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ARABIE SAOUDITE

Affaire Khashoggi : les preuves présentées au Sénat américain accablent MBS

Le prince héritier saoudien avec l'ancien président américain Bush père.

Des sénateurs, dont des proches de Donald Trump, ont pu consulter les conclusions de la CIA sur le meurtre du journaliste saoudien.

Deux sénateurs républicains américains ont affirmé mardi n'avoir "aucun" doute sur le fait que le prince héritier saoudien avait "ordonné" le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, après avoir été informés à huis clos des conclusions de la CIA. Cette position contredit directement le président américain Donald Trump, qui a déclaré publiquement que le service de renseignement n'avait "rien trouvé d'absolument certain". 

Mardi, à l'issue d'une réunion avec Gina Haspel, la directrice de l’agence de renseignement américaine, le sénateur républicain Bob Corker a pourtant déclaré: "Je n'ai aucun doute sur le fait que le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane (MBS) a ordonné le meurtre et a été maintenu au courant de la situation tout le long".

"Je pense qu'il est complice du meurtre de Jamal Khashoggi au plus haut niveau possible", a ajouté le sénateur Lindsey Graham, pourtant allié de Donald Trump au Sénat. (01). Cette rencontre était très attendue par les parlementaires, après un premier rendez-vous manqué la semaine dernière lorsque Gina Haspel n'avait pas répondu à leur invitation. Indignés, les sénateurs avaient alors adressé un sévère coup de semonce à Riyad : une résolution pour cesser tout soutien militaire à l'Arabie saoudite dans la guerre au Yémen avait franchi avec une nette majorité un premier vote au Sénat.

Le Chef de la puissante commission des Affaires étrangères, Bob Corker a affirmé n'avoir pas entendu au cours de cette réunion, qui a duré environ une heure, l'enregistrement audio de l'assassinat de Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul, en octobre. Quelques sénateurs seulement avaient été conviés à cette rencontre avec Gina Haspel, y compris les chefs républicain et démocrate du Sénat et les responsables des commissions liées aux questions de sécurité.

"Laisser la situation en l'état permettrait à quelqu'un comme MBS», initiales du prince saoudien, «de continuer en toute impunité", telle est la motivation de Bob Corker.  

Il faut signaler par ailleurs que la directrice de la CIA, Gina Haspel, était particulièrement attendue au Sénat, à Washington, mardi 4 décembre. Après la publication par le Wall Street Journal de « fuites » accablantes pour le prince, l’audition à huis clos de Gina Haspel a produit l’effet opposé à celui sans doute espéré par le président Donald Trump. Ce dernier assure que rien ne permet d’incriminer l’homme fort de Riyad. Après avoir été informés de l’état des connaissances de la CIA, les sénateurs démocrates et républicains habilités à recevoir des informations confidentielles ont conclu au contraire à la responsabilité du prince héritier dans la mort de ce résident américain, chroniqueur au Washington Post.

Le président républicain de la puissante commission des affaires étrangères, Bob Corker (Tennessee), qui quittera le Sénat en janvier, a ainsi estimé que si Mohamed Ben Salmane était présenté devant un tribunal, "il serait reconnu coupable en trente minutes". Et d'assurer n’avoir « aucun doute » sur sa responsabilité.(02)

R. R.

Renvoi                                                                                                                                                                             01) : https://twitter.com/ABCPolitics/status/1070016948900061184

02) :  https://t.co/MQ4JsoQtqk