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Appel à un rassemblement le 24 février

Halte à l’usurpation et au dévoiement de la mémoire de Lounès Matoub

Depuis quelques années maintenant, la mémoire de Lounès Matoub est régulièrement profanée : hommages officiels de l’Etat algérien, prières islamiques sur son tombeau et maintenant séquestration de sa mémoire dans un « musée » sponsorisé par l’arabo-islamisme.

C’est bien là le comble de l’ignominie. La mémoire de l’enfant prodige de la Kabylie se retrouve menacée d’être séquestrée par ses assassins, ceux-là même qu’il a combattu de toutes ses forces, jusqu’à y laisser sa vie. Il est inadmissible aujourd’hui d’assister à cette profanation de la mémoire de Lounès Matoub synonyme de notre humiliation, nous qui nous nous réclamons fièrement du combat du Rebelle.

Le combat de Lounès a toujours été dirigé contre le système algérien : contre l’islamisme sciemment entretenu, contre l’arabisation imposée, contre l’anéantissement des journalistes et intellectuels par le système moyenâgeux arabo-islamique, contre les supplétifs de l’Etat algérien et les Kabyles de service qui aident lâchement à pacifier la Kabylie en lui imposant une langue, une culture, une identité qui ne sont pas les siennes.

Aujourd’hui, c’est toute honte bue que l’Etat algérien œuvre publiquement à détourner la mémoire de Matoub Lounès au profit de ce qu’il a toujours combattu. Nous ne pouvons nous taire face à un tel sacrilège. Et à celles et à ceux qui croient, naïvement, à une « reconnaissance », nous disons : En quoi l’Etat algérien est-il différent aujourd’hui de ce qu’il était hier ? Comment un Etat qui pratique l’assimilation lancinante et forcée des Amazighs à l’arabo-islamisme serait-il soudainement « habilité » à honorer la mémoire du Rebelle ?

En quoi l’Etat algérien qui pratique ouvertement une politique liberticide, répressive et même criminelle, notamment contre les Kabyles et les Amazighs de manière générale, serait-il apte à rendre hommage à Lounès Matoub ? C’est pourquoi le Collectif pour la défense de la mémoire de Lounès Matoub appelle à la mobilisation générale des Kabyles, notamment en Kabylie, pour dénoncer les atteintes qui visent la mémoire de celui qui s’est battu pour défendre la dignité de la Kabylie.

Pour dénoncer les attaques de l’Etat algérien qui visent la mémoire de Lounès Matoub et l’humiliation des Kabyles et des Amazighs de manière générale, à Paris nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent et se réclament du combat de Lounès Matoub à un rassemblement au Parvis des droits de l’Homme au Trocadéro le dimanche 24 février 2019 à 14h30. 

 

Commentaires

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En organisant le Colloque national autour de l’œuvre de Matoub Lounes, qui, il faudrait le rappeler, devait être au départ un colloque international, l'université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, qui était l'imprenable forteresse de la lutte contre le régime d'Alger et que le Rebelle a éternisé dans plusieurs de ses chansons-phares, a subi la pire des humiliations en servant d'alibi à ces gestionnaires de la terreur et responsables de sa liquidation physique, venus en conquérants vainqueurs dans leurs lugubres costumes de la maladresse, tels des éléphants dans un magasin de porcelaine, pour cracher sur sa tombe en lui décernant "le Prix de la mémoire", après avoir offert "l'honneur" de la honte au Préfet de Police (Wali) de tenir le discours d'inauguration de ce colloque.

Après avoir commis l'irréparable, Said Chemakh, tel cet escargot entêté, la fuite vers l'avant aidant et l'imposture faisant le reste, a récidivé, persisté et signé en frisant le ridicule en déclarant au quotidien algérien "l'Expression": " Si Matoub Lounès était encore vivant, une telle consécration de la part de la communauté universitaire l'aurait comblé de joie, lui, qui, de son vivant avait tant souffert du mépris dont il avait été victime de la part d'une bonne partie des intellectuels à cause de son esprit libre, de son talent phénoménal, de son attitude incorruptible et de sa popularité sans commune mesure.". En plus du poignard qu'il a planté dans le dos de la réputation et du combat de Lounes Matoub, Said Chemakh rata ainsi l'occasion de se taire et rejoignit le bachagha Ould Ali Lhadi, qui a déclaré que si Matoub était vivant, il aurait rejoint le camp de Bouteflika!

Après Said Chemakh, qui nous a destitué du symbole de lutte et du mythique Lounes Matoub pour l'offrir sur un plateau d'argent au régime liberticide de Bouteflika, voilà donc un autre Kabyle, qui jaillit du néant et voudrait réécrire l'histoire en la violant: effacer Mouloud Mammeri et le remplacer par Bouteflika. Les générations futures apprendront à l'école le rôle du "berbériste" Abdelaziz Bouteflika et mépriseront nos aguellids et tous ceux qui ont contribué à sauver cette langue que je vois morne, triste à mourir et pleine de regrets et d'amertume de devoir être la concubine de la langue de bois. Le "douktour" Mohamed Djellaoui, président de l'académie algérienne de la langue amazighe déclare toute honte bue: « grâce à un long combat identitaire et surtout à la volonté du président de la République Abdelaziz Bouteflika, à qui je rends un grand hommage pour avoir donné à tamazight sa place sur la scène linguistique nationale et officielle. Tamazight a pu retrouver sa place grâce aux efforts et volonté du président de la République ayant redonné à la langue amazighe sa place dans la société algérienne, et qui accorde une importance particulière à la promotion de cette langue nationale et officielle». Il citera également au passage feu Mouloud Mammeri qui, selon lui, reste le précurseur de la lutte identitaire, mais à qui ne peut revenir qu'un vague second rôle et qui ne peut être qu'en arrière-plan, vue l'immense place qui revient de force au maître du moment dans un état de non-droit.

Je voudrais présenter mes remerciements les plus intenses et mes félicitations les plus distinguées à Masin Ferkal, pour sa perpétuelle vigilance et son infatigable engagement. Nous ne pourrons, grâce à ses interpellations, sombrer dans la naïveté, ni dans les rêves cauchemardesques que nous réservent l'Algérie et tous ses bachaghas. Je lui prononce mon indéfectible solidarité et mon intrinsèque soutien.

j'exhorte tous ceux qui ne voudraient pas que Lounes Matoub se retourne dans sa tombe, tous ceux qui ne veulent pas abdiquer devant l'imposture, devant la mascarade, devant le fiasco de répondre présent à cet appel et participer à ce rassemblement pour dénoncer l’instrumentalisation de la mémoire de Lounès Matoub et la perversion de son combat par le pouvoir algérien.

Non à la normalisation, non à la pacification, non à la récupération, non à l'expropriation de nos symboles, héros et mythes.

Hambourgeoisement vôtre
Allas Ilelli

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