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Mesmar Djeha

Au IXe acte de la révolution, Gaïd Salah est presque président!

Depuis Bouteflika, le cadre est devenu une véritable institution. Un symbole de puissance, car nul besoin de faire de longs discours, du moment que le cadre peut dire tout le mépris qu’ont ceux qui l’habitent, envers le misérable peuple. Trop lourd à porter pour certains, trop étroit pour d’autres, mais à peine vidé, que beaucoup s’y voient déjà beaux dedans. Les candidats pour l’occuper se bousculent. Il y a foule au portillon. Des copies d’Erdogan à la pelle, quelques minables Ghennouchi et un pitoyable Sissi.

Et c’est ce dernier qui le tient presque, qui y rêve chaque nuit, au coucher, en enlevant son uniforme et son dentier, surtout qu’il a dû secouer bien fort pour que le vieil accrocheur Bouteflika daigne enfin tomber. Place aux jeunes de 80 ans, se dit notre Sissi, car comme lui, il est passé du servile caporal, protecteur de la « légitimité » du président-cadre et des aspirations de son clan, au grand maréchal protecteur de la « légitimé » constitutionnelle, garant de la souveraineté nationale et des aspirations du peuple. Des pointes des pieds au grand écart. Une véritable ballerine en surpoids !

Aux revendications de la rue, Gaid Salah feint ne rien comprendre, ou pire - et ça ne serait pas étonnant- il ne comprend vraiment rien. Aux multiples marches quasi-quotidiennes, aux revendications claires, au refus et à la révulsion de tout le système et de ses figures, il répond par la diversion, la ruse et les cabrioles, yeux, bouche et oreilles fermées. Il est les trois singes à la fois. Il est le déni, l’aveuglement et le mépris. Il est le système dans toute sa singerie !

Après que son institution l’ait foulée de plain-pied, piétinée, (re) piétinée, mâchée, crachée, recrachée et essuyée avec, voilà que Gaid Salah se rappelle aux bonnes manières et au respect de la constitution. Celui qui est issu de l’institution qui a fait et défait les présidents depuis les débuts, au gré des humeurs, des intérêts macabres et des affaires scabreuses, vient nous chanter des airs de droiture dignes d’un Haroun El Poussah. Mais personne n’est dupe.

Lorsqu’on a marché à faire trembler les seigneurs du pouvoir, à les faire douter de leur puissance, à écorcher leurs certitudes et alliances, à en faire des girouettes. Lorsqu’on fait dégager l’As de pique Bouteflika, taire à jamais l’hypocrite Ouyahia, retourner ses lieutenants, ravaler sa morve à Benyounes, enterrer vivant Ammar Ghoul, enfouir le lèche-botte Ould Abès, s'enfuir le courtisan Haddad et déloger la serpillière Belaiz.

Lorsqu’on a marché à faire vibrer pavés et cœurs, à forcer l’admiration du monde, à lui donner des leçons de civisme et d’amour de la patrie, on se dit que ce mouvement, cette révolte, cette révolution a déjà réalisé l’impensable besogne de faire, d’un peuple disloqué, un corps unique et unifié, et que le reste, tout le reste, la justice, et la liberté, n’est qu’une question de temps.

Mais comme l’appétit vient en mangeant, et que ce qu’on nous a servi jusque-là comme entrée n’est que le plancton de cet océan de lascars et de vermines, alors on marchera encore, et on fera trembler les trônes chancelants de nos dieux déchus. On le fera jusqu’à ce que l’on nous serve les gros gibiers en méchoui, le plat de résistance, quelque chose de plus consistant, des généraux en brochette, leurs enfants en merguez et des paëllas bien garnies de l’entourage du toujours intouchable pensionnaire de Zéralda.

On les fera alors fuir, décamper, détaler dans des chaloupes de fortune, sans leur fortune honteusement amassée. On les enfermera derrière des barreaux rouillés et les portières moisies de l’Histoire, et du fond de leurs cellules froides et crasseuses, ils verront naître une nation colorée et éclore des enfants arc-en-ciel. Ils supplieront du haut de leur infâme arrogance des juges incorruptibles, sans nul autre Évangile que celui de la loi, sans nul autre prophète que leur simple conscience.

Lorsqu’on marche ensemble pendant neuf semaines, lorsqu’on se réapproprie le ciel et son soleil, lorsqu’on reconquiert les villes, les plaines, les villages, les rues et le sens de la fratrie. Lorsqu’on souffre ensemble pour une cause - que l’on pleure, geint, rit pour son prochain - la solidarité, l’entraide et la résistance deviennent une seconde nature, un réflexe, une identité. Alors, on aura encore le souffle pour continuer à marcher, des années s’il le faut, et on  portera tous fièrement le même nom: citoyens Algériens et libres !

Auteur
Hebib Khalil
 

Commentaires

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Durant sa 1ière visite officielle en France,le nabot (1.59 m de taille),empressa de dire
devant les caméras de médias étrangères,que l’occident a Montesquieu
et que les bougnoules,n’ont que Djeha !
À Davos,la même année,il se plaignit que
les bougnoules SOIENT DES FEIGNEASSES!
Donc,ledit mépris des bidasses envers le peuple,est mûrement MÉRITÉ !
Car,s’ils FURENT MIS À CETTE PLACE DE POUVOIR,par le peuple,DONC,LES BIDASSES,pensent qu’ils en ont pleinement LE DROIT D’EN ABUSER!

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Bensalah , Gaid salah, bedoui... gaa i rouhou.... Pour Une algerie jeune et dynamique..
Ali

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Quel plaisir de lire un si bel article !! Les médias nous ont longtemps habitué à une prose insipide et souvent indigeste qu'il m'était difficile de ne pas saluer un talent si rare.
Courage Algérie !

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Merci pour ce superbe article. Les éleves qui rusent, tergiversent et usent de procédés malsains finissent toujours par être dégagés.

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Merci pour cet époustouflant article, c'est tout ce que j'aurais aimé dire haut et fort...

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Eh ben dis donc ! il y a encore ceux qui ont des doutes sur le poste qu'occupe actuellement Gaid Salah. Est-ce que vous croyez quelqu'un que tout le peuple et ses elites restent suspendus a ses levres, il suffit qu'il debite le moindre mot pour que les chauffeurs de tambours envahissent les plateaux de tv pour expliquer au peuple que Gaid Salah est a cote des manifestants, donc la victoire est trop proche. . c'est lui, un militaire qui ordonne a la justice civile d'activer les dossiers de corruptions qu'il selectionne lui meme. Said Bouteflika , Kouninef, Tliba, Boucharabe Panama, Saidani, Chakib Khalil, Ghoul, Sellal, les Generaux et leurs enfants qui vivent dans le luxe a l'etranger, personne parmi ces charognards qui ont dilapide les richesses du pays n'a ete inquiete jusqu'a present. Est-ce que vous persistez encore a vous demandez quel poste occupe Gaid Salah, alors que la realite dit que c'est lui qui est en train de faire le beau temps et la pluie,

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La chanson " quand on a que l'amour" de Jacques BREL a dû ,sans doute, vous inspirer pour l'écriture de ce brûlot ô combien révolutionnaire !
Bien à vous Maître KHELIL.

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Je trouve cette analyse de la situation, très fine, et surtout écrite avec une telle subtilité....qui ce fait un peu rare, et pas à la portée de tous.
Merci à vous de continuer à nous ravir avec une telle plume.

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Bonjours chers citoyens et en même temps je vous dit adieu !!

Je vais dire une toute dernière chose, et après je décide de ne plus parler de la khalouta, tchecktchouka politique algérienne. J'abdique et je reconnais que je ne comprends rien à rien, c’est normal j'ai un cerveau … de piaf, de petit moineau. De toute façon, çà ne m'intéresse plus désormais et je m'en fous de tout ce qui peut arriver. Que le peuple descende dans la rue ou pas, je m'en contrefiche !!!

Mais juste une ..... toute petite grande derrière ... chose qui m'insurge : comment se fait-il que la société civile, les partis politiques, les intellectuels, les magistrats qui ont défié le Conseil constitutionnel, les avocats, les personnalités du monde politique etc... etc acceptent et n'interpellent pas Gaid Salah concernant sa chasse aux sorcières, ces règlements de compte bine ciblés alors que rien n'a été décidé sur le plan politique, rien n'a changé sur le plan institutionnel et gouvernemental, que les structures et les personnels au sommet de certaines institutions et de l'Etat sont toujours intactes !

Pour moi, c'est un horrible scandale de mettre la charrue avant les boeufs ! On continue de gouverner comme avant « par téléphone », …. « par l'injonction » « par ordre venu d’en haut » comme du temps du FLN/DRS/Bouteflika et nous on continue de regarder les choses comme des sortes de complices, d’attendre comme des toutous qui se veulent zaamaaa, zaamma civilisés, les feuilletons de Gaid Salah semaine après semaine ! Je m'insurge contre cette manière d'interpeller certains oligarques, même si de forts soupçons peuvent peser sur eux, je m’insurge contre ces incarcérations abusives, ces arrestations ciblées avec menottes bien verrouillées par une gendarmerie et une police aux ordres, sans qu’on laisse le temps nécessaire à la justice de convoquer les personnes soupçonnées d’une manière sereine, civilisée et responsable et surtout tout en leur donnant la possibilité de bénéficier de la présomption d'innocence ... prévue par la loi ! Paradoxalement, on revendique une démocratie, une justice indépendante, un Etat de droit et on exulte, on se réjouit des entorses au droit, à la justice, de procédures bizarre venu de ce « sacré » Gaid Salah, le nouveau Rab Edjaeir. ! Pour ne prendre que le cas Hadad, si il y a de forts soupçons d'infraction et de corruption, on lui établi une ISTN, on limite certains de ses droits civiques, mais on le laisse en liberté provisoire jusqu'à ce qu'il soit convoqué et jugé par la justice avec un droit à la défense digne de ce nom !

Mais on accepte que ce nouveau Rab Ed’zaier fasse ce qu’il veut. On nous explique qu’il faut donner du temps eu temps, que la démocratie c’est difficile à mettre en place et qu’il nous faut de la patience alors qu’on n’a même pas pris le départ du 100 mètres , avant de faire le marathon de la démocratie, on n’a même pas préparer la capsule à mettre sur orbite de la démocratie, on met la charrue avant les bœufs, et on continue d’accepter comme des moutons de voir les choses se faire comme avant , c’est à dire gouverner comme avant, comme du temps de Bouteflika, du DRS et du FLN de 62. Cette chasse aux sorcières bien ciblée, cette forme de règlement de comble ciblé, est un grave précédent et cela ne contribue qu’à porter atteinte à la crédibilité, à la responsabilité et au sérieux de la république ! On risque de perdre tous les bénéfices du hirak, si on laisse AGS faire se qu’il veut tout en refusant d’entendre très vite les revendications de la rue !

Non, c’est trop ! J'en perds mon latin et promis je ne vais plus évoquer ce sujet avec vous ou parler de ce …. hirak …. qui est en train de faire du surplace dangereusement !!! Alors je vous dis : « qu’il se démerde ce hirak » , et c’est mon dernier mot !!

à dieu !

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oui y a de quoi y perdre pas que son latin , le Gaid et ses ga3 sont loin d'etres des enfants de cœur .marcher ensemble neuf fois (pas pendant neuf semaines) est tres fragile et c'est justement sur ce flanc faible que les hyènes vont attaquer . on le voit déjà, la majorité de la presse a prêté allégeance au nouveau Caïd et une bonne partie du peuple commence a étre envoûté par le chant des sirènes .
Elites ensommeillées, réveillez vous, parlez autour de vous, expliquez, sauvez la révolutions , parlez , parlez, c'est notre dernières chance de sauver ce qui peut l'etre. PARLEZ, PARLEZ...

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Gaïd joue à la vierge effarouchée alors qu'il était bien là à aider son "excellence" le maquisard des boites de nuit marocaines à foutre le bordel dans la maison "Algérie".

Pour qu'il soit crédible, il faut qu'il commence par arrêter ceux qui ont été cités par la justice étrangère (italienne et espagnole pour ne citer que celles-là) ainsi que dans les PANAMA Papers et autres à savoir KHELLIL, BEDJAOUI, BOUCHOUAREB et j'en passe sans compter tous ses amis du golfe qui se sont enrichis sur le dos de l'Algérie et qui se sont accaparés ses terrains les plus prisés. Pas de SAIDANI, pas de BARKAT, pas de DJAMEL OULD ABBES , rien que du menu fretin.

Avant de songer à arrêter les hommes d'affaires, il faut arrêter le clan mafieux des BOUTEFLIKA et celui des généraux véreux qui ont réparti le pays par créneaux commerciaux.

La politique est trop sérieuse pour être confiée à des militaires et le peuple algérien s'accroche à GAID pour lui instaurer la démocratie lui qui a assisté sans souffler mot à la dilapidation des richesses du pays.

L'armée algérienne compte en son sein de jeunes officiers brillants et ce vieux monsieur a dépassé de près de 15 ans l'âge de départ en retraite.

Nous n'avons pas révoqué BOUTEFLIKA pour le remplacer par un grabataire général "un jeune de 80 ans".

GAID ne veut que son bien et celui de son bienfaiteur pas celui du peuple.

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