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PUBLICATION

« Où va l’Algérie ?... » Révélations et rappels sur le règne de Bouteflika

« Où va l’Algérie ?... et ses conséquences pour la France » (*) de Mohamed Sifaoui publié chez les Editions du Cerf sera en librairie jeudi en France.

Enfin un livre qui anticipe les desseins de ceux qui règnent depuis 20 ans sur l’Algérie ! Son auteur, Mohamed Sifaoui remonte le fil de l’histoire jusqu’à l’aube de l’indépendance. D’où ce titre qui rappelle celui d’un autre ouvrage écrit par Mohamed Boudiaf en 1964 (déjà !).

Mais peut-on polémiquer dans un cimetière ? Assurément oui ! Car à lire ce nouveau livre, on saisit combien l’Algérie est un cimetière de ratés multiples (économique, politique…), de confiscation de l’histoire pour la mettre au service d’un homme et d’un régime.

L’auteur revient en premier partie de l’ouvrage sur les périodes de Boumediene et Chadli avec un éclairage intéressant sur les événements d’octobre 1988. S’ensuit une analyse du mouvement islamiste algérien. Mais pour le lecteur averti, la seconde partie de l’ouvrage est d’une brûlante actualité. On y retrouve analysés, décortiqués tous les artifices, mêlés de complots, de rouerie et de faux-semblants qui caractérisent le pouvoir de Bouteflika.

L’auteur puise son argumentaire auprès des sources qui ont connu le président Bouteflika. Sur le passé de l’homme, il raconte citant des personnes qui l’ont connu : «Je me souviens qu’il m’arrivait de lui faire moi-même à manger lorsqu’il venait me voir durant sa traversée du désert. Depuis qu’il est devenu président, il n’a plus jamais repris contact avec moi. Evidemment, je ne chercherai pas à le joindre, il a dû oublier jusqu’à mon nom».

En revanche, Bouteflika a rappelé son ami d’enfance Chakib Khelil dès son arrivée au pouvoir avec pour objectif de se rapprocher des Américains, selon l’auteur. Mohamed Sifaoui rappelle l’œuvre de Chakib Khelil à la tête du secteur de l’Energie en Algérie et les enquêtes du DRS qui touchaient directement les proches du président et qui ont conduit un temps à l’exfiltration de l’ancien ministre de l’Energie du pays. «A l’époque, les services de renseignement algériens, le DRS, étaient encore un peu plus autonomes qu’ils ne sont aujourd’hui », souligne l’auteur.

Le cinquième mandat s’annonçait sur fond de manœuvres et d’affaires qui rappellent les républiques bananières. A l’exemple de ce putsch commis sur Saïd Bouhadja ou l’affaire du limogeage d’Ould Abbès du parti FLN. « Le sujet de discorde s’appelle Bachir Slimani, SG de l’administration à l’APN. Ce sexagénaire qui, depuis une trentaine d’années, fait carrière dans l’administration algérienne (…) Ce n’est ni un cacique ni un homme politique. Mais son rôle est, depuis plusieurs années, fondamental pour le clan présidentiel », écrit Sifaoui. En clair, l’homme a été les yeux et les oreilles du DRS à l’APN pour « constituer des dossiers sur les députés ». Entretemps, il s’est mis à rouler pour Saïd Bouteflika. Tout a commencé pour Bouhadja est revenu de son séjour à la clinique américaine de Neuilly. « Décision fut prise de ne pas rembourser certains de ses frais qui s’élevaient quand même à quelques milliers d’euros. (…) » Bouhadja furieux, pensant qu’il avait encore un quelconque pouvoir, décrète de le limoger… » D’où sa chute et son remplacement par un illustre inconnu, Mouad Bouchareb (un protégé de Saïd Bouteflika) qui dans la foulée prend le contrôle aussi du parti FLN.

A la tête de l’Algérie post-mortem

Bien entendu, pour l’auteur « Bouteflika qui raisonne en clan tient à désigner son successeur. Hors de propos que ce sujet puisse lui échapper. C’est psychologique, une manière de continuer à gérer le pays post-mortem et surtout d’assurer une totale impunité pour son frère et les membres de sa famille ».

Gaïd Salah ? « Son sort est scellé»

Sur l’avenir du vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah, Mohamed Sifaoui écrit : « A moins qu’il fasse un coup d’Etat, son sort est désormais scellé. Il partira dès que la question du cinquième mandat sera réglée ». Pourtant, si aujourd’hui le clan au pouvoir tient d’une main de fer le pays c’est bien grâce à Gaïd Salah. Ce que nuance l’auteur : «A vrai dire, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah ne doit sa puissance qu’au clan Bouteflika. En plus il traîne plusieurs casseroles et les dossiers contre lui et les membres de sa famille sont très nombreux. Le président ou son frère peuvent à tout moment actionner la justice ».

L’auteur décortique la mécanique du clan au pouvoir ainsi que ses prolongements au sein du monde des affaires. Ali Haddad, Kouninef et leurs lucratives affaires y sont largement évoqués. Il rappelle l’épisode Anis Rahmani et sa mise à l’écart par le clan. «Devenu encombrant pour Saïd Bouteflika, ce dernier ne s’interdit plus, depuis plusieurs mois, de dire des choses peu agréables au sujet de son désormais ancien «protégé» ». D’où le rapprochement du patron d’Ennahar TV avec le vice-ministre de la Défense.

Dans un énième chapitre très éclairant qui s’appelle « Le témoin inattendu », Mohamed Sifaoui livre de nombreuses révélations sur l’actualité et l’avenir proche.

 

(*) Nous publierons les tout-prochains jours les bonnes feuilles de l'ouvrage avec l'aimable autorisation de l'éditeur.

Auteur
Yacine K.
 

Commentaires

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Bouteflika était jaloux d anissa boukharouba .Quel est ,donc,ce rapport ambigu et peut être scandaleux ou non avouable qui liait boukharouba dit boumédienne à bouteflika ,pour que ce dernier obtienne toutes les faveurs du sanguinaire assassin boukharouba et pour qu il lui permette toutes ses frasques de play boy de la luxure , vivant au crochet des sommes colossales des AE dont il a détourné une grosse partie ?
L histoire nous l apprendra un jour.Mais ,déjà, nous pouvons affirmer que ces deux traîtres à l algérie algérienne ,ces 2 prédateurs de l avenir de générations d algériens ,auraient été capables des pires scandaleuses liaisons!

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https://www.lematindz.net/news/15908-complot-contre-lalgerie-la-baisse-…

Cette contribution est une actualisation du papier publié dans ce journal avant la chute des cours du prix du pétrole (Que sera l’Algérie dans cinq ans ?)
De nombreux citoyens algériens se demandent si on n’a pas d’ores et déjà atteint le point critique au niveau de la détérioration du climat politique, économique et social. Est-ce que les mensonges grossiers des médias contrôlés par la nomenklatura et le mépris de ‘la caravane qui continue à piller le pays sans que les chiens n’aboient’ vont continuer ? Que nous cache-t-on ?

On est tenté de prendre du recul et de faire le parallèle entre les politiques de Chadli et de Bouteflika parce qu’on y décèle plusieurs similarités très inquiétantes. On a l’impression que l’histoire se répète avec des feuilles de route écrites en dehors de tout Smig démocratique de bonne gouvernance. On y trouvera les recettes classiques de sabotage: recours à l’économie informelle, destruction de l’outil national de production, importations massives non justifiées, chômage, déliquescence de l’école, gaspillage, corruption généralisée, contrebande, etc.
Chadli a commencé son mandat avec un prix du pétrole à 30 dollars/bbl. Il a invoqué le slogan "pour une vie meilleure" pour booster les importations qui ont contribué à approvisionner les circuits de contrebande des Hadj Bettou and co. La suite, nous la connaissons tous. Le pétrole chute en 1986 à moins de 10 dollars/bbl et la révolte s’installe dans nos rues deux ans plus tard parce que l’Algérie était incapable d’importer du blé. Avec le recul, on voit que tout avait été fait pour créer une crise financière majeure dans le but de mettre l’Algérie sous la bannière des Salafistes.

Bouteflika a une approche plus élaborée qui suit un cheminement stratégique et s’appuie sur une maffia internationale en col blanc pour sa mise en œuvre en se faisant financer par la corruption. Il recrute son ami d’enfance, Chakib Khelil, pour lancer le chantier de privatisation de l’Entreprise Sonatrach. Cet Américain retraité de la Banque Mondiale, non inculpé à ce jour par les justices algériennes, italiennes et américaines malgré l’accumulation des preuves de corruption, se débarrasse des cadres compétents et intègres pour imposer un management de truands fichés, sous la coordination de son parent Réda Hamèche, petit délinquant fiché lui aussi par la police marseillaise, preuve que la voyoucratie avait pris en main l’avenir de l’Algérie et que le DRS avait déjà les mains liées. L’objectif clairement affiché de déstabilisation de la Sonatrach n’a pas changé puisqu’elle est, à ce jour, dirigée par un PDG et quatre vice-présidents sans nominations conformes à ses statuts et que sa filiale londonienne entièrement autonome, Sonatrach Petroleum Corporation, alimente toujours des comptes privés en Suisse malgré les menaces du fisc anglais. Circulez, il n’y a rien à voir, Sonatrach est à nous.

Dans les deux cas, les actions de sabotage s’inscrivent dans la durée, soutenues par des lignes politiques immuables que tout le monde connait mais qui restent un sujet tabou, notamment depuis que la maffia politico-financière a pris le contrôle total des médias. La "loi du silence" est l’essence même d’un milieu mafieux. En fait, nous subissons une approche économique suicidaire qui est dans le prolongement, et c’est le côté le plus inquiétant, d’une politique machiavélique de long terme visant à désarmer la société algérienne face à un après-pétrole incontournable, notamment en détruisant l’école, l’intégrité des institutions, l’agriculture, la production nationale etc...

Les résultats de cette politique sont déjà là: l’Algérie n’a pratiquement plus d’institutions, plus de démocratie, tout le pouvoir est entre les mains d’un autocrate fantôme qui repose sur un parti dirigé par un voyou affairiste. Incapable de s’adresser à la nation, la famille Bouteflika légifère et dirige toute seule le pays à coup de décrets sous le regard approbateur des décideurs. Elle va bientôt nommer les chefs de gare pour que les trains arrivent à l’heure. Les instruments de cette gouvernance maffieuse sont nombreux. On citera le contrôle de la communication et des organes de la justice, la coercition qui cible les vrais opposants et toutes les actions de manipulation facilitées par la passivité de la population nourrie au biberon de la rente, sans oublier l’adhésion silencieuse des islamistes (qui attendent d’hériter du pays) à ce programme de destruction planifiée.

La politique d’import-import a annihilé tout effort d’investissement et de création d’emplois. La famille régnante se soigne sans complexes dans les hôpitaux militaires de leurs parrains étrangers, preuve de leur allégeance totale. Leurs enfants sont employés en Europe par des multinationales et des Banques qui ont des intérêts en Algérie (la liste qui est longue commence par le Chef de gouvernement). Les cadres complices les plus actifs et les plus gradés de la nomenklatura savent tout cela. Prudents, ils ont déjà transféré leur famille et leurs avoirs mal-acquis à l’étranger en prévision de l’apocalypse. Ils s’enrichissent illégalement en planant au-dessus des lois et en traitant le peuple avec mépris. Un seigneur du clan Bouteflika va jusqu’à publier un placard dans les journaux pour annoncer, sans pudeur, la naissance de son prince héritier à l’hôpital américain à Paris. Sans surprise, il est élu Président du FCE.

En fait, tout le pouvoir exécutif a été placé sciemment entre les mains d’un dictateur d’origine marocaine qui, connaissant parfaitement la précarité qui attend l’Algérie, prête de l’argent au FMI, brade les maigres richesses du sous-sol à ses associés étrangers, efface les dettes des Etats africains, sous-traite à des intermédiaires ignares des pays du Golfe, en gré à gré, l’acquisition de technologies occidentales, autorise les transferts de capitaux privés à l’étranger et s’offre le luxe de placer à la tête du FLN un voyou affairiste né en Tunisie, immatriculé comme résidant en France et suspecté en Algérie d’avoir détourné l’équivalent en dinars d’un demi-milliard de dollars.
A l’échéance de chaque mandat présidentiel, l’Algérien lambda s’attend à un changement d’équipe sans trop d’illusions sur d’éventuelles réformes. Pourtant, la succession d’affaires scandaleuses et impunies à ce jour aurait dû éveiller ses soupçons. L’absence du débat démocratique, de transparence, le déni de justice, la dégradation de l’éducation restent des constantes du régime en place.

Les prix élevés du pétrole ont permis d’arroser tous les acteurs qui comptent et de construire une forme d’immunité autour de Bouteflika, personnage principal du complot qui se prépare contre l’Algérie. Le réseau des serviteurs complices ou manipulés est en place, du chef de daïra au wali, du PDG au Ministre de tutelle, sans oublier les députés affairistes, les responsables des institutions, les zaouïas, les opposants virtuels et les hommes d’affaires privés qui touchent leur part du gâteau. Apparemment, personne ne fait le poids face à cette toile humaine au-dessus des lois.

Cette dictature affichée va protéger les vrais décideurs cachés derrière le rideau, de l’au-delà s’il le faut, dans la mesure où on lui fera porter la responsabilité de tous les maux du pays et, notamment, les délits les plus graves connus des cercles initiés qui n’ont toujours pas fait l’objet de révélations publiques. Il est clair que, pour ces décideurs, Bouteflika doit impérativement mourir sur son trône car c’est leur seul alibi.

Cette politique arrogante et provocatrice, suicidaire à long terme, a été encouragée et même portée par des parrains nationaux et étrangers très puissants. Aucun opposant politique n’a osé mettre en avant les actions de trahison et de planification du chaos algérien, bien connues par les proches du clan présidentiel qui ont déjà pris leurs dispositions pour s’expatrier. Il y a une vérité que même l’opposition refuse de voir: Bouteflika, le Chef de la maffia, n’est pas un simple voleur. C’est avant tout un traître qui a accepté de participer, probablement par vengeance personnelle, à la destruction de l’Algérie.
Le constat de l’existence d’un complot, cohérent et actif depuis au moins deux décennies, qui vise à plonger notre pays dans un chaos (où nous ont déjà précédé tous les pays nationalistes non alignés sur l’axe israélo-américano-wahhabite) n’a jamais été percé au grand jour par nos analystes. Les milieux intellectuels algériens se focalisent, pour la plupart, sur les affaires de corruption et ne voient donc que la partie émergée de l’iceberg du mal algérien. On les comprend, ceux qui sont encore libres de s’exprimer, se rassurent quelque peu en optant pour la piste maffieuse et refusent de voir l’insoutenable vérité, celle de la haute trahison au sommet d’un Etat dirigé apparemment par des personnages ayant double ou triple nationalité, des marionnettes au service de l’Oncle Sam et de son exécutant, ancien colonisateur qui a une revanche à prendre, et tout cela sous le regard accommodant de ceux qu’on nommait les gardiens du temple.

Bien sûr, on ne peut pas s’empêcher de faire aussi le parallèle avec d’autres dictateurs. Moubarak à la demande de Bush a vendu du gaz subventionné à Israël, Bouteflika prélève le gaz vendu à long terme aux Européens pour le céder contractuellement à un prix symbolique à ses amis arabes, il achète en Take or Pay en devises fortes de l’électricité à des étrangers qui ont construit des centrales facturées trois fois le prix de marché! Ceci n’est plus de la simple corruption, ce sont des actes de haute trahison qui ont nécessité la mise en place d’une longue chaîne de complicités au niveau des différents responsables judicieusement sélectionnés et nommés à cet effet par le Roi Bouteflika en personne.

La justice égyptienne des généraux vient d’acquitter Moubarak d'accusations de trahison dans le cadre de la vente de gaz naturel égyptien à Israël. Pour faire oublier les pots de vin de Sawiris et les opérations financières illicites, Bouteflika se montre généreux et s’engage à faire livrer du GNL à l’Egypte qui n’a pas encore d’installations pour le réceptionner. La France ferme les yeux sur les opérations illégales de blanchiment d’argent des responsables algériens. La Grand Bretagne livre Khalifa. Qu’à cela ne tienne, Bouteflika, qui n’est pas ingrat, a envoyé son Chef de gouvernement dans ces pays pour y signer des contrats en retour (c’est curieux, cette nouvelle manie de signer des accords en gré à gré chez l’heureux élu !). Les juges milanais n’inculpent pas Farid Bedjaoui, Hamèche et Chakib Khelil ; l’Algérie sauvera des emplois en Italie et en France.

Tous les dossiers de justice et les enquêtes en rapport avec les membres du clan présidentiel qui sont gelés depuis cinq ans vont être bientôt soldés par une grâce présidentielle. On prétend que les loups ne se mangent pas entre eux.

Les masques sont tombés avec la décision d’élire un homme très malade. Cette réélection confirme l’imminence de l’aboutissement du plan (bis) de déstabilisation de l’Algérie (après celui qui a échoué sous Chadli grâce à la mobilisation de la société civile). Il était devenu clair que ceux qui sont derrière cette réélection bénéficient d’informations privilégiées et qui est mieux placé que les Américains pour anticiper la chute des prix internationaux du pétrole et la baisse de production d’hydrocarbures de l’Algérie ?

Cette baisse de production a été confirmée par Zerguine, ex-PDG de Sonatrach qui avait annoncé à la presse que les gisements d’hydrocarbures sont en "déclin" et les réserves "modestes" (cela lui a-t-il coûté son poste ?).

On tente de nous rassurer, mais nous savons tous que le Fonds de régulation des recettes fondra comme neige au soleil avec la baisse des prix du pétrole –prévue depuis des années par l’OPEP- et que la crise algérienne va s’aggraver avec les baisses de production d’hydrocarbures. Quand l’argent du pétrole ne suffira plus à acheter la paix sociale, la violence s’installera dans nos rues et on retombera à nouveau dans la situation de 1988. L’histoire se répète mais les perspectives économiques à moyen terme sont beaucoup plus préoccupantes que celles de 1986 car nous allons, cette fois-ci, faire face à un problème de réserves. Plus grave encore, à 50$/b, les gaz de schiste et les gisements off-shore ne pourront pas être développés et on sera confronté à une crise financière aggravée d’une crise énergétique.
Il est clair que les décideurs, derrière leur rideau, ont été surpris par la baisse brutale des prix du pétrole qui va sans nul doute bousculer le timing des évènements. Le clan présidentiel, quant à lui, cherche à sauver les meubles en essayant de contenir les menaces, mais tout indique que c’est la débandade. Le Roi fait libérer les complices proches encore inculpés et autorise les transferts de capitaux vers l’étranger. C’est la preuve que l’on assiste à un début de fin d’un règne. Le Roi est nu. Il ne pourra plus soutenir les dépenses fastueuses et négocier de nouvelles opérations de corruption. Bref, il n’y aura plus de rente à partager et ses complices vont commencer à prendre peur et à faire attention à leurs actes. Les membres de la confrérie savent qu’il n’y aura pas de places pour tous dans l’Arche de Noé qui est réservée uniquement aux éléments de la cinquième colonne, déjà munis de "papiers" dûment visés.
Il est de plus en plus clair que les derniers masques vont tomber et que les plans de succession conçus de longue date dans un climat d’aisance financière ne seront plus applicables. Les rats bien engraissés vont bientôt quitter le pays pour rejoindre leurs enfants et leurs biens mal-acquis. Lorsque le baril de pétrole atteindra 50 dollars, ce qui ne saurait tarder, les loups vont commencer à s’entretuer.

Que peut-on faire ?

Plusieurs pays, riches ou pauvres, ont déjà fait l’objet de manœuvres de déstabilisation exécutées sans préavis, créant un effet de surprise et semant le désarroi au niveau des populations.

L’élément de surprise dans le cas de l’Algérie, c’est l’épuisement sur dix ans des réserves d’hydrocarbures et la baisse drastique des revenus d’exportation accélérée par la croissance de la consommation énergétique. Les décideurs, pensant bénéficier d’un délai d’une dizaine d’années, ont joué la carte du pays riche qui dépense sans compter et qui se permet le luxe de prêter aux riches et de sauver des industries en Europe. Probablement manipulés, ils étaient convaincus de continuer à bénéficier d’une aisance financière qui leur donnerait au cours de ce 4eme mandat largement le temps d’organiser une succession «consensuelle» et de changer progressivement de modèle politique et économique (Califat, charia, bazar). La dégringolade forte et brutale des prix du pétrole, qui va s’inscrire dans la durée, va annihiler tous les plans arrêtés depuis des années. Il ne sera plus question d’amender la constitution pour désigner le futur Président non élu qui terminera le mandat de Bouteflika car il y aura moins de candidats au suicide. Bouteflika accepte de distribuer (inégalement) la richesse mais il n’est pas enclin à partager la misère. On ne sera pas surpris d’apprendre qu’il a rejoint, de nuit, ses palaces en Suisse (en été)ou au Qatar (en hiver) pour visionner à la télé les affres du printemps algérien, fier d’avoir accompli la mission, là où Chadli a échoué. Attention, danger ! L’alibi risque de se tirer !

Les complices islamistes très actifs et largement bénéficiaires du partage de la rente de l'import-import, vont commencer à sortir de leur réserve pour réclamer des élections où ils se présenteront comme la seule relève "intègre". L’assassin Madani Mezrag est autorisé à organiser le retour de ses troupes alors que d'autres menacent de recourir à la partition du pays pour échapper au salafisme.

Le défi majeur de l’Algérie, c’est l’instauration d’une démocratie véritable et le recours à un modèle économique qui nous permettra de gérer l’après-pétrole. Les recommandations en ce sens relèvent du bon sens: il faut récupérer l’école et former des ressources humaines compétentes, promouvoir notre potentiel agricole, encourager le développement d’industries stratégiques et des services adéquats créateurs d’emplois et surtout redonner l’espoir à nos jeunes. Il est urgent de sevrer le peuple de l’assistance aléatoire de la rente pétrolière et de le réveiller avant le choc créé par l’interruption brutale des importations, pour éviter une guerre civile et une partition du pays. C’est un problème de sécurité nationale et de survie de l'Algérie entière.

Mais pour tout cela, il y a un prix à payer que le peuple va exiger avant d’accepter de se serrer la ceinture: il faut lui rendre justice en faisant la lumière sur tous les scandales et les actes de corruption et de trahison du clan présidentiel et de leurs complices cachés derrière le rideau. Les crimes de corruption sont imprescriptibles et régis par des accords internationaux. Il faudra juger et condamner ces criminels afin de rapatrier les milliards qui ont été volés.
Un seul slogan : "Bouteflika, dégage", faute de quoi l’Algérie ira rejoindre la liste des pays qu’on a décidé de détruire.

Sid Kaci

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