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DECRYPTAGE

Réunion OPEP et non-OPEP : réduire sérieusement l’offre mais…   

Lorsque l’offre est abondante, les facteurs géopolitiques sont mis en veilleuse et préoccupent peu les acteurs pétroliers. Or, cette offre a été principalement pompée sur ordre du président américain Donald Trump en fonction de deux facteurs : un prix à la pompe bas aux Etats-Unis et un niveau des prix qui arrange les affaires des producteurs de schiste américains.

L’Arabie saoudite et d'autres ont répondu à l'appel de Donald Trump en augmentant leur pompage afin de compenser l'effet des sanctions américaines à l'encontre de l'Iran.

Les 15 membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ont pompé 33,11 millions de barils par jour (bpj) en novembre, soit 160 000 bpj de moins qu'en octobre, mois marqué par la plus forte production du cartel depuis décembre 2016.

Les différentes enquêtes confirment les signaux indiquant que la production de l'OPEP se maintient à ce jour à un niveau élevé malgré les sanctions imposées par les États-Unis à l'Iran. Sans surprise, l'Iran est le pays dont la production a le plus baissé en novembre, devant l'Irak.

La hausse la plus importante est pour l'Arabie saoudite, dont l'offre a atteint un record de 11 millions de bpj.

Les Émirats-arabes-unis ont également augmenté leur pompage, répondant eux aussi à l'appel du président américain, qui souhaitait un effort de leur part afin d'empêcher les cours de remonter.

Les cours du brut ont reculé de plus de 25% en novembre en raison de craintes concernant la surabondance de l'offre mondiale.

Le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, qui a rencontré le 30 novembre dernier son homologue saoudien à l'occasion du sommet du G20 de Buenos-Aires, s’aligne sur la position de son chef Vladimir Poutine qui estime, et il n’arrête pas de le répéter, qu'"un prix de baril aux alentour de 60 dollars lui suffirait largement".

Tout laisse croire, selon de nombreux experts, que même si la Russie s’entend avec les membres de l’OPEP pour une réduction, ce sera un coup d’éponge limité qui n’influera pas sur les cours actuels. Ce qu’ils ont appelé un accord en trompe-l’œil. 

"La Russie et l'Arabie saoudite accepteront de réduire leur production mais pas autant qu'il le faudrait pour empêcher un déséquilibre de l'offre début 2019", a déclaré Stephen Brennock, courtier en pétrole chez PVM, expert dont jusqu’à présent les prédictions ont toujours été justes.

Quant au retrait du Qatar de l’OPEP, à la veille d’une importante rencontre le 6 et 7 décembre prochains, elle était  attendue depuis longtemps eu égard à son rapprochement à l’Iran, ce qui l’éloignait, de plus en plus de ses voisins du Golfe.

Il y va de son intérêt puisqu’il partage avec Téhéran le plus grand champ gazier au monde de cette nature, avec une réserve estimée à plus de 25 000 milliards de mètres cubes. Il s'étend de part et d'autre de la frontière maritime qui existe entre les deux pays, dans le golfe Persique. Du côté qatari, il s'appelle North Field, et du côté iranien, South Pars.

Mais les deux pays doivent s'entendre pour l'exploiter, puisqu'il n'y a qu'un seul réservoir. Donc cette annonce est un non-événement et n’aura aucun effet sur le déroulement de la réunion.

Cependant, si la fourchette 50-60 dollars arrange les prix à la pompe européenne, Vladimir Poutine et Donald Trump, elle n’arrangera certainement pas l’Algérie, le Venezuela et dans les moindres mesures les autres pays africains. Mais feront-ils le poids ?

Auteur
Rabah Reghis
 

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