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SOUVENIR

4 février 1958 à El Hourane (M'sila) : mémorable opération de l'ALN

Quelle est cette fragrance qui répand les effluves et les passions enivrantes de jeunes âmes, aux destins injustement, interrompus à la fleur de l’âge ? se réfugier derrière le temps, ne résout pas la torpeur des démons qui assaillent nos paix intérieures.

Le recul, toujours le recul, dans le passé, un passé emmêlé, enchevêtré, à la recherche d’une mémoire blessée, sciemment jetée en pâture dans les bras de l'oubli. Elle happe en permanence nos quotidiens tant que la lumière ne serait pas braquée sur les souvenirs des enfants martyrs écrabouillés.

La liberté des hommes reste, toujours, un sujet peu reluisant et un luxe peu répandu. La jeunesse algérienne l’a payée au prix fort, pour l’avoir arrachée avec abnégation au système colonial buté, raciste et méprisant. Nous, les enfants de la liberté, produit de leur combat, ne devons jamais oublier leur sacrifice. Je ne peux me sentir, définitivement, débarrassé de mes furies que lorsque je visite la terre imbibée de sang de ceux qui ont sacrifié leur vie pour préserver la mienne. 

Cette visite nous mit face à un fait d’arme invraisemblable celui du 4 février 1958 à El Hourane. Une bourgade mitoyenne de la ville de M’sila. Les faits rapportés, par le témoignage, des acteurs (1) encore vivants, étanche notre soif de découvrir les mystères des tragédies d’une époque disparue, déjà, des mémoires. 

En 1957, par la mise d’une logique obscure, le colonel Amirouche prit le commandement de la Wilaya III. Amirouche tenta de renforcer l’ardeur du combat de ses hommes, pour intensifier la lutte. Il s’y consacra avec énergie, en usant des méthodes autoritaires, qui prêtaient à confusion avec les règles imposées pour l’accompagnement de la révolution : On ne touche pas au peuple ! Il n’en demeure pas moins, il s’était donné avec énergie pour mettre en place des unités d’élite (2) en faisant appel aux combattants aguerris 

L’efficacité des unités d’élite, s’était traduite par des actions d’éclats menées avec courage et détermination par les Djounouds affiliés. La puissance de feu de l’ALN était devenue pertinente et dénotait d’une réalité palpable sur le terrain des combats contre l’armée coloniale. Au début 1958, dans sa lancée créative, Amirouche apporta une nouveauté en structurant ses troupes, avec la création des bataillons de choc. Composés par des officiers de la wilaya III dont la croyance et la foi pour l’indépendance n’offrent aucun doute.  

Parmi les batailles qui marquèrent l’histoire de l’ère Amirouche ; on retient celle du 4 février 1958 au poste d’El Hourane dans la région de Hemmam Delaa dans le Constantinois, appelée : Coup de tonnerre dans un ciel sans nuage.  

L’attaque du 2éme escadron du 8e régiment des spahis, sous le commandement du lieutenant Olivier Dubosc, qui était réputé pour ses charniers de Melouza du 28 mai 1957. Cet escadron fut bien loti ; il bénéficiait d’une infrastructure d’installation confortable, en occurrence, des réfectoires, des dortoirs et de toute une suite de commodités nécessaires. Il était doté d’une robuste logistique et d’un armement lourd avec des équipements adaptés au terrain aride du sud. L’offensive était menée grâce au soutien et la complicité d’un ancien de l’armée française qui rejoignit le maquis avec arme et bagage. 

La compagnie de Moh Arezki Amchtuh fut chargée d’engager une attaque en règle pour anéantir les capacités de nuisance de ce campement.

Moh Arezki avec sa 3e compagnie pénétrèrent avec surprise dans le campement, ils prirent 17 prisonniers dont 5 goumiers, mais les maquisards perdirent un combattant dans l’attaque. Ils chargèrent les mulets avec des munitions et des armes transportables, et après avoir mis le feu dans tout le campement, ils quittèrent rapidement les lieux. Ils furent poursuivis pendant 6 jours par des militaires aidés par un pistage d’une aviation dont elle n’avait pas l’avantage de la connaissance du terrain. Ils arrivèrent, enfin, dans le camp où ils étaient attendus par le colonel Amirouche. Ce fut un grand coup d’éclat et de bravoure, l’un des derniers des actes réalisés avec succès sous les commandement de l'aspirant RL Moh Arezki avant sa suspension qui le mit en doute dans les listings du capitaine Léger.

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Nos témoignages s’arrêtent sur les actes de combats menés avec bravoure dans la wilaya III, dirigée par le colonel Amirouche. Ces attaques illustrent l’engagement de tout un peuple engagé sous la bannière de l’ALN. Les wilayas du pays en phase avec la wilaya III, menèrent des batailles meurtrières qui avaient décimé une jeunesse qui fit don de sacrifice de sa vie. Pour que les générations futures ; leurs enfants et petits-enfants, vivent, à jamais, dans la dignité et la liberté. Nul n’a le droit de priver de cette liberté le peuple algérien. Une liberté chèrement acquise et offerte, généreusement, au peuple, par le dévouement des aïeux, comme un butin de guerre sacré, à conserver éternellement… Gloire à nos martyrs. 

A. N.A Q

Renvois

1 - Ameur Mohand du nom de guerre Mhend iwaakouren, Amar Oussaid du nom de guerre Mohand Igharbiyen un des djounouds de la 3 ème compagnie, Saidani Arezki djoundi de la 3 ème compagnie, originaire de Yakouren, Rabah N-ath Wouchen. Amar Oussaid du nom de guerre "Mohand Igharbiyen" un des djounoudes de la 3 ème compagnie qui vient juste de nous quitter ce vendredi 30 janvier, Saidani Arezki et Yebka Mehfouf des maquisards  de la 3 ème compagnie du bataillon de choc, originaire de Yakouren et d'Azeffoun, et Rabah N-ath wouchen.

2 - Le commandant Moh Ouali dit Chéri-Bibi, l'aspirant Md Salah Saadi, l'aspirant Moh Arezki Ouakouak dit Moh Arezki Amctouh, Chaib Md Ourabeh, le lieutenant Hocini Lahlou, Oumira et bien d'autres …

3 - La première compagnie, qui a pour chef Oumira, la 2e compagnie sous la conduite de Chaib Mohand Ou-Rabah, et la 3e avait comme responsable Moh Arezki Amechtoh. C'est ainsi que la première compagnie (Oumira) prend la zone d'Ighil Ali et Seddouk, et que celle de Mohand Ou-Rabah s'occupe de la zone du Djurdjura près de Haïzer, tandis que la 3 ème compagnie est envoyée vers la zone de Melouza, qui renferme Beni Ilmane, Houra et El Bordj jusqu'à M'sila.
 

Auteur
Azar N-Ath Quodia