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COUP DE GUEULE

Lettre ouverte au général en retraite, Ghediri Ali, devenu très bavard

Je suis stupéfait que ce général-major puisse, à deux reprises, oser parler à un peuple que sa caste militaire a mis à genoux et a saigné financièrement durant des décennies dans un régime des plus liberticides, ce n'est qu'un euphémisme.

Monsieur le général, c'est moi qui vais vous répondre, à mon tour,  par une lettre ouverte. Je me le permets car votre carrière, de colonel à général puis de général à général major, a accompagné ma vie, vous y êtes entré avec effraction et vous ne l'avez plus quittée. Mon pays natal, c'est vous qui en êtes le locataire et le propriétaire, vous êtes donc fondé à recevoir ma réponse.

Lorsqu'un général ose parler dans la presse, je n'ai plus que deux positions à avoir envers son toupet, l'ignorer avec le dédaigneux silence de ceux qui ont de la dignité à ne pas s'adresser à l'ignominie ou lui répondre.

Dans le premier cas mon naturel me l'interdit, je n'ai jamais pu y parvenir en entendant ou en lisant les mots « général algérien ». C'est comme l'allergie du printemps ou la plante urticaire, la réaction est immédiate, violente et sans possibilité de la contenir.

Dans le second cas, je suis tout autant embarrassé car si je devais parler avec franchise, le sympathique et ami, rédacteur en chef de cette publication, me rappellerait à l'ordre. Il serait légitime à le faire car avec les mots qui traduiraient ma franchise, il faudrait interdire aux enfants d'approcher de l'ordinateur car vous ne pouvez imaginer la rage insultante et accusatoire qu'ils portent en eux.

Alors je vais rester au plus près de la zone de crête pour ne pas trahir ma pensée et en même temps permettre la publication car dénuée de mots interdits.

Lorsqu'on parle de votre corps de fonctionnaires (curieuse appellation pour des Dieux du pays), on fait appel à la célèbre image « La grande muette ». Et vous l'avez été effectivement pendant des décennies. Nous vous avons jamais entendus, vous étiez des ombres furtives aperçus au loin, dans des tribunes ou s'engouffrant dans vos limousines.

Vous étiez des ombres reconnaissables avec vos Ray Ban et vos épaulettes qui brillaient au soleil d'Algérie jusqu'à en aveugler le peuple et le soumettre.

On ne parlait jamais de vous, on chuchotait votre existence, avec ce regard craintif qui balaie autour de soi pour bien s'assurer qu'on est seul.

Votre nom, votre réalité d'êtres humains n'existaient que dans nos conversations intimes. Vous étiez les dieux interdits qui n'ont aucune existence réelle sinon par leur image furtive et la terrible soumission par la peur qu'ils provoquaient. Et lorsque la peur était ressentie, c'était l'assurance d'être encore vivant.

La seule posture avec laquelle les Algériens étaient autorisés à vous parler ou mentionner votre existence était la position du dos courbé et la tête basse. Et lorsqu'il s’agissait de personnes auxquelles vous aviez lancé quelques milliards en don charitable, ils allaient jusqu'à la prosternation, la tête au sol.

Vous n'aviez pas besoin de donner votre opinion, votre regard, votre pensée suffisait à montrer que nul ne peut vous contredire sans une grave conséquence.

Car, des morts il y en a eu comme des incarcérés, des torturés et des menacés. Ceux qui ont été courageux l'on payé très cher. Aujourd'hui encore des journalistes et des blogueurs sont incarcérés dans vos terribles geôles.

Alors, vous n'êtes pas le premier, vous voilà à vous épancher dans la presse libre. Vous vous adressez à nous par des lettres ouvertes, avec vos véritables signatures. Vous êtes sortis de votre silence car les temps ont changé et malgré votre surdité, vous l'avez bien entendu ce cri de la liberté, notamment par les réseaux sociaux que vous ne pouvez contrôler.

Monsieur le général « Major », moi je ne vous ai jamais entendu ni lu dans une lettre ouverte pour nous enseigner les valeurs de l'humanité et du sacrifice au nom de la nation comme vous semblez le faire très longuement aujourd'hui.

J'aurais aimé vous lire lorsque vos petits camarades ont commis les exactions les plus abjectes qu'il soit possible à l'humanité de supporter. J'aurais voulu vous entendre sur les fortunes insultantes de vos familles et de vos protégés qui ont vidé l'Algérie de sa substance et sa capacité à venir en aide aux plus démunis.

J'aurais apprécié que vous inondiez la terre entière de lettres ouvertes pour dénoncer les lois liberticides, les fortunes offshore et l'insultant et abject code de la famille.

Jamais je ne vous ai entendu le faire. Moi, je vous avais adressé une lettre ouverte dans la presse dans le début des années 1990. La seule réponse que j'ai obtenu fut la visite de vos charmants policiers portant une adorable invitation à aller prendre le thé chez l'un de vos sujets, le procureur. Celui-ci voulait me faire part d'une lettre amicale qu'il avait reçu du ministère de la Défense.

Mais comme vous êtes très soucieux des convenances, ce n'est pas par courrier qu'elle me fut adressée mais par portage directement au siège national du parti. C'est une attention très touchante que je n'ai pas oublié.

J'aurais tellement voulu que vous écriviez dans les journaux comme je l'ai tellement fait. Vous nous auriez apporté sagesse, réflexion et morale.

Trêve de plaisanterie, Monsieur le général « Major », ce n'est pas dans la presse libre que nous attendons votre parole soudainement retrouvée mais devant des juges, libres et d'un temps que vous ne connaissez pas encore.

Vous parlerez car vous y serez contraint. Vous nous restituerez toutes les fortunes spoliées par vos familles et vos amis. C'est la règle, vous ne la connaissez pas encore, dans votre monde c'est le verbe « se servir » qui est d'usage, pas « restituer ».

Puis ensuite, Monsieur le général « Major », il va falloir vous expliquer et ce sera long, très long. La grande muette devra se transformer en une grande bavarde. Je vois que vous vous préparez sérieusement à l'exercice avec les lettres ouvertes répétées, vous serez donc prêt le jour venu.

Vous n'y échapperez pas, ni après vos jérémiades dans la presse ni avec votre grand âge qui ne vous protégera pas. Le très jeune âge de ceux qui avaient été assassinés, menacés et torturés ne les avaient pas protégés non plus.

Voilà la seule réponse que j'ai à adresser à la lettre ouverte d'un général « Major ».

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant
 

Commentaires

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Très cher compatriote et non moins vrai patriote, Mr Sid Lakhdar Boumediene, un grand merci pour cette réponse magistrale à ce génénar de pacotille (à lire effectivement avec un la lettre N) ainsi qu'à ses semblables. Bardathli el-khatar. Yaattik Essaha. De la part d'un citoyen lambda qui vomit cette engeance de la pire espèce.

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Bien dit monsieur Si Lakhdar. C'est grâce à ces généraux que l'Algérie est à genoux et que les jeunes n'ont aucune alternative mise à part la fuite (harga). Il viendra le temps ou ils auront des comptes à rendre.

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Les l’etttes ouvertes sur des portes fermées ne sont jamais que des actions stériles envers une vonlonté de changement .pourtant urgente , La nécessité de changer le système n’est plus à discuter . Les voyous et criminels au pouvoir le souhaitent mais ne trouvent pas le moyens de s’en sortir avec des assurances claires de ne pas être jugès et condamnés .

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Je n'arrive pas a comprendre ce système, Général Benhadid a parle ils l'ont foutu en prison
Vous , vous parlez librement sans soucis ni gène>
Je veux vous poser deux questions tout en esperant ne pas être arrêté, torture puis foutu en prison.
1- Combien y a t il de généraux dans notre armée? et le passage de général a général major est base sur quoi.
2- Ou étiez vous avant cette dégradation du pays , corruption, népotisme c'est vieux comme bonjour ,et s'est empire depuis l'arrive de fakhamatou
3- c'est l’armée qui l'a installe pourquoi ne demandez vous pas a votre armée de le limoger
Mrs les DRS je ne suis ni journaliste ni de l'opposition.Je suis juste un citoyen Lambda de 70 ans qui aime son pays

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BRAVO ET ILS SONT SURTOUT EFFRAYES DE PERDRE LEURS BIENS MAL ACQUIS ET LEURS PRIVILEGES. MERCI POUR VOTRE ARTICLE. SABRINA.

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Oui, il y a quelque chose de fondé dans la réaction de Mr Boumédiene S. L.
Notre malheur a pour origine cette force dite "colonne vertébrale" qui aurait pu rectifier la trajectoire des politique de ce pays si riche si vaste et plein de ressources (naturelles et humaines).
De vraies question devraient trouver de justes causes ou réponses ?
Comment le pays est arrivé à cette situation, très dangereuse compte tenu de la composante de la société, en particulier la frange juvénile ! Cette dernière fuit le pays au risque de sa vie, par tous les moyens, terre mer et air !!
Comment a t-on pu laisser des prédateurs de tous acabits arriver jusqu'à la périphérie et/ou à l'intérieur du pouvoir décisionnel !?
Comment une autorité digne de ce nom permet-elle cette situation en totale contradiction avec toutes les lois de la république dans notre pays et ailleurs sous d'autres cieux !
Nous avons affaire à de parfaits illusionnistes ! Comme dans un théâtre où ces comédiens du vaudeville trompent des générations entières, réduites, elles, à de simples spectateurs de leur présent et avenir ! Un simple cadre représentant le premier magistrat est élevé au rang d'une divinité par une pléthore de thuriféraires dont l'ascension sociale est une insulte !
L'Algérie est devenue une proie aux mains locales et étrangères sans que cela ne gêne les entités censées former une barrière immunitaire contre les dangers d'aujourd'hui...

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J'ai eu l'honneur et le plaisir de connaitre le Général Majore Ali Ghediri, j'étais impressionné par l'homme qui a de très grandes connaissance en mécaniques par son savoir a aidé un mécanicieb diéseliste à réparer son engin de terrassement.
Ali Ghediri, un homme qui se lève très tôt; je l'ai croisé une deuxième fois un vendredi du moi de Ramadhan vers 7 h 30 mn sortir d'une librairie tenant des journaux et en marchant à pied pour se rendre chez lui.
C Gébéral a pris ses responsabilités pour donner son avis en disant ce qu'il pense avec une trés grande élégance au 'Frère Président', Monsieur Ali Ghediri mérite beaucoup de respect.

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la lettre du general au contenu plaisant a lire et a méditer si toutefois il en est l auteur et le rédacteur mais qui trop tard défonce une porte ouverte .le pays ruiné ,livre a lui même ,sa sécurité menacée par des luttes pour maintenir le statut quo et un lobby mafieux

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"it's to lite". Il est facile de porter des jugements et des critiques contre ceux qui ont le mérite d'avoir fait quelque chose. en effet, ceux qui ne font rien se préserveront toujours des diatribes de leur semblables, je n'irai pas jusqu'à vous demander ce que vous vous avez fait à temps ou même "après temps " mais je voudrais, néanmoins, focaliser sur la dimension temporelle de l'action ou l'inaction qui semble constituer la problématique de votre intervention, étant donné que "lite" fait référence au temps, et à ce titre, faut-il le rappeler nous nous trouvons à l'orée d'un rendez-vous électoral des plus décisifs et dont dépendrait l'avenir de notre pays ; et c'est en ces moments bien précis que la patrie a besoin de ses vaillants enfants pour sensibiliser les uns et raisonner les autres. C'est l'inertie qui est condamnable en ces circonstances !.
Par ailleurs, s'adresser au président, qu'il soit frère, moudjahid ou simple détenteur du pouvoir absolu et maître des lieux depuis deux décennies, là n'est pas la question, la véritable question est sommes nous dotés de suffisamment de courage, d'altruisme et de détermination pour le faire ?

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