Aller au contenu principal
Body

FOOTAISES de Meziane Ourad

Après la finale, je redeviens Algérien !

Lalmas a été enterré au cimetière de Garidi dans une communion populaire formidable. Il aurait mérité un hommage national. Comme on en fait, parfois, pour les victimes d'une balle perdue, dans la cour des Invalides à Paris. Lui qui s'est fondu dans l'équipe du FLN, rentrée de Tunis après l'indépendance, à l'âge de 19 ans, qui sans le nationalisme aveugle des instances sportives et politiques du pays, aurait été une légende du football mondial, nous a quitté discrètement. Sur la pointe de ses précieux pieds.

Le football algérien avait des talents à revendre de son temps ! Les Zerga, Peunot, Ouchène, Aouar, Youcef, Debbah, Seridi, Salhi, Tahir et plus près Merzekane, Tasfaout, Madjer, Belloumi... inutile d'allonger la liste, ils sont des dizaines, qui auraient, aisément pu faire leur trou dans les championnats européens au temps où la France, déjà lauréate de la coupe du monde et aujourd'hui, demi-finaliste, était noyée dans les bas-fonds du classement FIFA.

Une directive du ministère de la Jeunesse et des Sports algérien, sortie à l'époque de la réforme sportive, interdisait à tout joueur de football de quitter le territoire avant … 28 ans !

Au moment où des milliers de cerveaux algériens en gestation étaient envoyés par les entreprises publiques, dans les meilleures universités mondiales, notamment américaines d'où ils ne sont, d'ailleurs, jamais revenus, on empêchait les artistes algériens du ballon rond d'aller s'épanouir sous d'autres cieux.

Quiconque avait osé se soustraire à ce devoir patriotique érigé en principe divin - le sacrifice de la patrie - aurait été considéré comme harki. Nos footballeurs ont donc accepté d'accompagner la réforme qui en a fait des fonctionnaires d'entreprises publiques lesquelles, malgré les sommes énormes injectées dans les structures, ont mené le sport algérien à la faillite.

Napht, Milaha, Electronic, Essalb… Le sport de performance tel qu'imaginé par le FLN a été un énorme banquet ouvert aux plus vils opportunistes et corrompus que ce pays a produit.

Toute cette mascarade, en fait, n'a été montée que pour effacer le mot Kabylie de l'intitulé de son équipe phare : la JSK née en 1946. 

Quelques années plus tard, les idéologues islamo-baâthistes que l'Algérie aime chouchouter pour mieux s'autoflageller, prennent la décision d'Algérianiser toute la toponymie du pays. A coup de commissions et de séminaires animés par des docteurs et historiens de pacotille, on entreprend de renommer les villes, les villages, les bourgs et les moindres lieux-dits de ce territoire mille fois envahi et autant de fois libéré par sa rude et résistante population. On a voulu arabiser les noms de localités séculaires, ou gommer les traces des ancêtres, on s'est fabriqué une histoire plane, aride, on a trépané les enfants d'Algérie. On a créé la panique dans les officines diplomatiques et les aéroports du monde entier.

L'Algérie était en train de redessiner la géographie de son territoire et partant celui de la planète. Qui dit aujourd'hui "El Bouleïda", "Tilimssen", "Soukeikda" ou "El Djazair" ? 

Combien d'argent a été englouti dans ce simulacre de reconquête d'identité ? 

L'Algérie est un vaste asile où les fous ne sont pas les patients mais ceux qui détiennent les clés des grilles.

Une bonne nouvelle nous parvient d'Alger. Il semblerait que Zetchi est sur le point de convaincre Vahid Halilhodzic de reprendre les clés du vestiaire de l'EN. Pourquoi, après nous avoir qualifié, pour la première fois , aux huitième de finale de la coupe du monde, c'était en 2014, l'avoir laissé partir ? Il aurait même pu, si le sort ne s'en était pas mêlé, nous emmener beaucoup plus loin, en finale. C'est l'Allemagne qu'on a fait trembler qui avait remporté cette édition là !

C'est quoi ce cinéma ? Nos généraux et leurs supplétifs civils sont de très mauvais comédiens. Ils se doutent que le théâtre qu'ils nous infligent, avec lequel ils nous affligent depuis 1962 ne fait rire personne. Seuls les baltaguias qu'ils perfusent continuent à les applaudir.

Le peuple les vomit. Ils restent là, enveloppés par les couleurs d'un drapeau qu'ils piétinent de l'aurore au crépuscule. La nuit, ils ont des occupations douteuses, toujours obscènes. Ils se nimbent des sonorités d'un hymne national mille fois trahi et très justement violé par Matoub.

Océane Alger, son nom ne s'invente pas, excellente lycéenne, s'est donné la mort en mars dernier. Elle préparait son bac après des notes oscillants entre 17 et 20 aux épreuves anticipées. Elle s'était faite arnaquer par son petit ami qui a abusé de sa carte bleue. Elle a mis fin à sa jeune et pauvre vie pour 2 800 euros de découvert. Pour ne pas mettre la honte à ses parents, qui demandent, aujourd'hui, au ministère de l'Education de lui attribuer son bac, à titre posthume.

A combien se monte le découvert creusé par les voleurs qui monnaient les richesses du peuple algérien ? Combien parmi ces flibustiers se sont suicidés à ce jour ?

Beau combat pour la mémoire de cette belle "basanée" qui aurait sans doute vibré devant sa télé demain lorsque M'Bappé, le métis, se mettra à slalomer au milieu de la défense belge.

Edouard Philippe, le Havrais, fils d'une mère flamande pronostique un 3 à 1 pour la France. Il n'a pas autre chose à faire ? Il va fâcher la cour de Belgique… 

A sa suite, tous les Français, même s'ils se méfient énormément des Diables rouges, tablent sur une victoire de la France. Moi j'en rêve. Cela me permettra de rester éveillé jusqu'à la finale.

Juré, le 15 juillet à 19 heures, je revêts le maillot des Fennecs. Je redeviens Algérien.

Auteur
Meziane Ourad
 

Commentaires

Permalien

(commentaire pour votre article d'hier).
L'Algerien en vous, vous a fait pedre votre Kabyle au point de ne pas savoir traduire Matoub Lounes, ou peut etre que c'est volontaire. Vous etes a plaindre.
En ce qui concerne BLED LEQBAYEL ( TAMURT LEQVAYEL s_teqvaylit) qui a perdu son independance en 1857, n'ayez crainte, ELLE retrouvera son independance et vous n'allez rien ressentir, cela fera sur vous, l'effet d'un supositoire, au debut c'est un peu desagreable a l'entree pour un Algerien , mais cela vous soulagera quelques minutes plus tard.
Quand a Ferhat, notre Mandela, yal tikelt ara t_id adrem i t_imghur, i renu can_is.

Permalien

Lalmas était un individu très admirable, un vrai algérien dont on pouvait être fier. Ceci dit, posons-nous la question de savoir pourquoi tout un peuple, et certainement pas seulement l’Algérie, adule jusqu’à la folie un homme ou une petite équipe dont la prouesse toute entière consiste à donner des coups de pied ou de tête à un ballon de cuir et le faire passer entre deux poteaux tandis qu’un autre petit groupe d’hommes leur dispute ce même petit rond de cuir et essaye de le faire passer entre leurs poteaux à eux ? Je veux bien qu’entre amis ou voisins on s’adonne à un jeu pareil, c’est dans la nature humaine. On joue et on rit à la fin du match, et on s’exerce en même temps, c’est bon, c’est du sport, c’est du divertissement, c’est très bien. Mais quand une nation toute entière se reconnaît ou cherche à se reconnaître dans les coups de pieds d’un homme ou d’une équipe, il y a quelque chose qui mérite une étude anthropologique.
Trop long à développer dans un petit commentaire sur ces colonnes, mais un petit indice : combien de membres des classes dominantes voit-on sur les gradins ? Combien d’entre eux passent-ils leur temps à discuter à longueur de journée le match de la veille ? Combien d’entre eux se donnent-ils des ulcères lorsque l’équipe locale perd un match ? Combien de riches se reconnaissent-ils dans cette équipe et la considèrent-ils « leur » équipe ? Pourquoi est-ce que les « fous » du football sont toujours les peuples du tiers-monde et les classes prolétaires des pays industrialisés ?
Je l’ai déjà dit ici, le foot est un ersatz du capitalisme. Il donne l’illusion au pauvre que le monde est réellement basé sur l’égalité des chances et que c’est le meilleur qui gagne. En une phrase, le capitalisme et le foot disent tous deux « que le meilleur gagne ! »
Et pourquoi serait-il normal et acceptable que ce soit seulement le meilleur qui gagne ? Ne pouvons-nous pas tous gagner ? Faut-il donc qu’il y ait des gagnants et des perdants ? Apparemment l’idéologie capitaliste a profondément ancré dans les cervelles que oui, il est tout à fait naturel et juste que ce soit le meilleur qui gagne et que les autres perdent. Le foot perpétue cette idée et donne l’illusion au petit peuple qu’il a les mêmes chances de gagner que n’importe qui d’autre. il n’a qu’à persévérer, il gagnera lui aussi tôt ou tard. Pendant ce temps, les riches, eux, gagnent sur le vrai terrain où l’on gagne pour de vrai, le terrain où on se remplit les poches.

Permalien

le nouveau coach de l'EN c'est saadane avec un salaire de 15 millions DA, un scénario prévu dés la nomination de madjer, ighil et menad, ce qui se passe avec wahid, renard, queiros, cuper c'est juste du temps mort, en attendant qu'ils partent ailleurs au qatar, tunisie, égypte, maroc, iran, et s'il reste sans emploi au début aout, zetchi invoquera les salaires énormes demandés et dira que l'algérie possède des compétences patriotiques et saadane sera nommé coach, s'il se fait éliminer ça sera la faute de madjer, et s'il ne passe pas le 1er tour ça sera la faute au climat, et il diront que leur est créer une équipe nationale de foot compétitive qui pourra un jour gagner la coupe d'afrique organisée au sahara occidentale et la coupe du monde organisée en palestine,
ces imbéciles se foutent des pieds des algériens depuis 1962,
si ils ont détruits des joueurs comme mekhloufi, zitouni, bencheikh, belloumi, madjer, ils détruiront tous les autres, c'est pas possible qu'avec l’équipe où il y avait tifour, maouche, mekhloufi, zitouni, zouba, et beaucoup d'autre l'algérie n' a pas pu avoir la coupe du monde, et ce n'est pas possible qu'avec les équipes où il y avait les madjer, belloumi, maroc, cerbah, merzekane, kouici, assad, beincheikh, kaoua, keddou, zenir, bourebou, mansouri A, koreichi, magharia, mahrez, fergani, antar, zidane Djamel, kalem, selmi, bachi, bachta, bellemou, bensaoula, bentaleb, ghoulam, mboulhi, dahleb, soudani, guediora, draoui, betrouni, mehdi mostefa, guendouz, tlemçani, yahi, bouiche, ighil, zarabi, lalmas, safsafi, amirouche, et beaucoup d'autres, l'algérie n'a pas obtenue 5 coupes d’Afrique,
du gâchis en foot,
et il y a des listes très longues d'algériens doués en économie, science, médecine, littérature, arts, cinéma, théâtre, musique, médecine, architecture, informatique, électronique, agriculture, aviation, construction navale, et beaucoup d'autres domaines,
le complot est plus énorme qu'il ne parait,

Ajouter un commentaire