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EXPRESS

Affaire Saïd Bouteflika : Khaled Nezzar entendu par le tribunal militaire

Le général à la retraite et ancien ministre de la Défense, Khaled Nezzar a été entendu ce mardi par le tribunal militaire de Blida dans le cadre de l'affaire qui concerne Saïd Bouteflika, le frère conseiller de l'ancien président.

Selon les premières informations rendues publiques, Khaled Nezzar a été entendu en tant que témoin. On se souvient, le général à la retraite a balancé à l'opinion publique l'entretien qu'il a eu avec Saïd Bouteflika dans une tribune parue dans le site algeriepatriotique dont ses enfants sont propriétaires.

Dans ce texte particulièrement comminatoire, paru le 29 avril, Khaled Nezzar soutient que “jusqu’à la dernière minute, le porte-parole du président – son frère Saïd – s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées pour garder la haute main sur les affaires du pays”.

Voici ce qu'il écrit en substance sur cet échange particulièrement troublant : "Le 7 mars 2019, j’ai reçu un appel émanant de lui par l’intermédiaire d’un ami. Il voulait me voir. Après quelques moments d’hésitation, j’ai décidé d’accepter. Nous nous sommes donc vus. L’homme était visiblement dans le désarroi. Il voulait connaître mon opinion sur ce qui se passait dans le pays et sur ce qu’il pouvait entreprendre pour faire face à la contestation populaire.

Je lui dis : «Etant donné que le peuple ne veut pas d’un cinquième mandat, qu’il veut aller à une deuxième République et qu’il rejette les membres de la classe politique en charge actuellement de responsabilités, j’estime qu’il faut répondre à ses demandes. Je vous suggère d’étudier les deux propositions suivantes :

La première proposition :

– Prendre comme base de travail la lettre du Président qui parle de conférence nationale, la compléter en précisant les délais quant à sa durée de vie.

– Donner la date exacte du départ du Président qui ne devrait pas excéder 6 à 9 mois.

– Remplacer l’équipe gouvernementale actuelle par un gouvernement de technocrates.

Inconvénients de cette première proposition : la population pourrait la comprendre comme une tentative de passage en force, de même qu’elle pourrait être rejetée par les autres acteurs politiques comme pour les deux premières lettres.

La seconde proposition, la plus raisonnable :

– Que le Président se retire soit par démission, soit par invalidation par le Conseil constitutionnel.

Parallèlement :

– Désignation d’un gouvernement de technocrates.

– Création de plusieurs commissions indépendantes qui seraient compétentes pour préparer les futures élections et mettraient en place les instruments pour aller vers la deuxième République.

Je suggérais également à Saïd la démission du président du Conseil constitutionnel et ceux des deux chambres du Parlement. Le nouveau président constitutionnel assurerait la vacance du président de la République et légiférerait par ordonnances.

Inconvénient : une maîtrise moins aisée du processus du changement. Avantage : cette solution aurait toutes les chances d’être acceptée par l’opinion publique du moment que la décision serait entre les mains d’une instance de transition crédible parce qu’indépendante.

Saïd Bouteflika rejeta d’emblée cette seconde proposition, la trouvant, à son sens, «dangereuse pour eux». A la question : «Et si cette énième lettre était rejetée, que feriez-vous ?» Il me répondit : «Ce sera l’état d’urgence ou l’état de siège !» J’étais surpris par tant d’inconscience. Je lui répondis : «Si Saïd, prenez garde, les manifestations sont pacifiques, vous ne pouvez en aucun cas agir de cette manière !» A cet instant, je me suis rendu compte qu’il se comportait comme le seul décideur et que le Président en titre était totalement écarté.

Avant de le quitter, j’ajoutai : «La balle est encore dans votre camp. Surtout, ne perdez pas de temps, le mouvement est en train de faire boule de neige, bientôt il sera trop tard !»   

Les jours suivants, ayant eu quelques échos de ce qu’il tramait, j’ai compris qu’il avait décidé de n’en faire qu’à sa tête. La solution de sagesse que je lui avais proposée ne lui convenait donc pas.

Le 30 mars, vers 17 heures, nouvelle tentative du même Saïd Bouteflika pour me joindre,   cette fois-ci au téléphone. Après m’être demandé s’il était encore utile de lui répondre, j’ai finalement décidé d’écouter ce qu’il avait à me dire. Au son de sa voix, j’ai compris qu’il était paniqué.

Il me dit que le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP était en réunion avec des commandants des forces et qu’il pouvait agir contre Zéralda d’un instant à l’autre. Il voulait savoir s’il n’était pas temps de destituer le chef d’état-major.

Je l’en dissuadai fortement au motif qu’il serait responsable de la dislocation de l’armée en cette période critique.

Je suis revenu à la suggestion déjà avancée par moi lors de notre précédente rencontre, à savoir l’application de l’article 7 réclamé par le hirak et la désignation de membres de la société civile représentatifs pour assurer la transition et, ensuite, faire savoir immédiatement après que le Président se retirait.".

L'ancien patron de l'armée a estimé qu'il a tenté d'aider les Bouteflika à sortir par la grande porte, en leur conseillant d'éviter de recourir à l'instauration de l'état d'urgence. En vain. Car les événements se sont précipités et emportées le clan Bouteflika et ses oligarques.

Cette tribune constitue un lâchage en règle des Bouteflika, et une caution du général-major Ahmed Gaïd. Voire un viatique d'une nouvelle allégeance.

Auteur
La rédaction
 

Commentaires

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Dans un état de droit,tous ces sinistres sanguinaires "autoproclamés" généraux sur les champs d horreur et de massacres de bentalha,rais,benimessous,mascara,pieds monts de l' atlas tellien....contre des populations désarmées de bébés,d enfants,de vieillards ,de femmes et d adultes seront sous les verrous de la loi
Lorsque ce "sanguinaire" toute honte bue écrit à propos de la fraterie bouteflika ,rejetons marocains d un bain maure d oujda pour soldats en rute :"je leur ai proposés de sortir par la grande porte aux bouteflika !!!
Quel honteux personnage !De quel droit se permettait il,lui le sanguinaire, de proposer DE SORTIR PAR LA GRANDE PORTE à une fraterie de traîtres qui croyaient avoir un royaume en tamazgha centrale ,l'algérie algérienne ,et qui ont organisé la faillite de ce pays par la corruption,l'assassinat,printemps noir de kabylie 2001,le détournement par les rétrocommissions de sommes colossales en devises du trésor algérien vers les comptes en banques de cette vile fraterie de "voleurs" des banques hévétiques,émiratis,brésiliennes,luxembourgeoises,africaines,libanaises,chinoises,parisiennes,de monaco,de panama,des iles caiman......
De quel droit ce sanguinaire s arroge t il le droit d absoudre cette fraterie marocaine algérianophobe,bouteflika ,qui a saccagé et dévasté financiérement,socialement,cultuellement,économiquement et culturellement l'algérie algérienne ?
Dans un état de droit TOUT CE LAID MONDE DE CRIMINELS SERAITplutôt fait rentrer PAR LA GRANDE PORTE DE LA PRISON pour y être jugé pour trahison et ravage tout azimuth commis contre l algérie algérienne!

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Donc ce qui s'est fait, vient de lui,
en 1988, c'était des manifs pacifiques aussi mais, c'était un autre temps, le temps de la jeunesse, de l'inconscience, la sagesse vient avec la vieillesse quand on est plus sur ces didanous,

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