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CRISE

Bouteflika, c’est trop tard, le mal est fait

Les moins amnésiques d’entre nous se rappelleront sans doute que ce président avait commencé son règne en instituant trois commissions chargées de réfléchir sur une nouvelle conduite des affaires de l’État.

Une première commission devait fournir des idées sur la réforme de la justice.

La deuxième avait pour mission de se pencher sur l’éducation la troisième enfin chargée de rien moins que de réfléchir à un nouvel Etat moderne. 20 ans plus tard, les juges sont plus corrompus que jamais, l’école et à ce point naufragée que les sujets des examens sont, la veille, sur Facebook. Quant à l’Etat, on le voit bien, il n’existe plus ou alors sous la forme d’une camarilla qui lave son linge sale publiquement, dans le plus pur style de la mafia des années 30, un président d’assemblée débarqué en dehors de toutes légalité, un ministre qui démolit le chef du gouvernement c’est-à-dire son supérieur hiérarchique sans que personne ne le remette à l’ordre, pour ne citer que ces deux exemples.

Au bout de quatre mandats, le pays est tristement à genoux

Ne tournons pas autour du pot : après 19 ans de règne de Bouteflika, le futur est largement compromis. Et beaucoup pensent que c’est un retard irrattrapable. Le président algérien n’a pas seulement tourné en rond pendant 19 ans ; il a échoué dans une épreuve décisive : réduire, sinon éliminer la forte dépendance aux hydrocarbures.

On le savait : le pétrole n’était pas éternel et il allait commencer à se raréfier dès 2010.

La seule parade était d’industrialiser le pays, d’opter pour une économie de production, développer l’agriculture, assurer une autosuffisance alimentaire, encourager la recherche…  Il aurait fallu, pour cela, un projet, des choix clairs, une ambition algérienne.  Il n’avait rien de tout cela.  En 1999, à sa prise de pouvoir, l’économie algérienne dépendait à 97 pour cent du pétrole et du gaz. Nous étions alors 30 millions d’Algériens. Dix-neuf ans plus tard, en 2018, l’économie algérienne dépend toujours à 97 pour cent du pétrole, mais nous sommes 42 millions d’Algériens qui seront 50 millions à l’horizon 2025, et nous ne savons rien faire d’autre que de vendre du pétrole lequel, entre-temps, a perdu la moitié de sa valeur sur le marché.

Le propre de la science économique et de n'être pas réductible aux humeurs, aux approximations et aux jugements subjectifs, et l’on a beau user de concepts creux et de métaphores, on n’échappera  pas à l'implacable vérité qui s’impose à nous : le futur est bel et bien compromis. L’argent du pétrole a été dilapidé dans des dépenses irréfléchies et dans des pratiques coupables et le contexte mondial n’offre pas une seconde chance. Comment nourrir, éduquer, vêtir et accompagner 42 millions d’Algériens, bientôt 50 millions, quand le pétrole ne rapporte qu’à peine la moitié des recettes des années 2001-2013.  

Or chaque année, la population en âge de travailler augmente de 3,4%, et parmi elle, 120 000 diplômés universitaires à la recherche d’un emploi. Pour réduire le chômage et absorber la demande additionnelle, il faudrait, nous dit le PNUD, un taux de croissance de 7% ! Une utopie !

En 2009, on observait une chute de 30% de la création d’entreprises et le Fonds monétaire international lui-même déplore que l’Algérie enregistre le taux le plus bas de création d’entreprises au niveau maghrébin : 30 entreprises créées pour 100 000 habitants contre plus de 300 au Maroc pour la même proportion d’habitants (Rapport du FMI cité par El Watan du 2 octobre 2009). « Il nous faudra plus de 30 ans, pour atteindre un million de PME et créer des postes d’emploi qui pourront ainsi diminuer le chômage », assurait, en 2009 déjà, l’ancien  président du Forum des chefs d’entreprise, ex-ministre de la PME, Réda Hamiani (El Watan).

Autre indicateur : selon le président du FCE, sur les 1 200 milliards de dinars (12 milliards d’euros) de crédits à l’économie octroyés au secteur privé en 2008, 900 milliards (9 milliards d’euros) « sont consacrés à l’importation ».

Le pays a abandonné son ambition pour devenir l’objet de l’ambition des autres. En 2018, on est tout fier d’avoir sur le marché des équipements électro-ménagers montés en Algérie par un opérateur économique, Condor, oubliant que le pays disposait, à la fin des années 70 déjà, des grands groupes industriels tels l’ENIE de Bel-Abbès ou l’ENAPEM de  Oued-Sly qui produisaient téléviseurs, réfrigérateurs, chaînes stéréo et autres articles électroniques avec un taux d’intégration qui approchait les 100 pour cent.

Que de fois les syndicalistes de ce pays ont répété que, pour favoriser la bazardisation de l’économie algérienne et faire prospérer les barons de l’import, on est allé jusqu’à fermer des usines ? C’est le cas du secteur de la tomate industrielle qui emploie des dizaines de milliers de salariés et qu’on a fait taire pour pouvoir importer des tomates en conserve de Chine, de Turquie, d’Italie et même … d’Arabie Saoudite ! Qui ignorait que la production nationale de camions avait été sabotée pour favoriser l’importation ? La société nationale de véhicules industriels (SNVI) qui produisait 40 000 camions, bus et minibus fabriqués à la fin des années 1980, n’en construisait plus que 6 500 en 2009. Entre-temps, l’importation à coups de dizaines de millions de dollars de camions et de bus a explosé.

Alors que se profilent de noires années de crise, eux, Bouteflika et ses hommes, affolés par la perspective d’une remise en question de leur règne, ne pensent qu’à rassurer la population par de fausses promesses qui prolongeraient pour un mois ou pour un an, cette fameuse paix sociale qu’ils appellent stabilité. Écoutons ceux qui se font les relais de ce dérisoire engagement de Bouteflika de ne pas toucher aux subventions des prix, ni aux aides octroyées aux classes sociales démunies.

Autrement dit, « population, ne te soulève pas, j’ai toujours pour toi un peu de sucre ! ».

Mais où trouver les 60 milliards de dollars nécessaires pour les transferts sociaux quand on sait que les recettes totales d’exportation des hydrocarbures pourraient être inférieures à ce montant ? Le gouvernement ne le dit pas. Comme il ne dit pas d’où il puisera les fonds nécessaires pour garder les investissements publics, au cours de l’année qui vient, à leur niveau astronomique de 3 908 milliards de dinars (50 milliards de dollars). Dès lors, le jeu est terminé on ne joue plus, personne ne joue du reste, sauf ceux qui dirigent ce pauvre pays.

Auteur
La rédaction
 

Commentaires

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Des erreurs de stratégies coupables sous le règne de Bouteflika qu'elles soient politiques , économiques ou financières nous ont menés à cette grave crise où toutes les potentialités du pays ont été sabordees aucun secteur n'est épargné. La stabilité et la stratégie du déshonneur et du streeptease international.

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Notre silence( a tous les nivaux) a fait de nous des complices
Il n'y a pas de différence entre tuer quelqu'un et le laisser se faire tuer

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Il est trop tard, vraiment trop tard pour sauver le pays, de lui épargner le retour à l'indigénat à la soumission aux puissants d'aujourd'hui. Comment un pays aussi riche, aussi vaste aux ressources humaines prometteuses en est arrivé là où nous sommes ! Comment a t-on pu laisser une équipe, un gouvernement garder le pouvoir durant plusieurs décennies sans réellement avoir de l'ambition de faire de l'Algérie un pays réellement libre aux plans politique, économique social etc. Comment avons nous laisser perdurer cette politique criminelle de destructions de notre industrie naissante les années 70 ?
Pourquoi nos richesses naturelles sont totalement abandonnées aux mafieux ? Notre agriculture cédée à des prédateurs sans aucune connaissance du sujet. Il est peut-être vrai qu'il est trop tard ; tout le monde fuit le pays, les jeunes, les vieux, les femmes avec bébés. Dieu du ciel qu'avez vous fait de ce pays ? Une terre sans hommes, une femme sans défense.

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Oui malheureusement c trop tard. En 2023 on n'aura plus 1 $ réserve de change. Et nous avons besoin de 40 milliards$ d'importations plus les services environs 10 milliards$ ,ça fait 50 milliards$ en sortie,alors que les exportations se situeront à 40 milliards $ dans le meilleur des cas: 35 milliards hydrocarbures et 5 milliards$ hors. Où trouver les 10 milliards manquants?? C la faillite,la cessation de paiement qui signifie retour au FMI sous contraintes équivalentes à une re colonisation.
Prions dieu que le prix du pétrole atteint 100€ inchalahh.

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Bon article qui le rappele les années glorieuses avec boumediene et la stratégie industrielle : substitution aux importations,la seule qui peut sauver les meubles. Un pays qui ne produit rien et importe tout n'a pas d'autre solution!! G beau le crie,c incompetrnts cherchent à exporter hors hydrocarbures alors qu'on n'arrive même pas à satisfaire le marché local,que nous n'avons rien D exportable. Du ciment à moitié prix subventionné??? Des patates,dattes...pour quelques millions$?? Des broutilles,du tourisme pour un peuple qui est contre le touriste?? Pour montrer quoi?? On a detruit les grznd es sociétés nationsles des années 70 qui étaient la fierté de l'Algérie,une industrie unique qu tiers monde de l'epoque,des sonatiba,dnc sorecal..détruites pour importer chinois turcs espagnols portugais.. Bon dieu on etait plus développé que le Portugal !! Dine erreb comme dirait laalam

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Bonjour, tant que ce parti dit le FNL existera, le disque ne changera pas... Franchement il faut passer à autre chose cela fait près de 60 ans qu'on nous bassine avec ce foutu FLN, trop c'est trop...On en a rien à cirer de ce parti préhistorique qui nous a gâché la vie...Par ailleurs cette Algérie qui comptait environ 10 millions d'habitants à l'indépendance elle s'est reproduite à vitesse grand V, on a l'impression que le peuple ne sait fait que ça, c'est dingue ! Je comprends pourquoi le général De Gaulle s'est vite débarrassé de cette patate chaude, en effet il était visionnaire, il s'est dit que la France allait se retrouver très vite dirigée par des algériens et oui si le peuple avait voté le maintien sous l'égide de la France aujourd'hui la France serait algérienne . Il aurait fallu une politique de la natalité un peu comme ce qu'il y avait en Chine.. Ainsi cela a eu pour conséquences le flingage de l'économie et un accroissement de la corruption et des inégalités, tout est parti en cacahouète ..Une véritable catastrophe. Il serait peu être temps de passer à autre chose, mais personnellement je n'y crois pas, l'Algérie est condamnée , elle fonce droit dans le mur. Que Dieu ait pitié de ce pauvre pays qui par ailleurs est très beau .

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Est-ce si difficile d'être un pays comme les autres, un pays avec des institutions propres et solides, un Président élu honnêtement, sans fraude. Une justice indépendante qui sanctionne les coupables quelque soient leur statut social, Un parlement ou assemblée qui n'utilisent pas l'argent pour élire leurs membres, ou pour passer des lois contre l'intérêt de la nation, une république où les pouvoirs sont séparés, une gouvernance qui s'explique devant les représentants de la nation, qui démissionne lorsqu'elle échoue ou qu'un scandale la touche. Est-ce si difficile de regarder l'Algérie du ciel et noter toutes ses potentialités, ses richesses humaines et naturelles, son long littoral, sa flore, sa faune, sa diversité culturelle, ethnique, sociale, géographique, son sahara. Pourquoi a t-on gâché tout cela ?
Pourquoi nos hommes ont permis à cette engeance de prendre possession du pays, de ses richesses, et de son peuple ? Est-ce ceux là les dignes héritiers des Benm'hidi, Didouche Mourad, Benboulaid, Hassiba Benbouali et tant d'autres ? Est-il trop pour faire reprendre au fleuve détourné sa voie, celle de la liberté, celle pour laquelle sont morts nos martyrs ? C'EST TOUTE LA QUESTION AUJOURD'HUI EN CE MOIS DE NOVEMBRE QUI A ENFANTÉ SA RÉVOLUTION LE 1ER JOUR DE NOVEMBRE 54.

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