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COMMENTAIRE

Après la non-politisation du Hirak, voilà l'eau tiède des politiques !

Après l'échec du merveilleux mouvement du Hirak pour ne pas s'être organisé dans une dimension politique, voilà les mouvements politiques qui reviennent avec des propositions aussi tièdes qu'inutiles. Peut-être qu'un jour, l'Algérie aura les deux dimensions pour combattre les généraux, la colère de la rue et l'organisation politique.

Je viens de lire la déclaration du Pacte pour l'alternative démocratique, je suis consterné. Les jeunes manifestants pensaient dégager les généraux avec seulement des danses dans les rues, les organisations politiques pensent le faire à leur tour avec des phrases auxquelles il manque une conclusion : «Et si vous n'arrêtez pas, pan pan pour les vilains !!!».

Tout cela n'est pas sérieux. Je ne vois nulle part une menace aux généraux pour les traîner devant les tribunaux. Je ne vois nulle part la recommandation de sortir la religion manu militari de la constitution. Je ne perçois aucunement la volonté de mettre à bas les textes pestilentiels comme le code de la famille.

Certes, ce pacte n'est pas un programme gouvernemental et se contente des idées générales que veulent impulser les membres du pacte pour l'alternative démocratique. Mais si c'est pour reproduire les mêmes phrases, banales et sans discussion possible tellement on ne peut les contredire, c'était bien la peine de tout ce bruit.

Il est vrai que nos grands opposants se sont déjà confrontés au régime militaire en participant à leurs institutions, sous leur contrôle. Ils y ont appris le langage de la prudence et du vague, celui qui ne les met ni en danger ni en situation d'effaroucher le moindre poil de la moustache d'un général.

Cela suffit, ces grandes rencontres que nous avons tellement connu dans le passé avec des phrases aussi vagues et creuses. La révolution algérienne est morte de ne pas avoir fait la convergence entre le politique et la colère des rues.

Contrairement à ce que cette charge virulente pourrait le faire croire, j'ai une grande estime envers bon nombre des signataires de ce pacte. Je les soutiens et espère leur réussite mais je suis loin d'en être convaincu. Je ne crois pas un seul instant qu'ils posent les questions qui fâchent, avec un ton menaçant de démocrates qui ont envie d'en découdre.

C'est bien dommage et Gaȉd Salah doit attraper un fou-rire en lisant les menaces du Pacte. Des résolutions comme celles-ci, il en a lu des milliers depuis son début de carrière. Il sait maintenant, comme toujours, que le danger vient seulement de ses amis et non d'ailleurs. Les généraux n'ont été menacés que par des luttes internes et des règlements de compte.

Laissez-moi vous proposer l'une des fortes résolutions du pacte, menaçante et sans concession adressée aux généraux, une de celles qui font frémir les dictatures et les poussent à négocier.

« Ouvrir le champs politique et médiatique. »

Ils doivent en trembler de stupeur !

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant
 

Commentaires

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"iy'hedder verra iw'ennar" traduction : botter en touche. De ceux que tu fustiges @ SLB, le mouvement comme le reliquat d'opposition, les uns comme les autres se retrouvent comme des spectateurs catapultés dans la scène de théâtre qui dure depuis bien avant 1962. On peut critiquer à volonté mais c'est comme cracher dans le ciel, ça vous revient sur la gueule! car c'est l'affaire de tout un chacun. Je suis absolument d'accord avec ta phrase : "Je ne vois nulle part la recommandation de sortir la religion manu militari de la constitution." Bien d'autres l’avaient soumise en 88 mais dans une société bigotisée jusqu'à la moelle, même l'assemblée constituante ne garantit pas son avènement! La solution, pour ma part, se trouve dans une orientation fédérale de ce territoire, avatar de la France coloniale et soumis aux influences hégémoniques de l'orient et l'occident.

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C'est désolant qu'un intellectuel démocrate aussi brillant que Boumediene Sid Lakhdar, puisse être aussi défaitiste. En plus notre ami se permet de dire une contre vérité : "Cela suffit, ces grandes rencontres que nous avons tellement connu dans le passé". Que Boumediene Sid Lakhdar, nous dise quant ce panel des démocrates s'est retrouvé depuis 1992, JAMAIS AU GRAND JAMAIS.
SVP, Boumedienne Sid Lakhdar, apportez votre contribution, assistez à la convention nationale du 31 aout 2019, nous avons besoin d'un intellectuel démocrate comme vous, vous avez toujours fait la démonstration que vous n’êtes pas un intellectuel organique.

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Bonjour chers compatriotes démocrates, chers patriotes et cher hirak !

Pardon de vous importuner, mais il me semble qu’il est temps de répondre à certains questionnements préliminaires importants mais de la plus claire des manières. Il faut bien sûr continuer à s’engager près du hirak dans la rue, sur le terrain d’une manière concrète, mais il faut se déterminer d'une manière claire sur la conduite de la transition. Le militantisme sur le terrain est utile , il doit continuer mais il ne réglera pas tout ! Il nous donc d’abord répondre clairement à quelques questions préliminaires : Est-ce qu’il faudrait laisser (ou pas) les partis politiques parler au nom du hirak ? Est-ce qu'il faudrait faire participer (ou pas) les partis politiques aux "négociations" avec l'armée ou ses représentants ? Est-ce qu’il faudrait refuser (ou pas) d’aller à la Présidentielle avec la Constitution de 2016 ? Est-ce qu’il est dans l’intérêt du hirak que les partis politiques de l’opposition exacerbent médiatiquement et ouvertement les tensions entre leurs propres thèses et options ce qui ne fait que le jeu du pouvoir et qui n’arrange que le pouvoir de nous voir diviser.

De mon point de vue, et ce n’est qu’un point de vue, il serait bon que le hirak ne fasse pas appel directement ou indirectement aux partis politiques pour mener les négociations de sortie de crise avec le pouvoir. En effet, si c’est le cas il n’est pas exclu que le FLN, le RND, le TAJ, le MPA et les autres partis politiques satellites du pouvoir (et il y en a une flopée) mettent leur grain de sel dans la marmite et vont venir exiger leur présence dans le débat. Cette situation , si elle se présente, va complètement perturber les objectifs de la révolution citoyenne ! Je sais que pour l’instant le hirak est déterminé, qu’il ne lâche rien mais est-ce que çà va durer dans le temps vu que la situation politique semble se compliquer en durant dans le temps ? Les démocrates espèrent tous que le hirak va tenir bon puisqu’ils sont tous avec lui et tous les jours sur le terrain. Mais rien n’est sûr que la pression sur le pouvoir dure dans le temps, car les solutions consensuelles tardent à voir le jour au sein même du pôle démocratique. Même si c'est en train de se faire, elles prennent trop de temps à se dessiner à mon sens.

Les partis politiques dits de l'opposition ne devraient pas faire de la surenchère médiatique entre eux pour exacerber les divergences qui existent réellement à propos de la sortie de crise ! A mon avis, le hirak devrait le signifier lors de ses marches devenues presque quotidiennes en demandant aux partis politiques de ne pas se mettre trop en avant. Certes les partis politiques de l’opposition ont le droit d’avoir leurs opinions, de faire les réunions qu’ils souhaitent, mais ils n’ont pas à perturber directement ou indirectement le hirak qui, lui, sait ce qu’il fait. Le hirak est dans la bonne attitude, la bonne dynamique, la bonne trajectoire depuis le 22 février 2019 par ces principaux slogans : système dégage, Etat civil et non militaire, itneh’aou gaa ! Si les partis politiques entrent entre dans la danse , ce sera la cacophonie, même si on doit avoir du respect pour les partis politiques et que leur existence est une nécessité ! Les dirigeants et cadres des partis politiques démocrates doivent s’impliquer en simples citoyens dans les manifestations de hirak et dans le débat national et non en tant que parti politique.

Il faut mieux laisser les personnalités (bien sûrs non impliquées dans le sérail) qu’on trouve au sein de la société civile, des associations, des ligues des droits de l'homme, des divers syndicats et diverses corporations comme celles les avocats, des travailleurs, les magistrats, des étudiants, des enseignants, des médecins, etc... etc.. pour faire émerger ceux qui parleront au nom du hirak par un mécanisme d’élection de leurs représentants au sein de chaque entité, puis au niveau local et régional et enfin au niveau national afin d’avoir une représentativité légitime. Certes chacun des partis politiques dits de l’opposition ont le droit d’avoir leur avis, leur opinion, de se prononcer sur la situation politique du pays, de faire des propositions, de s'impliquer dans le débat national, mais la conduite la représentativité du hirak et les opérations de "négociations" doivent se faire à partir des représentants élus au sein du mouvement du hirak et de la société civile. Il faut à tout prix que les partis politiques ne soient pas les représentants du hirak ou les intermédiaires entre la hirak et le pouvoir.

De toute façon, la société va avoir inévitablement besoin des partis politiques plus tard quand les règles institutionnelles seront claires, que l'Etat de droit et la république démocratique et sociale seront enfin installés et pour que le combat politique partisan reprenne ses droits !

C'est mon point de vue, un point de vue parmi des milliers d’autres. Il serait bien que chacun d’entre nous se détermine par rapport à cela et qu’il énonce clairement son point de vue. Moi, je le dis clairement ci-après, et ce n’est pas pour donner des leçons car j’ai bien conscience que chacun a choisi sa stratégie et sa façon de militer sur le terrain à sa façon. Mais il faut que les langues des citoyens se délie, c’est ce qu’on devrait attendre théoriquement des intervenants sur la Toile, des facebookers, des intellectuelles, des partis politiques démocrates, des personnalités et de la société civile en général pour dire clairement comment ils voient la méthode pour sortir de la crise. Il y a certes déjà des points qui sont partagées fort heureusement par la majorité des intervenants et qui sont des conditions préalables et incontournables avant l’ouverture de toutes négociations : exigence de ouverture du champ politique, de la mise en liberté immédiate des prisonniers politiques et politiques, de l’ouverture du champ médiatique, de l’arrêt de toute agression, poursuite et pression sur le hirak, d’exiger des services de sécurité de jouer leur vrai rôle qui est celui de protéger les citoyens et non être au service du pouvoir, de ses clans et l’Etat Major ! Ceci dit :

1/- En ce qui me concerne, je suis pour :

- la modification de certains articles de la Constitution pour expurger ceux qui donnent des pouvoirs exorbitants au Président de la république, ceux qui ne garantissent pas la séparation des pouvoirs, et de mettre plus en exergue les articles qui conforteront les aspirations du hirak (libertés individuelles et collectives, liberté d’opinion et de cultes , liberté syndicale, liberté d’association et de réunion, indépendance de la justice, la séparation du politique et du religieux , séparation du civil et du militaire ). C’est que qu’appelle la constitutionnaliste Fatiha Benabbou, « la petite Constitution » et plusieurs pays l’on déjà pratiquée en situation de crise.

- la modification de la loi électorale qui détaillera l’ensemble des règles d’organisation des élections (entre autre …durée des mandats, détermination des circonscriptions électorales, mode et procédure d’actualisation des listes électorales établies par circonscription, mode de désignation et rôle de la commission permanente des élections etc.. etc..)

- soumettre ces deux importants textes à l’approbation du peuple par voix référendaire (article 7 : le peuple est la source du pouvoir. la souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple.)

- la désignation des représentants du hirak par les mécanismes que j’ai expliqué plus haut. Ce sera ces représentants ,et non ceux des partis politiques, qui devront proposer les personnes qui composeront l’Instance Collégiale Représentative chargée de piloter la transition (si l’idée de cette instance est acceptée), la constitution d’un gouvernement de compétence (ou de transition) pour gérer les questions courantes et assurer la continuité de l’Etat et enfin les personnes qui assureront des missions au sein de l’Instance Indépendante d’organisation et de contrôle des élections.

2/- je suis contre :

- l’option d’aller à l’élection présidentielle sans avoir modifier auparavant les deux textes dont je parle plus haut et contre l’idée déléguer au prochain président élu l’organisation de la transition. Je trouve paradoxal que certaine voix soient d’accord pour aller aux élections sans modification de la Constitution qui est connue hyper présidentielle.

- l’idée selon laquelle la mise en place d’une Instance Indépendante d’organisation et de contrôle des élections et quelques promesses du pouvoir sont suffisantes pour avoir à un élection transparente et crédibles alors que les personnels politiques, institutionnels et administratifs du clan précédent est toujours en poste.

- l’idée d’aller à une Constituante qui nous demandera énormément de temps et dont la Constitution ne sera pas facile à enfanter à partir de l’Assemblée Constituante du fait des ruptures (parfois profondes) idéologiques, cultuelle, linguistique, culturel etc... qui existent dans la société algérienne même si le Hirak a mis admirablement de côté ces questions qui fâchent mais qui peuvent se réveiller durant les débats au sein de la Constituante !

- l’idée de précéder toute élection (législative ou locale) avant d’aller l’élection présidentielle. Il y a des personnalités politiques respectables qui estiment qu’il faut aller aux législatives avant la présidentielle. C’est leur avis que nous respectons démocratiquement, mais est-ce qu’on est sûr de la coloration de cette future Assemblée ? Est-ce que la question du mode de scrutin va être facile à régler rapidement (scrutin à proportionnelle, scrutin uninominal, scrutin de liste, scrutin majoritaire, scrutin mixte etc..) il y a à boire et à manger car chaque scrutin a ses partisans.

CONCLUSION : je suis, en gros, pour une petite modification de la Constitution et grosse modification de la loi électorale à soumettre au référendum populaire, la désignation d’un gouvernement de compétence, la désignation d’une instance collégiale pour piloter la transition, l’actualisation de la liste électorale pour pouvoir enfin aller à l’élection présidentielle et ce avant toute autre élection ! Que ceux qui ont des solutions, des propositions, des options nous les donnent d’une manière précise et concrète ! Je suis un démocrate impénitent, et donc j’accepterai toute critique … mais argumentée. Moi je détaille autant que possible mon point de vue , c'est aux autres d’en faire autant ! Mes respects à tous les avis mais ceux qui sont dans l'intérêt du hirak, bien sûr.

Bon courage au hirak et vive la révolution citoyenne ! Et merci de me publier

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Les propositions des partis politique, des associations ...pour sortir de la crise, me rappelle l'ultimatum adresse par la Kasma du FLN d'Oum-El-Bouaghi au president des Etats-Unis Richard Nixon pour quitter le vietnam dans les plus brefs delais.

Pour faire tomber la junte militaire, il faut passer a d'autres actions, comme parexemple des greves des aeroports, des ports, Hassi-Messaoud, les administrations etc...la diaspora algerienne doit changer elle aussi de tactiquer, les manifestations devraient se derouler devants les ambassades, les consultats algeriennes.
Durant la revolution, la greve des huit jours constitue une des etapes les plus importantes dans l’histoire de l’evolution du mouvement revolutionnaire algerien, puisqu’elle est intimement liee au developpement de la question algerienne aupres des Nations Unies.

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je pense que l'auteur a un vrai problème psychique avec la réligion,heureusement qu'il fait partie de la petite minorité des algeriens qui ont le meme avis,et qui ont peur des referundum et des election car ils ne vont recolter que des miettes

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