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DECRYPTAGE

Amar Belhimer ou Karim Younes : qui croire ? 

Amar Belhimer qui se dit désigné par le panel de dialogue pour conduire la commission politique, vient de déclarer  dans un entretien qu’il a accordé au quotidien national «L’Expression » dans sa livraison d’aujourd’hui le 07/08/2019 que « le panel n’a d’autre ambition que de réunir le consensus requis pour une élection présidentielle qui réunisse toutes les garanties de transparence et d’intégrité.

Il réduit la finalité de la conférence à « l’élaboration de textes régissant l’instance de surveillance et de contrôle de l’élection présidentielle. Plus loin, le professeur s’est étalé sur  un cours très « intello » de l’état social de marcher que très peu de « Hirakiens » vont pouvoir suivre, tellement sonné par une confusion entre la mission et l’objectif que le panel s’est fixé dès le début. Cette confusion entre la raison d’être de ce panel, le cœur même de ses activités et l’objectif  pour finalement appliquer la feuille de route du pouvoir en place en a étonné plus d’un.

Elle montre incontestablement un déficit de communication au sein même du panel qui devient, si l’on ajoute les déclarations de Fatma Zohra Benbrahem, un espèce de patchwork dans lequel chacun suit des objectifs dans lesquels il projette ses propres ambitions ou ses idées. Quelquefois même et pour certaines, se faire connaître directement en liaison avec leur profession. En termes simples un tremplin pour une publicité commerciale. 

Pourtant, le coordinateur dans sa dernière prestation à « Radio M » reprise en détail par l’Agence Algérie Presse Service, avait donné l’impression de mettre fin à toutes les déviations communicatives  en clarifiant de nombreux points en direct avec les aspirations du mouvement de dissidence populaire. D’abord, les six premiers membres qui étaient reçus par le chef d’Etat n’ont pas été contactés par la présidence ni un organe quelconque officiel mais c’est sur une initiative du président du Forum de la société civile pour le changement, Abderrahmane Arar. 

En dépit de la réception des membres du panel par le chef de l’Etat disposant de sa propre feuille de route, les membres lui ont fait  part de leur objectif qui est de « trouver une issue à cette crise » Pour lui « toutes les déclarations faites à ce titre sont infondées.»  En dépit ajoute-t-il des discussions qui vont démarrer aujourd’hui avec les éléments représentant le Hirak à travers les régions d’Algérie, les revendication de mouvement de dissidence populaire qui est de conditionner l’amorce du dialogue par la libération des détenus et l’arrêt de la violence, la levée des restrictions sur les citoyens manifestants qui veulent se rendre à Alger, restent non négociables pour certainement ne pas employer le terme préalables qui pourrait choquer le vieux général. 

Mais dans le fond il a fait entendre qu’il ne pourrait y avoir de médiation dans un tel climat de tension. Il est allé très loin, profitant de cette occasion pour  lancer un appel pressant à Abdelkader Bensalah «afin d’honorer ses engagements pour concrétiser ces revendications, particulièrement le départ de l'actuel gouvernement, principale revendication du Hirak populaire ».

Pour Karim Younès et c’est le plus important, ni la présidence et encore moins l’armée «ni aucune autre partie » n’auront à s’ingérer dans le dialogue qui aura à être attentif à « toutes les initiatives de l’ensemble des acteurs».

Enfin, une précision de taille, le panel ne dispose « d’aucune orientation ni directive lors des réunion de consultation,  il n’y a aucun document officiel ni aucune plateforme unifiée concernant la réunion de ce mercredi ». «Les  travaux porteront sur les plates-formes des réunions du 15 et 26 juin ainsi que celle du 6 juillet dernier », a-t-il ajouté. Pour lui, le panel est là pour «exclusivement contribuer à la satisfaction des revendications s du peuple ».

On est donc très loin des élections présidentielles et  encore moins du discours du chef des armées Ahmed Gaïd Salah qui, selon toute vraisemblance, n’a pas du tout emballé le coordinateur du panel. 

 

Auteur
Rabah Reghis