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DISSIDENCE CITOYENNE

51e marche. La protesta saison 2 : le second souffle

A l’approche de l’anniversaire du mouvement de dissidence populaire qui bouclera une année dans quelques jours, les marcheurs affluent de toutes parts. La circulation est dense en certains endroits, cet après-midi d’automne à Alger.

La présence policière est allégée, les trottoirs de la rue Abdelkrim Khattabi sont ouverts de nouveau aux piétons et les camions-barrage,  disposés du côté impair de la rue Asselah Hocine retirés. 

Le «tailleur» de marches dont l’identité a été dévoilée sur les réseaux sociaux, eE hachemi oulid erroumia i.e El Hachemi le fils de la française, officier, responsable de la salle d’opérations et de surveillance de la sûreté nationale, auteur présumé de l’enlèvement de khalti Baya (tante Baya), une dame hirakiste, d’un certain âge, atteinte d’un cancer, enlevée puis délestée de ses précieux médicaments pour être finalement abandonnée sur l’autoroute de Zéralda , semble avoir reçu des directives pour lâcher du lest. 

Reprise par les influenceurs et largement diffusée sur les réseaux sociaux, l’affaire Khalti Baya, a soulevé un tollé général et entaché l’image de la police, déjà atteinte. Les marcheurs crient : "Ya el police ya el meztoul, khalti Baya ! sarak etramadol, khalti Baya !" Hé policier le camé, tante baya ! Voleur de Tramadol (antalgique utilisé pour se doper).

Les policiers sont pris pour cibles le long de la procession. Accusés d’être à la solde du gang et d’être vénaux, ils subissent les sifflements et les "haw haw (aboiements) oui chef" ! des marcheurs quand ils repoussent les badauds postés à proximité des rampes de la rue Ben Boulaid surplombant la rue Asselah Hocine.

Tout en chant, les manifestants critiquent l’aide financière accordée à la Tunisie en répétant sans interruption : "Drahem ezzaouali edaouhoum ettouansa, telephone a soné 3aitou lefranca" i.e l’argent du démuni ils l’ont donné aux Tunisiens, le téléphone a sonné ils ont appelé en France.

Le président ainsi que son ministre de la Justice sont au centre de la contestation. On répète qu’on considère le premier comme étant illégitime et sous la coupe des militaires tout en demandant la tête du second en hurlant : "Zeghmati fi El Harrach djibouh djibouh"  i.e Ramenez, ramenez Zeghmati à El Harrach (prison, aujourd’hui, célèbre).

Les manifestants se rappellent Karim Tabbou et hurlent : "Dawla à genoux Karim Tabbou, allah ou akbar Karim Tabbou" i. l’état est à genoux Karim Tabbou ! Dieu est grand Karim Tabbou !

Les marcheurs réclament la démocratie, un Etat civil. Ils citent : Abane et Ali la Pointe, deux héros de la guerre contre le colonialisme françaks. Ils célèbrent l’anniversaire du décès de Hamid Ferhi, secrétaire général du MDS (parti politique de gauche), en portant des affiches le représentant. 

La protesta atteint son second  souffle en ce 51e vendredi. Les votants déçus et les mécontents regagnent les rangs. L'heure est à la remobilisation. 

Le manque de proactivité du gouvernement y a largement contribué. Le fantomatique premier ministre est manifestement traumatisé par le sort réservé à deux de ses prédécesseurs, dont le principal handicap, lourd à assumer, est sa ressemblance avec Ahmed Ouyahia. 

Les bourdes de l’impopulaire ministre de la Justice, l’annulation de la décision portant nomination du nouveau Directeur général des douanes, sont aussi les éléments déclencheurs les plus cités par les manifestants, de leur mécontentement actuel. Il est palpable que ce dernier ne connaîtra désormais qu’une tendance à la hausse, inversement proportionnelle à celle du Brent. 

La mine dubitative et le regard sceptique du ministre des Affaires étrangères, infatigable globe-trotter, devant cette pléthore de ministres, qui ne s’attendaient pas à l’être, affichés sur le visage de monsieur Sabri Boukadoum, lors du conseil des ministres présidé par le président Tebboune et dont les images ont été largement diffusées par les chaines de télévision, sont les indices révélateurs, de la très probable inaptitude de l’équipe actuelle à imaginer des solutions, à même de réanimer une économie dans un état de coma avancé, et de répondre aux doléances des marcheurs.

C’est là le sentiment partagé par les marcheurs qui ne cessent de réclamer «le changement» et le départ de l’autre moitié du gang. 


Image d'Alger en protestation
 

Auteur
Djalal Larabi