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HOMMAGE

Rachid Taha, le blédard français

Dite lors d’une interview consacrée au quotidien Le Parisien (du 03 novembre 2016), la phrase «Français tous les jours et Algérien pour toujours » caractérise sans doute le mieux l’ambivalence socio-culturelle de Rachid Taha, ex-leader du groupe "Carte de Séjour" et détenteur permanent de celle l’assignant à résidence au cœur de la "Marche des beurs" (15/09 au 03/13/1983).

Trois années après cette déambulation antiraciste traversant l’Hexagone du Sud au Nord dans le souci de revendiquer l’égalité des droits territoriaux, l’immigré né à Saint-Denis du Sig (ville d’Algérie située non loin d’Oran) sortait la reprise de Charles Trenet Douce France (1986), affirmant de la sorte à 48 ans son attachement au patrimoine local mais sans toutefois se détourner des premières racines musicales.

Très tôt nourri des longues partitions orientales d’Oum Kalsoum, le désormais Lyonnais adaptera les orchestrations arabes (entendues à la radio) au rock anglo-saxon, brassera divers répertoires musicaux afin de dépasser les styles convenus.

Bien que mêlant divers genres, il reviendra régulièrement aux sources du chaâbi avec notamment Ya Rayah (1993) de Dahmane El Harrachi, une version de l’exil qui l’installait définitivement sur la scène internationale alors qu’au niveau national le tube Voilà voilà (1993) faisait de lui un des lanceurs d’alerte prévenant des risques que comportait la montée de l'extrême droite.

Lorsqu’au début de sa carrière il réinterpréta Écoute-moi camarade de Mohamed Mazouni, le disque ne parlait plus directement d'un entiché victime de la femme fatale mais dénonçait paraboliquement une France refusant encore de reconnaître tous les siens, fermant la porte de l’ascenseur social à ceux dont les origines reflétaient trop les couleurs et senteurs du Maghreb.

Toujours à l’écoute des premières mélodies référentielles utilisées comme recours à l’oubli, le chanteur mixait en 1998 l’album Diwân. Sur la pochette du second (2006), il apparaissait coiffé d'un turban traditionnel, manière de préciser « Je sais ainsi d'où je viens ».

Néanmoins, la figure de proue de la techno-raï débutait alors des démarches administratives afin d’obtenir la nationalité du pays d’adoption, ne les finalisera néanmoins jamais car constamment taraudée par un sentiment de culpabilité ou une mauvaise conscience liée à un oncle tué par l’armée française. Professionnellement installé, disposé à voter, donc à s'impliquer davantage au plan politique, l’indécis Rachid oscillera entre réalités vécues et souvenirs du passé colonial, ne prendra pas de décision finale, demeurera donc le blédard français à la tessiture éraillée que nous rencontrerons en Bretagne à l’occasion d’un concert donné à Noyal-Muzillac.

Accessible et disponible, il n’avait pas la grosse tête, et ce fut un plaisir d’échanger avec lui quelques instants d’ailleurs partagés en présence d’Hakim Hamadouche, le fidèle préposé au mando-luth, également salué puisqu’ayant autrefois fréquenté l’atelier du peintre Choukri Mesli à l’École nationale des Beaux-Arts d’Alger.

Nous nous joignons aujourd’hui à sa tristesse comme à celle de la famille d’un saltimbanque du rythme africano-occidental décédé au domicile des Lilas dans le sommeil d’une nuit mnémonique à la fin laquelle tournait en boucle le cd-rom Tékitoi (2004).

 

Auteur
Saâdi-Leray Farid. Sociologue de l’art
 

Commentaires

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Rachid Taha ce grand Rockeur Franco-Algerien nous a quitté à 59 ans . Trublion de toujours , le " Coran alternatif ". Il a crée un style , mélange percutant de rock-Chaabi , de punk et d’electro.
Defenseur d'une France arc-en-ciel et tolérante . repose en paix nous te pleurons .
Nos sympathies à sa famille .

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Hélas,à son insu et pas de son plein gré,indigence identitaire oblige,ce "troubadour" kabyle génétiquement et identitairement,natif de l'oranie, importante communauté kabyle à l'ouest ,s 'était laissé "se faire passer" pour un arabe chantant de l arabe et de l oriental ,rajoutant,inconsciemment ou par "haine de soi" comme beaucoup de "imazighénes ,chawis surtout,à la scandaleuse SPOLIATION du patrimoine amazigh nord africain CULTUREL,TERRITORIAL,IDENTITAIRE par l'imposture araberie coloniale ,l immonde colonisation monde dit "arabe"
Qu il repose en paix sur cette terre amazigh qui n 'était,n'est et ne sera JAMAIS ARABE,quelque soit la durée du joug colonial arabe!

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Contrairement a ce que disent certains extremistes ( toujours kabyles et qui pretendent parler au nom de tous les berbere mais aucun autre berbere ne se reconnait dans l'extremisme kabyle), Rachid Taha n'a jamais renier ses origines: il les a portee aux nues a la face du monde, et donner une renommee internationale a une Algerie peu connue dans le monde artistique internationale. Je suis un arabe du Maroc et je tiens a dire que contrairement a ce que certains racontent, la presence arabe est une realite: quand vous voyez un Arabe marocain et un Juif marocain, ils sont impossible a distinguer, car tous deux semites, alors que les kabyles d'Algerie, ont des traits distinctifs, par exemple. De plus , la propagande de certains extremistes kabyle essaye de dire que les berberes "etaient les premiers", ce qui etait faux puisqu'il y avait les pheniciens auparavant (carthaginois) et les Wisigoths. Les berberes ont migres du sud. Enfin, il n'y a eu non pas une mais plusieurs vague de migrations arabe (pas seulement elle du 7eme, mais aussi au 9eme, 1eme, et 14eme siecles etc) ce qui explique pourquoi il y a autant d'arabes toujours aujourd'hui. La famille de ma mere est arrivee au Maroc il y a 300 ans, celle de mon pere, au 13eme siecles. Les familles marocaines (aussi bien berberes qu'arabes) sont tres bien documentees par les archives historiques royales donc les mensonges de "colonisation arabes" ca ne tient pas: on sait quelle famille vient de quelle region (au moins au Maroc). Enfin, je precise que c'est exactement comme ca que ca marche dans d'autres pays: au Royaume-Uni, vous avez les Anglais, les Ecossais, les Gallois, les Cornouaillais, et oui, les Anglais sont arrives de l'exterieur et se sont installe par la force (contrairement aux arabes, dont le combat contre la Kahina ne fut qu'un cas isole). Les Gallois et Cornouallais ne cessent de repeter "nous sommes les premiers", mais ce qui assure le rayonnement international du Royaume-Uni, c'est la langue anglaise, pas le cornouaillais ou le gallois. Enfin, je rapelle aux extremistes Kabyles (et aux non-extremistes kabyles freres, et a tous les algeriens freres et soeurs) que la Kahina etait juive, et donc ne pouvait etre berbere. C'est une erreur bien connue des historiens. Par ailleurs, Saint-Augustin etait byzantin, non berbere. Son pere s'apellait Patricius et sa Mere , Monique. Ils etaient des Romains vivant en Numidie, mais descendant des carthaginois ("puniques"). La rumeur que sa mere etait berbere est une invention moderne, que l'on ne trouve dans aucune source historique sauf les pages wikipedias. Pour ma part je respecte aussi bien mes freres arabes que berberes mais force est de constater que seuls les kabyles (en fait, CERTAINS kabyles, pas tous!) ont cet extremisme incroyables (les autres berberes ne sont pas comme ca). Sans la culture arabo-musulmane, des noms comme Ibn Khaldoun, Ibn Battouta (un berbere marocain) n'auraient jamais trouver leur rayonnement. La culture arabe classique respecta les autres culture, pas comme maintenant, beaucoup plus que, par exemple, la culture occidentale nous formatte toutes les cultures du monde selon les normes europeennes. Enfin, je dirai aux extremiste kabyles que parler de "colonisation arabe", c'est une insulte inacceptable envers tous ceux qui ont souffert de l'authentique brutalites de la periode coloniale par les Francais et Anglais et leurs millions de morts. Parler de colonisation arabe, c'est ignorer la veritable signification de ce mot. Alors oui, il y a eu parfois des tensions entre arabes et berberes, comme il y a eu des tensions entre Anglais et Gallois, Francais et Bretons, mais les erreurs ont ete faites des deux cotes (par exemple, Cordoue a ete detruite par une sanglante revolte berbere, et non par les Chretiens). Pour ma part, je pense, en tant que Marocain, que la priorite c'est une attitude de paix: admettre ses erreurs mais venir aussi avec un coeur ouvert. Qu'Allah illumine nos coeurs. Les extremistes kabyles glorifient la periode Romaine, alors que ce sont eux qui mirent la kabylie en esclavage et deporterent leur familles par groupes entiers. Honnetement je ne comprend pas. Celebrons donc l;antiracisme de Rachid Taha et soyons en paix.

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