Aller au contenu principal
Body

Coup de gueule

Incivisme quand tu nous tiens !

Les manifestations de l'incivisme dans notre société sont tellement nombreuses et fréquentes qu'on finit par s'y habituer. La problématique de l'enlaidissement environnemental est aggravée par la multiplication de gravats, détritus et déchets des entreprises de chantiers de construction, ainsi que les emballages de bouteilles usitées, gobelets et sachets en plastique non-recyclables.

Que ce soit un étranger ou un ressortissant algérien établi à l'étranger, sa première réaction quand il met les pieds dans la ville des genêts est une grimace. De déception ou, dans certains cas et certains lieux, de dégoût. Les milliards dépensés dans les opérations d'embellissement n'ont finalement pas servi à grand-chose

L’altération du paysage environnemental, peu reluisante, de nombreuses régions du pays s'ajoute à la prolifération de centaines de tas d'ordures et de gravats, illégalement déposés aux abords des voies d'accès aux différentes localités, par des personnes peu scrupuleuses, donnant un triste spectacle à une population désabusée. Le problème de l'environnement se pose de façon récurrente à certaines villes comme Bejaia ainsi que dans la majeure partie des localités. En effet, on assiste à un délaissement total de la part des citoyens en matière de propreté et de salubrité. En dépit de la présence de bacs dans certains quartiers, les habitants se débarrassent de leurs ordures de manière anarchique. Ce qui dénote d'un manque de civisme certain. Que faire pour redonner à nos villes, villages et agglomérations, bonne figure ? Les services de la voirie peinent à rendre à nos cités, hygiène et propreté. 

Ils ont beau balayer, ramasser déchets et détritus de toutes sortes, rien n'y fait. Après le passage des agents de la voirie, les habitants reviennent à la charge pour défigurer l'environnement. Inconscience ? 

Urbanisation anarchique et illicite, service public débordé, incivisme et insalubrité, tels sont les fléaux qui pèsent encore lourdement sur le quotidien des citoyens. « L'incivisme a battu tous les records dans nos villages et nos cités. Il suffit de faire un petit tour dans la rue pour constater le comportement "offensant" et "abusif" des citoyens », nous dira sans ambages, un cadre à l’administration. Dans cet environnement aux multiples boursouflures, la violation des biens publics et le squat, sans vergogne, des espaces publics se fait au su et vu de tout le monde. Les constructions illicites ont fait couler beaucoup d’encres sans pour autant mettre le holà sur ces infractions qui en disent long. Nul besoin d’être un expert en la matière pour s’en apercevoir de l’ampleur du phénomène.

Plusieurs constructeurs et entrepreneurs en bâtiment préfèrent déposer leur détritus et déchets de construction dans des lieux situés tout près de leurs chantiers (aux abords des routes ou dans les lits des affluents) pour réduire les coûts, au détriment de l'environnement, dénaturant l'image de marque des villages au charme pittoresque. L’absence de mesures répressives et d'un suivi rigoureux de la gestion de l'espace urbain a permis la prolifération des constructions illicites et des décharges anarchiques, ainsi que des amoncellements ici et là d'ordures, de gravats et autres déchets solides. La collecte des déchets, même lorsqu'elle est faite dans les règles de l'art, ne suffit pas à elle seule pour éradiquer ces immondices qui n’en finissent pas de défrayer la chronique. 

Pis, l'état délabré de certains bacs de déchets ménagers, en plus de leur emplacement parfois inadapté, nuit gravement à l'esthétique des cités et autres quartiers de nos villes. L'état de quelques bacs surchargés d'où se déversent souvent les ordures, leur emplacement inapproprié dans certains cas, sans couvercle et rarement lavés, en plus d’être placés sur la grande artère, en pleine chaussée et près des écoles, et des autres édifices publics. La dégradation de l'environnement résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs, notamment l'incivisme de certains citoyens et commerçants, ajouter à cela la faiblesse des capacités d'intervention des communes, voire, l’indifférence de certains élus quant à l’ampleur des dégâts causés par l’outrecuidance de quelques énergumènes. Malheureusement, l'incivisme est partout ! Qu'il soit d'ordre écologique ou sociologique, l'incivisme fait sienne. Sur les routes, dans les bus, à l'école, et même entre voisins. 

L'incivisme a tendance à progresser ces dernières années. Une armée de points d’interrogation qui laisse le visiteur complètement renversé et sans mot.  Ainsi, se décrit l’état d’âme du touriste qui s'aventurerait à visiter l'Algérie. Et on nous parle de Tourisme ! Diantre, comment peut-on prétendre attirer des touristes alors que tout va à vau-l'eau ? Immondices, insécurité, un parc hôtelier en perte de vitesse, des bouchons à chaque coin de rue…Autant de carences qui feraient fuir les touristes les plus téméraires.

Face à cette dégradation, beaucoup de citoyens honnêtes se plaignent, dans leur vie quotidienne, d'une forte détérioration de leur relation avec les autres. Quant au civisme, ce n'est pas une politique, mais un manque de considération et de politesse dans les rapports sociaux ordinaires. Au sens propre du mot, le civisme signifie avant tout le respect vis-à-vis des autres, en particulier des voisins, et toute personne quel que soit son sexe, son âge ou son origine. En somme, respecter les règles de la vie collective, comme le code de la route, l’engagement pour une cause d'intérêt général. Malheureusement, l'engagement collectif est aujourd'hui relégué à l'arrière-plan.

À cet effet, pour lutter contre ce phénomène qui a tendance à se généraliser, il faut nouer des liens entre individus pour créer une société plus douce. Hélas, le plus inquiétant est l'indifférence de la société qui a tendance à être démissionnaire, laissant ainsi le champ libre à l'anarchie et à l'anomie.

L’incivisme va de la société civile qui se tait avec une complaisance intéressée et des médias trop souvent partisans à l’Etat qui accepte de procéder par colmatage, replâtrage et tâtonnement, notamment en cherchant toujours et toujours des boucs émissaires et des fusibles à faire sauter. L’Etat pèche en ce que plus personne ne croit en lui, en sa force et en son autorité. Il est vrai que la démocratie et l’expression des libertés sont dures à gérer, surtout lorsque l’on cherche à plaire à tout le monde à la fois pendant tout le temps. Mais il faut accepter alors le risque de tomber soi-même dans l’incivisme, faute d’autorité. 

 

Auteur
Bachir Djaider (Journaliste, écrivain)
 

Commentaires

Permalien

@ ils ont ruralisé les villes,…
Il n'ont pas ruralisé les villes, ils les ont bédouinisées, à la mesure de la mentalité des gens, nuance cher ami. Parce que parmi les ruraux il y en a qui ont de la hauteur et du savoir vivre. Cependant, la majorité débarquée en ville effectivement manque de ''akhlaq'' comme dit dans la langue de cheikh Zoubir. En vidant les campagnes et en entassant le ghachi dans les villes et leurs banlieues on a créé des problèmes insoupçonnés. Le tissu social des villes est transfiguré, cela s'est fait sans transition. Observez Alger aujourd'hui, ya hassrah win raki ya Dzaier ! Comment exprimer une désolation en voyant les tas d'immondices partout, lorsque dans les médias publiques ou privés on ne fait que ressasser la diarrhée religieuse. Même un média sportif comme ''El Heddaf'' qui parle assurément football ad libitum, il se trouve qu'entre les coupures obligées pour l'appel à la prière moumouhienne, parfois apparaît comme un spectre, sans être annoncé, un néandertalien barbu avec un torchon carreauté sur la tronche, non pour parler de plota, de djelda we tnekez qodrat rebbi... nagh kourati tiqdimine alla... Il coupe une émission de foot pour radoter la sempiternelle religion. On ne parle pas de beauté des choses, c'est hram; on ne discute pas de l'art dans toutes ses facettes c'est hram; on n'éduque pas les enfants à l'école en les initiant à aiguiser leur curiosité, non on leur enseigne dès la première année Dieu et le Chitane, les anges et les djnouns, Aazrine et sa comptabilité, le lavage des morts et le supplice des tombes etc. en fait tout ce qui relève de la pensée magique, rien de concret, rien de rationnel, rien de beau. La petite tête de l'enfant devient une décharge, un mini Oued Semmar, qu'on emplit d'un tas de vidanges et de déversements religieux, aussi inutile que déplorable. En somme c'est la philosophie de la mort qui intéresse au plus haut point, non la vie terrestre et ses challenges. Alors, une société déjà morte, déjà en attente pour l'audition chez Aazrine, pourquoi va t-elle se soucier des ordures et des immondices qui jonchent la cité? Tout tire vers la mort, alors pourquoi s'en soucier ?
En tout cas ce n'est pas en Äne-j'ai-ri jaune comme un chinois qu'on abordera à l'école le Traité du beau de Diderot. Le règne dictatorial du Dey Si Abdeqa 1er et ses janissaires marquera pour des générations l'Histoire du pays par les dommages subis dans tous les domaines, l'injustice, la corruption, le népotisme, la mise à sac des ressources et, non le moindre, le retard sidéral et insurmontable qui hypothèquera et mettra à mal toute démarche d'avenir. Avec quoi les générations futures affronteront-elles les défis des autres nations du monde ? Avec des sourates et des hadiths du genre rawa Abou Houreira ? Avec quoi nourrir une nation qui pétera bientôt les cinquante millions, avec un peuple qui ne fait que pondre à défaut de produire. La petite bande du littoral où des kilomètres carrés de terres fertiles ont été saccagées, bétonnées et distribuées à la camarilla et autre mafia du foncier. Ces sauvages ne connaissent pas la valeur d'un mètre carré de terre fertile, ce sont des Béni Hillal saccageurs, des criquets ravageurs. C'est à pleurer de voir tous ces hectares de la Mitidja et d'ailleurs détruits où s'élèvent des hideurs et des horreurs en béton et en briques. Vergers d'orangers et de clémentiniers rasés, arbres fruitiers et vignobles arrachés etc. Soyez maudits à jamais ! Les campagnes sont désertées, les villes débordent... On ne vit pas en ville spontanément, parce que les villes sont cadencées par une évolution qui est propre à chacune, au gré des courants qui les transcendent et les arts sont rarement en retrait de ces mouvements. Or, c'est ce que la dinguerie salafisto-wahhabite cible pour asseoir la société dans la transe bigote des mutants. Demain, quand la faim tiraillera leurs entrailles, ils rabattront leurs mandibules sur les tapis sur lesquels afouadjène afouadjène ils plongent le nez, cul en l'air et Allah est grand ! Ils boufferont la laine ou le synthétique comme des chèvres affamées, après les tapis ils s'entreboufferont entre eux.
Morale : on ne passe pas aisément du cassage de la pierre à la manipulation de la zapette du jour au lendemain sans transition. Le risque est trop élevé pour un ratage incontrôlable. Eh bien c'est cela dont témoigne cette photo qui n'a pas besoin de légende.
Da Rwin

Permalien

malheureusement, c'est le cerveau de l'algérien qui est pourri et qu'il faudrait CHANGER...................A bon entendeur...........

Permalien

Votre article est irréprochable quant à la situation environnementale et/ou qualité de vie présentes.
Il est vrai qu'il y a de l'incivisme, mais comment en est on arrivé à cet état de délabrement et de saleté généralisé ? L'homme - de mon point de vue - est soit éduqué et ayant une certaine morale acquise à travers sa scolarité et l'éducation parentale, mais Monsieur s'il ne l'a pas ce civisme, où est l'état, ce dernier a tous les moyen pour sévir. Il y a une sorte d'anarchie qui tend à se banaliser, observez les stationnent sauvages dans nos communes urbaines, en plein virage, sur les trottoirs même. ces derniers sont squattés, aucune autorité ne veuille intervenir, les gens construise en déversant sur une bonne partie de la chaussée une montagne de sable ou de graviers. Les pontes squattent des impasses et ruelles. Alors où est l'état ? Nous vivons une très grave démission de l'état. Nous sommes en train de rendre ce pays ingouvernable, c'est à dire anarchique. À quoi sert-il d'éduquer nos enfants si les autres les préparent à être demain des hors la loi, je veux dire ignorant tout ce que la morale ou l'éducation proposent comme règles de conduite qu'il s'agisse de rapport entre individus ou entre ces derniers et l'état ??

Permalien

Ces bidonvilles qui ont fleuri dans les grandes villes et autour, dont les habitants venaient d'autres wilaya, en tous les cas, ne résidant pas là où ils se trouvent, acquièrent des logements décents mais où le bât blesse c'est lorsque l'on constate que les autochtones eux sont - quand il ont la chance d'obtenir un logement - sont envoyés bien loin de leurs communes… Pourquoi cela ? Est-ce une stratégie ? Les gens de l'intérieur seraient-ils préférables aux gens de la capitale, qui eux, auraient un caractère frondeur quant aux politiques suivies.
Le rural installe et l'urbain fout le camp. Ibn Khaldoune avait bien abordé ce thème.
Ailleurs on évite ce genre de dépaysements sachant pertinemment tous les sentiments de frustrations et de rejet qui s'en suivent. En effet, le déplacé est logé à quelques centaines de mètres, en tous les cas pas loin de son quartier d'origine. Il y a comme un nettoyage humain et territorial pouvant laisser penser que les terrains dégagés ayant plus de valeur vénale feront l'objet d'affaire d'immobilier juteuse plus tard. Sinon, que veut dire cela ?

Permalien

ce qui gouvernent les pays du tiers monde sont des ruraux, c'est un grand écrivain égyptien qui disait ça de l'arrivée de nacer au pouvoir et qui ramena avec des ruraux comme lui, et qui prirent le pouvoir pour faire ce qu'ils ont fait,
ce sont les occidentaux qui ont fait ce choix pour les ex colonies qu'ils ont laissés entre les mains de ruraux, des gens têtus, les bédouins n'aiment pas le confinement, ils aiment la liberté, ils suivent les étoiles, le soleil et la lune, alors que les ruraux ils sont statiques complexés et haineux envers les autres, et ils sont choisis pour prendre le pouvoir dans les ex colonies,
les familles royales d'arabie ne sont pas des bédouins, aucun bédouin ne laisserait les espaces du désert pour aller vivre dans château,
en europe les gitans, restent des gitans, ils tiennent à leur liberté, aucun gitan ne voudra être à la place de macron, qui est lui aussi issu du milieu des ruraux,

Ajouter un commentaire