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ARBITRAIRE

10 ans de prison pour un drapeau amazigh : l'insupportable réquisitoire

Porteur de drapeau amazigh à Alger. Crédit photo : Zinedine Zebar.

Le procureur d'Annaba a requis, aujourd'hui lundi 5 août, une peine de 10 ans ferme contre Nadir Fetissi, un militant pacifique. Son crime ? Avoir brandi un emblème amazigh le 5 juillet dernier lors d'une marche pacifique.

Lourd et insupportable a été le réquisitoire du procureur du tribunal d'Annaba contre un manifestant pacifique. D'autres jeunes croupissent encore dans les prisons pour le même acte. On assistera sans doute au même scénario.

Même si le verdict n'est pas encore tombé, il y a lieu de souligner ici et maintenant la gravité de cette réquisition. Ce procès, comme les arrestations qui ont conduit à son organisation sont un leurre pour tromper une opinion revenue depuis longtemps des pratiques machiavéliques du pouvoir en place.

Sur quelle textes de lois ce courageux procureur s'est-il donc appuyé pour requérir ? Il lui a sûrement fallu une bonne dose d'intelligence pour lire le code pénal et y trouver toutes les raisons de garder ce jeune en prison.

Mais répétons-le encore, l'arrestation d'une centaine de porteurs de l'emblème amazigh a été décidée sur injonction du vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah. Une oukase que la police et la justice ont appliquée d'autorité sans que le chef de l'Etat ne pipe mot ni d'ailleurs le premier ministre. Après ça, le donneur d'ordre nous dira encore que la justice est indépendante. Difficile de ne pas en douter.

Les arrestations de militants pacifiques sous prétexte d'atteinte au drapeau national appellent de sérieuses questions. Elles renseignent sur la fragilité d'un système par ailleurs vermoulu et la puissance d'un idéal identitaire que la répression n'a fait que renforcer au fil des années. 

Sur un autre plan, on est en devoir de se demander que fait le syndicat des magistrats, lui qui avait promis de participer à l'assainissement de la justice et de ne plus obtempérer aux coups de fil ?

Car comment expliquer que des milliers de citoyens algériens portent au moins dans deux régions d'Algérie (la Kabylie et les Aurès, hauts lieux de la lutte pour l'indépendance nationale) cet emblème amazigh que Gaïd Salah ne supporte pas sans que ceux-ci ne soient arrêtés.

Cette justice de la chasse aux symboles amazighs si chère au chef d'état-major s'applique-t-elle donc selon les wilayas ? Manifestement oui.

Ce procès à Annaba comme ceux qui vont avoir lieu prochainement resteront des taches indélébiles pour cette justice incapable de s'affranchir de sa servitude aux puissants du moment. 

Auteur
Yacine K.
 

Commentaires

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le patron de khalifa bank, il est où?
malgré les nouveaux invités de marque à el harrach, personne ne parle de khalifa moumene, c'est curieux,

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Il ne faut pas rêver.......... !!!

La démocratie ne se conjugue dans la langue Arabe, ce n'est pas du racisme mais c'est la vérité amère, montrez moi un seul pays dit Arabe régit par un système démocratique, ZÉRO à la puissance « N ».

Tout mouvement de contestation dans l'espace dit "Arabo-arabe" doit impérativement déboucher sur l'une des deux hypothèses:
1. soit à une dictature militaire……………….. !!!
2. soit à une dictature au nom de l'Islam……. !!!

Pour vérifier cette thèse les exemples de référence sont légion:
L’Algérie en 1991, l'Egypte en 2011 et 2013, actuellement la Syrie et la Libye doivent aller directement vers l’un des deux régimes.

Lorsqu’il y a des élections libres, les peuples dits Arabes votent en faveur des mouvements religieux à l’idéologie totalitaire et fascisante.

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