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LE COIN DES POETES

La faucheuse

Dans les régions troubles, obscures

Les pensées fugitives s’échouent  

Sur les rives escarpées de la peinture

Pour que le pinceau crache la boue.

 

Quand le mensonge finira sa combustion

Sur les charbons incandescents de la honte

Les regrets jailliront comme un volcan en éruption

Pour laisser couler les larmes comme une lave ardente.  

 

Les désirs sournois indescriptibles

N’attendent que l’instant propice

Pour se révéler, se rebeller comme un diable

Et se livrer à d’atroces sévices.

 

Dans le subconscient en éveil

L’ombre de la mort attend

Comme un ogre sans sommeil

Pour cueillir le bolet de Satan.

 

Fugitive, fugace comme l’éclipse

La vie s’éteint comme une étoile

Qui s’évade du ciel comme un phénix

Laissant la mort étendre ses larges voiles.

 

L’espoir entraine si loin les meilleurs

Pour retrouver la joie, même vieille avant l’âge

Même blasé, mais avide de fraicheur

Friand de la liberté sans aucun sevrage.
 

© Bachir Djaider

Mardi 29 janvier 2019

Cet espace est le vôtre ami(e)s poète(esse)s. Nous vous le réservons pour la publication de vos poèmes avec votre illustration.

Auteur
Bachir Djaider, journaliste et écrivain
 

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Douar

Dans mon souvenir il y a un douar
que je conserve toujours par devoir,
envers ceux qui sont morts au maquis.
et ceux qui sont, pour toujours,partis.

C’est un douar accroché à une colline
qui surplombe la plaine qu’il domine.
Ce sont de gourbis couverts de chaume,
il est inutile que je vous le nomme.

Le douar lieu de nos traditions ancestrales,
appartient désormais au vent et au chacal.
Il a subit dans le passé un bombardement colonial
et on y entend encore des sons de tir en rafales.

Le colonialisme a été effacé,
son immonde image a été cassée
et nous l’avons jeté dans un fossé.
Il appartient définitivement au passé.

Pendant la Révolution on nous a dit,
vous devez tuer vos chiens avant lundi.
Après l’indépendance chacun aura le sien,
mais malheureusement jusqu’à présent rien.

Dans notre Douar pas d’eau ni électricité,
mais il y avait beaucoup de solidarité.
A notre patrie nous n’avons rien demandé,
nous voulions seulement vivre en paix.

Puis certains ont quitté le douar,
ils sont partis vers le sud ,vers Adrar.
D’autres ont pris un grand bateau
et ont traversé la grande mare d’eau.

Ils sont arrivés dans un pays froid,
ou’ l’individualisme est roi.
Cela a été dur de trouver un toit :
Ils sentirent qu’ils n’étaient plus chez-soit.

Ils reviendront sûrement un jour :
Pour leur pays ils ont un grand amour.
Ils reconstruiront pierre par pierre leur douar,
oui ils ont toujours gardé un espoir.

Mais le temps a fui comme un voleur
et ils y vécurent leurs vies entières.
Ils vieillirent loin, loin de chez-eux
et chacun doucement vit comme il peut.

Cependant le douar a de nouveau fleuri
et ses fellahs y habitent, mangent et rient.
Les ennemis de notre peuple ont péri
et notre pays est sorti de l’épreuve aguerri.

Les enfants avec le temps ont grandi,
ils n’ont pas connu ce temps maudits.
Malheureusement ils ne savent pas l’histoire
des fellahs qui vivaient dans les douars.

Certains sont devenus des militaires,
qui gardent nuit et jour nos frontières.
Ils assurent notre quiétude et sécurité,
ils sont issus de toutes les localités.

D’autres sont devenus des chercheurs
qui ont pour toujours la patrie dans le c?ur.
Ils construisent des chars et des drones,
pour être prêts quand l’heure sonne.

Ils ont envoyé pas plus tard qu’hier
des satellites qui auscultent la Terre.
Ils apprennent à maîtriser le nucléaire
oui ils défendront le pays avec l’éclair.

Toi qui lit ce modeste poème,
fait une prière et verse une larme
pour ceux qui sont morts au maquis
et ont tout abandonné pour la patrie.
Nom: Hassan
hassan@hotmail.com

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Ma mère

Maman que j’aime beaucoup,
m’a donné tout.
Elle m’apprit a sourire
et même à marcher et courir.

Elle me fredonnait dans le soir,
me consolait et me donner de l’espoir.
Elle me racontait les histoires du passé,
 »quand dans les veines coule un sang glacé ».

Elle était pour moi la plus belle,
je ne pensais pas vivre sans elle.
Les jours se suivent et le temps s’écoule,
puis j’ai quitté Habiba et j’ai suivi la foule.

J’ai voulu voyager et voir le monde,
longtemps, longtemps j’ai suivi la ronde.
Il fallait travailler et faire ses preuves,
je la voyais souvent dans mes rêves.

Aprés de longues années d’absence,
je suis retourné plein d’aisance.
Elle n’était plus dans notre maison,
j’ai pleuré a perdre la raison!

Frère toi qui a la chance,
d’avoir encore ta mére, penses,
saches qu’un jour elle partira
et longtemps tu souffriras.

Prendre soins de nos parents,
c’est un devoir et nous le ferons.
Nos enfants suite a notre exemple diront,
nos parents jusqu’à la mort nous aimerons.

 » Maman que j’aime beaucoup,
m’a donné tout »
NB:Habiba= bien-aimée

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Le retour.

Un jour je partirai.
Loin d’ici je m’en irai,
dans mon pays j’atterrirai
et mon douar me sourirait.

J’entends déjà le retour du troupeau,
le chant de la cigale et du crapaud.
je sens l’odeur du foin,
fauché et entassé dans le coin.

Le figuier devant la maison s’élance,
ses fruits sous l’action du vent se balancent,
ma sœur augmente la cadence.
Elle bat le lait pour fabriquer du beurre ronce.

Je vois ma mère qui coure,
et revenir avec du pain chaud du four.
il faut tout préparer avant le  »ftour’,,
car les hommes reviennent des labours.

Dans notre maison j’entrerai,
et ma place j’occuperai.
En vain leur appel j’attendrai,
et puis triste je partirai.

J’irai au cimetière,
bonjour ma mère, bonjour mon père,
bonjour Ami Abed El kader,
bonjour à tous ceux sous ma terre.

J’irai doucement sur la colline,
ou’ se trouve notre maison commune,
du regard, tout le paysage, elle domine,
malheureusement ici tout est en ruine.

Je rebâtirai notre maison,
et j’attendrai avec raison,
la paix et la sécurité au cœur,
oui, j’attendrai mon heure.

Sans regret, ni peur,
je rejoindrai ma mère,
je m’allongerai sous terre,
oui je partirai tout à l’heure.

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Les barbares

La forêt des Guétarnia a fleuri ce printemps,
et le bourdon doré a dansé longtemps.
Je poserai cette question si je l’ose:
Qu’est devenue la route de Boudjebha et ses roses?

Les amandiers ont-il fleuri comme toujours?
Ils invitaient à la joie de vivre et à l’amour.
Les narcisses et les glaïeuls s’élancent,
et sous la brise courbent la tête et se balancent.

Les barbares sont passés,
nos roses sont trépassées
Les nuages se sont amassés,
nous avons dit assez!

Si vous passez à Boudjebha
ayez une pensée la-bas,
pour la beauté et le savoir,
pour nos filles du terroir.

Vous verrez des roses blanches
sur le talus de roche
qui vivent malgré tout :
Elles sont nées chez-nous.

Sfisef n’oubliera jamais ses filles
elles sont de nobles familles.
Leur richesse était le savoir
elles sont tombées en faisant leur devoir.

Dieu accueille leurs âmes,
c’était de grandes dames.
C’était nos filles et nos femmes
jusqu’à présent coulent nos larme.

Sfisef restera digne et fier,
et pour elle je fais une prière:
Qu’elle reste la ville des lumières,
et ne retourne jamais en arrière.

NB : Les institutrices assassinées
par les barbares à Sfisef.

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