qui croient aux contes mythologiques bien sûr. Notre Histoire retient les invasions néfastes qui ont abîmé notre sort, défiguré le visage de nos contrées, suscitées par les convoitises, la rapine, les butins de razzias, l'enlèvement des femmes transformées en esclaves sexuelles des harems, l'impôt de capitation, la dévastation et le désespoir. Vous pensez que le Seigneur des cieux est complice et agrée à tout cela, sur cette planète Terre qui ne représente même pas un milliardième d'angström à l'échelle de l'univers ? Cet immense univers qu'il est si difficile d'appréhender par son gigantisme, qui donne le tournis au Divin lui-même par la collision des systèmes galactiques, ses milliards de milliards d'étoiles, l'effervescence dévorante des trous noirs, les éblouissantes explosions des supernovas, la luminescence des étoiles à neutrons, les naines blanches, les quasars et les pulsars etc. Et vous voudriez qu'il se gratte le crâne et se tire la barbiche en pensant à ce qu'il doit faire d'un non-jeûneur, d'un non-prieur, d'un non-Mecqueur ou simplement d'un être vivant librement sa courte vie.
Nigh-ak Tamusni n tafat ur tella-ra di tmucuha igh d bbwin i3raven s Ssif iqendyar d iccamaren. Kra n tmusni atsan bwayger itran n igenwan ma serhed i wallen-ik ad it-walli-d. Ghur-nagh Nenna-yassen: Essek akin ay ahuli balala, tikhr-ak i Tmurt Ugawa. Ma tesli-d yerbah, ma tenwid wayen nniden ulac ughilif. Amekw id yenna umedyaz : ''ula d kecc d gmat-nagh".
DR

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Ighmainou , En fait si j'ai bien compris , la préservation de notre culture l' émancipation et la marche vers le progrès ne peuvent se concrétiser qu'en s'affranchissant de la religion des ''bédouins'' , au passage rien ne distingue le bédouin de nos frères Touaregs si ce n'est la langue (nomadisme, gandoura, chèche, chameau !) , de plus l'attachement à la religion de nos frères Mozabites n'a pas engendré une acculturation ni une assimilation ! aussi à l'instar des turcs, des Malaysiens ou des indonésiens , la religion musulmane n'a pas du tout éclipsé leurs cultures , d'ailleurs les kurdes sont profondément musulmans et attaché à leur culture , donc ne faites pas de mauvais procès à la religion sur cet aspect-là, quant à l'arrimage au monde civilisé et progressiste , laissez- moi vous dire que ce dernier est responsable du génocide des indiens ,de la traite négrière , de l'holocauste et la liste est longue , de quelles valeurs parlons nous ? Wagi d awaliw , tanemirt ik a gma .

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