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FRACTURES EN FRANCE

Le président Macron n’aurait pas tiré toutes les leçons

Les opérations de déminage entamées ici et là par la machine « macronienne » ne semblent pas porter les résultats escomptés, à savoir faire cesser la protestation des gilets jaunes et les amener à la table de négociation.

Parce que leurs revendications sont populaires, les gilets jaunes demeurent au contraire majoritairement soutenus par l’opinion française. D'ailleurs, tout porte à croire qu’on se dirige vers un samedi acte V. Des appels à la manifestation pour samedi prochain à Paris sont déjà lancés.

Le Président français interviendra ce lundi 10 décembre, à 20 heures, dans un discours adressé aux Français, pour une ultime tentative de normalisation du mouvement des gilets jaunes et de sortie de crise, qui secoue la France depuis plus d’un mois. Mais il ne semble pas décidé à céder sur les fondamentaux, le socle idéologique sur lequel s’est constituée et s’appuie la « macronnie ».  Sa ministre de Travail a balayé hier dimanche d’un revers de la main toute possibilité de donner un coup de pouce au SMIC, une des revendications phare liée au pouvoir d’achat du mouvement des gilets jaunes.

Après quelques tâtonnements, le Président Macron, lui-même, a fait également savoir jeudi, au moment où son premier ministre, Édouard Philippe était devant les députés, qu’il n’est pas question de reculer sur la suppression de l’ISF (l’impôt sur la fortune) et il maintiendra le cap de sa politique.

Quelles sont donc les mesures fortes, possibles et les concessions à faire pour apaiser dans l’immédiat la colère grandissante d’une majorité du peuple français ?

Ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé en cédant sur la taxe de carbone, la mesure qui était à l’origine de la colère, dont la suppression décidée la semaine dernière est déjà derrière nous. La marge de manœuvres de M. Macron est minime et surtout après avoir épuisé tous les « recours » et les subterfuges visant à rétablir « l’ordre » : jouer sur la violence pour retourner l’opinion contre les gilets jaunes par exemple, organiser un simulacre dialogue sur les plateaux de télévision pour parer à l’absence d’interlocuteurs représentatifs du mouvement, discréditer ses membres et les opposer les uns aux autres…

La dernière trouvaille est de circonscrire le mouvement dans les régions et lui ôter sa vocation nationale sous le prétexte que les revendications sont disparates d’une région à une autre. À cet effet, les ministres et les députés de la République En Marche, le parti présidentiel majoritaire, se relayent pour prêcher des « concertations nationales décentralisées », qui débuteront le 15 décembre prochain, comme structures de base censées baliser et mettre à plat toutes les revendications. C’est une peine perdue. Mais c’est mal connaître les gilets jaunes de vouloir leur miroiter une solution à moyen terme diluée dans des structures locales.  

L'argument de la non-structuration du mouvement, comme élément de langage développé comme reproche par la majorité au pouvoir et ses relais médiatiques, n’est pas une tare, mais constitue plutôt la force des gilets jaunes. En rupture avec les organisations classiques, l’organisation du mouvement ne s’articule pas autour des structures représentatives ou des personnes, mais autour du mot d’ordre et la justesse de la revendication. Et n’importe quel gilet jaune peut être représentatif du mouvement, mais pas un représentant, car il n’a pas le mandat. « Un messager », tel est la qualité adoptée par tous les gilets jaunes ayant participé aux émissions télévisées où reçus par le premier ministre.

Devant cette difficulté de négocier et pour en remédier, Emmanuel Macron a renoué aujourd’hui avec les corps intermédiaires alors qu’il les a toujours ignorés. Il reçoit les syndicats des travailleurs, les organisations patronales, des représentants des élus et les chefs des groupes parlementaires. Il veut sortir de son isolement et trouver un consensus autour de nouvelles mesures à annoncer pour résoudre la crise.

Mais par rapport à ce qu’il met sur la table des négociations tout en déclarant de ne pas changer de politique, il n’est pas certain qu’un consensus puisse se dégager de ces consultations, à même de proposer des mesures satisfaisantes pour les gilets jaunes. Si M. Macron persiste dans sa position de maintenir le cap de sa politique libérale, il ne pourra faire l’économie de la décision de dissoudre l’Assemblée.

Ce sera l'unique solution lui permettant de poursuivre sa politique avec évidemment une perspective d’alliance avec la droite, et ce, tout en répondant à une revendication essentielle des gilets jaunes.

Mais un tel chamboulement institutionnel ne fait pas partie de l’agenda d'Emmanuel Macron 

Auteur
Youcef Rezzoug
 

Commentaires

Permalien

Voilà que les français étouffés se desserrent,
et macron ressemble de plus en plus à benali, moubarek, et si on (ses parrains) ne lui demandent pas de partir en douce, il ressemblera de plus en plus à kadhafi et assad,
parce que macron est arrogant envers les français il se croit malin,

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