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REGARD

L’esprit de Yennayer dans les rituels kabyles

Yennayer correspond au 12 janvier 2019 du calendrier grégorien. Il s’agit du jour premier de l’an 2969 du calendrier agraire berbère. Dans cet article, on ne s’attellera pas à rappeler l’historique de cette date qui évoque la victoire du roi Berbère Chachnaq sur les Pharaons, mais plutôt de retrouver l’esprit de Yennayer à travers les rituels qui alimentent la vie au quotidien dans la société kabyle.

Tibura n ussegwas  ou bien les portes de l’année signifient, dans les représentations collectives kabyles, les mois de l’année et yennayer est la première porte à s’ouvrir sur l’à venir. Par porte on se représente l’ouverture sur l’opulence qui ne se réalise que par le truchement de l’agriculture, directement lié au climat qui devrait être favorable à la terre nourricière.

L’esprit de yennayer tourne autour de tout ce que le sol peut nous offrir comme blé, orge, farine, olives, fèves, pois chiches…et autres mets pouvant être emmagasinés tout au long de l’année.

Yennayer reste la porte qui détermine les autres, c’est le mois qui enclenche le calendrier agraire comme bien important auprès des populations kabyles, notamment villageoises.

C’est dans ce sens que tout  événement, marquant la communauté, se fête par le biais de la nourriture, et la tradition orale se doit de le pérenniser. Les rituels qui alimentent la tradition orale kabyle sont forts nombreux, chaque événement marquant la vie des individus est ainsi traduit  par des pratiques ancestrales qui se perpétuent à travers les âges. Parmi elles : la naissance, la circoncision, le mariage…et bien d’autres aussi nombreuses que ce que peut offrir la vie et ses aléas. Les pratiques ancestrales qui s’y rattachent sont animées par l’esprit de yennayer, dans toute sa mouvance.

Avant de développer cette idée il conviendrait de revenir sur les notions de pratique et de rite, pour en définir succinctement le concept.

Qu’est-ce qu’un rite et son rituel ?  

Un rite est une pratique sociale, ou individuelle se caractérisant par le sacré ou la symbolique. Dans cet article, les rites sont à prendre au sens anthropologique du terme, comme les cultes préexistants et ancrés dans les traditions orales, le cas des sociétés non-occidentales.

Selon l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, les rites ont souvent deux caractéristiques essentielles : celle du stade de l'«avant » par rapport à l'«après » et l’aspect répétitif de la pratique rituelle. Parmi les rites que connaissent les sociétés humaines en général, il y a les rites individuels  tels : la prière et les ablutions qui la précèdent, la périodicité, la gestuelle, la direction de la prière tournée vers l’est (selon la religion musulmane). Dans d’autres cas, certains gestes de la vie quotidienne sont ritualisés, tel l’emmaillotage du bébé, la mise au lit des enfants, et bien d’autres gestes qui frôlent la superstition. Au-delà de l’individu, il y a les rites qui concernent toute la communauté, ceux qu’on nomme communément les rites de passage dont: la naissance, la circoncision, la fécondité, les fiançailles, le mariage, la mort  et l’enterrement. Les pratiques qui entourent ces rites, et leur aspect habituel, donnent lieu à ce qu’on appelle le rituel.    

Ces rites sont des pratiques occasionnelles qui permettent de donner aux individus un point d’attache qui aide, plus ou moins, à surmonter un moment marquant dans leur vie. Ces pratiques-là sont souvent du ressort des femmes, dès que l’occasion se présente, on se réfère aux rituels qui vont jusqu’à devenir des croyances presque mythiques. On les retrouve soit dans les occasions heureuses: la naissance, la circoncision, les rituels destinés à la petite enfance, le mariage, soit dans les fêtes religieuses telles que taεacurt et lmulud, soit dans les travaux du labeur, comme Tiwizi, ou bien dans les rites funéraires.

Tous ces rites et les rituels culinaires qui les accompagnent ont un seul point commun : l’esprit de yennayer. Ce dernier apparaît, non seulement dans le choix des sept mets, mais surtout dans le partage et l’union. En effet, les repas préparés en ces occasions font du couscous le plat principal.

On s’attarde sur les sept ingrédients principaux qui composeront la sauce, principalement des céréales, symboles d’opulence et de prospérité dans l’imaginaire collectif de la société kabyle villageoise.

La tradition orale, dont la poésie, a pour mission de pérenniser ces pratiques par le truchement du verbe et de la chanson, le tout livré sous forme d’un lègue ancestral qui se perpétue. Mais, dans le fond, tout cela n’est que prétexte pour se retrouver, se réunir et surtout partager un moment privilégié qu’on aurait happé à cet aspect insaisissable de la vie: le temps.

Auteur
Nora Belgasmia
 

Commentaires

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Je ne cherche pas a vous critiquer pour le plaisir de le faire, loin de la - je vient juste de finir de lire l'autre billet, celui portant sur l'egarement socio-culturel de la societe' "algerienne", qui demontre bien que cette "algerie" n'est autre qu'un artifice militaro-affairiste a fin truand-istes. Il y est dit que la dynamique culturelle est eparpille', PERDUE, entre l'Orient et l'occident, n'atteignant ni l'un ni l'autre... Je vois dans votre recit, l'illustration de cela. En voici un echantillon:
"...Par porte on se représente l’ouverture sur l’opulence qui ne se réalise que par le truchement de l’agriculture, directement lié au climat qui devrait être favorable à la terre nourricière.
L’esprit de yennayer tourne autour de tout ce que le sol peut nous offrir comme blé, orge, farine, olives, fèves, pois chiches…et autres mets pouvant être emmagasinés tout au long de l’année. ..."
Je suis Kabyle, ne' dans un de ces villages-la de haute montagne, etc. Ce rituel, de festin commun/partage' que vous decrivez a bel et biuen lieu - mais ses motifs, sa necessite' et raison d'etre, sont loin d'etre ce que vous decrivez. On mange ensemble, mais sans fiesta-danceuse, ni venerations religieuses de quelconque bord - Les gens mangent ensemble, car il y a reunion... Tajmaat, ou Congre'. L'action est de nature politique - On reexamine la CONSCIENCE CITOYENNE (pas Algerienne) mais du village specifiquement et de l'AArch en general, des lors que les priorite's retenues par l'Assemblee du village seront les reperes des representants du villages aux Assemble'es de l'Aarch, ulterieures. Tout simplement, on fait un bilan, on etablit des objectifs et renouvelle les structures, c.a.d. les hommes et femmes qui en seront responsables. Ces evenements sont courrants parmis tous les Peuples du monde dont certains ou plutot la majorite' se sont dote's de structures formelles et souveraines, avec l'engagement comme 1er moyen d'IMPOSER les decisions comme Lois du pays/territoire, pour lesquelles on vit ou on meurt. Au-dela, de cet aspect(politique), il y a celui de REALISER des objectifs - c.a.d. la decision de Projets. Meme si autrefois, tous les projects tournait autour du TRAVAIL Agraire... et non la BOOLEMIE, qui se degage de votre texte - desole' de le dire, mais il faut bien.
Joyeux et BON(productif) Yennayer -

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Nayer,fête païenne où la bâfrerie des uns fait le bonheur de l'import-import.Combien coûte au trésor public l'importation de cargaisons de noix,noisettes et autres fruits à coque?Les étals improvisés me font penser à ces phrases inoubliables et sans doute les plus justes et les plus belles de Karl Marx :"Tout homme s'applique à créer pour l'autre un besoin nouveau pour le contraindre à un nouveau sacrifice, le placer dans une nouvelle dépendance et le pousser à un nouveau mode de jouissance et, par suite, de ruine économique. Chacun cherche à créer une force essentielle étrangère dominant les autres hommes pour y trouver la satisfaction de son propre besoin égoïste. Avec la masse des objets augmente donc l'empire des êtres étrangers auquel l'homme est soumis et tout produit nouveau renforce encore la tromperie réciproque et le pillage mutuel".

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Je me rappelle tout jeune on fetait yennar en mangeant du Ghrif (crepes)ou des beignets enduits d'huile d'olive saupoudrés de sucre blanc. Mais le monde a bien changé aujourd'hui car nos parents étaient illettrés et mal informés que ce don agraire était une faveur d'Allah pour nourrir ses servant qui eux doivent le vénérer en ce grand jour qui est le premier de la saison agraire et comme dit le Coran " ils mangent comme les animaux et ne savent pas que leur nourriture vient du ciel " Alors mangez lui le grand seigneur vous fait don alors que vous l'oubliez en ce jour qui est pour nous celui de sa grande reconnaissance lui qui détient toutes les clés de l'aisance.et de la santé.

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