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Conseil de lecture aux jeunes

John Steinbeck, une allégorie de l’argent

Questionnez un jeune lycéen francophone sur une liste d'auteurs américains en littérature, il associera spontanément Hemingway et Steinbeck, seuls ou parmi d'autres. Le même constat est relevé si vous demandez l'énumération de grands écrivains français, l'association de Balzac avec Zola sera immédiate.

Et même si les deux écrivains, tout autant que leurs œuvres, sont très distants, ils sont confondus par la mémoire collective dans le cercle fermé des grands auteurs américains, tous les deux d'ailleurs ayant obtenu le prix Nobel de littérature.

Mais questionnez de nouveau ce même lycéen, cette fois-ci sur les titres de John Steinbeck, il n'y a aucun doute que le premier de la liste sera inévitablement « Les Raisins de la colère ». Un écrit bouleversant sur les années vingt dans le milieu des pauvres paysans chassés de leurs terres et de leurs emplois durant la grande crise américaine. Ce roman a eu l’appui considérable du cinéma qui a produit un film inoubliable tout autant que le livre « À l'est d’Éden » qui bénéficia de l'interprétation magistrale du mythique James Dean.

Mais vous remarquerez que dans la liste de ce lycéen figurent dans les premières places deux autres titres majeurs de l'auteur, « La perle » et « Des souris et des hommes », qui auront une place de cœur mais pas autant de notoriété comme l'eurent les deux ouvrages cités précédemment grâce au cinéma.

Et c'est justement de « La perle » dont je voudrais vous entretenir aujourd'hui. Comme à mon habitude, à qualité égale, je privilégie le plus court pour permettre un plaisir de lecture intense sans la crainte d’une longueur, toujours redoutée par les jeunes lecteurs.

Dans un village de l’extrême sud de la péninsule californienne hispanique, un indien dénommé Kino vivait en compagnie de son épouse. Le couple avait un unique petit enfant, Coyotito. Celui-ci fut piqué par un scorpion et sa vie était menacée si des soins urgents ne lui étaient pas prodigués. La mère de l’enfant comprit que ses soins traditionnels ne pouvaient suffire vu l’état du pauvre garçon.

Le couple de villageois était d’une grande pauvreté et lorsqu’ils se présentèrent au domicile du seul docteur « blanc » présent dans le village, lieu de ses consultations, ce dernier les renvoya sans détour car ils n’avaient aucun argent pour le payer.

Pour nourrir la famille, Kino retourna à la pêche en ne se doutant pas que le destin allait frapper à  sa porte. Celui-ci se manifesta par la découverte d’une énorme perle. Kino comprit la valeur de la fortune qu’il avait entre ses mains.

Vous devinez certainement la suite car cela ne fut pas exactement le bonheur dont on peut attendre d’une richesse aussi soudaine. Tout le village fut immédiatement au courant et, de bouche à oreille, le secret voulu par Kino ne fut plus possible. Même le docteur s’empressa de proposer ses services à une famille considérée dorénavant comme richissime.

Je vous laisse découvrir la suite de cet haletant roman dont l’intensité est accentué, tout autant par le rythme que par la relative brièveté de l’histoire. Le roman de John Steinbeck est une allégorie de l’argent qui démontre bien combien celui-ci peut faire autant de bien que de malheur à l’humanité.

auteur

John Steinbeck est un auteur du « roman social » comme on l’avait défini, par exemple, pour Émile Zola. Toute son œuvre est dédiée aux souffrances et combats des êtres humains confrontés à la misère et à l’injustice sociale. Mais John Steinbeck s’intéresse également aux personnages très particuliers touchés par cette misère, décrits par leur inculture, leur humeur et leur comportement décalés, celui des gens simples, souvent rustres, mal habillés, mal soignés et même parfois atteints d’une légère débilité mentale.

C’est eux qui intéressent l’auteur américain car ils dégagent une humanité forte et touchante malgré leur aspect hors du commun jusqu'aux limites du ridicule pour certains. Ces personnages sont le fondement de son œuvre majeure « Les Raisins de la colère » mais à mon avis, le sublime est à son paroxysme avec « Des souris et des hommes ».

Nous avons commencé par « La perle », après votre lecture qui sera certainement d’un grand plaisir, jetez vous sur les deux autres, dans l’ordre de simplicité pour de jeunes lecteurs, « Des souris et des hommes » puis « Les Raisins de la colère » qui est le livre inévitable.

Pour ce dernier, mon métier m’amène à connaître la réaction des jeunes face à un « pavé » qui les rebute et les fait passer, la plupart du temps, à côté d’un chef-d’œuvre car ils l'évitent. Je ne suis pas professeur de lettres mais il me semble que la majorité des collégiens francophones ont eu dans leur programme à lire l’un des deux dont je recommande la lecture en premier. « Les Raisins de la colère » étant abordé dans le cycle des classes supérieures du lycée.

Je ne sais pas si c’est le cas pour la jeune génération algérienne mais la nôtre ne pouvait éviter l’éternelle rediffusion à la télévision du film « Les Raisins de la colère », dont nous nous sommes jamais lassés et qui reste un souvenir inoubliable.

Ce n’est pas toujours le cas mais lorsqu’une adaptation au cinéma d’un grand roman est réussie, nous sommes en présence d’un plaisir complet dans toutes ses facettes. Lorsque vous regardez le film, c’est le roman qui défile dans votre esprit et lorsque vous lisez le roman, ce sont les images du film qui s’impriment sur les pages du livre.

L’enseignant que je suis ne peut éviter de vous rappeler que la lecture façonne des compétences bien plus profondes que la filmographie que vous avez appréciée. C’est incontestablement elle qui nourrit l’apprentissage de la découverte de la culture, dans tous ses aspects, et surtout qui modèle l’esprit critique, petit à petit.

Le conseil hebdomadaire toujours répété, n’entrez pas dans la lecture avec ce qui vient d’être dit car ce n'est pas une cause de lecture mais une conséquence. Il faut entrer dans la lecture avec un seul objectif, le plaisir de lire une histoire magnifique et touchante. Le reste viendra, inévitablement, celui qui construira votre éducation et, plus que tout, votre libre arbitre.

Vous l'avez compris, aujourd'hui je vous ai conseillé trois livres, dans un ordre qui permet de rentrer progressivement dans l’œuvre de John Steinbeck, une œuvre remarquable de plaisir de la lecture, le seul objectif de cette rubrique hebdomadaire d'été destinée aux jeunes Algériens.

Steinbeck

John Steinbeck est devenu, comme Ernest Hemingway, un classique de la littérature américaine et mondiale. « La perle » restera pour vous un des points forts de son œuvre, une allégorie parfaitement  réussie.

Au passage, je rappelle aux jeunes lecteurs qu’une allégorie met en scène des éléments réalistes (au cinéma, en littérature, en sculpture…) afin de  mettre en avant des idées, parfois complexes. Nous l’avons déjà dit, il s’agit ici du rapport de la fortune soudaine face à une communauté qui peut être envieuse, hostile et menaçante.

Né en 1902 et décédé en 1968,  John Steinbeck est donc un écrivain américain du milieu du XXe siècle. Contrairement à Hemingway que l’on peut qualifier de citoyen du monde, John Steinbeck est le narrateur de sa Californie natale.

Ce fut le cas de Mahfouz Naguib, écrivain de sa ville du Caire, dont nous avons déjà parlé dans une autre note de cette chronique d’été. Vous trouverez le même lien entre un écrivain et sa région avec bien d'autres auteurs, comme Giono ou Pagnol avec la Provence ou Camus dont j'avais titré dans cette rubrique « L’enfant de Belcourt ».

Ce grand auteur américain s’en est allé dans une période trouble dans le monde, la fin des années soixante, moment particulier de la guerre au Vietnam. Durant cette fin de vie, la jeunesse américaine l’avait un peu boudé, prise par d'autres combats. Ce n'est que quelques années plus tard que la notoriété de l’écrivain revint pour s’installer dans les hauteurs de la littérature américaine et mondiale.

Précipitez-vous pour lire l'extraordinaire aventure de Kino, le pêcheur de perles. Une magnifique entrée dans l’œuvre de John Steinbeck dont vous ne vous lasserez jamais. Et, ce n'est pas anodin lorsqu'on s'adresse aux jeunes du grand public, le prix du livre est très abordable.

Mais comme toujours, ne jamais être obligé, ni d'aimer ni de poursuivre. Faites au moins un effort car la lecture est toujours, dans les débuts d'un jeune lecteur, un don de soi. C'est sa persévérance qui apporte cette grande jouissance qui, sans se rendre compte, forge petit à petit vos références culturelles et, au final, votre liberté intellectuelle.

Pour « La perle », franchement, l'effort est mince pour un plaisir en retour immense.

Auteur
Sid Lakhdar Boumediene
 

Commentaires

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D'abord merci pour vos succulents articles. Vous écrivez:"...le premier de la liste sera inévitablement « Les Raisins de la colère ». Un écrit bouleversant sur les années vingt dans le milieu des pauvres paysans chassés de leurs terres et de leurs emplois durant la grande crise américaine. Ce roman a eu l’appui considérable du cinéma qui a produit un film inoubliable tout autant que le livre « À l'est d’Éden » qui bénéficia de l'interprétation magistrale du mythique James Dean". En lisant ce passage, on pourrait déduire que "Les raisins de la colère" et "A l'est d'Eden", forment un seul et même roman.

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« Mais comme toujours, ne jamais être obligé, ni d'aimer ni de poursuivre. Faites au moins un effort car la lecture est toujours, dans les débuts d'un jeune lecteur, un don de soi. »

Abouh almoudjahdine ! Ya 3adjaba ! Assener ça , aux jeunes, qui sont sujets aux mauvaises interprétations ? Iheb itiyeh ha fihoum qu’il ne s’y prendrait pas autrement . Mehsev si ça fait mal la première fois c’est normal et…

Non mais , c'est qu'il les tente ! Ya kamim un risque qu'ils apprécient.

Hassoun, moua je m’en fiche je ne lis Le Matin Dized qu’après minwi quand les enfants sont couchés, et avec des lunettes à infrarouge.

Pour que les mauvaises langues, comme dirait Magritte, ou Madame Claude dans un langage moins allégorique ,n’aillent pas dire que je ne fais que radoter, je dois vous avouer que je me sens à peine obligé d’intervenir sur ce sujet, si ces conseils de lecture ne ressemblaient à s’y méprendre pas à une provocation diguizi, ou si j’avais pu me retenir. Mais c’est surtout pour qu’il n’aille pas se laisser accroire , pendant que je réparais ma mikhrayeuse, que j’avais capitulé.

Je songeais donc, pendant que je réparais ma mikhrayeuse , et en espérant que l’orage qui déversait de la merde allait passer pour me dispenser de répliques irrévérencieuses à un viol de conscience caractérisé qui consiste à faire passer des couleuvres pour d’innocents vers de terre . Est-ce parce que ces couleuvres étaient aussi grosses que des anacondas ou parce qu’il est mauvais vendeur, ou les deux à la fois que Son Homonyme s’est fendu de précautions autruchiennes masquant mal sa fausse modestie pour qu’on aille pas penser qu’il voudrait nous complexer par ses innombrables lectures bien choisies en nous laissant croire que si lui il n’est pas devenu sourd c’est parce que, ado, il lisait mieux que nous.

C’est pour cette raison que je n’arrive pas à être suffisamment ringard pour oser masquer ma suffisance avec une prétentieuse naïveté mal feinte en me fendant d’éloges à mes anciens maitres qui laissent apparaitre en filigrane scintillant mon orgueil impatient.

Que lire ? Ce n’est pas seulement parce que je n’ai pas la réponse ou parce que j’ai trop lu de tout et de n’importe quoi, surtout de n’importe quoi : car il y avait plus de choix et que c’était plus disponible , mais je ne me vois pas mwamim me recommander un livre tellement j’ai peur de me décevoir et de m’attirer mes propres foudres.

Attendez , ne vous renfrognez pas, je vous splik en vernaculaire sek je voulais dire.

Quand je pense à mes livres de jeunesse, ceux du temps où j’avais de la passion à en revendre et où une simple phrase à peine enluminée ou encore celle qui contrevenait aux règles académiques m’émerveillait, j’ai aujourd’hui de la peine à y trouver des livres qui m’ont captivé. Est-ce parce que c’est tellement loin, ou en suis-je revenu, ou parce que finalement il n’y avait pas de quoi ? Je ne le crois pas : la réponse est plus simple.

Quand j’était mioche je compensais par mon imaginaire débordant tout ce qui pouvait manquer aux livres que je lisais. Les psys vous diront : identification, transfert, libération du refoulé, et patati…. Texte, paratexte, contexte et intertextualité. Tout lecteur réécrit les livres qu’il lit. C’est ainsi que je peux me vanter que jamais un livre si érotique qu’il fut n’a atteint le niveau de mes fantasmes qu’aucune bride religio-cultu- traditionnalo-psycho machinchosologique n’a pu contenir.
Il m’arrive très rarement de relire des livres de jeunesse parce que j’ai peur de me niker le plaisir que j’ai eu jadis en les lisant.

On ne saurait lire qu’avec ses propres yeux, sa propre expérience son vécu, sa culture évidement.

Dans un échange imaginaire avec Henri Miller qui disait que quand il lisait une des traductions de ses livres en japonais ou dans une autre langue , il ne s’y reconnaissait plus, suggérant ainsi qu’il aurait été mal traduit. Je lui rétorquait véhément : ipitit, a darbouka, que c’est toi qui t’es mal lu en japonais et que si t’était japonais twamim tu te serais traduit comme ça l’était ? Je parie que si tu te relisais twamim tu ne te comprendrais pas comme tu as écrit.

J’ai relu récemment, justement le « vieil homme et la mer ». L’un des rares livres d’Hemingway dont j’ai quelques bribes de souvenirs, Je ne lui ai rien trouvé de captivant, je n’ai retenu que l’échange ou l’enfant demandait au vieil homme pourquoi il se lève tôt. Quand j’était mioche cette phrase m’a paru sans doute d’une irremarquable banalité.

Moua je ne lis jamais les préfaces et encore moins les critiques des livres et quand malgré moi j’en suis abreuvé par leur actualité, je ne les lis qu’après que le souvenir de ce qu’on en a dit se soit estompé. Poil au nez !

Donc, vous les moches d’aujourd’hui, si vous avez envie de lire, si la lecture est pour vous une passion, un échappatoire, ou même un purgatoire ga3 : lisez , lisez tout ce qui vous tombe sous la main, et vous ferez votre propre opinion, Comme Onan.

Sinon, pas de complexes ! Au besoin : Viactal : 320 dinars les deux comprimés, et Priape ira se rhabiller !

H.U

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Pendant que je mourissais de rigolage en ayant presque cru que Kichi a failli se faire faire des mauvais amis à l'insu de son propre gré a3lakhatar sous prétexte el marsoul ma iset'hi ma ikhef, cause, que comme Djibril on ne peut plus rien lui attribuer depuis que Moumouh a fermé l'usine à prophéties, les professeurs ont bon dos Son Homonyme a pris ça comme des compliments après une pas si méchante rabrouade , si ce n'était le réctifiage. Mais j'ai, après coup... non pas après coup, il n'y a là rien de bandant. Pendant ce temps là, j'ai perdu le fil de ma phrase , ou est-ce l'aiguille seulement?

Bien au contraire!

« Mais comme toujours, ne jamais être obligé, ni d'aimer ni de poursuivre. Faites au moins un effort car la lecture est toujours, dans les débuts d'un jeune lecteur, un don de soi. »

Abouh almoudjahdine ! Ya 3adjaba ! Assener ça , aux jeunes, qui sont sujets aux mauvaises interprétations ? Iheb itiyeh ha fihoum qu’il ne s’y prendrait pas autrement . Mehsev si ça fait mal la première fois c’est normal et…

Hassoun, moua je m’en fiche je ne lis Le Matin Dized qu’après minwi quand les enfants sont couchés, et avec des lunettes à infrarouge.

Pour que les mauvaises langues, comme dirait Magritte, ou Madame Claude dans un langage moins allégorique ,n’aillent pas dire que je ne fais que radoter, je dois vous avouer que je me sens à peine obligé d’intervenir sur ce sujet, si ces conseils de lecture ne ressemblaient à s’y méprendre pas à une provocation diguizi, ou si j’avais pu me retenir. Mais c’est surtout pour qu’il n’aille pas se laisser accroire , pendant que je réparais ma mikhrayeuse, que ces descentes illa elkahf nous font peur ou que j’avais capitulé.

Je songeais donc, pendant que je réparais ma mikhrayeuse , et en espérant que l’orage qui déversait de la merde allait passer pour me dispenser de répliques irrévérencieuses à un viol de conscience caractérisé qui consiste à faire passer des couleuvres pour d’innocents vers de terre . Est-ce parce que ces couleuvres étaient aussi grosses que des anacondas ou parce qu’il est mauvais vendeur, ou les deux à la fois que Son Homonyme s’est fendu de précautions autruchiennes masquant mal sa fausse modestie pour qu’on aille pas penser qu’il voudrait nous complexer par ses innombrables lectures bien choisies en nous laissant croire que si lui il n’est pas devenu sourd c’est parce que ado il lisait mieux que nous.

C’est pour cette raison que je n’arrive pas à être suffisamment ringard pour oser masquer ma suffisance avec une prétentieuse naïveté mal feinte en me fendant d’éloges à mes anciens maitres qui laissent apparaitre en filigrane scintillant mon orgueil impatient.

Que lire ? Ce n’est pas seulement parce que je n’ai pas la réponse ou parce que j’ai trop lu de tout et de n’importe quoi, surtout de n’importe quoi : car il y avait plus de choix et que c’était plus disponible , mais je ne me vois pas mwamim me recommander un livre tellement j’ai peur de me décevoir et de m’attirer mes propres foudres.

Attendez , ne vous renfrognez pas, je vous splik en vernaculaire sek je voulais dire.
Quand je pense à mes livres de jeunesse, ceux du temps où j’avais de la passion à en revendre et où une simple phrase à peine enluminée ou encore celle qui contrevenait aux règles académiques m’émerveillait, j’ai aujourd’hui de la peine à y trouver des livres qui m’ont captivé. Est-ce parce que c’est tellement loin, ou en suis-je revenu, ou parce que finalement il n’y avait pas de quoi ? Je ne le crois pas : la réponse est plus simple.

Quand j’étais mioche je compensais par mon imaginaire débordant tout ce qui pouvait manquer aux livres que je lisais. Les psy vous diront : identification, transfert, libération du refoulé, et patati…. Texte, paratexte, contexte et intertextualité. Tout lecteur réécrit les livres qu’il lit. C’est ainsi que je peux me vanter que jamais un livre si érotique qu’il fût n’a atteint le niveau de mes fantasmes qu’aucune bride religio-cultu- traditionnalo-psycho machinchosologique n’a pu contenir.

Il m’arrive très rarement de relire des livres de jeunesse parce que j’ai peur de me niker le plaisir que j’ai eu jadis en les lisant.

On ne saurait lire qu’avec ses propres yeux, sa propre expérience son vécu, sa culture évidement.

Dans un échange imaginaire avec Henri Miller qui disait que quand il lisait une des traductions de ses livres en japonais ou dans une autre langue , il ne s’y reconnaissait plus, suggérant ainsi qu’il aurait été mal traduit. Je lui rétorquais véhément : ipitit, a darbouka, que c’est toi qui t’es mal lu en japonais et que si t’étais japonais twamim tu te serais traduit comme ça l’était ? Je parie que si tu te relisais twamim tu ne te comprendrais pas comme tu as écrit.

J’ai relu récemment, justement le « vieil homme et la mer ». L’un des rares livres d’Hemingway dont j’ai quelques bribes de souvenirs, Je ne lui ai rien trouvé de captivant, je n’ai retenu que l’échange où l’enfant demandait au vieil homme pourquoi il se lève tôt. Quand j’étais mioche cette phrase m’a paru sans doute d’une irremarquable banalité.

Moua je ne lis jamais les préfaces et encore moins les critiques des livres et quand malgré moi j’en suis abreuvé par leur actualité, je ne les lis qu’après que le souvenir de ce qu’on en a dit se soit estompé. Poil au nez !

Donc, vous les moches d’aujourd’hui, si vous avez envie de lire, si la lecture est pour vous une passion, un échappatoire, ou même un purgatoire ga3 : lisez , lisez tout ce qui vous tombe sous la main, et vous ferez votre propre opinion, Comme Onan.

Sinon, pas de complexes ! Au besoin : Viactal : 320 dinars les deux comprimés, et Priape ira se rhabiller !

H.U

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Le Roman " Les raisins de la colere" reste pour moi, l'oeuvre le plus geniale de John Steinbeck.

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Courtoisie ! Courtoisie ! courtoisie ! Ousk’il a vu ya3ni qu’on a des qamums de courtoisie, nous autres ?

Lwi, on dirait que c’est parce qu’il n’a pas su être plus méprisant qu’Akika qui ne nous a traité que de vulgaires et d’ignorants qu’il dit à peine qu’on pue de la gueule et qu’on est sales affreux et méchants.

Et quand il descend kamim du minbar ce n’est pas parce qu’il n’a pas pu se contenir , c’est parce qu’il est trop gentil, qu’il a dit là-bas à un commentateur qui lui faisait la remarque à propos. »

« Voila la raison de ma réponse, autrement je ne réponds quasiment jamais, une question de retenue. » Retenue : safidir ma yekhrach !

Noooon ! Ce n’est pas parce qu’à chaque fois qu’il a osé on lui a fait la tête au carré et qu’il est remonté vers le minbar par l’escalier de service la queue entre les jambes en se la mordant de rage.

Mahsev thoura on a été le chercher il ne nous reste thoura qu’à lui vouer un cul-te. Djabouh le Matin-Dized bessif, on devrait se forcer au moins à faire semblant d’être ébloui par ses lumières.

Et quoi encore ? Akhelkhal ? Il croit qu’on est là pour lui tailler un smoking ou quoi ? Thineqaline, srima, achwari et à la rigueur, s’il est gentil avec nous, thavarda !

Sik nous autres Ahl el kahf on ne fait pas dans la dentelle . C’est dayor pour ça qu’on nous laisse nous lâcher. Et quand je dis nous lâcher, vous me comprenez : j’cause kalimatou el mouynassiba fimakanouha el mounassibou. Vu qu’on est dans la fosse pourquoi on s’priverait.

Woullah c’est pas que j’aime être irrévérencieux , mais je suis incapable d’écrire deux phrases dans un style académique, journalistique, ou correctement. Ce sont mes démons qui m’inspirent et ontarnous comme ça fait lonta qu’ils ma bite je n’ai pas envie de les troquer contre une muse plus avenante.

Cependant, je pourrais être, comme dirait Céline, raffiné , en me forçant, au risque de ne pas me reconnaitre si je m’affublais d’un style qui n’irait pas à mon qamum . Je vous vois d’ici me reprocher de vouloir faire comme le bellaridj qui voulait marcher comme une perdrix et qui a fini par ne plus savoir marcher ni comme un bellaridj ni comme une perdrix ni comme bururu. La bite ne fait pas le moine, qu’il dit chez nous à Guezgata le Curé de Camaret, aux petits enfants.

Moua je ne sais pas me mettre en colère gentiment, surtout quand on m’énerve ! Et encore je me force à composer des phrases apipri compréhensibles. Sinon si je balançais les mots comme il me viennent, ayavava , je vous causerais comme Jilbane , qui a simplifié le langage à l’extrême : lagraffe thafounes lepnou tonobile lambilance salamète idamène lotoroute. Une vache attachée sur le bord de la route avec un fil de fer a été apeurée par une voiture, elle s’est détachée et s’est mise à gambader sur l’autoroute et a provoqué un accident. Il y avait des blessés, mais l’ambulance est venue, rien de grave.

C’est la pine de sortir des sentiers battus et convenus de l’université pour s’enfermer dans des conventions de langage pour aller afficher sa contenance chez le Matin-Dized et s’encanailler à nos dépens parmi nous. Lui il s’offre des orgasmes à nous narguer du minbar , mais nous : coitus interruptus !

C’est guedin , ya boureb ! On veut nous interdire de braire normalement ! Dimoua yerham babek comment vous dites « Hi-han » fi wahran ?
Si quelqu’un lui fait remarquer qu’il le barbe , il sort ses griffes.

Putain, on leur a dit : pas de figures imposées ! Difwa j’envoie katarvinkinz fwa le même commentaire que je fais relire et corrigé par notre curé De Camaret et roqyé chez l’imam Ghafour qui dayor s’étonnent parfois d’autant de méti-culosité ,que j’apporte mwamim au modéro après avoir déposé ma mikhrayeuse, ma chéchia, mon parapluie, mon préservatif à l’entrée du Matin-Dized akène difwa ça passe pas les fourches caudines de la modération.

Donc, yerhem babakoum, quand un commentaire est publié, prenez-le comme il est venu : un spasme, une éjaculation, un compliment oula un crachat !
Ayakhouzid ,aghthselqadhèm ou kwa ? On ne vient pas pour picorer vos graines de sachants !

Mahsev ce que vous écrivez ne nous révolte pas, oula wech ?

Vous n’êtes kamim pas une secte oula une zawiya ?

Vôtre infiniment dévoué .Hend Uqaci.

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Pour moi les plus beaux livres de Steinbeck sont Tortilla Flats, Rue de la Sardine et Tendre Jeudi. C’est dans ces livres qu’il exhibe le plus grand amour pour ses personnages, de simples paysans chicanos (américains d’origine mexicaine qui ont précédé les anglo-saxons dans l’Ouest américain) et des vagabonds oisifs. C’est de la pure poésie en prose. Je les relis tous les cinq ou six ans avec un plaisir sans cesse renouvelé.
Il y a aussi Voyage avec Charlie que je lis et relis tous les cinq ou six ans. Dans ce récit de voyage il a exhibé son vrai don d’artiste/prophète. Il a vu dans les années 60 exactement où son pays allait. En le lisant aujourd’hui on ne peut s’empêcher d’être étonné de sa clairvoyance.
Hemingway est bien fade par comparaison. J’ai lu tous ses livres dans mon adolescence mais ils n’ont plus de goût pour moi.

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La littérature n'étant pas complètement détachée du réel, peut importe le genre, les auteurs algériens devraient avoir une place de choix. Quelle que soit la qualité littéraire du roman algérien, il en reflète pas moins, mieux que n'importe quelle création étrangère, la réalité algérienne. On ne peut appréhender le caractère universel des grands auteurs sans références solides dans la littérature algériennes.

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