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Proche-Orient

Le bombardement de la Syrie est tout, sauf contre l’utilisation des armes chimiques  

Bachar El Assad a toujours utilisé les gaz, le sarin  et le chlore parfois en mélange pour palier à l’insuffisance de son arsenal militaire en déconfiture aussi bien en équipements qu’en hommes. Les pays voisins, ainsi que les puissances étrangères le savent et ne réagissent que lorsque le mélange des deux gaz dépasse la dose en créant des dommages collatéraux envers les civils comme cela s’est passé la semaine dernière à Douma. Il est clair que la tactique militaire de la Syrie pour s’attaquer aux poches éloignées des rebelles reste cette arme par manque de soldats pour les attaques terrestres. Il utilise aussi cette arme comme stratégie de dissuasion pour gagner en territoire et cela lui est favorable. C’est de cette manière qu’il a réussi à reconquérir contre toute  attente près de 65% du territoire syrien. Dictateur ou pas, le régime a compris les véritables enjeux des pays engagés directement ou indirectement dans ce conflit depuis 2011 et qui a fait entre 200 000 à 400 000 morts.

1- Pourquoi l’Iran soutient Bachar El Assad

Officiellement, du moins ce qu’on offre comme analyse, le régime bénéficie depuis le début de la révolution du soutien indéfectible de l’Iran sur les plans politique, financier, diplomatique et militaire car Téhéran ne veut absolument pas qu’un pouvoir sunnite, potentiellement soutenu par les pétromonarchies du Golfe et, plus particulièrement, l’Arabie saoudite, s’installe à Damas.

Pour l’Iran, il est important d’avoir cette continuité stratégique Téhéran-Bagdad-Damas-Hezbollah. C’est pour cela que l’on parle, en simplifiant, d’un « axe chiite » contre un «axe sunnite» formé de Riyad-Le Caire-Ankara sans oublier les pétromonarchies du Golfe. Sur le terrain, la présence iranienne est composée de plusieurs centaines de conseillers, de paramilitaires ou encore de la force Al-Qods. En décembre 2013, après une montée en puissance en vue des négociations de Genève II, la présence iranienne en Syrie a été évaluée à 10 000 hommes. En 2015, des sources de sécurité syrienne ont révélé que 7 000 à 10 000 soldats de la seule brigade Al-Qods,avaient été déployés autour de Damas pour la protéger après la prise de Palmyre par le proto-Etat islamique. Acteur de terrain, l’Iran ne devient que progressivement acteur diplomatique. Le tournant est l’accord sur le nucléaire iranien, signé le 14 juillet 2015. Tous les efforts de Washington étaient concentrés sur l’obtention de cet accord qui était une priorité pour Barack Obama.

Certains observateurs considèrent même que le président américain a reculé en août 2013 lorsqu’il était question d’une intervention en Syrie après les attaques chimiques, pour ne pas entraver les discussions avec les Iraniens. Jusqu’alors, les Iraniens avaient été marginalisés dans les premiers rounds de négociation pour une solution pacifique au conflit. L’embellie diplomatique du 14 juillet 2015 a réintroduit l’Iran dans la partie. Cette association était nécessaire ; il n’est pas sûr qu’elle soit suffisante. Outre les forces iraniennes, de nombreuses milices chiites étrangères (irakiennes, libanaises, afghanes, pakistanaises…) sont venues combattre en Syrie pour le compte du régime.

Le Hezbollah chiite libanais que soutient Téhéran est partie prenante au conflit aux côtés des forces d’Assad. Le 5 juin 2013, il entre officiellement sur le territoire syrien et il reprend la ville frontalière de Qusayr aux insurgés, évitant au régime une défaite qui aurait pu constituer un prélude à son effondrement. Les troupes du Hezbollah libanais en Syrie comptent 5 à 8 000 combattants environ. Le régime syrien peut aussi compter sur les milices irakiennes chiites (environ 80), qui compteraient entrer 20 000 et 25 000 combattants. Ces forces viennent soutenir une armée exsangue, avec parfois des dissensions sur les objectifs militaires ou sur la stratégie à adopter. Elles ont dans tous les cas permis à plusieurs reprises au régime d’éviter l’effondrement. Elles ont été en première ligne pour la reprise d’Alep en décembre.

2- Les autres prétendants  cachent leur jeu

Les Russes quant à eux défendent leur base de Tartous et ne bougent que lorsqu’on y touche ou on parle du départ de Bachar El Assad qui le fait indirectement. Pour les autres, leur intérêt est plutôt économique. En effet le projet de  l’Islamic gas pipeline (IGP) qui envisage la construction de gazoduc dans des pays en guerre, on voit difficilement quels pays ou quelles entreprises pourraient s’y lancer. S’il n’est pas question de nier l’importance qu’attachent les Européens, les Russes et les Américains à leur approvisionnement énergétique, on voit mal comment ils pourraient s’affranchir des tensions entre les acteurs régionaux que sont l’Arabie saoudite et le Qatar. De là, on pourrait déduire que la chronologie et les montages commerciaux entre nations pour la construction de gazoducs attisent l’appétit  les géants pétroliers qui poussent leurs pays à déstabiliser la Syrie et, partant l’Iran. La preuve de nombreux pays du Golfe n’attendent qu’une simple demande pour y participer à cette frappe si d’abord une autre frappe y ait. Ce n’est pas sûr.

3- Les vrais enjeux sont d’ordre énergétique

Il s’agit d’un gisement offshore entre deux eaux territoriales. Le North Dome, appelé ainsi au Qatar, est dénommé South Pars par les Iraniens. Découvert en 1971 par une compagnie pétrolière anglo-néerlandaise, le champ gazier est partagé entre le Qatar et l’Iran. Ils possèdent à eux deux 20 % des réserves naturelles mondiales et sont des piliers de l’approvisionnement énergétique, alimentant à la fois le marché local du gaz naturel et les exportations de Gaz naturel liquéfié (GNL). Le North Dome, au sein du golfe Persique, ne représente pas moins de 9 700 km2 de réserves, qui s’étendent de part et d’autre de la limite des eaux territoriales des deux pays. Les conditions d’exploitation sont favorables grâce à un plancher océanique situé à 65 m de profondeur. L’ensemble représente environ 200 gigabarils de pétrole, soit plus du double que le plus grand gisement connu, Ghawar, en Arabie saoudite. Si North  Dome est une source d’intérêt commune pour le Qatar et l’Iran, il n’en demeure pas moins que son exploitation diffère d’un pays à l’autre. Cependant, une simple lecture de la carte du gaz révèle que celui-ci est localisé dans les régions suivantes, en termes de gisements et d’accès aux zones de consommation :   Russie : Vyborg et Beregvya ; Annexé par la Russie : Turkménistan, environs plus ou moins immédiats de la Russie : Azerbaïdjan et Iran ;  pris à la Russie : Géorgie ; Méditerranée orientale : Syrie et Liban ; Qatar et Égypte.

Moscou s’est hâté de travailler sur deux axes stratégiques : le premier est la mise en place d’un projet sino-russe à long terme s’appuyant sur la croissance économique du Bloc de Shanghai ; le deuxième visant à contrôler les ressources de gaz. C’est ainsi que furent jetées les bases des projets South Stream et Nord Stream, faisant face au projet étasunien Nabucco, soutenu par l’Union européenne, qui visait le gaz de la mer Noire et de l’Azerbaïdjan. S’ensuivit entre ces deux initiatives une course stratégique pour le contrôle de l’Europe et des ressources en gaz. Peut-être que dans cette frappe, seul Trump ne sait pas ce qu’il fait.

Auteur
Rabah Reghis
 

Commentaires

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Complètement à coté de la plaque. Je vous suggère de lire les analyses de la politique géostratégiques des USA , de leurs vassaux européens et de leurs larbins du Golfe et de Turquie

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Quelques remarques à l'auteur:
- Quand vous assenez "Bachar El Assad a toujours utilisé les gaz, le sarin et le chlore parfois en mélangeQuand vous assenez que le régime de Bachar El-Assad ..."
Détenez-vous des preuves sur ce que vous avancez ou vous ne faites que reprendre les intox, répétées en boucle par les merdias occidentaux? Le chef du pentagone a affirmé au congrès US "ne pas détenir de preuves sur cette soit disant attaque chimique"
- "Les vrais enjeux sont d’ordre énergétique" C'est trop simpliste comme analyse car le vrai enjeu est d'ordre géostratégique pour la domination du monde par l'empire anglo-sioniste .
Le premier pion dans l'axe de l'empire est l'élimination de la Syrie pour affaiblir l'Iran et ensuite, s'attaquer aux anciennes républiques islamique de l'ex URSS (Turkmenistan, Uzbekistan, Kazastan,...) pour encercler, détruire et coloniser la Russie. Avec la complicité des islamistes de tous bords.
C'est la théorie du fou qui se met en place par l'empire.

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vous seriez mieux de vous informez comme il faut avant d’écrire des anneries.

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l'enjeu, c'est l'approvisionnement de l'europe en gaz, l'arabie saoudite et le qatar doivent passer par la syrie pour vendre en europe, mais assad fait le choix de s'associer aux russes, et comme les européens ne veulent pas dépendre (seulement) de la russie, ça claque,
en fait les emirs du golfe veulent un droit de passage gratos, de toute façon leurs argent ne va que chez les occidentaux, même sadam n' a pas reçus un dollar après avoir protéger les golfistes de la menace iranienne,
et finalement assad on ne l'aime pas en occident et chez les émirs non pas parce que c'est un supposé dictateur mais parce qu'il ne veut pas être l'esclave des arabes et des occidentaux , sinon les dictateurs y en a des centaines et qui sont des amis de merkel, macron, may, et trump,
comme erdoane, mbs, althani, zaid, alsabah, almaktoum, xiping, et beaucoup d'autres, kadhafi, sadam, étaient aussi leurs amis et même Khomeini qui vivait tranquillement en france, et l'autre kim kong le nord coréen qui vivait en suisse,
l'occident fait la guerre aux libyens, aux syriens, aux iraniens pour seulement l'argent des hydrocarbures
sinon les misères et les souffrances des peuples, les occidentaux et leurs alliés fascistes, ils s"'en foutent depuis toujours,
mais il reste que l'europe bouillonne et leur gaz va leur péter à la gueule ,

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« Incroyable coïncidence que la tenue hier dimanche d'un sommet de la Ligue des Etats arabes au lendemain d'une agression caractérisée contre la Syrie par une coalition qui a détruit en 2011 la Libye. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont également participé à la destruction en 2003 de l'Irak », avançait un journal de l’ouest ce matin.
Un autre media lançait que « l’ambassade du Royaume-Uni à Alger s’est fondue d’un post des plus étranges expliquant en somme, que la presse algérienne a mal interprété les raisons qui ont incité la grande Bretagne à intervenir aux côtés des États-Unis samedi, en lançant des missiles sur la capitale syrienne. »
Voila comment les algériens sont et continuent d’etre induits dans l’erreur.
Non seulement ils sont en retard sur ce qui se passe dans le monde mais on les monte encore et encore contre un monde qui avance et qui ne recule devant rien.
D’autre part, ces mêmes algériens semblent pleurer leur sort ; celui d’être menés par un infirme entouré d’une caste obscure d’oligarques. Pleureront-ils quand ceux-ci ayant dépassé certaines lignes rouges attireront des bombardements similaires sur les installations stratégiques ou autres du pays.
L’auteur dans cet article avance des arguments absolument valables quant aux différentes stratégies des différents protagonistes. Ces arguments devraient être appréciés à leurs justes valeurs sans laisser ces faux sentiments de bravoure de moudjahidines que j’appelle ‘Mentalité de Maquisard’ typiquement algérienne s’y immiscer pour des raisons très souvent bien intéressées par des intérêts bien privés.
Sans rancunes.

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Ceux qui essayent de defendre le regime syrien, j'aimerais bien qu'ils me disent pourquoi au debut des manifestations pacifique qui ont commences le 15 mars 2011. Bachar El Assad a libere de la prisons les pires integristes- islamistes, ainsi que leurs leader Zahran ALLOUCHE ?: Vous croyez pas Messieurs, que le president syrien a participe a l'essor du djihadisme en Syrie pour mieux apparaitre aux yeux de l'Occident comme un rempart contre l'integrisme, et au meme temps ettoufer la voix des vrais democrates. Mais, comme dit le vieux dicton : QUI JOUE AVEC LE FEUX RISQUE DE SE BRULER.

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si les stocks syriens des armes chimiques et leurs moyens de conception et fabrication sont détruits ça veut dire que les preuves de l'utilisation d'armes chimiques par assad ont disparus aussi, et donc les anglais, les français et les américains sont des imbéciles,
sauf qu'ils ne sont pas des imbéciles, et donc ce sont les preuves que la syrie ne possède pas d'armes chimiques qui sont détruites, ainsi que les preuves du mensonge des occidentaux sur les armes chimiques de syrie, maintenant aucune commission ne peut prouver l'existence ou la non existence de ses armes chimiques syriennes, sauf s'il y a d'autres sites secrets et là c'est la preuve que les informations des occidentaux ne sont pas correctes du tout, et que les sites visés n'abritaient pas d'armes chimiques,
comment ce fait il que les produits chimiques sensés êtres dans les sites cibles par la coalition ne se sont pas répondus dans l’atmosphère? quand une usine de produits chimiques explose le premier risque c'est la pollution et l'intoxication mais bizarrement ce risque n'est pas calculer pour la syrie,
quand veut détruire les armes nucléaires et chimiques d'un pays on ne les bombarde pas, parce que les armes chimiques se répondent dans l’atmosphère et les armes nucléaires feront des explosions nucléaires, avec les conséquences incontrôlables,
y a tellement d’intérêts chez beaucoup de puissances de la région qu'en syrie n'importe qui peut utiliser des armes chimiques contre des innocents et les attribués à n'importe qui d'autres,

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