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COMMENTAIRE

Affaire Augusta : la réaction insolite de Sonatrach  

On apprend hier dans l’après midi par le biais du Algérieeco.com(01) qu’une délégation de la Sonatrach compte entreprendre dès le mois prochain une mission, pour lit-on s’assurer de la réalisation des objectifs attendus sur le site de la raffinerie d’Augusta.

On apprend aussi que le conseil d’administration composé de plusieurs responsables Algériens et d’un PDG italien du nom de Rosario Pistorio s’est réuni pour la première fois pour (enfin !) reconnaitre  la nécessité d’améliorer la rentabilité de ces actifs acquis en 2018 en traçant les axes « d’une stratégie commerciale et d’une gestion appropriée.» Le journal électronique cite un site italien « siracusaoggi » (02) Doit-on comprendre par cette visite dûment préparée et annoncée à plus d’un mois à l’avance que les dirigeants de l’aval ne connaissent pas la situation de cet actif acquis voilà plus de 18 mois ? Ne reçoivent pas de rapport financier, ni de bilan et encore moins, aucune communication des résultats chiffrés et d’un suivi d’avancement. ?

On investit plus d’un milliard de dollars dans une raffinerie censée dans l’année qui suit résoudre un problème national de la consommation interne en produits pétroliers, décontaminée son sol conformément à un jugement en bonne et due forme rendu par le tribunal de la ville où elle se situe, s’endetter par un prêt de 250 millions de dollars pour sa maintenance et son approvisionnement en feedstock pour finalement apprendre plus tard qu’elle n’a pas défini sa stratégie commerciale et son mode de gestion ?  Et pourquoi et à quelle occasion ?

Pour « répondre aux inquiétudes des italiens (pas des Algériens) sur l’avenir de ce projet après l’annonce faite par le magazine Français dirigé par Pierre Terzian connu par ses interventions dans les medias Algériens sur certaines vérités, lesquelles verités ont été dénoncées par des experts Algériens dés son acquisitions très controversées.

1-Qu’a-t-elle révélé cette revue que l’opinion publique ne connait pas ?

Le magazine n’a fait que confirmer qu’ExxonMobil avait trouvé  d’énormes difficultés de la vendre voilà plus cde 3 ans a cause de la vétusté des installations. Il a été prouvé aussi que le propriétaire de cette raffinerie de 70 ans subissait une perte en consentant des sommes importantes pour la mettre en conformité avec les normes environnementales. Cette raffinerie a été acquise  sans un examen minutieux du dossier par le conseil d’administration de Sonatrach et avec un accord du premier ministre de l’époque Ahmed Ouyahia, la transaction devait aboutir par un forcing sans livrer ses secrets. Le montant de l’acquisition, relève petrostrategie, semble être proche de 725 millions de dollars ce qui s’écarte du montant avancé pourquoi ? En plus il y a eu engagements de Sonatrach pour «casquer » immédiatement le montant pour décontamination des sols  et la prise en charge des stocks de produits qui n’appartenaient plus à la raffinerie.

Uniquement à ce niveau et sans prendre en compte les rumeurs d’un financement occulte à partir de filiale de Sonatrach dans les Iles vierges Britanniques, ce montant pourrait revenir à un milliard de dollars non compris les pertes d'exploitation et les investissements futurs dans la conformité environnementale. De nombreux experts, repris par la revue petrostrategie  de janvier 2020 soutiennent que « l'usine achetée est structurellement déficitaire, c'est pourquoi Augusta n'a été maintenue à flot, depuis son acquisition, que par des fonds qui lui ont été injectés par Sonatrach, sans perspective de rentabilité. »

2-Les dirigeants algériens ont toujours été attentifs à l’extérieur plutôt que l’intérieur

On se rappelle que depuis  l’amorce du déclin de la production des gisements des hydrocarbures algériens et les échecs consécutifs des appels d’offres lancés par Alnaft que les experts n’arrêtaient pas  d’alerter les pouvoirs publics sur le danger que court le secteur si des mesures stratégiques ne seront pas prises immédiatement, d’ailleurs en vain. Il a suffit que l’Institut Français des Relations Internationale (IFRI)  publie une « étude » signée par un géographe qui n’a rien à voir avec l’industrie pétrolière du nom de Benjamin Auge sous le titre « L’Algérie, un Etat pétrolier en danger » pour que les services de la présidence s’emballent pour faire pression sur le premier ministre de l’époque Abdelmalek Sellal  afin d’appeler personnellement le PDG de Sonatrach afin d’avoir des explications et de s’enquérir de la situation décrite par l’auteur. Heureusement que l’équipe sous la direction de ce PDG de Sonatrach a été vigilante pour décortiquer les propos de l’article et détecter les messages qu’il véhicule. On lit dans la réponse rassurante faite de ce PDG que l’étude se base sur centaines fausses données mais tente de suggérer voire orienter le choix de Sonatrach et propose même des solutions.

L’une d’elle serait d’aller sans tarder à l’option gaz de schiste au moment même où la population d’In Salah était  campée dehors pour cette histoire. L’auteur prend carrément position en faveur de Total sur le dossier d’Ahnet et en filigrane sur la TPE. Quelques temps après, ce PDG, qui a dénoncé cette manœuvre lobbyiste, a été « injustement limogé » et remplacé par un ancien cadres du secteur qui traine des casseroles et par qui est venue cette arnaque d’Augusta.

De suite Total a bénéficié de la reconduction d’un contrat « tout benef » dans le champ de Tin Foué Tabenkort (TFT), s’est tapée une place au soleil dans le pôle industriel d’Arzew, a acheté les actifs d’Anadarko en Algérie pour reprendre la main française de la production des hydrocarbures en Algérie qu’elle insiste pour les concrétiser cette année , enfin récemment, elle déclare à qui veut l’entendre qu’elle serait intéressée par l’exploitation du gaz de schiste en Algérie non pas pour partager le risque avec Sonatrach mais uniquement pour « chauffer à blanc «  le Hirak qui n’en veut pas. Cette dernière offensive vise à affaiblir les pouvoirs publics pour mieux s’incruster à travers un canal politique.         

R.R.

Renvois

(01)https://www.algerie-eco.com/2020/02/04/les-responsables-de-la-sonatrach-visiteront-la-raffinerie-daugusta-en-mars/                    (2)https://www.siracusaoggi.it/rumors-dallalgeria-sonatrach-ci-ripensa-su-augusta-migliorare-la-profittabilita/

 

Auteur
Rabah Reghis