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MUSIQUE

Azal Belkadi en concert samedi 12 septembre à l’Européen

Après une absence due à des programmes chargés à l’étranger puis à la conjoncture sanitaire, l’artiste kabyle Azal Belkadi (chanteur, styliste, artiste-peintre, sculpteur…) revient sur scène à l’Européen de Paris le soir du 12 septembre 2020. Ce retour, Azal le veut comme une célébration du dépassement des épreuves de la vie, une sorte d’ode à la joie.

Dès son entrée en scène, le charisme d’Azal est à lui seul un flux d’expression. En quelques secondes et d’un coup d’œil sur son public du haut de sa stature, il a tout dit sans avoir à desserrer les dents. Puis les chants fusent. Accompagné avec adresse par les musiciens Yoko Taniguchi au violon, Djamel Hamiteche à la percussion, Moussa Kaci à la flûte, Rachid Belarbi au piano, Azal plonge avec délectation et gravité dans les profondeurs des chants ancestraux. La transe débute.

Plaisirs et émotions commencent dès les notes d’introduction et s’amplifient avec les premières inflexions de voix. « Sih ay izri-w » (coulez, mes larmes …) nous transporte loin, littéralement loin dans la joie et la mélancolie. Le timbre grave d’AZAL donne à la musique et au rythme une puissance exceptionnelle de pénétration, de séduction, de magie. Toute cette épaisseur congruente sonde si loin dans l’intime de « tasa », "le foie", cet organe qui, pour les Kabyles et plus généralement les amazighs - berbères-, est le réceptacle de l’amour filial, de la tendresse trans-lignées que des générations de mères et de grand-mères ont planté dans la culture collective, dans le champ émotionnel commun. 

C’est ainsi que son répertoire tire ses pouvoirs et ses sens dans les flux invisibles de l’énergie ancestrale. Ils confèrent à l’artiste une grande capacité d’émouvoir comme le faisait Taous AMROUCHE à qui il emprunte quelques morceaux choisis. Depuis des années que j’écoute et que je vois AZAL sur scène ou en répétition, je redécouvre à chaque fois avec enchantement la planète kabyle où se mêlent les musiques sacrées et profanes, complaintes et cadences. La grâce d’AZAL et celle de la belle danseuse SIHAM qui l’accompagne nous ouvrent, dans l’harmonie, à des réalités transcendantes, à des états intérieurs à la fois élevés et profonds. C’est dans cette ambiance de vivacité, de grand spectacle et de recueillement qu’un hommage appuyé sera rendu à IDIR, notre immense artiste récemment et prématurément disparu.

La soirée sera, à coup sûr, riche, belle et magique. Réservons vite nos places, rendez-vous est donné ce samedi (18h pour la billetterie très limitée sur place) à 19h à l’Européen – 5, rue Biot Paris 17ème – Métro Place de Clichy. 

D’avance merci Azal Belkadi. Tajemilt tameqrant !

 

Auteur
Hacène Hirèche (consultant Paris)