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DEBAT

Gilets jaunes : les répercussions du mouvement en Algérie

Les pays de la rive sud de la Méditerranée qui ont vécu leur printemps ou bien ont été épargnés de justesse pour diverses raisons, savent que tous ces mouvements populaires sont légitimes. Tous les peuples s’identifient à ces revendications. Regardons ces doléances de près et comparons-les aux nôtres.

1. Le pouvoir d’achat

Sur ce point, les gilets jaunes réclament :
- Suppression des taxes sur les carburants.
- Augmentation des retraites pas de pension à moins de 1200 €
- SMIC à 1330 € net et indexations des hausses de salaires et pensions sur l’inflation.
- Baisse des prix du gaz et de l’électricité.
- Fin de la politique d’austérité.

2. Service public, identité française

La France des campagnes, des petites villes, des lotissements périurbains, des zones d’activité et des centres commerciaux se sent mal à l’aise socialement dans la mondialisation de l’économie, mais aussi du point de vue de son identité du fait des brassages et métissages des populations. Cette France a vu les distances quotidiennes augmenter, les usines partir, l’état des routes se dégrader, les commerces et les services au public fermer. Pour y remédier, les gilets jaunes demandent :
- "Arrêt immédiat de la fermeture des petites lignes de train, des bureaux de poste, des écoles et des maternités", "favoriser les petits commerces et cesser la construction de grosses zones commerciales".
- "Interdire les délocalisations", "interdire le travail détaché", "interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage, aéroport…)".
- "Pas de retraite à points", "que les Gros (McDo, Google, Amazon, Carrefour) paient gros et les petits (artisans, TPE) payent petit".
- "Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine", "que les causes des migrations forcées soient traitées", "vivre en France implique de devenir français (langue, histoire)".

3. Les élus au régime sec et soumis à la transparence

La troisième catégorie de revendications, une exigence d’exemplarité et de transparence de la part des dirigeants, trahit le ressentiment à l’égard des élites.
- "Suppression du Sénat", 
- "Fin des indemnités présidentielles à vie", "salaire médian pour les élus

-"Référendums populaires", "mandat de sept ans avec élection des députés deux ans après".

Ainsi, le gouvernement prend-il en pleine figure ce que le système économique des dernières décennies, a mis dans la tête de « citoyen-consommateur » depuis des années : « Le pouvoir d’achat ».

Après avoir promis de l’augmenter, campagne électorale après campagne électorale, les citoyens veulent ce qu’on leur a promis. Il y a une réelle logique dans leurs requêtes. Les légitimes revendications sont à la mesure du niveau auquel notre vie politique a réduit la société en « parc de consommation », et les citoyens en consommateurs.
La classe politique, en effet, perd son pouvoir lorsqu’elle s’obstine à faire varier les paramètres d’une machine économique, à soumettre les citoyens à une folle exigence de consommation au lieu de faire sa propre chasse aux dépenses. La réduction de l’exercice du pouvoir politique au seul pouvoir d’achat a fait la ruine de la confiance en la vie politique. L’incapacité à juguler la spectaculaire inflation des prix de ces vingt dernières années, conjuguée à l’accélération des dépenses technologiques imposées aux ménages, a siphonné le pouvoir d’achat des Français et amené le spectre d’une précarité pour tous.

Tous les arguments, déclarations et revendications des gilets jaunes comme affichés ci-dessus dans la presse française montrent que la mondialisation des économies défendue par le capitalisme, les lobbies du capital, le libéralisme sauvage et le nouveau pouvoir mondial des multinationales commencent à être en déperdition devant la prise de conscience des peuples décidés à être libre, à décider d’eux-mêmes sans représentation verticale qui est une des causes majeures de leur appauvrissement. Le mouvement des gilets jaunes prend de plus en plus de l’ampleur dans une Europe capitaliste.

Après la France, voilà que les actions des gilets jaunes s’étendent à d’autres pays d’Europe qui vivent le même ras le bol. 

Les travailleurs en Europe payent de plus en plus de taxes versées aux multinationales et aux sociétés privées, leurs salaires ne couvrent que 15 jours pour les plus démunis qui sont aujourd’hui majoritaires et qui s’endettent de plus en plus. Si aujourd’hui 80 % de la population adhèrent à ce mouvement en France, cela est un signal d’alarme à toute l’Europe et un danger pour l'Union européenne. 

La contagion des gilets jaunes commence à faire peur, car mêmes, les forces de l’ordre sympathisent avec les revendications de ces derniers. Cette colère exprime par un besoin de justice sociale, de sens, mais aussi de démocratie. La démocratie est aujourd’hui réduite à une succession d’élections. Les promesses des politiques ne sont pas tenues, ou bien leurs solutions ne prennent pas en compte la complexité des situations.

Le pouvoir politique a la main sur les manettes de l’économie, de la finance et encore… Mais sur la conscience, et plus exactement sur le pouvoir de la conscience, il n’a aucun pouvoir.

Les gilets jaunes demandent qu’on leur donne de l’argent et qu’on cesse de leur en prendre, car il faut bien vivre à défaut de vivre bien, ils réclament le pouvoir d’acheter ! Ils ne revendiquent pas des bibliothèques, des droits aux voyages, ni des espaces de rencontres, ils veulent payer moins, garder ce qu’ils gagnent et acheter le nécessaire. Ils veulent pouvoir payer des sorties à leurs petits-enfants et prévoir des vacances. 
Ces revendications légitimes présentent un danger pour le pouvoir qui au service des multinationales, des finances et des lobbies de l’économie donc sa seule survie est la répression par tous les moyens même par l’intox ou par l’infiltration de ces mouvements populaires par des casseurs.

L’Europe est à son tour atteinte par « l’automne des gilets jaunes ». Comment satisfaire cette montée de la revendication ? 
La situation des travailleurs et des revendications des gilets jaunes est à 90 % semblable à la nôtre, il suffit de remplacer l'euro par le dinar et France par Algérie. Nos politiques sont avertis et le temps des belles paroles est révolu, car nous voilà retombés au salaire qui ne couvre que 15 jours au maximum.

Le pouvoir d’acheter en Algérie ne peut être atteint que si l’état contrôle l’inflation qui doit être indexée aux salaires et aux pensions des retraités ; nous ne comprenons pas comment un retraité continue à payer l’IRG et comment d’année en année, chaque nouveau pensionnaire voit sa pension diminuée par rapport au même statut du retraité de l’année précédente, pendant que d’autres privilégiés salariés hors norme voient leur salaire continuer à augmenter de plus en plus (les représentants élus compris.). Cette injustice sociale est inadmissible. Nous ne pouvons pas continuer à être payé en dinar et acheter en euro pendant qu’une minorité est payée en euro et achète en dinar. 

L’augmentation du SMIG est impérative et doit être en fonction du pouvoir d’achat, car un salaire minimum de 50 000 DA qui représente 250 € est nécessaire, car notre monnaie ne vaut plus rien à cause des lobbies de l’économie qui continuent à encourager l’argent de la « chkara » au lieu de celui de la transparence et du chèque, ce qui leur permet de payer moins d’impôts et d’engager la gigantesque fuite de devises à l’étranger en l’absence de tout contrôle. L’état n’a jamais fait par du rapport entre la dévaluation du dinar et le salaire des travailleurs, car les lobbies de notre économie ont prévu depuis longtemps notre faillite pour que l’algérien ne se relève jamais et qu’il soit toujours dépendant du pouvoir mondial, oui nous sommes en train de payer chèrement la nationalisation des hydrocarbures, de nos sociétés que nous avons dilapidé et céder au dinar symbolique à certains lobbies ainsi que celle de notre indépendance.

La saisie de centaines de milliers ou de millions d’euros aux frontières n’est que de la poudre aux yeux comparativement aux moyens donnés lobbies mafiosi qui transfèrent légalement nos devises, qui dilapident le pays et appauvrissent le peuple. 

L’Algérien n’arrive plus à boucler les fins de mois difficiles, sa vie se traduit en besoins financiers pour assurer les achats minimums, car il faut bien vivre à défaut de vivre bien. Or, sans imaginer la moindre dépense somptuaire, les Algériens demandent le pouvoir d’acheter ! Ils ne revendiquent pas des bibliothèques, des droits aux voyages, ni des espaces de rencontres, ils veulent payer moins, garder ce qu’ils gagnent et acheter le nécessaire. Ils veulent pouvoir payer des sorties à leurs petits-enfants et prévoir des vacances. 

Le Sénat, l’APN ou les syndicats ont perdu de leur crédibilité et l’apparition de mouvements inédits comme le mouvement des gilets jaunes est à prévoir. Aujourd’hui, notre pays est à l’abri, mais pour combien de temps, seule une prise de conscience du pouvoir sur le danger que représente le pouvoir d’achat devant une société consommatrice peut nous sauver du chaos. Nous sommes un peuple qui ne sait pas manifester pacifiquement et un pouvoir qui ne connaît qu’un langage la répression. Donc pour éviter cela, le pouvoir a l’occasion et les moyens trouver une solution au pouvoir d’achat des Algériens car pendant que certains s’enrichissent de plus en plus la majorité s’appauvrissent de plus en plus. 

La sonnette d’alarme est donnée grâce au mouvement des gilets jaunes, car après la France, on le voit en Allemagne, en Belgique…

Auteur
Bachir Hakem
 

Commentaires

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bien vu SI BACHIR! excellente analyse! mais au fait, nos richesses hydrocarbures sont vendues en dinards ou en euros? on devrez monayer ici en E?????????????

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