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CRISE POLITIQUE

Ali Benflis : "La présidentielle pourrait être un facteur aggravant de la situation"

Nous publions la déclaration d'Ali Benflis, ancien candidat à la présidentielle, sur la situation actuelle et l'agenda que le pouvoir entend imposer aux Algériens.

"La crise actuelle prend des dimensions éprouvantes pour nos compatriotes, pour la société dans son ensemble et pour l’Etat national lui-même. Comment abréger cette épreuve et comment en contenir les coûts politiques, économiques et sociaux ? Voilà la question dominante du moment.

Toutes les révolutions, mêmes les plus pacifiques, ont un prix dont les pays doivent s’acquitter tôt ou tard. Tout l’enjeu est de maintenir ce prix dans les limites du supportable pour un Etat fragilisé comme le nôtre, pour une économie nationale déjà à l’agonie et pour une société qui aspire à avancer et non à reculer. Une crise qui dure est toujours dangereuse. Chaque jour qui passe apporte son lot de complications qui rendent son règlement plus problématique et plus complexe.

Ce règlement n’est déjà pas aisé et toute la lucidité et la sagesse commandent de ne pas différer les solutions qui sont à portée de mains aujourd’hui mais qui, demain, risquent de ne plus l’être.

Lorsque je pense à la crise actuelle, c’est immanquablement un alignement de trois murs qui se forme dans mon esprit.

Il y a ce premier mur qui obstrue actuellement l’accès à tout règlement. Il s’agit de l’application stricte et intégrale de l’article 102 de la Constitution. Cet article avait toute sa pertinence  pour organiser constitutionnellement la déclaration de vacance de la fonction de Président de la République. Le reste du dispositif qu’il met en place pour pourvoir à cette situation de vacance entre, par contre, en conflit frontal avec les revendications légitimes de la révolution démocratique pacifique en marche dans notre pays. Ces revendications sont claires comme de l’eau de roche.

D’une manière générique, elles portent sur le départ du régime politique dans son ensemble. Et d’une manière plus spécifique et ciblée, c’est ce même ordre de départ qu’un large consensus national donne à toutes les figures emblématiques de ce régime encore aux commandes des principales institutions du pays.

Ce premier mur est loin d’être infranchissable. Son franchissement, ne dépend que d’une volonté politique claire et résolue. Son levier se trouve dans l’hybridation politique et constitutionnelle que permet la mise en œuvre combinée des articles 102, 7 et 8 sans préjudice d’autres  articles de la Constitution disponibles pour offrir la nécessaire couverture constitutionnelle aux aspects politiques du règlement de la crise actuelle.

Cette hybridation politique et constitutionnelle dispose de mécanismes déjà identifiés. Il s’agit d’en choisir le plus adapté, le plus accepté et le plus proche de l’esprit et de la lettre de la Constitution. Tout cela n’est qu’affaire de volonté politique.

Il y a un deuxième mur qui se profile à l’horizon. Si rien n’est entrepris dans l’intervalle, il viendra s’aligner sur le premier, et alors ce n’est pas un simple mur mais un double mur que le pays aura à franchir.

En effet, dès le 23 de ce mois, c'est-à-dire dans une quinzaine de jours, il sera  procédé aux dépôts des candidatures aux présidentielles auprès du Conseil constitutionnel. Avec ce dépôt, le processus électoral effectif entamera sa marche.

Alors même qu’aucune condition exigible pour la bonne tenue des présidentielles n’a été remplie, est-il bien avisé de permettre à ce processus d’aller à son terme au risque d’exacerber la crise actuelle et de la faire entrer en terrain inconnu ? Dans le contexte actuel et en l’absence du moindre accord sur sa préparation, son organisation et son contrôle, la tenue des présidentielles à l’échéance fixée est loin, très loin, d’être la solution à la crise. Elle présente tous les risques réels d’en être un facteur aggravant.

Si ce constat est établi comme la raison d’Etat le commande, les présidentielles devraient être reportées pour permettre leur tenue ultérieure dans les conditions les plus acceptables et les moins récusables. Un accord sur ce report serait hautement utile. Il devrait intervenir avant la date fatidique du 23 mai courant. Au-delà de cette date, ce n’est pas un mais deux processus électoraux qui auront été annulés en un peu plus d’un mois avec un surcroît de discrédit au préjudice d’un Etat déjà lourdement atteint d’instabilité, de précarité et de fragilité.

Il y a, enfin, un troisième mur qui se profile à un autre horizon pas si lointain, c’est l’échéance du 9 juillet prochain, avec l’arrivée à son terme de la période de 90 jours nécessaires à l’élection d’un nouveau Président de la République conformément à l’article 102 de la Constitution. Ce troisième mur viendra s’ajouter aux deux précédents et c’est à une course d’obstacles que le pays devra se livrer.

Ici, l’alternative est visible à l’œil nu. Ou bien, en dépit de tous et de tout, un nouveau Président de la République aura été élu dans une opération à marche forcée et nous entrerons ensemble en terra incognita. Ou bien l’élection, en toute probabilité, n’aura pas eu lieu et nous serions alors, toujours ensemble, confronté au vide institutionnel et constitutionnel le plus total avec en toile de fond une instabilité et une incertitude politiques non moins totale et non moins périlleuse.

Voilà l’image réduite de la crise actuelle que j’ai à l’esprit à travers ces trois murs dont l’un se dresse déjà devant nous et dont les deux autres s’élèveront fatalement sur notre chemin si nous ne faisons pas œuvre d’imagination, d’entente et de sens des responsabilités pour abattre dès maintenant le premier d’entre eux qui nous ferme hermétiquement l’accès au règlement de la grave crise actuelle.

Pour ce faire, le dialogue national n’est pas seulement une nécessité. Il est d’une urgence absolue. Le dialogue n’est pas seulement un impératif moral. Il n’est pas simplement le moyen le moins coûteux de règlement de la crise. Il n’est pas non plus une fin en soi.

Ce dialogue est d’une urgence absolue pour faire bon usage des solutions qui existent maintenant avant qu’elles ne se mettent progressivement hors de notre portée les unes après les autres.

Un dialogue fructueux c'est-à-dire un dialogue productif de résultats qui influent favorablement sur le cours du règlement de la crise devra être assis sur des bases solides. Qu’est-ce à dire ? Cela veut dire que tous nos efforts doivent se concentrer sur le franchissement du premier mur qui nous ferme actuellement la voie du règlement. Et si le dialogue permet le franchissement réussi du premier mur, il empêchera du même coup l’apparition prévisible des deux autres dans un avenir bien proche.

Cela veut dire, aussi, que ce dialogue doit être pourvu des moyens de sa réussite. Il y a d’abord la problématique des interlocuteurs valables et crédibles que ce dialogue doit réunir. Dans ce contexte, la partie invitante à ce dialogue doit être d’une autorité morale et politique incontestable et irrécusable. Cette partie invitante ne devrait d’aucune manière et en aucune circonstance être elle-même un facteur d’empêchement de la simple amorce du processus de dialogue.

Il y a ensuite le cadre de ce dialogue à établir avec une vision globale de la crise et des exigences de son règlement effectif et rapide.  De ce point de vue, l’attention doit se porter non pas sur les données périphériques de la crise pour aussi importantes qu’elles soient mais sur son noyau véritable.

Et ce noyau réside dans l’application littérale et exclusive de l’article 102 qui concentre sur elle tant de refus et de rejet. Le cadre du dialogue dont il s’agit doit consister en une sorte de feuille de route assurant au pays une continuité  institutionnelle transitoire jusqu’à l’élection du prochain Président de la République.

Il y a, enfin, l’objectif précis de ce dialogue qui doit être fixé. Il s’agit de l’élection du Président de la République dans des conditions qui lui confèrent toute la représentativité, la crédibilité et la légitimité pour mener à bonne fin son mandat qui sera de toute évidence le mandat de la transition démocratique véritable à laquelle notre peuple aspire et que notre pays attend.

Voilà à mon sens, le dialogue dont le pays éprouve un besoin pressant. Face à un dialogue de cette nature porté par toutes les bonnes volontés, il n’y a ni mur infranchissable ni bastion imprenable ou inexpugnable."

Ali Benflis

 

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Le Peuple Algérien, disent “stop, Basta, ça suffit
À l’ingérence de la France”
Depuis le 22 février 2019 le peuple Algérien est sorti en masse plus de 25Millions dans toutes les rues d’Algérie, dans les 48 Wilayas, réclament haut et fort un changement radical du système mafieux et le l’ingérence Française.
L’inédit soulèvement populaire Algérien impressionne le monde entier par maturité intellectuelle, par sa force de ses slogans, par son coté pacifique. Le peuple Algérien a su rester uni et pacifique, et ce malgré les multiples tentatives de déstabilisations et de propagandes de ce régime mafieux et voyou.
La France pays de la démocratie et des droits de l'homme soutien la mise en place des élections du 4 juillet en Algérie que le peuple algérien a massivement rejeté.
Une fois de plus ce paradoxe à la française démontre une volonté d'ingérence et de déstabilisation d'un pays qui veut sortir de la corruption et installer un gouvernement légitime choisi par le peuple.
Mr Jean-Yves Le Drain Ministre des affaire étrangère ne s'est pas exprimé mardi sur la présidentielle algérienne du 4 juillet «Nous souhaitons que le processus électoral se déroule dans de bonnes conditions". Encore une fois la France et aveugle sourd et muet du crie de ce grand peuple Algérien libre et indivisible décide de le rester et de prendre en main son avenir
Un rappel à la France ; et aux Émirats arabes unis L’Algérie refuse de l’ingérence
Nous peuple Algériens plus de 48 Millions en Algérie et plus de 7 Millions en France et de17 millions dans le Monde, nous n’accepterons jamais et nous pardonnerons jamais vos agissements secrets, et votre ingérence dans notre souveraineté algérienne il y a une ligne rouge à ne pas franchir…
Les troublantes mises en garde de Sellal et de Valls
https://www.liberte-algerie.com/…/les-troublantes-mises-en-…
Crise politique en Algérie : la France cherche à préserver ses intérêts
https://www.revolutionpermanente.fr/Crise-politique-en-Alge
le peuple est agacé par l'ingérence française
http://www.micheldandelot1.com/en-algerie-les-manifestants-…
La Vérité à souvent besoin de Personne courageuse pour en parler.
https://www.facebook.com/watch/?v=1805157119568775
Michel Collon : « La France n’est pas l’amie du peuple algérien »
https://www.youtube.com/watch?v=TJTlGmqL4A4
Rappel à l’injustice occidentale
Nous trouvons en première ligne les Emirats Arabes unis qui appliquent à la lettre le programme des Sionistes, des Etats Unis, qui veulent coute que coute avoir la main mise sur le Pétrole Mondial.
Ces états criminels utilisent les «Médias Mensonges» pour mettre à terre tous ces pays qui veulent s’émanciper et prendre leur destin en main. Il faut remémorer que chaque guerre est précédée par un « Média Mensonge»
Quand les USA ont attaqué le Viet Nam ils ont dit que deux navires ont attaqué leur flotte, un an plus tard il s’avère que c’était faux, quand les USA ont attaqués l’IRAK, on a dit qu’il possédait les armes de destructions massives, que KADAFI était le complices de Al Qu’Aïda,… quelques années plus tard il s’avère que c’était faux , en Yougoslavie on a dit qu’il y avait un génocide au KOSOVO, puis il s’avère que c’est faux, on nous a dit qu’il était responsable dans attentats de 11 septembre…à chaque guerre il y a un Média Mensonges, mais après on constate que c’est faux, mais le mal est fait.
On constate après toutes ces guerres qui poursuivent d’autres objectifs cachés, mais qui ont fait beaucoup de victimes….
La France par son excellence et son hypocrisie s’immisce dans le front de bataille à visage masquée pour pérenniser le contrôle sur la politique intérieure et donc continuer s’accaparer les richesses pétrolière et gazière.
La main noire de la France n’a jamais quitté l’Algérie depuis 1962. La France est directement ou indirectement responsable des coups d’états commis successivement contre les chefs d’états Algériens, (six chef de d’états six « coups » d’état) ; à commencer par :
• président du gouvernement provisoire Ferhat ABBAS qui a été mise en résidence surveillée et emprisonné à Adrar dans le Sahara,
• le putsch (coup d’état) du président Ben BELLA 1965,
• l’assassinat du président Houari BOUMEDIENE décembre 1978,
• le coup d’état masquée du président Chadli BENJEDIDE poussé à la démission en 1992,
• l’assassinat du président Mohamed BOUDIAF JUIN 1992,
• le haut comité d’état, organe militaire (HCE) présidé par Ali KAFI pour assurer la transition d’un gouvernement provinoise jusqu’à l’arrivé de Liamine ZEROUAL en 1995, au bout de quatre ans et suite à des tensions au plus haut sommet de l’état, L. ZEROUAL annonce la tenue des élections anticipées pour 1999 (normalement prévue pour novembre 2000.
Abdelaziz BOUTEFLIKA emporte les élections au premier tour en avril 1999, celui-ci est resté au pouvoir jusqu’à 2019 (il s’agit d’une première passation de pouvoir entre deux président « élus »).
Entouré de plusieurs oligarques, ce régime mafieux et corrompu s’installe au pouvoir durant presque quatre mandats (presque vingt ans de pouvoir) avec au passage une révision de la constitution en 2008.
Suite au mouvement populaire pacifique et inédit, manifestation du 22 février 2019, le président A.BOUTEFLIKA très affaiblit est poussé à la démission de son poste de président de la république en avril 2019.
Saïd BOUTEFLIKA et le Général Toufik (ancien patron DRS) aidé par des services des renseignements Français, manigancent sur un plan de transition en vue des élections démocratique, Liamine Zéroual refuse ce plan machiavélique et décide de claquer la porte, selon des sources.
Depuis, on assiste à des fuites et démissions successives des ministres et des personnalités politiques, une dislocation du parti politique FLN et le refus total du peuple de l’ingérence des autres partis politique dans ce HIRAK.
En plus de l’ingérence de la France, on assiste à une compagne massive de désinformation sur les réseaux sociaux dans le but disloquer le HIRAK et semer le Chaos dans le pays.
La maturité et le degré de conscience politique élevé du peuple algérien, a fasciné le monde entier. Il a démontré par ses Slogans tranchants son hostilité à toutes immixtions ou ingérences étrangères et particulier Française.
Cher compatriote cher peuple souverain vous avez honoré l’Algérie dans le monde entier…,
Les Algériens de l’étranger de -Canada au Malaisie en passant les états unis et l’Europe et en particulier de France – sont et seront à vos coté dans la libération de pays de ce mafieux système. Vous avez notre total soutien.
Prochain article : l’ingérence étrangère dans l’économie Algérienne.
Dr Ismail GUELLIL

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