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PROPOSITION

Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui doivent partir

Alors que le pays vit une situation de plus en plus incertaine, et que les années 2021-2024 risquent d’être plus rudes encore pour sa population que celles qui prévalaient entre 1994 et 1998, au moment de l’ajustement structurel, il est important de sortir de l’impasse actuelle.

Ce n’est toutefois pas en déclinant, de façon plus ou moins habile, les procédures d’une transition démocratique qu’on aidera réellement à sortir de la crise. Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que les deux têtes de l’exécutif n’ont plus vocation à servir et doivent donc disparaître des écrans radars de la politique pour laisser place à des personnalités consensuelles.

Je développerai mon argumentaire autour de six points.

  1. Dès l’instant qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle le 4 juillet et qu’aucun texte ne prévoit la prorogation de l’intérim du Chef de l’Etat, afin que ce dernier puisse procéder à une nouvelle convocation du corps électoral, à quoi bon maintenir une personnalité qui fait l’unanimité contre elle. Il n’y pas non plus de raison de garder le Premier Ministre et son gouvernement qui sont dans l’impossibilité de gérer les affaires de l’Etat. Le Gouvernement Bedoui pâtit d’un double déficit de légitimité : le premier vis-à-vis de la population qui réclame son départ depuis le  premier jour où il a été nommé, le second vis-à-vis de sa propre administration qui n’exécute pas, exécute mal ou partiellement ses directives et instructions.

  2. Abdelkader Bensalah et Nourredine Bedoui procèdent directement de l’ancien Président de la République et de son clan. Abdelkader Bensalah a été l’homme lige de Bouteflika, tandis que Nourredine Bedoui doit sa nomination à la Primature (le 12 mars 2019) à la bienveillance de Nasser Bouteflika qui occupait le poste de Secrétaire Général du Ministère de la Formation et de l’enseignement professionnels, lorsque Bedoui en fut le ministre. Il est clair que ces deux personnalités sont totalement disqualifiées pour entamer quelque dialogue que ce soit avec les représentants du Mouvement de dissidence citoyenne.

  3. Tout autre est la situation du général Ahmed Gaïd Salah. On peut penser de l’intéressé ce que l’on veut, mais aucun observateur n’a le droit de prendre des libertés avec la vérité. Depuis 2013, le Chef d’État-major est en butte à des tentatives récurrentes de déstabilisation, voire d’élimination de la part du clan présidentiel auquel il n’a jamais appartenu ni de près ni  de loin. Si Ahmed Gaïd Salah a réussi à ce jour à s’imposer comme chef de l’État-major, il le doit à une force de caractère exceptionnelle et au soutien de la Haute hiérarchie militaire, désormais très soudée autour de lui, et cela depuis juin 2018. Parmi ses successeurs présomptifs, il y avait le Commandant de la Première Région militaire, le général Habib Chentouf, aujourd’hui en fuite, le général Ahcène Taffer qui dirigeait les forces terrestres, le général Benali Benali, patron de la Garde Républicaine, Abdelghani Hamel, ex-DGSN et Saïd Bey, ancien Commandant de la 2ème Région militaire, aujourd’hui détenu à la prison militaire de Blida. Par conséquent, présenter l’actuel chef d’État-major pour l’homme de Bouteflika est une contre-vérité absolue. Si l’on veut à tout prix décrédibiliser l’homme, il faudra chercher ailleurs matière à réquisitoire.

  4. Parce que Bensalah et Bedoui sont fortement rejetés, il est important de passer à une nouvelle étape qui devra se caractériser par un dialogue sérieux et approfondi, lequel ne peut être conduit, du côté du pouvoir, que par des hommes jouissant d’un minimum de respect et de considération de la part de la population et des autres acteurs institutionnels.

  5. La liste des personnalités crédibles n’est hélas pas très longue, mais des hommes comme Ahmed Benbitour, Abdelaziz Rahabi ou  Abdelaziz Medjahed, au regard de leur compétence, de leur expérience et de leur intégrité, pourraient utilement remplacer Bensalah ou Bedoui, comme on peut également imaginer que le poste de Chef d’Etat par intérim ne soit pas pourvu et que le Premier Ministre soit autorisé à légiférer par décrets-lois, ce qui implique la dissolution des deux chambres du Parlement) et exercer le pouvoir de nomination aux emplois supérieurs de l’Etat (réservé pour un grand nombre d’entre eux au Président de la République en période normale, au Chef d’Etat par intérim dans les cas de vacance du Président de la République), dès l’instant que la Constitution révisée du 6 mars 2016 est devenue complètement caduque et qu’il est même inepte de s’y référer.

  6. S’agissant des partis de l’Alliance présidentielle, ils n’ont plus aucune légitimité. Même si l’ensemble des instances dirigeantes du FLN, du RND, du MPA et de TAJ devaient faire peau neuve, ces partis ont signé leur arrêt de mort en accompagnant Bouteflika dans son œuvre destructrice du pays ; ils sont d’ores et déjà condamnés à une disparition que l’écrasante majorité des algériens souhaitent définitive.

  7. Mais même les partis de l’opposition n’ont pas de bilan positif à faire valoir, en dehors d’une déclamation  anti-pouvoir qui n’abuse plus personne. Ils procèdent tous, peu ou prou, du régime. Leur capacité de communication avec la base est voisine de zéro et leur ancrage populaire dérisoire, parfois inexistant. Ils forment la devanture d’une scène politique fantasmagorique qui est à des années-lumière de l’Algérie réelle, ses besoins, ses problèmes, ses aspirations, les défis qu’elle aura à relever.

  8. Si l’État-major consent à se séparer du couple Bensalah-Bedoui, un formidable pas en avant aura été accompli. De son côté, le Hirak doit impérativement désigner ses représentants (fussent-ils provisoires), élaborer une feuille de route à laquelle devra être joint un agenda des réformes à accomplir pour rompre avec le régime passé et le legs qu’il voulait transmettre. Si L’État-major parvient à la conclusion que Bensalah et Bedoui sont devenus encombrants et constituent même un obstacle dirimant devant toute avancée démocratique, alors la balle se sera plus dans le camp du Haut Commandement Militaire mais dans celui du Hirak. Celui-ci ne peut durablement se contenter, trois mois et demi après le début de la contestation, de réclamer le départ de toute l’élite dirigeante, car cette exigence porte en germe la déstabilisation des institutions et de l’Etat, au moment où la situation économique et sociale se détériore et où les tensions dans la zone saharo sahélienne s’exacerbent.

En guise de conclusion

Le Haut Commandement Militaire se grandirait devant l’opinion publique algérienne et internationale en prenant les sanctions appropriées à l’encontre de toutes les autorités qui sont directement et indirectement responsables de la mort de Kameleddine Fekkar détenu dans des conditions inhumaines à la prison de Ghardaïa.

L’État-major est garant de l’application des instruments internationaux ratifiés par l’Algérie relatifs aux droits de l’homme, lesquels ont une valeur juridique supérieure à celle de l’ensemble des lois internes.

La responsabilité internationale de l’Etat algérien est susceptible d’être engagée, chaque fois que nous méconnaissons nos obligations à l’égard de la communauté internationale. Reste le sort du Général Hocine Benhadid.

Nous savons aujourd’hui, par son avocat, que l’État-major est totalement étranger à son incarcération et que celle-ci est pour le moins abusive. Là aussi, il conviendra de prendre les sanctions qui s’imposent à l’égard des magistrats qui ont fait preuve d’un excès de zèle ayant failli coûter la vie à Hocine Benhadid. Il est temps de restituer l’intéressé à sa femme et à ses enfants et de cesser de le harceler.

A. M.

Auteur
Ali Mebroukine, Professeur de droit et militant démocrate
 

Commentaires

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"Nous savons aujourd’hui, par son avocat, que l’État-major est totalement étranger à son incarcération ..." Qui en est responsable alors? Y aurait-il un deuxième pouvoir parallèle capable d'incarcérer des hauts gradés de l'armée (quand bien même en retraite) sans l'assentiment de l'État-major? Difficile à croire.

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Proposez lui directement votre idée...
Au lieu de spéculer sur les colonnes du Matin ...
Povre Benhadid et puisque vous osez attirer l'attention de l'état major pour arretter ces magistrats maffieux et geôliers de Benhadid et d'autres magistrats assassins du Dr Fekkhar.....
Allez demandez à Gaid Salah pourquoi il se complaît dans un Silence troublant.
Professeur et si vous degagez Brnsalah et Bédouins consorts les suivants seraient qui?
Gaid Salah ou les généraux du clan Bouteflika comme zerhouni par exemple....
Proposer toujours vos idées Cher professeur toutefois la rue c'est pas un amphithéâtre Encore moins le ministère de la défense ne peut être une faculté de droit ...
Enfin ça tourne en rond un véritable tourniquet qui chavirera bien des généraux bientôt.
Ah si le droit n'était pas une fable ai pays des rangers....
Fabuleux délire si Al professorat de chitta.

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Décidemment vous n'arrêterai pas de vouloir nous ingurgiter votre simplisme drapé d'un semblant académique. Gaid Salah comme tout les autres qui entravent le processus démocratique d'une nation n'ont pas de place dans cette nouvelle société au même titre que ceux qui essaient de nous influencer comme vous êtes en train de le faire. Pour ma part je considère votre contribution on-line comme une simple masturbation intellectuelle qui n'a pour but que de redorer votre propre blason.
Fichez nous la paix !

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C'est le temps et précisément le moment que choisissent tous les opportunistes qui se disent intellectuels pour se placer en vue de quelques miettes de la part d'ignares qui nous gouvernent par la force.

Des escrocs, des usurpateurs, des bourreurs d'urnes, des gens qui mangent à tous les râteliers que nous proposent l'homme galonné sans faire la guerre et nulle part. Voilà ce que veut vendre un professeur de droit... comme par hasard dans un pays où le droit est bafoué à tout bout de champ....

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Bonjour,
Le commandement de l'armée algérienne, à sa tête le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, est responsable de la crise actuelle :
1- C'est le commandement de l'armée qui fait et défait les présidents depuis l'indépendance - Ben Bella, Boumédienne, Chadli, Boudiaf, Ali Kafi, Zeroual et Bouteflika tous ont été choisis par le commandement de l'armée algérienne.
2- Le commandement de l'armée est responsable du prolongement des différents mandats de Bouteflika même après sa maladie.
3- Le commandement de l'armée fait de la polotique au lieu du militaire : c'est pour cette raison qu'ils n'ont pas déjoué rapidement les coûts du GIA.
4- Le commandement de l'armée se croit plus supérieur (intelligent, nationaliste, visionnaire, etc ...) que les autres citoyens algériens.
5- Le commandement n'arrête pas de faire des mauvais en s'entêtant à respecter la constitution alors qu'il est le premier à la bafouer et que personne ne veut entendre parler : injonction de la démission de Bouteflika, incarcération des citoyens innocents, reconduite de Bensalah, participation d'un militaire à un gouvenement (Gaïd Salah), etc ...

La solution est que l'armée garantisse la sécurité des citoyen et la stabilité de l'état.
Ce qu'on constate est que l'armée et le chef d'orchestre de l'anarchie en s'obstinant dans une optique illusoire en imposant une solution insuffisante.
Le problème de l'Algérie ne réside pas uniquement dans le changement d'un président ou d'un chef de gouvernement.
Le problème est structurel et que l'état algérien est fondé sur le mensonge et la tricherie. On rédige une constitution mal-réfléchie et non acceptée par la majorité des citoyens (votée par un parlement issu de la fraude électorale) et on insiste sur son application.
Il faut revoir la construction de l'état algérien en revenant au point de départ : juillet 1962.

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Monsieur le Professeur,
j'ai une question toute simple pour vous ! Monsieur Gaid Salah est né en quelle année ?
ce monsieur a 79 ans ! et vous osez le soutenir ?!!! c'est un dinosaure ! il fait partie de la génération qui a accaparé le pouvoir depuis plus de 50 ans ! et on voit le résultat.
si on veut avoir la chance de changer les choses vers le mieux, on doit donner la chance à la nouvelle génération.

je pense que cet argument suffit amplement.

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