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DECRYPTAGE

La conférence nationale: une chance de survie pour le régime

Reculer pour mieux sauter. C’est , en somme, l’attitude que le régime algérien a adoptée à travers les réponses apportées à la révolte populaire, en cours depuis près d’un mois, en Algérie et au sein de la diaspora algérienne.

Pour y parvenir, le régime tente de ramener le pays 25 ans en arrière, en faisant croire que la crise serait réglée par la tenue d’une conférence nationale qu’il va lui-même organiser, orienter et… clore.

Cela ressemble, à s’y méprendre, à l’épisode des multilatérales que le même pouvoir a organisées, au début des années 90, et qui a conduit, entre autres, à la création, du Conseil national de transition (CNT), avec les pratiques et les performances que nous lui connaissons tous.

Aucune transition n’a été opérée alors que le bilan des pertes humaines est des plus lourds.

Certes, le contexte n’est pas le même mais la méthode n’est, non plus, pas étrange aux pratiques du régime. Ce dernier a démontré, à plusieurs reprises, son extrême habilité à jouer sur le facteur temps et sur l’usure, voire le moral de ses partenaires et adversaires.

La méthode adoptée, en plein guerre contre le terrorisme, a été concluante pour le système, pourquoi ne pas la retenter aujourd’hui, semble se dire Bouteflika et son clan.

Inutile de s’interroger sur les miracles espérés de cette conférence nationale car le pouvoir va se donner le temps de la préparer et les moyens de l’organiser à sa guise. Il aura les coudées franches pour fixer le timing, sélectionner les participants, choisir les thèmes, orienter les débats et imposer les conclusions.

Bref, une opération marketing, voire un lifting qui lui permettrait de se présenter avec un nouveau visage et d’être encore là pour les trente années à venir.

Ceci, sans oublier la capacité du pouvoir à soudoyer certains acteurs de la scène politique, en élargissant le cercle des corrompus et des affairistes.

Cette méthode a été déjà positivement testée lors de la création du CNT et de bien d’autres structures et institutions de l’État. Autrement dit, une opération de répartition des postes au profit des plus crédules.

En conclusion, avec cette «promesse» d’une conférence nationale, le régime s’offre une ultime chance de survie et il fera tout pour bien l’exploiter. Il revient donc au peuple de la déjouer.
 

Auteur
Hakim Taibi
 

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