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ECLAIRAGE

Sonatrach 2030 : encore une décennie de blabla en perspective !

Il faut préciser d’emblée que l’industrie pétrolière est un monde à part, toujours dominé par les multinationales. Les entreprises parapétrolières dépensent chaque année des milliards de dollars dans la recherche pour développer une expertise qui les impose, pratiquement dans toutes les activités pétrolières internationales.

Son partenariat exige aussi de l’envergure qu’aucune société privée algérienne ne dispose pour le moment en dépit de la bonne volonté des uns et des autres.

Ainsi, le groupe Sonatrach compte, à en croire le vice-président de la planification et économie, investir près de 59 milliards de dollars dans la décennie à venir. L’exploration /production prendra la part du lion avec 48,5 milliards de dollars, le raffinage et la pétrochimie quant à eux prennent 8,6 milliards de dollars et le reste soit moins de 2 milliards de dollars pour le transport par canalisation.

Si l’on tient compte des besoins en capacité de raffinage et de pétrochimie et l’accroissement effrénée de la consommation internes en produits pétroliers et pétrochimiques ainsi que le déficit en infrastructure de transport par canalisation, les deux derniers montants prévisionnels restent désormais dérisoires.

On comprendra par là que l’option ressources non conventionnelles a tout accaparé pour une capacité additive prévisionnelle, dit-on de 20 milliards de m3de gaz qui pourraient à peine couvrir le déficit de la quantité à réinjecter et celle à consommer en interne.

Mais là, n’est pas la question pour au moins deux raisons. La première est que des chiffres de ce genre ont été maintes fois annoncés d’ailleurs en vain et sans suite.

Sur les 285 milliards de dollars avancés dans le programme Bouteflika pour la période 2010-2014, d’investissement tous secteurs confondus, plus de la moitié ont été réservés aux hydrocarbures sans un résultat probant. Le PDG de Sonatrach Abdelhamid Zerguine parlait en 2012 d’un investissement au rythme de 16 milliards de dollars par an jusqu’en 2017, soit près de 100 milliards de dollars. A peine une année après, la baisse de la production des gisements géants s’est confirmée jusqu’à rendre incapable le mastodonte de tenir ses engagements vis-à-vis de ses fournisseurs.

On a l’impression diront de nombreux analystes que ce secteur fortement capitalistique et « investivore » prend une grosse  part des capitaux sans pour autant entraîner les autres secteurs, objectif pour lequel il a été créé. Il a un poids important dans le produit intérieur brut (PIB) et les recettes extérieures mais très peu d’impact sur le circuit économique global. La deuxième raison est cette main tendue au partenariat nationale qu’on entend comme mot d’ordre depuis 1982.

Début des années 80, Sonatrach avait entre les mains la plus grande base logistique construite à Béni Merad (Blida) qui grâce à ses puissants fours et de sa mécanique de précision aurait pu prendre en charge une intégration considérable dans la rénovation du matériel de transport et celui de forage dont les corps des pompes à boue qui constituent un frein à l’avancement et au rendement des appareils de forage par les attentes qu’elles impliquent dans les chantiers. Ce bijou a été cédé à l’armée pour faire des statues qu’on voit aujourd’hui à Riadh El Feth.

Une rencontre similaire a eu lieu en 1994 et qui a montré que le secteur industriel s’il en existe un dans le sens économique de l’industrie, ne peut qu’encrer ses ventouses dans des créneaux  peu créatifs pour soutirer sa part de la rente. L’expertise pétrolière et parapétrolière ne peut aboutir qu’avec un partenariat avec les entreprises étrangères. Or, la Sonatrach, à raté le coche, avec la dissolution d’Alfor, Algor, Aldia, Alfluid, Aldim Algeo, Alreg, et toute la série qui est longue.

Aujourd’hui, le ministre l’a relevé lui-même, les entreprises privées s’incrustent dans les métiers que le groupe Sonatrach a délesté pour se concentrer sur son métier de base comme les travaux de gardiennage, catering, maintenance et entretien, transport du personnel etc. 

Devrons-nous rétropédaler encore une autre décennie pour nous rendre compte que le problème est ailleurs mais certainement pas dans les 3 P et encore moins dans les investissements risqués ? Faut-il peut-être trouver les pistes dans la formation des ressources humaines pour la faire passer du stade de l’obéissance aveugle à celui de la créativité ?

 

Auteur
Rabah Reghis
 

Commentaires

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Cessez vos mensonges réglez d'abord les problème de l'heure !
Le logement, la santé, les infrastructures, les routes, tous ces déchets et leurs traitements, toutes ces saletés qui enlaidissent nos communes, nos villes tout le pays.
Rendez-nous l'Algérie des années post-indépendances (soixante et soixante dix)
Vous ! Vos statuts personnels ont évolué et prix de la hauteur surtout financièrement mais le pays c'est l'inverse il a gravement régressé ! Comment allez vous faire pour ces quarante millions d'habitants que vous avez dupés et à qui vous promettez monts et merveilles encore pour 2030 ! Le comble de l'imposture ! Encore une autre parmi d'autres ! Basta !

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Sonatrach, c'est du khorti , eh oui aussi simple que çà ! Les vrais analystes experts objectifs savent tous que l’essentiel d’études, de travaux de maintenance, de réhabilitation des équipements, des services pétroliers de Sonatrach (forage, géophysique, sismique ) etc… etc sont sous-traité par des entreprises étrangères payées chèrement en devise et ce, même quand elle les confie a des sociétés dites algériennes (Enafor, Ensp, Entp ....). La création de valeur ajoutée par Sonatrach elle-même dans ce domaine est presque nulle ! Même la prochaine loi sur les hydrocarbures, c’est un bureau d’étude américain étranger qui va s’en occuper !

Tout le monde sait que le plus gros de l'importation des services du pays est le fait de Sonatrach qui est fortement dépendante de bureaux d’études étrangers. Cette importation de services est estimée entre 9 et 10 milliards de dollars chaque année sur les 12 milliards de services qu'importe l’Algérie, oui chaque année ! La majorité des prestations d'études, des contrats EPC (Engineering Procurement Construction) sont confiés aux sociétés étrangères et ses dirigeants et nos politiques aiment à mentir aux citoyens en disant : « Sonatrach a réalisé ceci et cela …». C’est du khorti, tout simplement ! La gestion de Sonatrach par elle-même est insignifiante, avec ou sans Ould Kadour et ce, malgré la pléthore impressionnante (donc en sureffectif) de managers, de cadres, d'ingénieurs et de techniciens.

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La demande mondiale pour les combustibles fossiles culminera en 2023, c’est ce qu’un ThinkTank influent a prédit hier. Ceci pose un risque important pour les marchés financiers parce que des trillions de dollars de pétrole, de charbon et les actifs de gaz pourrait être laissé sans valeur, avec toutes ces infrastructures et par-dessus tous ces fossiles enfouis dans leurs gisements.
La croissance explosive du solaire et de l’éolien se combinera avec toutes les actions sur le changement climatique et ralentira la croissance des besoins énergétiques pour s'assurer que la demande de combustibles fossiles culminera dans les années 2020, d’autres prédisent.
Les pays comme le Venezuela et l'Arabie saoudite entre autres, dépendant largement des recettes pétrolières, sont également menacés par une baisse de leur prise d'impôt, en sont venus à s’allier aux entreprises pétrolières et gazières (les ‘Big Oils’ de triste mémoire) et ont rejeté l'idée que leurs actifs soient menacés, parce que leurs réserves ne restent pas sous terre pendant très longtemps. BP avait dit tôt cette année qu'elle pomperait toute ses réserves d'hydrocarbures environ tous les 13 ans. D'autres écartent simplement l'idée qu'un pic arrivera bientôt. ExxonMobil, la plus grande compagnie pétrolière internationale du monde, projetterait sa croissance jusqu’à 2040 car le monde continuera à compter sur le pétrole pour les véhicules lourds, l'expédition et l'aviation. En fait, toutes projettent leur avenir dans les pays du tiers monde ou la voiture électrique ne sera pas prépondérante.
Paradoxalement, c’est avec ceux-ci (les Big Oils) que l’Algérie veut faire équipe, par le biais de leur leader ; un techno-fonctionnaire. Je ne suis si sûr que ce dernier sache de quel côté sa tranche de toast est beurrée.

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Oui rabah. Les stratèges des années 70 ont créé une dizaine de filiales de services pétroliers. G travaillé dans 3 d'entre elles,et je témoigne que malgré la rareté des cadres à l'epoque et l'inexpérience on réalisait de très bonnes choses,aidés par des coopérants payés pas beaucoup plus que l'algérien. Tout cela a été detruit par des apprentis incompétents après 78!! 10 ans de blabla,bien sûr Mr réghis,je rappelle à Di ould Kadour que plusieurs "foires" de s/traitance ont été organisées,meme des des bourses de s/traitance est ouest centre ont été créés,des s/traits ce inversées..etc..etc...et ça dort dans les tiroirs,comme la fumeuse académie des sciences oubliée,la task force,..la gouvernation....des mots encore des mots toujours les mêmes..dit la chanson. Le compter sur soi,le made in bladi... Le bla-bla-bla...

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Pour le matin. dz et e-bourse si tu n'est pas Kabyle tu es automatiquement exclu, alors que tout le monde sait que tout les responsables originaire de toute les régions, qui se sont succédés à la tête de la sonatrach n'ont fait que nourrir le régime rentier.Pour remarqué, les cadres supérieurs originaire du sud ne sont pas légions, car il a été décidé,il fort longtemps, que le pétrole a été découvert à Boumerdes.

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