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Fête de l’Indépendance 56 ans après:

Aux racines du désenchantement collectif

Ces colonels de l'ALN étaient biffés et interdits de l'histoire officielle pendant près de 30 ans.

Tout a-t-il été dit sur le 5 juillet, son sens, sa profondeur, ses ambitions et, plus d'un siècle après, son…peu enviable destin? Feu Ali Zamoum, un des déclencheurs du 1er novembre sur le terrain, et au sujet duquel Mostefa Lacheraf dira : « Ali Zamoum, c’est la sincérité faite homme », écrit dans Le Pays des hommes libres, publié (Casbah Éditions-2006): « Depuis déjà de nombreuses années, j'ai entendu des critiques graves portées à l'égard de la lutte de libération.

D'abord, je ne prenais pas trop au sérieux ces excès de langage. Je me disais que ‘’les mots dépassaient la pensée’’ de ces personnes qui devaient affronter d’intolérables difficultés pour vivre décemment même après l’indépendance, alors que certains avaient commencé à amasser rapidement des fortunes. Le piston, le vol les passe-droits et les abus se développaient au sein de la classe dirigeante, au nom du FLN, de la révolution et des martyrs, et parfois, par les anciens combattants eux-mêmes, devant le peuple stupéfait et révolté. ‘’Tu vois ce qu’ils ont fait de ce pays que vous avez libéré ? Les martyres n’auraient pas accepté de mourir s’ils avaient su’’. Puis, c’est carrément : ‘’Nous aurions été mieux si la France était restée… ». Dans la suite de son explication, Zamoum nous fera savoir que le désenchantement collectif relève, quelque part aussi, d’une responsabilité collective dans laquelle sont impliqués, en premier lieu, ceux qui, en 62, ont volé la victoire au peuple, en légitimant la force armée des frontières au détriment des organismes réguliers de la révolution, à commencer par le gouvernement provisoire ; mais, sont aussi impliqués dans ce désenchantement tous ceux qui restèrent les bras croisés, s’arrêtant uniquement sur le constat de cette usurpation de pouvoir.

La jeunesse d'aujourd'hui a sans doute du mal à se représenter la motivation et la fougue qui ont conduit des jeunes, parfois à peine sortis de l'adolescence, à consentir le sacrifice suprême à partie de cette nuit de la Toussaint, le 1er novembre 1954. Si une telle méconnaissance de l'histoire contemporaine du pays est bien réelle, et si des "blancs" continuent à ponctuer certaines pages de cette glorieuse épopée, c'est que les années de l'Indépendance sont mal gérées. Elles n'ont pas pu, pour plusieurs raisons- à commencer par celles de vils calculs de la course au pouvoir-, éclairer les jeunes d'aujourd'hui sur ce que représentait le colonialisme en termes d'injustice et de déni de l'algérianité, et sur la nature et la force du combat des libérateur du pays.

Il ne faudrait surtout pas s'appuyer sur le contenu des manuels scolaires ou sur quelques émissions de télévision pour soutenir le contraire. Leur contenu est d'une affligeante pauvreté. Ce sont des récits et des photos sans âme, qui ne sont soutenus par aucune autre action pédagogique, ni, surtout, par un prolongement dans l'action quotidienne des dirigeants qui, depuis, 1962, se réclament de la légitimité historique. Au nom de cette légitimité, beaucoup de mal a été fait au pays. Plus d'un demi-siècle d'errements politiques, d'errance économique et de désert culturel.

Une légitimité historique débilitante

Au nom de la légitimité historique, des groupes ou des clans ont marginalisé d'autres groupes; voire, ils les ont éliminés même physiquement. En l'espace d'un demi-siècle, les Algériens ont connu la guerre des wilayas, le socialisme tiers-mondiste avec ses "trois révolutions", l’ouverture libérale nourrie à la rente et contrôlée par le parti unique, la cessation de payement et le passage sous les fourches caudines du FMI, la guerre civile des années 1990, l'euphorie de la rente pétrolière des années 2000, avec ses excès, ses dérives et la crise qui l’affecte à partir de 2014.

Tout au long de cette période, l'Algérie est passée de 9 millions d'habitant à plus de 42 millions. Elle a connu les maquis du FFS de 1963, le coup d'Etat de 1965, la tentative du coup d'Etat de 1967, les assassinats politiques, le Printemps berbère en Kabylie, la révolte de la jeunesse en octobre 1988, l'annulation des élections législatives en janvier 1992, le terrorisme islamiste à partir de cette date, le Printemps noir au cours duquel furent tués par le gendarmes 126 jeunes en Kabylie et les tentatives d’incursion du Printemps arabe à partir de 2011.

Hormis une chronologie squelettique et décharnée de la guerre de Libération nationale, la majeure partie du parcours de l'Algérie depuis l'Indépendance n'est pas écrite dans les manuels scolaires et est rarement évoquée, avec les circonspections d'usage, dans les médias publics. Les quelques actes symboliques de "réconciliation" avec l'histoire accomplis par le président Bouteflika au début de son premier mandat (baptisation de certaines infrastructures des noms de Ferhat Abbas, Messali El Hadj, Ahmed Medeghri,…) sont insuffisants pour réaliser le grand acte de réconciliation et, surtout, pour faire en sorte que la jeunesse d'aujourd'hui s'approprie complètement son histoire, avec ses épopées et ses déconvenues, ses triomphes et ses contradictions.

À quand la fin des règlements de compte ?

Incontestablement, les espaces arrachés dans le domaine des libertés publiques, à commencer par la liberté d’expression, ont mis en relief le désir, enfoui mais profond, de la société de chercher à se mettre en accord avec les repères historiques du pays, et singulièrement ceux qui ont jalonné et animé le combat pour la libération du pays des griffes du colonialisme; un combat qui remonte aux révoltes populaires du 19e siècle avant de s'organiser de façon moderne en regroupements politiques à partir de 1926, avec l'Etoile Nord-Africaine.

La jeunesse algérienne d'aujourd'hui, handicapée par une école claudicante et happée par le clinquant d'une civilisation technologique à laquelle elle n'a pas contribué par la création, s'est longtemps trouvée prisonnière d'une logique gérontocratique au niveau des instances dirigeantes du pays, laquelle ne cesse de faire valoir ses désirs de s'éterniser aux commandes des organisations politiques et du pays. Cela constitue imparablement un "brouillard", voire une fumée toxique pour les aspirations de la jeunesse à connaître l'histoire du pays, et particulièrement le glorieux épisode de la guerre de Libération, et à se projeter dans un avenir radieux, loin des vils calculs politiciens de ceux qui, à un âge avancé, s'étrillent encore pour des postes de responsabilité servis par une rente déclinante.

Auteur
Amar Naït Messaoud
 

Commentaires

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Tout ce que vous chaabiez est vrai biensu. Tout le monde a ete' contraint a ceci a cela... Sauf ce regime de merde, qu'il faut enfin CONTRAINDRE DE DEGUAGER, NON ? De la meme maniere que son proginiteur Fransa l'a ete' ! Tout le monde connait l'histoire de cette contrainte-la, bien au-dela des frontieres. N'attendez donc pas d'explications.

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heureux les martyrs qui n'ont rien vu LES REVOLUTIONS SONT CONCUES PAR DES STRATEGES REALISEES PAR DES TEMERAIRES ET CONFISQUEES PAR DES OPPORTUNISTES

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Laissez nos chouhadas en paix .vous avez plutôt embrouillé leur rêve et trahi leur idéal, l'indépendance du pays vous va comme un soulier trop grand à vos pieds de nabots et de dégénérés. Allez plutôt rendre hommage à la France en ce 14 juillet celle qui vous nourrit , vous soigné et vous encule.

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Meursault a remis le relai colonial à l'arabe .
L'algérie algerienne amazigh multilangues devrait elle se libérer de l'arabe colonial pour enfin connaître son indépendance?

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Les faux colonels des frontières, les planqués de Tunisie, du Maroc, du Mali et de la Libye devaient être passés par les armes mais il se trouve que ce sont eux les hommes forts à l'indépendance du pays occupés qu'ils étaient à préparer la prise du pouvoir au lieu de faire la guerre à l'ennemi laissant ce soin aux gens de l'intérieur qu'ils ont balayé en 1962.

Le mal du pays vient de ces gens-là qui sont sans foi, ni loi et qui n'ont jamais compati au malheur du peuple et des maquisards de l'intérieur qui ont tant souffert pour qu'ils viennent récolter les fruits de leur sacrifice à l'indépendance du pays.
Les "muslims" disent que la guerre est une question de ruse, et ils ont bien rusé les futés...

Il suffit de voir la suffisance du fréquentard des boites de nuit marocaines pour s'en rendre compte.

Heureux les martyrs qui n'ont pas vu l'indépendance et les mains de nains au sens propre et figuré des gens entre lesquelles est tombé le pays pour lequel ils se sont sacrifiés.

Un condamné par le FLN qui finit à la tête de l'état algérien, un voleur et un pique-sou des représentations consulaires qui plastronnent au sommet du pays et qui passe pour un "grand moudjahid" hacha koum.

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y a pas de règlement de compte, c'est simplement le clan pro et post colonial qui élimine les indépendantistes sous diverses justifications, et même la décennie rouge est une partie de cette opération d'élimination des indépendantistes lancée depuis 1949 par la france, et évidement ça touche spécialement les kabyles, et ceux qui adhérent pour une algérie libre et indépendante,
fin octobre 1954, il n y avait au FLN/ALN pas 250 hommes armés pour défendre l’indépendance de l'algérie, alors qu'il y avait 250 000 algériens colonisés dans les armées françaises, officiers sous off, et soldats,
les colonisés algériens soumis à la france ont fait toutes les guerres pour la france et sont mort pour la france, ils ont même fait des guerres aux colonisés de pays lointains qui combattaient pour leurs liberté,
aller combattre les vietnamiens après ce qu'a commis de gaulle en mai 1945 comme massacre contre les algériens, relève de la débilité,
la théorie qui dit que les algériens colonisés et dominés étaient mobilisés de force dans les armées françaises, c'est de la foutaises sinon les français seraient des fous qui arment leurs ennemis,
non les algériens colonisés et dominés se portaient volontaires par centaines de milliers pour mourir pour la france et tuer d'autres colonisés, et ça ne serait pas étonnant que des algériens enrôlés dans les armées coloniales françaises ont participé aux massacres d'algériens en mai 1945, comme ce sont des algériens de l'armée française qui faisaient la guerre au FLN/ALN en plus des autres groupes d'algériens -dont le MNA- créer spécialement pour combattre le FLN/ALN, et ce sont ces algériens des armées et des administrations coloniales françaises qui ont pris le pouvoir en 1962,

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