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AUTO

24 Heures du Mans : coup de théâtre pour Toyota

La voiture japonaise en tête depuis le début de la course a crevé à moins d'une heure de l'arrivée et a dû céder sa place à l'autre Toyota.

À trois heures de l'arrivée, les deux voitures de l'écurie Toyota paraissaient bien seules au monde sur le circuit des 24 Heures du Mans, dominant la course de la tête et des épaules, tandis que la bataille faisait rage dans les catégories inférieures. Seuls un accident de course ou une panne peuvent venir remettre en question la 2e victoire consécutive de Toyota au Mans, la seule interrogation restant de savoir lequel de ses équipages montera sur la plus haute marche du podium.

Et malheureusement, à une heure seulement de l'arrivée, la Toyota n° 7, qui occupait la tête des 24 Heures du Mans depuis quasiment le départ de la course, a crevé et a dû céder le commandement à sa voiture sœur, la n° 8. José Maria Lopez, qui conduisait la voiture, a soudainement ralenti avant de s'arrêter au stand pour changer son pneu crevé. Il a ainsi perdu les quelques minutes d'avance sur l'autre bolide de l'écurie japonaise, qui en a profité pour prendre la tête. La n° 8 de Fernando Alonso, Kazuki Nakajima et Sébastien Buemi comptait du coup une minute d'avance sur la n° 7 de Mike Conway, Kamui Kobayashi et Jose Maria Lopez au bout de 370 tours de course et avec moins d'une heure avant le drapeau à damiers.

« L'écart est plutôt mince et beaucoup de choses peuvent encore arriver, même si je suis satisfait du déroulement des événements jusqu'ici », commentait le pilote japonais Kazuki Nakajima au lever du jour. Il fait partie de l'équipage vainqueur l'an dernier, avec le Suisse Sébastien Buemi et l'Espagnol Fernando Alonso.

L'autre, composé du Britannique Mike Conway, du Japonais Kamui Kobayashi et de l'Argentin Jose Maria Lopez, est à la recherche d'une première victoire dans la Sarthe et semble désormais en difficulté pour le cueillir. Pour Alonso, la défaite serait une nouvelle frustration après son échec à se qualifier en mai pour les 500 Miles d'Indianapolis dans sa quête pour ceindre la « triple couronne » (Championnat du monde de F1, 24 heures du Mans et 500 Miles d'Indianapolis).

Le double champion du monde de F1 pourra se consoler avec le titre de champion du monde d'endurance pilotes 2018-2019 avec ses coéquipiers. Il leur faudrait ne pas faire mieux que 8e à l'arrivée du Mans dimanche pour qu'il revienne à Conway/Kobayashi/Lopez, à condition que ces derniers gagnent la course. Alonso trouvera donc une raison de se consoler pour ce qui est sa dernière participation au Mans avant de poursuivre d'autres projets qui pourraient bien se situer du côté du rallye-raid Dakar. Le titre des constructeurs est, lui, déjà promis à Toyota depuis l'épreuve de Spa, le mois dernier en Belgique. La nuit aura été fatale à de nombreux concurrents, puisqu'il ne restait plus que 48 voitures en course à 12 heures sur les 61 – un nombre record – qui ont pris le départ.

Indécis aux catégories inférieures

Dans les autres catégories, la bataille restait féroce en LMP2. L'Alpine-Signatech de Lapierre/Negrao/Thiriet, déjà gagnante l'an dernier, a pris la tête en fin de matinée après que l'Aurus du G-Drive Racing de l'équipage Rusinov/Van Uitert/Vergne a été victime d'une panne mécanique. L'Alpine comptait toutefois 14 tours de retard sur les leaders.

En GT PRO, la catégorie souvent la plus disputée de la course mancelle, la Ferrari n° 51 de Calado/Guidi/Serra précédait les deux Porsche 911RSR officielles de Bruni/Lietz/Makowiecki (n° 91) et de Bamber/Pilet/Tandy (n° 93).

La corvette n° 63 de Magnussen/Garcia/Rockenfeller occupait la tête peu avant midi, mais un tête-à-queue lui a fait perdre du temps et reculer à la 6e place de la catégorie, derrière la Ferrari, la Porsche et deux Ford GT, toutes ces voitures se tenant en deux tours.

Dans la dernière catégorie GT AM réservée aux pilotes amateurs qui font les beaux jours de l'épreuve sarthoise, c'est la Keating Motorsport de Keating/Bleekemolen/Fraga qui continuait de mener la danse, mais avec 43 tours de moins que les deux Toyota.

Le nouveau cavalier seul des voitures japonaises montre la nécessité pour les organisateurs de la course de trouver une nouvelle formule relançant l'intérêt des constructeurs, depuis le retrait ces dernières années d'Audi puis de Porsche qui a laissé le champ libre à Toyota, qui sera encore là l'an prochain, même sans Alonso.

Une nouvelle catégorie, les Hypercars, va faire son apparition en 2021. Leur carrosserie évoquera davantage celle des voitures hyper-sportives de rêve, même si leur technologie restera proche des actuelles LMP1. Toyota et Aston Martin ont déjà fait savoir qu'ils y aligneraient des bolides. Mais son intérêt dépendra surtout de sa capacité à attirer aussi d'autres grands noms comme Ferrari, Porsche, McLaren, désireux de se mêler à la lutte en tête au classement général et pas seulement dans les catégories inférieures.

Auteur
AFP
 

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