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TRIBUNE

5 Juillet : Appel à une manifestation des Algériens à Paris

Un appel aux citoyens de la diaspora algérienne à la manifestation aujourd'hui 5 juillet 2020 Paris est lancé par plusieurs organisations. Elle aura lieu ce dimanche à 14h de la place de la République à la Bastille.

Pour la souveraineté du peuple algérien à décider librement de son destin, une unité des citoyens et de leurs organisations pour l’élection libre et démocratique d’une Assemblée Constituante Souveraine.

La révolution algérienne est née du mouvement national qui a regroupé et organisé le peuple algérien dans son combat pour l’édification d’un Etat moderne en rupture définitive d’avec le système colonial qui n’a de cesse œuvrer pour sa dépersonnalisation, avec pour mots d’ordres : l’indépendance nationale, le recouvrement de la liberté et de la souveraineté du peuple algérien, le respect des libertés démocratiques et des droits de l’homme.

Force est de constater que près de soixante ans après avoir chassé le colonialisme et arraché le droit à l’autodétermination au prix de 8 ans de guerre de libération et son lourd tribut d’un million et demi de Chahids, le peuple algérien n’a jamais renoncé au recouvrement de sa souveraineté populaire et nationale.

La révolution du 22 février en est le parfait exemple. Elle est le point de jonctions de toutes les luttes démocratiques qui ont rythmé la vie du pays depuis l’indépendance confisquée. Le système mis en place, dont le président de façade détient des pouvoirs exorbitants pour permettre ainsi au pouvoir de l’ombre de s’exercer sans partage en usant de l’état d’urgence, de l’état de siège et d’exception à sa seule discrétion sans contrôle aucun, en usurpant tous les attributs de l’indépendance et s’appropriant la souveraineté du pays et ses ressources.

Pour maintenir en place le système autoritaire et antidémocratique, les régimes politiques successifs ont géré le pays par des coups d’états, des coups de force et de manœuvres violentes et arbitraires, de Juillet 1963 au coup de force du 12 décembre 2019, en passant par le coup d’état de juin 1965, une violence rare contre la grève générale de 1980, l’état de siège en 1988, l’état de siège de 1991 suivi de l’état d’urgence de février 1992 à février 2011, et le printemps noir de 2001 noyé dans un bain de sang où 128 jeunes ont été tués à balles réelles dans l’impunité totale sans compter les milliers de blessés et mutilés à vie.

L’escalade de la répression initiée à Tinzaouatine, un sinistre remake du printemps noir de 2001 avec une provocation délibérée de la rue en recourant aux tirs à balles réelles faisant un mort et plusieurs blessés, des arrestations tout azimut et des condamnations à de lourdes peines, ne font plus peur, bien au contraire elle a donné lieu à une mobilisation spontanée, pacifique et solidaire à l'échelle nationale ce qui renforce l'unité de la nation algérienne.

La révolution du sourire, le Hirak a recréé ce sentiment d'unité de notre nation algérienne sur tout le territoire national depuis février 2019, unité qu'il rétablit au jour le jour, à chaque marche, à chaque pas, sur l’ensemble du pays, à chaque débat sur tous les réseaux sociaux, donnant un bel élan à la révolution pacifique et toujours avec une sen aiguë de l’unité de la nation algérienne. Malgré les provocations, la répression et les intimidations du pouvoir de faits et de ses relais, La mobilisation pacifique reste de rigueur.

L’une des spécificités du processus révolutionnaire de février 2019 est son caractère pacifique baptisé la Sylmia dont l’un des garants incontestables est la présence massive des femmes et de toutes les franges de la société.

Elle est le produit de l’aversion de l’immense majorité du peuple algérien pour la violence qui a caractérisée la gouvernance des régimes successifs algériens. La loi de finance 2020, comme toutes les lois antinationales de la mafia algérienne, à l’exemple de la loi portant libéralisation et bradage des hydrocarbures accélère la paupérisation du peuple algérien et réduit des pans entiers de la population à l’état de mendicité.

Ainsi se dessine une situation dans laquelle, à la crise politique et institutionnelle ouverte au lendemain de l’indépendance et exacerbée depuis février 2019, vient s'ajouter, avec la baisse du prix du pétrole, une crise économique et sociale qui s’aggrave de jour en jour. 2/2 Sans légitimité et incapable de répondre aux exigences du peuple algérien en mobilisation permanente depuis février 2019, le gouvernement antinational de Tebboune use et abuse de la violence contre les citoyens, les militants, les organisations et les partis qui refusent de courber l’échine devant sa feuille de route.

En une journée, le 19 juin 2020, les médias libres ont dénombré plus de 500 arrestations, dont la majorité a été finalement libérée sous la pression de la mobilisation unitaire des citoyens, militants, avocats et organisations politiques aux côtés de la Ligue de Défense des Droits de l’Hommes (LADDH).

Nous assistons à des convulsions d'un système à bout de souffle, mais porté à bout de bras par les grands de ce monde. Pourquoi ? Parce que l’enjeu en Algérie, ce n'est pas seulement le sort du peuple algérien, qui est une certitude, mais le sort également de tout le Maghreb, du continent Africain, et bien au-delà. C’est pour cette raison que le pouvoir de fait et ses relais tentent d'empêcher, par la division et la répression, la reprise des manifestations pacifiques au moment où il tente de faire plébisciter sa nouvelle réforme de la constitution qui renforce le pouvoir apparent et pérenniser un système politique honni par les Algériennes et les Algériens.

A l’occasion de la fête de l’indépendance nationale, date symbole de tout un peuple engagé pour une transition démocratique et un processus constituant en dehors du système, nous appelons l’ensemble des compatriotes algériens en France à venir manifester massivement, dans l’unité, la solidarité et la fraternité pour parachever la révolution du sourire. Nous rappelons et nous respectons l’engagement pris par les 25 organisations de la diaspora dans la déclaration d’orientation du 5 juin 2020.

«Nous, collectifs, comités citoyens, partis d'opposition et militants activistes en France, déclarons le rejet de la feuille de route du pouvoir de révision constitutionnelle et décidons de répondre à tous les appels pour un rassemblement le plus large, pour d’une part, le respect de toutes les libertés démocratiques ainsi que pour la libération sans conditions de tous les détenus politiques et d’opinion, et d’autre part, pour l’aboutissement d’un processus constituant en dehors du système, pour le recouvrement du Peuple de sa souveraineté totale.

Nous militons ensemble pour leur concrétisation, dans le respect de la diversité des origines politiques, des convictions et des traditions de lutte de chacun.

En conséquence, nous appelons l’ensemble des organisations, comités, partis et collectifs, à poursuivre et développer toute démarche collective, notamment sur la Place de la République, et s’engager à consacrer le premier dimanche de reprise, à débattre des voies et moyens pour consolider l’unité de notre peuple jusqu’à la victoire finale.»

Vive l’Algérie éternelle !

Gloire à nos martyrs ! Paris, le 4 juillet 2020.

Rendez-vous place de la République à 14h pour une marche vers la Bastille

Liste des organisations signataires

ACA, ACDA, CAMAN France, CCAF-PACS (Comité des Citoyens Algériens en France Pour une Assemblée Constituante Souveraine), CDL’A Angouleme, CDL’A Lorraine, CDL'A Metz, CDL’A Paris, CGADD (Collectif Groupe l'Algérie Droit Devant), Collectif des Algériens du Grand Ouest de la France (Angers, Nantes, Rennes), CRAC (Comite de Réflexions pour une Algérie Consensuelle), Elhdaka, ENAF (Etudiants Nord Africains de France), FFS Section Nord, Riposte Internationale, Jeunes Engagés, JTA (Jeunes Trotskystes Algériens), Les Progressistes, MJC France, Réseau Algérien Contre la Répression et pour la Libération des détenus, Révolution du Sourire.