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REGARD

L'Algérie sur la route des incertitudes

Terrible comment les nouvelles les plus invraisemblables arrivent ces derniers temps en cascade dans l'oreille de l'Algérien !

Entre un producteur de télévision, avec des dizaines de documentaires et de films à son actif, qui s'immole par le feu dans les locaux d'une chaîne privée dans un terrible black-out médiatique, juste parce qu'il n'a pas été payé pour ses prestations, un responsable d’un parti politique et candidat à la présidentielle de surcroît, gravement malade, refusé dans un hôpital public de la capitale, faute de place disponible, un cortège de candidats farfelus qui affluent au siège du Ministère de l'Intérieur pour retirer les formulaires de candidatures pour la présidentielle faisant l’objet de satire de la blogosphère et la récente déclaration du Premier ministre Ouyahia, selon laquelle Bouteflika ne fera pas de campagne électorale pour le 18 avril, comme s’il venait de nous livrer un secret d’Etat, il n'y a qu'à épier un bout d’étoile dans un ciel nuageux pour espérer voir une trouée de lumière!

Le pays s'enfonce chaque jour dans une situation incontrôlable, non seulement au plan local, mais même à l'international.

A l'heure qu'il est, personne ne sait là où l'on va, ni au sein du pouvoir, ni dans l'orbite d'une opposition en rangs dispersés. Le nuage s'épaissit davantage quand on regarde du côté de la population, abandonnée à son sort et lâchée à tous les niveaux par les pouvoirs publics.

A vrai dire, tous les indicateurs sont en orange, couleur d'alerte dans un contexte global peu favorable aux calculs approximatifs dont notre élite est friande.

La question qui se pose et qui revient avec insistance pour nombre de mes compatriotes est la suivante : le régime est-il vraiment en panne d'hommes, pour glisser pour l'option jusque-là aléatoire du cinquième mandat ? A-t-il un plan B, au cas où les choses tournent mal ? Se rend-il au moins compte qu'il est tourné en dérision par les chancelleries étrangères,  les médias occidentaux et le monde entier ?

Au point où sont arrivées les choses, il est quasiment impossible de tracer une feuille de route sérieuse, même pour les six mois à venir. L’à-peu-près prend le dessus sur la planification et le sens premier que devraient s’assigner les hommes d’Etat : la capacité de prévoir et d’anticiper les événements pour pouvoir en gérer les conséquences par la suite.

L'Etat nage dans l'opacité et laisse de grands espaces d’interrogation en pointillés à la population. Or, comment espère-t-on sortir de la crise si l'on ne met pas les choses au clair ?

Si, au lieu d'ouvrir le débat sur les perspectives d'avenir, on cadenasse les portes du dialogue social et polarise les choix politiques autour d’intérêts clientélistes, clanistes et rentiers ? Tous les scénarios sont aujourd’hui sur le tapis en Algérie d’autant que les décideurs se sont laissés conduire dans un cul-de-sac, dans un moment crucial où normalement les forces vives du pays seraient associées à la décision et prennent part à la construction d’un projet de société commun.

Un projet qui va s’attaquer aux racines du mal et permettra à la jeunesse de se hisser aux postes de responsabilité et d’assurer la relève.   

Auteur
Kamal Guerroua
 

Commentaires

Permalien

Je me demande à juste raison si le plan B des Algériens ne serait pas finalement l'option Ghediri Ali dans cette atmosphère pleine d'opacité et d'incertitudes. La fragilité de nos institutions s'étale dans toute sa laideur devant nous ! Qu'est ce que c'est cette pléthore de vieillards séniles perchés à des postes sensibles et stratégiques ? Et ces bouffons qui ne cessent d'occuper le monde par leurs pitreries ?
Mais c'est surtout la perte de tout sens de responsabilité et d'état qui fait peur...
C'est comme cela qu'une guerre civile nait ! DIEU PROTÉGEZ NOTRE PAYS DE CES FOUS !

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