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Le dictateur Idriss Déby protégé par Paris

L'aviation française bombarde l'opposition armée tchadienne

L'aviation française positionnée au Sahel a bombardé un convoi composé de membres de l'Union des forces de la résistance tchadienne, un groupe armé déjà auteur d'une tentative de putsch en 2008.

Pour la deuxième fois en quelques jours, des avions de combat français ont frappé dans le nord-est du Tchad pour protéger N'djaména et le dictateur qui y règne Idriss Déby (30 ans au pouvoir).

La cible, une colonne de pick-up lourdement armés en provenance de Libye. Français et Tchadiens sont déjà intervenus le week-end dernier contre eux.

« Les autorités tchadiennes et françaises ont décidé de nouvelles frappes, conduites par des Mirage 2000, les 5 et 6 février », affirme l'état-major français dans un communiqué, précisant que « l'action des Mirage 2000, engagés depuis la base de N'Djamena, appuyés par un drone Reaper, a permis au total de mettre hors de combat une vingtaine de pick-up » sur la cinquantaine que comptait la colonne initialement.

« Ces interventions, menées à la demande des autorités tchadiennes, ont été conduites de façon proportionnée, graduée et précise », souligne le communiqué. Le convoi visé se compose de membres de l'Union des forces de la résistance (UFR), un groupe armé à l'origine d'une tentative de putsch de 2008, stoppé in extremis aux portes du palais présidentiel de N'Djamena grâce à l'appui de l'allié français. "Nous avançons dans la zone du Tchad frontalière du Soudan, dans l'Ennedi », déclarait à l'Agence France-Presse mardi Youssouf Hamid, porte-parole en exil de l'UFR.

Youssouf Hamid ajoute : « On progresse toujours, on est prêt à [affronter] tout ce qui est devant nous, tout ce qui va se placer devant nous. On n’a pas peur des frappes aériennes françaises », a-t-il dit à l’AFP, après avoir dénoncé le « tournant dangereux » prix par la France en s’impliquant militairement dans les « affaires internes » tchadiennes.

« Le raid de cette colonne armée dans la profondeur du territoire tchadien était de nature à déstabiliser ce pays », fait valoir mercredi soir l'état-major français en qualifiant les forces armées tchadiennes de « partenaire essentiel de la France dans la lutte contre le terrorisme, tant au Mali, au sein de la Minusma, qu'au sein de la force conjointe du G5 Sahel au travers de son engagement contre Boko Haram ».*

Une attaque qui « viole le droit international », selon l'opposition

Depuis son arrivée au pouvoir, en 1990, avec l'aide de Paris, Idriss Déby Itno, qui avait renversé Hissène Habré, a toujours pu compter sur son allié français, qui a installé à N'Djamena le QG de sa force anti-djihadiste Barkhane.

Plus tôt mercredi, deux chefs de partis d'opposition tchadiens ont critiqué l'intervention militaire française dans le nord du Tchad en affirmant à l'Agence France-Presse qu'elle est « inappropriée » et « viole le droit international ». « Sur le plan du droit, cette intervention répond à une demande d'assistance formelle d'un État souverain à l'égard de la France », rétorque le cabinet de la ministre française des Armées, Florence Parly.

Comme l'exige la Constitution française, le Premier ministre, Édouard Philippe, a officiellement informé ce mercredi les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat des frappes menées au Tchad « contre des groupes armés venus de Libye en réponse à une demande d'assistance des autorités tchadiennes », dans des courriers dont l'Agence France-Presse a obtenu copie.

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Avec AFP
 

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