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MOUVEMENT DE DISSIDENCE POPULAIRE

15e vendredi : le pouvoir au pied du mur

Plusieurs millions de manifestants ont encore battu le pavé, en ce dernier vendredi de Ramadan, dans plusieurs villes du pays, réclamant le départ des symboles de l'ancien système et appelant à la protection des libertés fondamentales des citoyens.

A Alger, la mobilisation a été exceptionnelle. Les manifestants ont voulu marquer cette 15ème mobilisation consécutive par de grandes marches au niveau des principales artères de la capitale pour réaffirmer leur détermination à continuer leur lutte pacifique, jusqu’à la satisfaction de leurs principales revendications qui sont, entre autres, le changement du système et le rejet de l'élection présidentielle du 4 juillet prochain.

Dès le matin, les citoyens, comme à leur habitude, se sont donnés rendez-vous au niveau de la Place du 1er-Mai, la Place Maurice-Audin et la Grande Poste où, brandissant, pour la plupart, l'emblème national, et entonnant des chants patriotiques, ont réitéré des slogans en faveur d'"une période de transition" devant permettre l'"instauration d'un Etat de droit", ont constaté des journalistes de l'APS.

"On veut un Etat civil, pas militaire", "respect des libertés fondamentales".... sont clamés haut et fort. Ahmed Gaïd Salah, Bensalah Noureddine Bedoui ont été la cible de critiques sans concession. Mais on a aussi entendu "Djeich, chaab, khawa khawa" (Armée et peuple sont frères), "Silmya, silmya" (Pacifique, pacifique) ou encore "Djazair hora, dimocratia" (Algérie libre et démocratique)" figurent également parmi les slogans scandés par les citoyens, dont une partie d'entre eux s'est dirigée vers la Place des Martyrs, devenue, depuis vendredi dernier, un des lieux de rassemblement des manifestants.

L'agenda politique auquel tient mordicus le vice-ministre de la Défense est plus que jamais rejeté. Le temps n'y fait, contrairement à ce que croyait Gaïd Salah et ses conseillers. Le mouvement de dissidence populaire est traversé par une volonté inébranlable d'imposer sa feuille et de ne rien lâcher. Et en l'espèce, tout le monde a compris que si à la faveur  de ce mouvement le système n'est pas démantelé et de profonds changements politiques ne sont pas lancés, l'Algérie perdra une occasion unique d'amorcer une nouvelle ère de gouvernance.

Aussi, reste la question de la réaction du pouvoir de fait que représente Gaïd Salah. Que fera-t-il ? Continuera-t-il à vouloir imposer son agenda ou se rapprochera-t-il de la classe politique et de la société civile pour amorcer un début de solution à la crise politique ? Wait and see.

Auteur
La rédaction
 

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