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Tribune

La Saoudienne Rahaf encourt la peine de mort dans son pays

Les autorités religieuses font pression sur ses parents pour la récupérer en Thaïlande et la ramener de force en Arabie Saoudite, pays qu’elle a fui depuis hier mardi pour atterrir à l’aéroport de Bangkok venant du Koweït.

Son histoire, largement partagée sur les réseaux sociaux, a suscité un émoi international. C’est cette vague vox populi qui a certainement obligé les autorités thaïlandaises à rassurer par le biais de son chef de police de l’immigration « qu’elle ne sera pas renvoyée» en Arabie saoudite.

Elle s'est  barricadée depuis dans une chambre d’hôtel de l’aéroport en attendant les démarches du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) qui est en train de formaliser son dossier auprès du pays d’accueil l’Australie qui lui a délivré un visa selon ses propres déclarations.

La jeune étudiante de 18 ans dit être surprise de se voir arrêtée dès son entrée et s’est vue confisquer son passeport par les responsables de la police des frontières. Ces mêmes autorités fortement gênées par cette agitation populaire ont finalement autorisé  le HCR à rencontrer Rahaf Mohammed Al-Qunun à l'aéroport de Bangkok, afin d’évaluer ses besoins en matière de protection internationale pour les réfugiés et de rechercher une solution immédiate à sa situation.

De suite, l‘ONG European Saudi Organization for Human Rights (ESOHR) lui a désigné un avocat français, François Zimeray, qui a été lui-même extrêmement époustouflé par la rapidité avec laquelle les choses se déroulent actuellement.

L'avocat se veut optimiste pour la jeune femme, espérant obtenir une réponse «dans les jours à venir» : «Evidemment, sa famille va essayer de l’en empêcher à nouveau mais je crois aujourd’hui, j’espère qu’elle est hors de danger, je veux le croire.

Mais il faut maintenir l’intérêt sur elle car s’il n’y a pas de vigilance, elle pourra subir un sort terrible comme d’autres avant elle.

Que lui reproche-t-on ? D'avoir rejeté les valeurs de l’islam dans un pays où c’est un crime puni de mort». Son père et son frère sont sur place pour réclamer la légitimité paternelle de son retour. Et les autorités saoudiennes tentent de peser de tout leur poids pour qu’elle retourne au royaume afin ne pas créer un précédent gravissime auprès de la jeunesse universitaire qui l’a fortement soutenue sur les réseaux sociaux.

Traquée et apeurée, elle dit elle-même qu’elle a fui la torture et l’isolement que lui infligent ses parents pour avoir douté de ses convictions religieuses.

L’avocat, qui semble avoir pris les choses en main, insiste cependant sur la vigilance car il craint qu’elle subisse le même sort que d’autres avant elle et dans le même cas de ce genre de blasphème.

A l’heure où nous écrivons, la jeune Rahaf  a finalement pu quitter l’aéroport de Bangkok, accompagnée de représentants du HCR, son passeport restitué.

Elle se trouve «dans un endroit sûr et sera interrogée dès qu’elle aura pris du repos», a déclaré un porte-parole du HCR ce mercredi matin.

Auteur
Rabah Reghis
 

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