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TRIBUNE

CARE appelle à dégager le clan au pouvoir et le faire renoncer à son funeste projet

Slim Othmani, président du cercle d'action et de réflexion.

Dans son communiqué daté du 1er mars 2019, CARE, le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise, avait salué la réaction salutaire de la population algérienne ; celle-ci, dans un sursaut remarquable de dignité et de maturité politique, a dénoncé la mascarade humiliante du cinquième mandat d’un Président gravement malade, et les risques qu’elle laissait peser sur le destin du pays et sur ses perspectives de développement économique et social.

La mobilisation exceptionnelle des jeunes femmes et des jeunes hommes algériens, et leurs aînés à leur côté, a eu un retentissement mondial authentique qui, pour la première fois depuis longtemps, a forcé le Président en place et le clan qui l’entoure à renoncer formellement à leur funeste projet.

Néanmoins, ce retrait purement tactique a été accompagné d’un habillage douteux, sous la forme de sept propositions aussi incohérentes qu’irréalistes, dont la seule finalité est celle de la pérennité aux commandes d’une équipe qui, après avoir exercé le pouvoir sans partage vingt années durant, aura lamentablement échoué après avoir surtout fait montre de son incompétence et de sa corruption.

Son mandat venant à échéance, la raison voudrait que le Président en exercice se retire tout simplement.

En procédant unilatéralement à l’arrêt du processus électoral, au mépris des dispositions de la constitution en vigueur, il a mis en danger les institutions de notre pays. Rien que pour cette raison, il s’est de lui-même disqualifié pour la recherche de solutions pour l’avenir.

Les membres de CARE, s’ils déplorent l’absence affligeante de réaction formelle du Conseil constitutionnel, n’ont pas de doute que la société algérienne, riche de sa diversité, de son enracinement civilisationnel et de la détermination de tous ses enfants, dispose largement des moyens de surmonter, dans le consensus, les défis qui sont momentanément en face d’elle.

Par ailleurs, en raison même de la vocation qui est la sienne, CARE exprime sa très forte inquiétude face à la détérioration sans précédent des grands équilibres de notre économie et, en particulier, du budget de l’Etat algérien.

Le gouvernement en place jusqu’ici, s’était enfermé dans une forme de fuite en avant avec l’option dangereuse du financement par la planche à billet de déficits abyssaux du Trésor public, une option qui signe, par là-même, le constat de sa faillite économique.

Le communiqué présidentiel du 11 mars 2019, en engageant le pays sur un chemin aventureux, tourne le dos au nécessaire consensus sur les réformes économiques promises depuis longtemps et jamais mises en œuvre ; surtout, il ne crée pas les conditions du retour rapide à la stabilité et à la confiance des investisseurs nationaux et internationaux, dont l’engagement est la seule voie ouverte pour le redressement économique et la diversification dont notre pays a un urgent besoin.

 

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