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DECRYPTAGE

Pourquoi Ould Kaddour s’empresse-t-il de sceller une joint venture avec ExxonMobil ?  

Sonatrach envisage de signer un accord avec le major américain ExxonMobil  sous forme d’une joint venture pour l’exploitation du gaz de schiste. Et, plus grave, le tout avant la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures dont on ne parle plus depuis quelques mois.

Cette annonce faite timidement par le PDG de Sonatrach le 14 janvier lors de son passage dans le sud du pays, a été reprise en détail dans le quotidien français «La Tribune » d’aujourd’hui ; l’agence Reuters avait rapporté les déclarations d’Abdelmoumen Ould Kaddour qu’il n’avait pas faites à la presse algérienne. « Nous sommes très optimistes et les choses avancent dans la bonne direction, nous allons donc conclure un accord avec Exxon et créer notre coentreprise », a-t-il soutenu.

Déjà en juin 2018, le même journal avait rapporté la volonté du groupe algérien de coopérer avec le major américain dans le domaine des gaz de schiste. La compagnie énergétique nationale avait également déclaré avoir entamé des discussions avec 14 autres groupes internationaux de la création d'une entreprise commune pour le commerce de produits pétroliers et gaziers, après avoir consenti des investissements pour l'achat de sa première raffinerie à l'étranger. Ceci faisait allusion à l’achat de la raffinerie d’Augusta appartenant à l’une des filiales d’ExxonMobil, Esso Italiana.

Aujourd’hui, au lieu de faire le point de situation sur le gain promis dans l’importation des carburants par l’Algérie, Ould Kaddour évoque sa vente au double de son  prix d’achat.

Partant donc des réserves immenses estimées par le département américain de l’information de l’énergie (EIA), l'Algérie selon lui ne veut pas perdre le temps pour procéder au développement du secteur en s'appuyant notamment sur l'expertise des entreprises comme ExxonMobil.

Une stratégie déployée dans un contexte marqué par une volonté farouche du pays d'attirer davantage d'IDE, au moment où sa production de pétrole et de gaz stagne. Pourtant, il se contredit en remettant en cause les institutions de l’Etat comme l’Organisme national des statistiques (ONS) et la Banque  d’Algérie (BA) sur cette baisse de production du pétrole et du gaz qu’il impute au système de quota de l’OPEP.  

En tout cas, il avait annoncé cette éventualité sur place lors de son passage à Washington en marge de la Conférence mondiale sur le gaz.

A cette époque, il avait confirmé que les échanges portant sur un potentiel accord entre les deux compagnies ont démarré depuis longtemps. Il avait même annoncé  qu'une mission de sept experts de la compagnie américaine avec pour objectif d'inspecter la géologie du pays ainsi que d'autres facteurs en vue de la signature de l'accord, a séjourné récemment en territoire algérien.

Il n’a pas manqué de faire l’éloge de cette compagnie en disant : Nous discutons avec toutes les compagnies, elles ont une grande expérience dans ce domaine, et elles utilisent une technologie qui pourrait être positive pour notre développement mais ExxonMobil est ExxonMobil».

 

Auteur
Rabah Reghis
 

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