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Tribune

Les fermetures de routes, entre obsession et sabotage !

La wilaya de Bejaïa vit des situations iniques  de sabotage suite au retour étonnant du rituel des coupures de routes. On assiste à une montée spectaculaire de la bêtise soutenue par le silence lâche des acteurs auxquels incombe le devoir d’intervenir afin de mettre un terme au cauchemar que vivent les citoyens de la région. Les étudiants, les transporteurs, les malades, les investisseurs sont autant d’exemples de  victimes de ce comportement stupide le moins que l’on puisse dire. Cette façon de revendiquer les droits dénote de l’inconscience des initiateurs, ce fait devient clairement un délit eu égard à ses contrecoups économiques, sociaux. 

Le tout nouveau wali de Bejaïa, Ahmed Maâbed, a dénoncé comme d’ailleurs ses prédécesseurs ces actes mais la solution définitive n’émanera surtout pas des dénonciations parce que le mal est profond, Béjaia a trop payé les dérives de ceux qui ne visent pas juste. 

Je m’interroge souvent sur la façon dont nos concitoyens revendiquent leurs droits et affichent leur courroux. Il n'y a qu’en Algérie que réside cette mentalité si désuète et qui consiste à couper les routes pour faire entendre sa  voix et faire plier les autorités publiques. Ce que les récalcitrants algériens omettent c’est qu’en procédant à fermer une route c’est toute la région qui est prise en otage sans crime aucun.

Le citoyen reste alors la seule victime qui paye la mauvaise gestion des responsables, et face à ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, à fortiori en Kabylie, le gouvernement n’a jamais daigné proposer des solutions tangibles, c’est comme si le malheur du peuple ne fait qu’aviver le plaisir de ceux qui nous gouvernent, sinon comment expliquer cette grave récidive en matière de coupure de route devant le mutisme quasi absolu de nos décideurs ?

Cet état d’anarchie dévoile une fois de plus l’incompétence de nos élus d’une part et affiche la funeste propagande de ceux qui ont fait du règne de Bouteflika durant ses quatre mandats une réussite sans pareille d’autre part. La réalité quotidienne démontre tout à fait le contraire de ce qu’on a glorifié durant une décennie et demie, c’est-à-dire tous les projets vantés par les cercles présidentiels ne sont en fait qu’une illusion au service d’une tromperie politique qui vise à vénérer la personne du président.

Les grèves quotidiennes, les rassemblements, les manifestations, les immolations, la harga, les suicides sont autant de symptômes d’un malaise émanant de  la fausse vision du pouvoir et sa grave nonchalance quant aux soucis primordiaux du peuple.

Des exemples de faillite éclatants sont journellement affichés via la presse, le bradage de l’autoroute est-ouest en est un parangon très instructif. Le logement reste somme toute la problématique la plus alambiquée qui constitue la cause phare des soulèvements de toutes les régions, et qui nous renseigne sur cette gent qui nous asservit depuis 52 ans d’indépendance et qui s’est imposée malicieusement par la seule formule de la fraude et au moyen du sale argent. Une question tenace à l’endroit de nos sourds responsables s'impose  : l’ouverture des routes et la fin des barricades  c’est pour quand ?  

Auteur
Rachid Chekri
 

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