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Interview oubliée

Kateb Yacine : Le docker de Bab-Dzira

Le 1er mars 1962, Kateb Yacine est au Caire pour assister au 2e Congrès des écrivains afro-asiatique, auquel ont participé 150 écrivains et intellectuels de 50 pays des deux continents. Le président de la délégation algérienne n’est autre que Mostefa Lacheraf, qui venait d’être libéré de prison. L’auteur de Nedjma, était vice-président de la Commission dite du Rôle de la traduction dans le renforcement de la solidarité afro-asiatique et le développement de l’échange culturel entre les peuples afro-asiatique, du Congrès.

La journaliste, poétesse et critique littéraire égyptienne Malak Abdelaziz Abdellah (1921-1999) s’est rapprochée de lui pour réaliser cette interview, parue  dans la revue cairote, Al-Majala, n°62, du 1er mars 1962, p. 45-47 :


Question : À quel moment débuta votre rapport  avec le mouvement national algérien ?

Kateb Yacine : J’avais quinze ans  c’était lors de manifestations populaires à Sétif et auxquelles j’ai participé, on m’a arrêté et j’étais définitivement exclu des écoles.

Q : Quand est-ce que ces manifestations ont eu lieu ?

K.Y. : C’est vers la fin de la Seconde guerre mondiale que les Algériens ont commencé à se réunir et à manifester dans l’ensemble des villes de l’Algérie afin de revendiquer leur indépendance, après avoir contribué largement aux côtés de la France, dans sa lutte contre le nazisme.

Q : Quand est-ce que vous avez commencé à écrire de la poésie ?

K.Y. : À l’âge de seize ans, avec mon premier recueil intitulé Soliloques.

Q : Qu’avez-vous fait une fois exclus des études ?

K.Y. : Je suis resté et j’ai continué à appeler à la lutte en animant des conférences et rédigeant des poèmes. Puis, je suis parti à Paris et j’ai vécu parmi les ouvriers Algériens  en menant la vie du poète militant.

Q : Après cela, vous n’êtes pas retourné en Algérie ?

Kateb Yacine. : Je suis revenu en 1948, et j’ai travaillé à Alger-Républicain, puis comme correspondant de presse, à cette période je me suis déplacé dans plusieurs pays. Mais au décès de mon père, en laissant dernière lui une famille nombreuse, j’étais obligé de retourner en Algérie où j’ai travaillé comme  ouvrier dans la construction du port et après l’achèvement des travaux, j’étais obligé de retourner encore à Paris, à la recherche de moyens de survivre, là, j’ai travaillé dans le goudronnage des routes, dans les travaux pour bâtiments ; j’ai fait n’importe  quel autre boulot qui se présentait à moi et où il était permis aux Algériens d’y travailler.

C’est là où j’ai fait la connaissance du livre, et j’ai commencé à écrire dans des journaux  libres, de même que j’ai achevé, certains des livres dont j’ai débuté la rédaction. J’ai donc publié une pièce de théâtre poétique, Le Cadavre encerclé, par la suite le roman Nedjma. Au déclenchement de la révolution algérienne, j’ai quitté la France et je me suis déplacé de pays en pays  appelant au soutien de la cause nationale.

Q : Nous remarquons que, même si vous vous exprimez en arabe, vous écrivez en français, et c’est le cas de nombreux écrivains algériens célèbres et dont certains ne trouvent  aucune difficulté à s’exprimer en arabe, pourquoi ce phénomène ?

K.Y. : Le colonialisme a voulu anéantir tout patriotisme en faisant la guerre à la langue arabe et d’une façon systématique, il a procédé à la fermeture et destruction même, des écoles qui enseignaient l’arabe et persécuté les enseignants et écrivains, brûlé des livres, ce qui obligeait tous ceux qui voulaient apprendre ne serait-ce le peu de connaissances, à aller vers les écoles françaises, chose qui a fait que beaucoup d’intellectuels ne pouvaient s’exprimer en arabe.

Q : Mais quel est l’impact de cette littérature algérienne écrite en français sur le combat contre le colonialisme ?

K.Y. : Nous nous accaparons des armes françaises afin de combattre les Français et les renvoyer de chez nous. De même pour cette arme qui est la langue française, qui n’est qu’un outil avec lequel nous faisons parvenir nos idées révolutionnaires aux intellectuels Algériens qui, comme  nous, ont été privés d’y goûter et à s’exprimer avec l’arabe classique. Tout comme elle est un outil avec laquelle, nous mobilisons l’opinion mondiale afin qu’elle soutienne notre cause. Par son biais, nous attirons dans nos rangs, quelques Français libres, de cette manière nous renverrons cette flèche empoisonnée à son archer.

Q : Est-ce que ces écrits qui sont publiés en France, arrivent en Algérie ?

K.Y. : Oui, ils arrivent en sous terre et d’une façon clandestine, tout comme pour les armes.

Q : Quel statut a cette littérature algérienne écrite en français ? N’est-elle pas perçue par certaines personnes comme une composante de la littérature française ?

K.Y. : Non.. Cette approche est certainement erronée. La littérature algérienne écrite en français est une littérature indépendante de la laquelle elle s’exprime, libre de tout lien sentimental ou ethnique. Elle exprime une réalité qui subsiste d’elle-même, une âme authentique qui a les caractéristiques de la sagesse du peuple algérien et de sa volonté révolutionnaire à vouloir anéantir des situations coloniales pourries par de nouvelles réalités ayant des assises solides.
 

Q : Mais, n’y a-t-il pas d’auteurs algériens qui écrivent dans la langue arabe classique ?

K.Y. : Oui, il y a quelques écrivains comme le docteur Mostefa Lacheraf, membre de notre délégation dans ce Congrès. Mais la difficulté à éditer le livre en arabe, en Algérie, se pose avec acuité entre nombreux d’entres eux et l’édition.

Q : Vous n’avez pas pensé à publier de tels écrits dans un pays arabe ?

K.Y. : En réalité, la bataille de l’action violente que nous menons, peut nous détourner de cette question. Mais les écrits militants en langue arabe se limitent aux publications clandestines que la Commission des publications diffuse parmi les forces combattantes et au sein du peuple.

Q : Si les masses populaires ont été privées d’apprendre la langue arabe, peuvent-elles comprendre ces écrits ? Et comment peut-on les mobilisées dans ce combat ?

K.Y. : Le peuple reconnaît sa voie, le jour où on lui a interdit de s’exprimer dans la langue arabe classique, il s’est retourné vers la langue parlée, où des poètes populaires, troubadours et conteurs se sont illustrés par un travail, très risqué d’ailleurs, de mobilisation des esprits en direction de la révolution anticolonialiste. Et l’Emir Abdelkader que la masse paysanne combattante avait choisi comme émir de la lutte contre l’agression française à la fin du siècle passé, fut en son temps, un des plus grands poètes de la langue classique, en plus de sa grande connaissance de la culture traditionnelle et de l’histoire. Il était connu pour être fier de sa langue arabe classique, mais en tant que moudjahid et chef révolutionnaire du combat libérateur, il savait pertinemment tout l’intérêt que portait cette production populaire dans la langue parlée, c’est pour cela qu’il l’a encouragée et l’a soutenue  en tant qu’une arme efficace de combat et par laquelle il diffusait la prise de conscience et enflammait les cœurs de la masse. Et ce phénomène de la poésie populaire, ne faisait que s’amplifier et d’une façon accrue, durant les insurrections qui s’en suivirent.

Q : Lors des débats, au sein de la Commission de la traduction, il était question du choix des livres à traduire et est-ce que nous commençons par la littérature de combat ou par celle du patrimoine populaire qui représente l’âme du peuple, son caractère et son authenticité, et je vous ai vu plutôt adepte de la première. Comment expliquez-vous cela ?

K.Y. : Le Congrès afro-asiatique est une institution révolutionnaire et militante, il est donc tout à fait naturel qu’il débute par la traduction de la littérature militante qui sert, d’une sorte de combustible dans la bataille que mènent  aujourd’hui les peuples d’Asie et d’Afrique. Pour ce qui est du patrimoine ancien, des institutions culturelles de ces mêmes pays peuvent poursuivre sa traduction, bien que je ne sois pas contre une traduction de ce patrimoine sous l’égide du Congrès Afro-Asiatique, je me réserve la primauté pour la littérature de combat.

Q : Avez-vous d’autres publications en plus de celles que vous avez cités ?

K.Y. : Oui.. Un roman Le Cercle des représailles, d’autres sont en voie d’édition, comme : La Guerre de cent trente ans, traitant de la lutte de l’Algérie durant la colonisation qui a duré cent trente ans. Une étoile amnésique, La Femme sauvage (*) et Le Polygone étoilé.

Q : Où vivez-vous en ce moment ?

K.Y. : Comme vous voyez.. Aujourd’hui, je suis au Caire ! Après quelques jours, je serais en Chine.. je parcours les quatre coins du monde défendant la cause de mon pays.

(*) – La Femme sauvage, sera traduite en arabe, avant sa publication grâce à l’amitié qu’entretenait Kateb Yacine avec le poète Syrien Adonis (de son nom Ali Ahmed Said), qu’il rencontra à Paris. La pièce théâtrale sera publiée en deux parties dans la revue libanaise Adab, n°1, de janvier 1962 (1ère partie) et la revue Chiyr (Poésie), n°21, du 1/1/1962, (2e partie).

Traduction : Mohamed-Karim Assouane, université d’Alger-2.

 

Commentaires

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Un prolongement du panarabisme. Ainsi la culture est subordonnee au pouvoir. Le crime culturel est d' avoir nie' jusqu' a' l' existence de la culture et langue berbere!
Les intellos de boumediene ont foncierement participe' a' la betise de l' arabisation, ce qui a fleuri en donnant l' islamisme comme fruit.

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Une interview qui tombe le masque. À l'instar des "stars" d'origine amazighe, Kateb est arabe chez les Arabes, berbère chez les Imazighen et métisse chez les "arabères". En dépit de ses formules assassines à l'encontre des Arabes, il a l'arabité à fleur de peau. Talwit i yerghsan-ik quand même!

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Nous assistons aujourd’hui à une prolifération des informations traitant de la « grandiose civilisation arabo-islamique (ou arabe tout court) », de « ses indiscutables apports à l’émancipation de l’humanité » et autres informations futiles et superficielles.

L’ironie de l’histoire a voulu que des journaux de gauche, comme « Le soir d’Algérie », soient devenus l'antichambre de l'arabisme en offrant leur hospitalité aux tenants du souffreteux chauvinisme qui tentent en vain de nous arracher notre amazighité retrouvée en nous assenant tant de coups bas avec des articles comme "Pourquoi nous sommes arabes" d'un certain Benamara qui ne montre cependant son vrai visage d’amazighophobe que dans ses interventions dans les commentaires de son "article" dans les colonnes du "Quotidien d'Algérie".

Cette obstination pathétique et pathologique à vouloir arabiser sans arrêt l’Afrique du Nord est devenue on ne peut plus agressive depuis l'officialisation - dans la forme - de Tamazight. La consécration de Yennayer, le nouvel an amazigh, comme fête nationale, chaumée et payée, est la goutte qui a fait déborder le vase des « gardiens du temple » dont les sens sont aux aguets. Ce vase, plein de fiel, est réservé aux Kabyles, comme cette célèbre sentence des (pseudo-) uléma pour qui « ils ne seront des Algériens, que le jour où ils cesseront de parler ce langage qui écorche les oreilles ».

Combien sont-ils ceux qui, comme Boukrouh, dans leur excès de zèle, ont cru devoir remettre les pendules de notre calendrier amazigh à l’heure… arabo-musulmane ? Que n'ont-t ‘ils pas écrit pour nous ridiculiser, nous les barbares, pardon Berbères, qui sommes en l’an 2968 et qu’ils voudraient voir précédé du signe « moins » pour rendre ce nombre négatif et exprimer ainsi notre irrattrapable retard.

Est-ce l’œuvre du hasard, la publication de cette vieille interview, accordée par l’indomptable Kateb Yacine à une journaliste égyptienne ? Pourquoi revient-on aujourd’hui sur un entretien, dont le contenu est, me semble-t-il, l’antithèse des convictions de cet incorruptible intellectuel ? Il s’agit bien sûr de récupérer ce talentueux écrivain et infatigable militant et essayer d’enterrer son engagement et son combat contre la manipulation et le mensonge, fondements même de cet État-nation. Ce n’est évidemment pas la première tentative de baptiser «Kateb Yacine, écrivain arabe», «lui rendre la place légitime qui lui revient dans le champ culturel et l’imaginaire arabe» et revendiquer «l’arabité de l’écriture katébienne» en mettant en exergue ses origines andalouses et son appartenance aux Beni Kablout, partis en Andalousie et revenus au pays après la chute de Grenade en 1492 pour souligner l’importance de la culture arabe dans les racines de l’auteur de Nedjma.

Auraient-ils eu le courage de mener une telle campagne de son vivant ? Connaissant leur lâcheté, jamais ils n’auraient osé affronter cet éternel Jugurtha, cette figue de barbarie, qui comme les Amrouche : « qui s’y frotte, s’y pique » Ces quelques citations testamentaires de Kateb Yacine, perceront la poitrine de l’imposture et de la mauvaise foi :
• « L’Algérie est un pays subjugué par le mythe de la nation arabe, car c’est au nom de l’arabisation que l’on réprime le tamazight. En Algérie, comme dans le monde entier, on croit que l’arabe est la langue des Algériens. »
• « Aujourd’hui, par les armes, nous avons mis fin au mythe ravageur de l’Algérie française, mais pour tomber sous le pouvoir d’un mythe encore plus ravageur : celui de l’Algérie arabo-musulmane, par la grâce de dirigeants incultes. L’Algérie française a duré cent trente ans. L’arabo-islamisme dure depuis treize siècles ! L’aliénation la plus profonde, ce n’est plus de se croire français, mais de se croire arabe. Or il n’y a pas de race arabe, ni de nation arabe. Il y a une langue sacrée, la langue du Coran dont les dirigeants se servent pour masquer au peuple sa propre identité ! »
• « L’Algérie arabo-islamique est une Algérie contre-nature, une Algérie qui est contraire à elle-même. C’est une Algérie qui s’est imposée par les armes, car l’islam ne se développe pas avec des bonbons et des roses, il se développe avec des larmes et du sang. Il croît dans l’oppression, la violence, le mépris, par la haine et les pires humiliations que l’on puisse faire à l’homme. »

Mais au fond savent-ils vraiment qui ils sont? Tous ou presque se disent arabes, faisant ainsi de leur ignorance et leur complexe vis-à-vis de l’un des peuples les plus incultes, oisifs, paresseux, fatalistes, défaitistes, consuméristes, parasites, indolents et insipides leurs liens de rattachement. Le plus grave affront que les Arabes algériens, comme leurs frères dans les autres pays de l’Afrique du Nord, s’infligent à eux-mêmes et à leurs vrais aïeux est de se croire plus arabes que les Arabes eux-mêmes. Que savent-ils réellement de ceux qu’ils idéalisent tant et qu’ils vénèrent comme si c’étaient des dieux vivants?

Hambourgeoisement vôtre
Allas Ilelli

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Nous assistons aujourd’hui à une prolifération des informations traitant de la « grandiose civilisation arabo-islamique (ou arabe tout court) », de « ses indiscutables apports à l’émancipation de l’humanité » et autres informations futiles et superficielles.

L’ironie de l’histoire a voulu que des journaux de gauche, comme « Le soir d’Algérie », soient devenus l'antichambre de l'arabisme en offrant leur hospitalité aux tenants du souffreteux chauvinisme qui tentent en vain de nous arracher notre amazighité retrouvée en nous assenant tant de coups bas avec des articles comme "Pourquoi nous sommes arabes" d'un certain Benamara qui ne montre cependant son vrai visage d’amazighophobe que dans ses interventions dans les commentaires de son "article" dans les colonnes du "Quotidien d'Algérie".

Cette obstination pathétique et pathologique à vouloir arabiser sans arrêt l’Afrique du Nord est devenue on ne peut plus agressive depuis l'officialisation - dans la forme - de Tamazight. La consécration de Yennayer, le nouvel an amazigh, comme fête nationale, chaumée et payée, est la goutte qui a fait déborder le vase des « gardiens du temple » dont les sens sont aux aguets. Ce vase, plein de fiel, est réservé aux Kabyles, comme cette célèbre sentence des (pseudo-) uléma pour qui « ils ne seront des Algériens, que le jour où ils cesseront de parler ce langage qui écorche les oreilles ».

Combien sont-ils ceux qui, comme Boukrouh, dans leur excès de zèle, ont cru devoir remettre les pendules de notre calendrier amazigh à l’heure… arabo-musulmane ? Que n'ont-t ‘ils pas écrit pour nous ridiculiser, nous les barbares, pardon Berbères, qui sommes en l’an 2968 et qu’ils voudraient voir précédé du signe « moins » pour rendre ce nombre négatif et exprimer ainsi notre irrattrapable retard.

Est-ce l’œuvre du hasard, la publication de cette vieille interview, accordée par l’indomptable Kateb Yacine à une journaliste égyptienne ? Pourquoi revient-on aujourd’hui sur un entretien, dont le contenu est, me semble-t-il, l’antithèse des convictions de cet incorruptible intellectuel ? Il s’agit bien sûr de récupérer ce talentueux écrivain et infatigable militant et essayer d’enterrer son engagement et son combat contre la manipulation et le mensonge, fondements même de cet État-nation. Ce n’est évidemment pas la première tentative de baptiser «Kateb Yacine, écrivain arabe», «lui rendre la place légitime qui lui revient dans le champ culturel et l’imaginaire arabe» et revendiquer «l’arabité de l’écriture katébienne» en mettant en exergue ses origines andalouses et son appartenance aux Beni Kablout, partis en Andalousie et revenus au pays après la chute de Grenade en 1492 pour souligner l’importance de la culture arabe dans les racines de l’auteur de Nedjma.

Auraient-ils eu le courage de mener une telle campagne de son vivant ? Connaissant leur lâcheté, jamais ils n’auraient osé affronter cet éternel Jugurtha, cette figue de barbarie, qui comme les Amrouche : « qui s’y frotte, s’y pique » Ces quelques citations testamentaires de Kateb Yacine, perceront la poitrine de l’imposture et de la mauvaise foi :
• « L’Algérie est un pays subjugué par le mythe de la nation arabe, car c’est au nom de l’arabisation que l’on réprime le tamazight. En Algérie, comme dans le monde entier, on croit que l’arabe est la langue des Algériens. »
• « Aujourd’hui, par les armes, nous avons mis fin au mythe ravageur de l’Algérie française, mais pour tomber sous le pouvoir d’un mythe encore plus ravageur : celui de l’Algérie arabo-musulmane, par la grâce de dirigeants incultes. L’Algérie française a duré cent trente ans. L’arabo-islamisme dure depuis treize siècles ! L’aliénation la plus profonde, ce n’est plus de se croire français, mais de se croire arabe. Or il n’y a pas de race arabe, ni de nation arabe. Il y a une langue sacrée, la langue du Coran dont les dirigeants se servent pour masquer au peuple sa propre identité ! »
• « L’Algérie arabo-islamique est une Algérie contre-nature, une Algérie qui est contraire à elle-même. C’est une Algérie qui s’est imposée par les armes, car l’islam ne se développe pas avec des bonbons et des roses, il se développe avec des larmes et du sang. Il croît dans l’oppression, la violence, le mépris, par la haine et les pires humiliations que l’on puisse faire à l’homme. »

Mais au fond savent-ils vraiment qui ils sont? Tous ou presque se disent arabes, faisant ainsi de leur ignorance et leur complexe vis-à-vis de l’un des peuples les plus incultes, oisifs, paresseux, fatalistes, défaitistes, consuméristes, parasites, indolents et insipides leurs liens de rattachement. Le plus grave affront que les Arabes algériens, comme leurs frères dans les autres pays de l’Afrique du Nord, s’infligent à eux-mêmes et à leurs vrais aïeux est de se croire plus arabes que les Arabes eux-mêmes. Que savent-ils réellement de ceux qu’ils idéalisent tant et qu’ils vénèrent comme si c’étaient des dieux vivants?

Hambourgeoisement vôtre
Allas Ilelli

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Lorsque quelqu'un est rejette par sa communaute, il cherche a s'abriter chez les voisins. Depuis la nuit des temps les kabyles etaient et le sont tjrs comme les chats, il suffit que quelqu'un leur caresse le dos pour qu'ils remontent la queue. On fait confiance au premier venu, il suffit qu'il nous dit, vous les kabyles vous etes ceux sur qui compte l'algerie. Au lieu de ceux qui nous disent, la kabylie doit compte sur ses enfants pour un avenir meilleur. la chanson d'Ait-Menguellet AYA KVAYLI, nous depeint bien.

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Je cite le papier : "... Le 1er mars 1962, Kateb Yacine est au Caire pour assister au 2e Congrès des écrivains afro-asiatique [AFRO-ASIATIQUES], auquel ont participé 150 écrivains et intellectuels de 50 pays des deux continents... La journaliste, poétesse et critique littéraire égyptienne Malak Abdelaziz Abdellah (1921-1999) s’est rapprochée de lui pour réaliser cette interview, parue dans la revue cairote, Al-Majala, n°62, du 1er mars 1962, p. 45-47 :..."
En 1972, soit 10 ans et demi après cette interview, qu’il faut, outre mesure, lire située et datée, pour éviter toute interprétation hâtive et tendancieuse ; cette légèreté d’interprétation très algérienne, en vogue en ces temps de vaches maigres en matière intellectuelle qui courent ; un certain 16 septembre exactement, le « Grand » Kateb Yacine, a accouché d’une nouvelle œuvre ; une œuvre antérieure à celles citées dans l’interview (voir supra). En tant que telle, cette œuvre, est, à chaque fois qu’il fût question de Yacine, de visu, passée (passe encore aujourd’hui), complètement sous silence, méprisée, en tous cas sciemment ignorée par une grande frange des intellectuelles soi-disant progressistes algériens, francophones de formation, arabophones par leur langue maternelle, pourtant, son cœur palpite toujours et il va, comme « Nedjma », palpiter pour l’éternité !
Cette œuvre est imprimée par la Mairie de Staoueli dans le département d'Alger. Pour une consultation bibliographie cf. :
Kateb (Y.) – Amazigh, éd. Mairie de Staoueli, Alger, 1972, pp. infinies
Tout le reste est littérature …
A ce titre je partage dans sa totalité le point de vu – voir ici-même - de « Allas Ilelli »
Aẓberbur de Bougie

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Qui s’y frotte s’y pique
Combien est douloureux quand on est remis en question par rapport à nos convictions les plus profondes ? On grandit avec des idées inébranlables puis un jour on découvre que tout était faux et là on commence à rejeter l’autre qui vient nous écorcher à vif. Juste une interview de Kateb Yacine. Et on ne supporte pas ça. Pourquoi ? on a toujours voulu faire de Kateb une figure qui défend la langue française, un anti-arabe quoi !. Et pourtant tout le monde sait que Kateb c’est un homme libertaire, une vraie sommité qui ne s’apprivoise pas. Il parle spontanément sans calcul politique. Il a parlé avec Boumediene. Il a laissé tomber la langue française pour faire du théâtre en langue arabe algérienne pour qu’il soit bien compris par tout le monde. Une autre façon de dire que les algériens n’ont rien à voir avec la langue française. Et c’est vrai. Je fais abstraction de certains francophones et francophiles qui ne portent en eux que la phobie de tout ce qui est arabe. Ils dénigrent tout sur leur chemin. Ils déversent leurs venins sur tout ce qui leur rappelle que la terre algérienne a été et est toujours arabes depuis les dynasties berbères musulmanes qui ont gouverné le Grand Maghreb Arabe.
Oui j’ai une estime incommensurable pour Kateb. Il est grand. Pas un rejeton de l’histoire. Kateb ne se courbe l’échine devant personne. Kateb est révolutionnaire et je l’admire pour cela.
Oui il n’y a pas de races arabes. C’est vrai. Il y a une langue arabe. On est arabe par cette chère langue arabe. Ça suffit alors. On est musulman de surcroit. Ça suffit encore.
Imaginons un instant que moi le kabyle je n’ai pas été formé en arabe à l’école pour apprendre toutes mes sciences en cette langue, par quelle langue serais-je alors formé ?. Évidemment en langue française. Honte à moi dont mes parents et mes ancêtres qui ont fait de la langue arabe une langue du savoir je finis par les décevoir. La langue arabe c’est la langue d’Ibn Khaldoune, d’Ibn Rochd, d’ibn Mohyaeddine Ibn Arabi et de Ibn Battouta. Et j’en suis fier.
L’Algérie est arabe, arabe et arabe. Les seules languies qui ont droit de cité en Algérie est le berbère avec toutes ses variantes et l’arabe. Rien que cela. Kateb sera fier de moi aussi. Lui qui a donné pour titre à son œuvre monumentale : Nedjma. Un mot arabe. Il l’a écrite en français mais l’œuvre est profondément arabe. Mais c’était le grand Kateb. Rien ne lui échappe.
Amicalement.

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Je vous cite: „L’Algérie est arabe, arabe et arabe“. Qu’elle mesquinerie! Yacine se retournera, sans aucun doute, dans sa tombe, s‘il venait à prendre connaissance de vos propos abjectes, insensés et perfides, lui, cet intellectuel incomparable, qui a su, sans aucun complexe se réconcilier avec son amazighité quelque décennies avant son décès.
Ce propos monsonger à coloration religieuse par le nombre 3, chères aux Musulmans, Monsieur, vous pouvez le tenir dans un thème qui traite de Athmane Saadalla, Abella Djaballa et co. mais de grâce pas dans un thème qui traite de Yacine. Ne le souillez pas!
Azberbur n Bgayet

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« On croirait aujourd’hui, en Algérie et dans le monde, que les Algériens parlent l’arabe. Moi-même, je le croyais, jusqu’au jour où je me suis perdu en Kabylie. Pour retrouver mon chemin, je me suis adressé à un paysan sur la route. Je lui ai parlé en arabe. Il m’a répondu en tamazight. Impossible de se comprendre. Ce dialogue de sourds m’a donné à réfléchir. Je me suis demandé si le paysan kabyle aurait dû parler arabe, ou si, au contraire, j’aurais dû parler tamazight, la première langue du pays depuis les temps préhistoriques… »

Kateb Yacine, Les Ancêtres redoublent de férocité, Bouchène/Awal, Alger, 1990.

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