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Congrès d'onco-chirurgie du centre de lutte contre le cancer avec le CHU à Batna

Des spécialistes se penchent sur l’augmentation des cas de cancers en Algérie

Le centre de lutte contre le cancer a organisé en partenariat avec le CHU deux journées sur le cancer à Batna..

Cette rencontre de spécialistes a connu une série de conférences organisées par le centre anti-cancer de Batna sous le patronage de la direction de la santé et de la population de wilaya. Le professeur Messaoud Zitouni a indiqué au Matin d'Algérie que « les efforts déployés du CLCC Batna reflètent le travail effectué par ces équipes, celles-ci ont réalisé plusieurs séries greffes encourageantes. Le CAC de Batna répond aux normes internationales non seulement par son traitement mais aussi le dépistage, les soins palliatifs, la collaboration transversale entre les différents spécialistes et les différentes catégories professionnelles (médecins, biologistes, paramédicaux et techniciens de la santé ».

Interroger par le Matin d'Algérie, Aissa Madoui, le directeur du centre de lutte contre le cancer à Batna, a clairement expliqué que «la recherche médicale fait valoir depuis quelques années l’impact étonnant de l’activité physique sur la prévention de nombreuses maladies chroniques et du cancer en premier lieu. Ainsi, une activité physique d’intensité suffisante permettrait de réduire le risque de cancer du sein de 30 à 40% et du côlon de 40 à 50%. Les autres cancers sont moins documentés mais il a été avancé une réduction très significative du risque des cancers de la prostate, de l’endomètre et des poumons de 10 à 40%. De ce fait, il est important de se fier à une protection alimentaire saine ».

Comment ?

« Les mécanismes générant les effets bénéfiques de l’activité physique sur la réduction du risque de cancer seraient de plusieurs natures et encore en cours de clarification. Près du tiers de tous les cancers sont peut-être liés à ce que nous mangeons et buvons. Il n’existe pas une alimentation qui protège directement du cancer et l’alimentation seule n’a pas ce pouvoir. En revanche, c’est en adoptant de bonnes habitudes nutritionnelles que vous pouvez réduire votre risque de cancer. Consultez note article dédiée à l’alimentation anti-cancer », répond Aissa Madoui

Conseils ?

« Les femmes doivent réaliser régulièrement les mammographies préconisées par leur gynécologue, notamment après cinquante ans. Faites examiner régulièrement toute la surface de votre peau à votre dermatologue dont l’œil averti saura identifier les grains de beauté suspects et procèdera à leur exérèse pour examen cytologique. Ensuite, il va de soi qu’il ne faut pas hésiter à profiter des dépistages proposés par les campagnes de santé publique du moment qu’ils sont pris en charge par la sécurité sociale, notamment pour le cancer du sein et du côlon, a-t-il ajouté.

Le professeur Abid Mourad, chef de service de chirurgie au centre anti-cancer de Batna a indiqué au Matin d’Algérie, que « le Pr Messaoud Zitouni, coordinateur du PNC, m’a demandé d’assurer la coordination de ce groupe qui se compose d’oncologues, de gastro-entérologues, d’internistes, de chirurgiens et d’autres spécialistes qui ont l’expérience du terrain et donc vont effectuer des tests de simulations pour avoir une idée précise sur la réalité de la situation. Par conséquent, les décisions à prendre émaneront dorénavant de la base, et ce, en toute connaissance de cause et non plus par rapport à des directives qui viennent d’en haut pour exécution, qui sont souvent loin de la réalité ».

Ainsi, dans ce cadre, deux opérations pilotes ont été validées, l’une à Bejaïa qui a été lancée récemment ensuite une deuxième aura lieu à Annaba, puis Laghouat et c’est au tour de Batna.

« Les résultats de ces opérations seront évalués pour savoir si on devrait généraliser le dépistage du cancer colorectal à l’échelle national», a-t-il ajouté. Aussi, on apprend par le même Pr Mourad Abid, s’agissant de dépistage du cancer, l’objectif est de réduire la mortalité due à cette pathologie. Ceci dit, le dépistage du cancer colorectal n’est pas fait en Algérie et n’est pas inscrit dans le Plan national cancer (PNC) 2015/2019. Au demeurant, ce dépistage est aussi complexe à réaliser parce qu’il faut rechercher le sang dans les selles, et en cas de présence de sang, il faut faire alors une coloscopie de qualité et ensuite orienter le patient en fonction des résultats obtenus. Si les résultats sont négatifs, le sujet est placé sous surveillance : s’ils s’avèrent positifs, il faut entreprendre une résection ou une chirurgie.

Le cancer colorectal en augmentation

A rappeler que le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal est important et son augmentation est inquiétante en Algérie, apprend-on.

Le diagnostic précoce est-il la solution ? Selon le professeur Abid M, le diagnostic précoce est fondamental d’autant plus que dans notre pays, les patients arrivent en consultation à un stade avancé de leur cancer, et l’une des raisons de cet état de fait est que souvent, certains praticiens traitent ce qu’ils croient être des hémorroïdes alors qu’il s’agit d’un cancer ignoré. Ce problème doit donc être pris en charge à la fois par le PNC et par l’université pour renforcer la formation de nos futurs médecins. Ce dernier conclut par ce conseil : « Un dépistage ne peut être couronné de succès que s’il est l’affaire de tous à savoir en premier lieu les professionnels de santé mais également les médias, la société civile etc. Notre programme est certes ambitieux, mais réalisable néanmoins ».

En guise de signe d’encouragement de lutte contre le cancer, le professeur Abid Mourad a souligné qu’il a réalisé huit greffes de foie dont six cas réussis durant cette année.

 

Auteur
Abdelmadjid Benyahia
 

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