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COUP DE GUEULE

Ils soldent l’Algérie : le black friday d’avant l’Independance day

«Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux (Article 3) », "L'Art de la guerre" de Sun Tzu.

Il vaut mieux crever d’ignorance, qu’à cause d’ignorants. On partira au moins apaisé, la tête haute. On pourra toujours mettre ça sur le dos d’el maktoub, depuis le temps qu’il est chargé comme une mule. Alors, une vérité ou une mort de plus, ça ne peut le lui briser. Il est fait bien solide el mektoub. C’est peut-être notre destin de s’en remettre toujours à lui…

Sept jours dans un hôpital, ce n’est plus un contrôle technique, c’est un assemblage. Et même à Genève, on ne peut faire des miracles avec les vieilles carcasses de dictateurs. Même lorsqu’ils se paient nos têtes et les plus grands chirurgiens.

Dans ce cas, si le principal ennemi de la rue est hors service, irréparable et promis à la casse, contre qui ou contre quoi sommes-nous en train de nous battre ? Des individus? Saïd Bouteflika, Ouyahia, & Co, qui ont d’immenses intérêts à défendre et à garder (pétrole, or, uranium, diamants, marchés publics, contrats d’armement…etc). Ou sinon, sommes-nous en train de combattre quelque chose d’autrement plus grand et plus nébuleux que cette poignée de pois-chiches butés.

Bizarre !!! J’ai toujours appris à me méfier de l’eau qui dort. À me focaliser sur la main cachée des prestidigitateurs. À regarder  là où rien ne se passe, à l’opposé de l’agitation et du bruit. Et donc, pour répondre à la question « contre qui sommes-nous en train de nous battre », il faut tendre l’oreille non pas du côté où l’on fait du bruit, mais de celui où l’on produit du silence.

Car pendant qu’Ahmed Ouyahia menace de transformer les roses en larmes, et que Sellal et Benyounès nous renvoient à notre passé de sang et de ruines, un homme, Abdelkader Messahel, est en passe de solder ce qui reste du pays aux principales puissances de ce monde, dans le but évident de se maintenir au pouvoir, lui, et les pois-chiches de son cercle, quitte à régner sur le sang, les cendres et les larmes. Le black friday d’avant l’Independance day

Discrètement, il a sillonné les deux derniers mois l’Europe, l’Amérique et l’Afrique. Il a reçu à Alger au début janvier les accréditations des nouveaux ambassadeurs - malgré l’illégalité de son action constitutionnellement réservée au chef de l’État- auxquels il loua les vertus du 5è mandat et la pluie dorée qui les submergera une fois l’auguste consacré.

À La Haye, haut lieu de condamnation des dictateurs s’il en est, il conditionna la paix et la stabilité dans la région par celle de son clan et de la continuité.

À Washington, il annonça  au MAE américain Michael Pompeo la baraka qui déferlera sur les USA et les multinationales américaines le jour de l’intronisation du futur-ancien roi soleil. L’APS affirme d’ailleurs que « les deux parties (l’Algérie et les USA) ont souligné, à l'occasion, leur "ferme soutien à un engagement accru des entreprises, à un commerce libre, juste (lire juteux) et réciproque (vraiment?) et à un partenariat économique plus étroit", sous-entendu : pétrole, gloire et beauté pour les oncles Trump et Sam.  

En février, à la vice-présidente de la Commission européenne et Haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, il expliqua les dangers migratoires et terroristes d’un départ de son mentor et promis plus de blocage de « torrents déferlants subsahariens » et de retours de harraga algériens, jouant le rôle de digue pour les premiers et celui de buvard pour les seconds.

Au SG de l’OTAN Jens Stoltenberg, il assura, docilité, collaborationnisme et « aplaventrisme », répudiant provisoirement les alliés russes à qui les 5 milliards de dollars  de dote, en contrat d’armement signé récemment, semblent suffire pour fermer les yeux sur une aventure frivole de circonstance. « Abdelkader Messahel et Jens Stoltenberg, rapporte l’APS, ont eu une discussion sur l’avenir des relations Algérie-OTAN ainsi que sur les situations de crise et de conflit dans la région. Les défis sécuritaires à l'instar du terrorisme, du crime organisé et de la migration clandestine ont été également débattus à cette occasion", note la même APS.

Donc la réponse à la question de savoir contre qui l’on se bat est la suivante : on se bat contre un ordre complexe et sournois, établi par le monde de la finance, des multinationales et des superpuissances auquel profite le statu quo provoqué par un pouvoir mafieux, des individus collaborationnistes, une caste de malfaiteurs, qui n’ont que faire des aspirations du peuple et qui, pour rester aux commandes, enclenchent le mode pilotage automatique étranger malgré le risque évident d’un crash imminent.

Mais peut-être qu’El mektoub nous réserve cette fois une belle surprise et que l’élan populaire de ces derniers jours suffira à écraser pois chiches et nébuleuses internationales et que, comme l’Algérie a sonné le glas du colonialisme au siècle dernier, elle le fera encore avec sa variante sournoise de ce 21e siècle. Il est fait bien solide El mektoub. C’est peut être notre destin de s’en remettre toujours à lui…
 

Auteur
Hebib Khalil
 

Commentaires

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Merci pour cette analyse pertinente . C'est le plus grand défi qu'une population humaine a a relever : dégager une monstruosité avec un qualificatif qui reste a inventer.

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Que cache cet entêtement pour le 5e mandat ?
Le pays a t-il été vendu ?
Hypothéqué ?
Notre sous-sol nous appartient-il toujours ?
C'est drôle je ne cesse de me poser pareilles questions !!

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Si le peuple prend conscience du poids réel de ses ennemis et persitent dans sa démarche, le Mektoub fera le reste...

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Les nébuleuses internationales sont composées de sociopathes narcissiques. Pour ces derniers, nos pois-chiches butés ne sont que des Kleenex comme les Kleenex: Sadam, Kadhafi, ben ali, moubarek et bien d'autres...
Le pois chiche est au meme niveau que le plancton, premier maillon des chaînes alimentaires. Ces sociopathes narcissiques font partie du dernier maillon des chaînes alimentaires. Maintenant, on va entendre et ecrire "le Qui mange qui ?" en plus du "Qui tue qui ?"

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Il faut rester sur une vrai revendication STOPER le processus électoral pour ne pas validé une nouvelle mascarade électorale qui va nous sortir un nouveau président Guediri le candidat des généraux comme toujours c’est eux les maîtres du jeux, si nous sortons dans la rue c’est contre tout le système qui avec une constitution floue avec de articles à peu près et des institutions sclérosée .
Changez vite de revendication si non il vont joué le calendrier, et l’Algérie va se réveiller au lendemain des des élections avec la gueule de bois

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La candidature de Monsieur Bouteflika est tout à fait logique. Mettez-vous à la place des caciques et des satellites qui tournent autour de lui. S'il part maintenant, ils ne pourront plus continuer à piller impunément et tranquillement les richesses du pays. Ils n'auront pas à rendre compte de leurs fortunes indûment amassées. Pour ces gens-là, c'est purement et simplement une question de vie ou de mort. C'est pourquoi, ils s'accrochent avec l'énergie du désespoir à leurs fauteuils douillet, quitte à provoquer un saut dans l'inconnu, de toute la société algérienne.

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Honte à toi Bouteflika (s), par Kamel Daoud
23 février 2014

Honte à toi Bouteflika ! Vous n’avez pas eu honte de nos martyrs, de votre âge, de votre maladie, de ce que vous avez fait avec ce pays, pour venir encore aujourd’hui y jouer le Hassan II et le roi des temps assis. Vous nous avez humilié, vous nous avez ôté l’espoir de la bouche pour le donner aux vôtres, vous nous avait fait vieillir avant le temps, vous nous poussez à l’exil pour nous prendre notre terre de notre cœur et vous revenez encore pour des années que vous donnez à votre royaume en les ôtant à nos enfants à venir.
Que voulez-vous ? Plus d’argent ? Plus d’or et d’agneaux ? Plus d’applaudissements ? Plus de gloire ? On vous les donnera. Donnez votre prix et on cotisera pour que vous preniez l’or et nous laissiez la terre. Pourquoi tenez-vous tant à emporter notre pays dans votre tombe ? Enterrer vivante notre nation avec vous ? Nous pousser au désespoir, l’humiliation ? Votre mascarade, vos danseurs et vos mannequins ont fait de nous la risée du monde. Là où le monde se révolte pour arracher la liberté, vous nous réduisez à l’asservissement par votre folie qui pense compenser votre manque de grandeur. Pourquoi tenez-vous tant à nous insulter et à porter l’injure à l’avenir ? Que voulez-vous que l’on achète pour que vous laissiez le soleil se lever ? Et nous sommes fatigués. Et de la fatigue des peuples naitra, toujours, la colère qui vous emportera et vous rendra l’humiliation par dix. Vous n’êtes pas le premier à rêver de l’immortalité sur le dos d’un pays et vous le payerez comme les autres qui vous ont précédé. Vous achèterez aujourd’hui les gens, les chômeurs, les patrons, les passants mais cela ne peut pas durer toujours. Vous le payerais vivant et après la mort.
Vous allez nous laissez un pays corrompu, exsangue, défait, ridicule, mort, sans don et humilié et cette humiliation on vous la rendra. C’est une promesse et un serment. Ce peuple qui, selon vous ne vous mérite pas, vous n’en méritez pas la terre. Ils vous survivra et s’éveillera et vous renverra vers le désert qui vous sied si bien. La cours des comptes sera cette fois celle de l’histoire.
Ce n’est parce que vous n’avez pas d’enfants que nous on n’en a pas. Ce n’est parce que vous n’avez pas de foyer que nous n’avons pas de pays. Ce n’est parce que vous êtes aigri que nous devons payer. Cette terre a survécu à tous ceux qui l’ont humilié et volé. Elle les a chassés et tués et traînés dans la poussière. Vous n’êtes pas le premier colon de notre malheur et ce peuple, même si aujourd’hui n’existe plus, n’est pas mort. Vous êtes comme tous les tyrans arabes ou pas : un jour vous serez lynché. Mort, malade ou vif. Vous serez pendu, chassé, allongé sur une civière et inculpé du crime d’avoir massacré des millions d’enfants à venir. Venir aujourd’hui, avec une armée domestiquée, de danseurs de foules, des serviles et des corrompus pour se présenter comme le père du Peuple et le sauveur d’une nation est un mensonge. Vous serez bien sur élu, vous ou votre frère : vous avez avec vous l’argent, l’image, le son et la puissance que Dieu vous a enlevé du corps. Mais cela ne durera pas. Aucune infamie n’a égalé l’éternité. On attendra.
Le Quatrième mandat durera quatre jours ou quatre semaines. Au pire quatre ans. Et vous partirez.
Et nous serons là.
Vous nous empêchez de voter ? Dieu votera. Par la vie et la mort.

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