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Moyen-Orient

La fête du feu : le régime craint les activités des Moudjahidines du peuple en Iran

La fête du feu ou Chaharchanbeh Souri, est une fête célébrée le mardi soir à la veille du dernier mercredi de l'année par les Iraniens depuis au moins 1 700 ans avant Jésus-Christ. La nouvelle année iranienne coïncide avec le premier jour du printemps, le 21 mars, alors que la fête du feu sera célébrée cette année le mardi 13 mars.

Les religieux intégristes au pouvoir en Iran s’opposent à cette tradition iranienne et la condamnent comme une fête païenne. En fait, les autorités craignent cette antique célébration parce que c’est une occasion pour la population de manifester son aversion pour le régime du Guide suprême.

C'est l'occasion de grands rassemblements populaires où les Iraniens sortent dans l’espace public (rues et parcs) et s'offrent des sucreries afin de glorifier la santé et le bonheur de l'année passée. Des pétards sont lancés dans les rues et ils sautent par-dessus les flammes d’un feu en prononçant la phrase : "Je te donne ma couleur jaune, tu me donnes ta couleur rouge" - celle du feu - c'est-à-dire, figurativement, "je te donne ma pâleur - ou ma maladie-, je prends ta force - ta santé".

Les gens profitent des rassemblements autour des feux de joie pour vilipender la dictature des mollahs qui a ravagé la vie des Iraniens depuis près de 40 ans.

Cette année, la situation est toute particulièrement sensible. L’Iran a été le théâtre de larges manifestations dans quelque 140 villes en décembre et janvier. Les manifestants ont appelé au renversement de la tyrannie qui a apporté misère économique et privations des libertés. Le régime, malgré une mobilisation de ses forces répressives, a du mal à contrôler les manifestations qui se déroulent partout dans les villes.

Les autorités craignent que la fête du feu cette année soit transformée par les opposants à une mobilisation pour lancer des appels pour le changement de régime. Le département social de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran à l'intérieur du pays a appelé à la mobilisation à l’occasion de Chaharchanbeh Souri. Il appelle "les Iraniens à transformer cette fête de la célébration de la Fête du feu en un autre soulèvement, en des expressions contre la dictature des mollahs".

Les réseaux du mouvement de résistance de l’intérieur ont lancé des appels à des préparatifs pour célébrer la fête du feu dans un esprit de contestation et avec des slogans contre le Guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Les forces de répression et les représentants du régime n’arrêtent pas les interventions pour mettre en garde la population contre une telle participation. Le régime prétexte les dangers des pétards et des feux pour la santé des gens. Chaques année le régime diffuse un bilan de personnes blessées par le feu pour en faire un prétexte pour interdire la célébration de Tchaharchanbeh Souri.

Dans un rapport confidentiel du Bureau d’Ali-Akbar Velayati, qui conseille spécialement Khamenei pour les affaires internationales, publié par l’OMPI début janvier, on pouvait lire : "La situation est très délicate et nous aurons à faire face à des menaces sérieuses. Les troubles de cette année ne ressemblent pas à ceux des années précédentes, car les gens n’arrivent pas à subvenir convenablement à leurs besoins économiques ; leurs problèmes économiques s’aggravent davantage chaque jour, ce qui menace la sécurité de l’Etat (…) Ces protestations ont sans doute été planifiées et organisées. Les forces de sécurité rapportent que les Monafeghine [hypocrites, terme péjoratif utilisé par le régime pour dénigrer l’OMPI] sont très actifs et dirigent les manifestations."

Dans ce contexte, le 13 mars prochain risque d'être une journée de grandes effervescences en Iran.

Auteur
Hamid Enayat
 

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