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DECRYPTAGE

Baisse «dramatique» du gaz algérien vers l’Italie

Dans son  bilan du premier semestre 2019, le géant italien ENI, principal client gazier de l’Algérie, révèle la baisse « dramatique » des exportations algérienne vers l’Italie durant ces premiers mois de l’année en cours. (01)

Les volumes y compris le  gaz naturel liquéfié (GNL) qui étaient de 6,48 milliards de m3 durant la même période en 2018 sont redescendus  à 3,73 milliards de m3 de janvier à juin 2019 soit une baisse de 42,4%. Le rapport relève que cette baisse drastique non attendue devait le contraindre pour faire de la gymnastique afin de combler ce déficit qui a certainement causé une perturbation dans la programmation de la compagnie italienne qui a réussi à trouver son salut là où on ne s’attendait pas.

En effet, la Libye en plein guerre civile et dans une instabilité depuis plusieurs années a fait un effort pour une disponibilité de plus de 1,1 milliard de m3. Les six premiers mois de l’année  2018, elle a fourni aux Italiens 1,80 milliard de m3, elle en a  approvisionné durant la même période en 2019, 2,90 milliards de m3.

Les autres clients y compris la compagnie elle-même par ses propres moyens sont restés stables voire presque au même niveau avec la Russie qui a fourni durant  les six premiers mois 2018 et 2019, 13,29 milliards de m3  successivement. 

Cette situation était attendue depuis ces deux dernières années où des déviations des gaz d’injection pour  compléter les exportations, souvent sans l’aval de l’Etat (Alnaft, ministère, conseil d’administration), ont porté atteinte aux gisements sur le court terme. Pour rappel, au premier trimestre 2017 les volumes avaient augmenté de 6,6%. La baisse est amorcée à partir du deuxième  trimestre de la même année et depuis n’a cessé de suivre cette tendance négative. En volume les exportations ont baissé de 8,4% en 2018 après avoir enregistré une baisse de 3,5% en 2017.

Les exportations des hydrocarbures ont creusé le déficit en cours  

L’APS qui cite la direction générale des douanes, dans son site hier mardi vient d’alerter sur le déficit  de la balance commerciale qui a dépassé 3 milliards de dollars avec des importations en moins qui ont-elles mêmes ont baissé de 4,30% en gagnant un milliard de dollars sachant que les produits alimentaires ont pris les 50% soit un demi milliard de dollars. Le reste revient à la coupe réalisée sur le programme du montage des véhicules en limitant carrément les importations des kits des CKD/SKD et bien d’autres produits. Ce qui est sûr, c’est que si les prévisions du deuxième semestre ne sont non plus optimistes, la dévaluation du dinar devient une nécessité absolue. 

La baisse des exportations des hydrocarbures, selon toute vraisemblance, se poursuivra. Et Les revenus ne pourront plus financer les besoins essentiels pour le circuit économique et social. Auquel cas, le recours à l’endettement extérieur sembleinévitable.                              
R. R.

Renvoi                                                                                                                                                                                                   

(01)- https://www.eni.com/docs/en_IT/enicom/publications-archive/publications/reports/reports-2019/Interim-consolidated-report-June-30-2019.pdf

Auteur
Rabah Reghis
 

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