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Les Accords artistiques

El Hadj M’hamed El Anka et la bière !

À tout seigneur, tout honneur !

Tout au sommet de mon Panthéon personnel et de celui de centaines de milliers d’algériens se trouve l'inamovible El Hadj M'Hamed El Anka. Et c'est avec Soubhann Allah yaltif que le maître a clos la boucle de son art si maîtrisé.

Pendant des dizaines d'années, El Anka a régné sur le chaâbi algérois et par là même sur cette musique qui allie un lyrisme presque dénudé et des textes d'une grande portée poétique.

Non seulement Mustapha Toumi et El Anka, avec cette dernière sortie, ont manié les rimes et les métaphores avec une verve étourdissante mais le maître, au plus haut de son talent, a fait résonner une voix métallique proche de l'instrumental.

Loin du chaâbi moderne qui accapare les ondes radio, Soubhann Allah yaltif a misé sur l'intelligence, la subtilité et l'authenticité.

La bière

Il me semble important ici de suggérer un produit consommé sur les rives sud de la Méditerranée, qui n'est pas original et qui est sans contenu vraiment intéressant puisqu'il s'agit de la bonne bière, quelle que soit la façon de la brasser - ma préférence allant de loin à la méthode Pils (qui vient de la ville de Plizen en république Tchèque, faut-il le rappeler ?)

J'ai choisi la bière parce que je me rappelle de ces soirées radieuses qui illuminaient Alger où, sur une terrasse du côté de la célèbre Pêcherie, en compagnie de mes amis Tahar Djaout et Rachid Bey, nous dégustions une kémia tout en sirotant une bière rafraîchissante et buvions nos vingt ans au son métallique du luth du maître.

Auteur
Kamel Bencheikh
 

Commentaires

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Quand El Anka chantait Sobhan Ellah Ya L’tif, ses meilleures années étaient loin dérrière lui. Il était malade, sa voix avait perdu beaucoup de sa puissance, ses doigts n’avaient plus la force de torturer les cordes de son mandole et les faire “parler, et son orchestre d’antan formé d’improvisateurs comme lui-même n’était plus avec lui depuis longtemps. Même à cet âge et malade, il restait quand-même vastement supérieur à tous les autres chanteurs de chaâbi, sans aucune exception. Ce n’est pas pour rien que Kateb Yacine l’a appelé l’Himalaya de la chanson algérienne.
Quand à la bière, le jeune El Anka, celui des années 30-40, aurait trouvé ça bien fade. Il préférait quelque chose de plus fort. Lui il s’adonnait à la cocaïne jusque vers la fin de la deuxième guerre mondiale. C’est peut-être ce qui lui donnait sa puissance incroyable à cette époque.

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Qu'il est loin ce temps fabuleux, il y avait aussi pas loin du port d'alger un coin où les connaisseurs algérois allaient apprécier la sardine d'un certain, dont j'ai oublié le nom et aussi la rue Tanger chez le roi de la loubia, le théâtre d'Alger ; l'Opéra avant .... etc...La nostalgie nous inspire tout le temps, surtout près de St Eugène, aujourd'hui Boghine ; le front de mer et ses pêcheurs à la ligne ; le restaurant la Madeleine...
Faut-il taire cette nostalgie ?

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Wi la trantarwa. Les tchèques fabriquent les meilleurs bières. Mais la 33 , l'imine leqveyel, qui ne jurent que par ce chiffre-là. Et la 33 Pils, non de Dieu!

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