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COUP DE GUEULE

Berbérophones, mes frères !

Cette affaire du drapeau amazigh m'a personnellement bouleversé car c'est au-delà de la rage qu'elle me fait réagir, dans une forme extrême de l'abattement. Alors, je prends ma plume, comme depuis des décennies, pour dire encore et encore, inlassablement, ma peine que cette force plurielle de ce pays, celle qui définit mon identité de naissance et lui donne cette grande beauté, soit entre les mains de bigots en phase terminale de dégénérescence.

Comment vous dire, vous expliquer ce sentiment ? Il a toujours été le mien depuis que je me souviens de mes pensées autonomes, celles que la bêtise collective n'atteint jamais lorsqu'elles sont protégées d'une muraille puissante, de celles que seule l'école sait en construire.

Je n'ai jamais compris pourquoi on inflige cette blessure, ce sentiment de déni du droit légitime de mes frères de Kabylie. Moi, j'ai envie de hurler au monde que cette Kabylie est mon pays et que si elle a mal, c'est moi qui ressens la douleur car la Kabylie est mienne autant que mes deux lions de la place d'armes d'Oran.

J'ai envie de crier à la planète entière que je me fiche totalement des différences linguistiques et autres apparats régionaux distinctifs. Ce qui compte c'est la nature profonde des êtres humains qui partagent ma terre natale.

Si c'est pour être confronté à des absolutistes, alors je ne reconnais pas ce pays comme étant une part importante de mon identité. Ce qui m'importe dans les différences culturelles, c'est l'apport de l'intelligence, de la fraternité et du projet commun si cher et exprimé dans le merveilleux discours d'Ernest Renan.

De mes frères Kabyles, je n'attends ni une explication de la différence ni un effort de la gommer. Si un jour il en était ainsi, j'aurais alors perdu ma Kabylie, celle de mon pays, on me l'aurait arrachée.

Moi, je me suis toujours fendu de rire à écouter l'accent de Kabylie lorsqu'il est porté à l'extrême. De ces rires qui font la fraternité et le sentiment d'une douce tonalité du pays. Je sais qu'on se moque du mien, le fameux accent guttural d'Oran, et c'est très bien ainsi. Lorsqu'on aime on peut rire de ses différences, elles sont le chant de la nature humaine.

Pourtant, géographiquement, la Kabylie fut toujours lointaine pour moi car j'ai vécu une enfance dans un pays où on ne voyageait pas sinon à être fonctionnaire ou en mission professionnelle. Mais cela n'a pas d'importance car j'ai vu pour la première fois de ma vie le désert lors de mon voyage à Las Vegas lorsque mon premier salaire me l'avait permis. Pourrait-on alors penser que le désert n'est pas partie intégrante de mon pays natal ? Ce serait une absurdité de le prétendre.

Et puis, avec ce rire fraternel qui est le mien, je souhaite les prévenir qu'en ce qui concerne la JSK, un jour Oran finira par lui mettre une bonne raclée sur le terrain. Mon grand militantisme pour l'union nationale ne me fera pas dévier de l'idée que l'hégémonie scandaleuse de cette équipe de Kabylie doit cesser. Et puis, depuis que je suis parti d'Algérie, quel est cette incongruité qui a fait tourner les choses au football. Depuis quand nos frères kabyles savent-ils jouer au football ?

Et pourquoi pas Adrar, championne de surf ? Et Tiaret, de ski alpin ? Non mais... !

Je souhaite tellement que mes compatriotes berbérophones sachent que je les aime autant qu'ils auraient parlé n'importe quelle langue au monde. Ce n'est pas de ma faute si je ne la comprends pas mais qu'ils sachent que je la ressens être une partie de mon identité nationale et de l'histoire de ce pays que j'ai tant aimé. La première historiquement, je m'en fiche totalement car ce qui compte chez l'humaniste, c'est l'instant présent, pas le classement dans l'antériorité.

Je n'ai pas plus rejeté ce pays natal lorsque des écevelés ont essayé de m'apprendre une langue étrangère, l'arabe classique, qui fut un drame absolument cauchemardesque pour le francophone que j'étais.

Je ne sais plus quoi dire, quoi écrire pour persuader mes frères berbérophones qu'ils doivent enfin ressentir l'amour national envers eux et qu'ils se décontractent en vivant leur langue et leur culture avec une fierté que nous voulons être une force collective dans ce pays.

La langue n'est rien en soi, elle est pourtant tout lorsqu'elle véhicule l'éducation, la culture et l'intelligence. Je ne vois pas pourquoi je serais privé de l'éducation, de la culture et de l'intelligence de mon pays sous le seul prétexte que je ne comprends pas cette langue.

Cette affaire du drapeau, je l'ai déjà dit, m'a mis dans un état profond de dépression car je ne sais plus quoi dire ni faire pour qu'enfin cette fracture nationale se résorbe. C'est pourtant si facile, si simple.

Il est vrai qu'un drapeau national est constitutionnellement une identification avec des conséquences juridiques. Mais d'une part, quel mal y a-t-il à défiler avec les couleurs qui portent la marque identitaire et culturelle d'un pays ?

La solution est simple, changeons de drapeau afin d'y reconnaître toutes les marques identitaires et historiques du pays. Ce n'est pas plus grave que cela et, franchement, l'unité nationale, c'est dans les cœurs et les esprits qu'elle se façonne, pas exactement sur un bout de tissu qui n'est que sa conséquence symbolique.

Je suis un inconnu, isolé, mais pour ma part je ne vois pas quelle serait la force au monde qui m'empêcherait de dire aux berbérophones : « Vous êtes mes frères, je vous aime et je ne veux plus que vous souffriez ! ».

Aucune force au monde et certainement pas les zélés du régime militaire. Mais si la JSK continue à gagner Oran, je reviens et mets un maillot pour venger l'affront. J'étais un excellent ailier droit, il y a cinquante ans.

Auteur
Sid Lakhdar Boumediene, enseignant
 

Commentaires

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Je crois que ses obscurantistes arabo-baasiste, notre fraternel union entre nous le peuple Algérien (Arabe-kabyle-chawi-mzabi-cheulhi-Tergui ) les rend malade tellement malade qu'ils ne dorment plus, alors comme vous si Boumedienne, je dis peuple Algérien aimez vous en couleur comme les oiseaux du ciel: vert, rouge, jaune, bleu, blanc, bref, aimez vous comme les couleurs de l'arc en ciel

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Bonnes paroles mon frère. La Kabylie te salue. La Kabylie salue Oran, Tlemcen, Annaba, Canstantine et toutes les autres villes et régions d'Algérie. Le drapeau n'est qu'un pretexte, une excuse ou plutôt un échappatoire pour ces monstres invisibles car ils n’ont plus rien a jouer. Les stratagèmes sont finis. SANS DIVISER ILS NE POURRONT JAMAIS REGNER ! C'est leur travail depuis 1962. Rien d'autre: Voler et ruser avec le peuple.
Jamais le peuple ne s’est retrouvé si uni que depuis le 22 février 2019.
Jamais le peuple ne s’est compris de l’est a l‘ouest et du sud au nord que depuis le 22 février 2019.
Ces gens ne pourront jamais prospèrer en milieu transparent, propre et clair. Comme des bactèries, ils ne prospèrent que dans la saletè, l'opacité, la confusion, la diversion et les divisions. Ils sont la HONTE de ce grand pays car ils n’ont rien pu faire quoi que ce soit pendant 57 ans, a part ruiner le pays et le peuple. Ils ont toujours triché et utilisé la ruse. Ils ne savent rien faire d’autre a part mentir, ruser et decevoir leur prochain. Leurs religions sont la force, la ruse, le mensonge et les contre pieds pour désorienter et conditionner le peuple.
Alors qu’ils fassent ce qu’ils veulent, qu'ils arrêtent qui ils veulent, une chose est SURE: LE PEUPLE A COMPRIS. Le peuple comprend dorénavant qui est leur vrai ennemi: Les nouveaux colons installés depuis 1962 pour remplacer le colonialisme français. Alors cher frère, un grand salut de Kabylie. Mis a part la JSK qui fut, et restera toujours notre facteur de lutte, je vous repproche une chose: Ah si vous nous aviez juste un peu écouté depuis qu'on a découvert le vrai pot aux roses des vrais mercenaires déguisés tantôt a travers l'islam, tantôt a travers le nationalisme de la dernière pluie, ces pseudo-nationalistes, qui sont au fait des voleurs qui crient "au voleur". En utilisant leurs diversions de "hizb franca", de ceci et de cela, ils ont jurés du fond d'eux-mêmes de détruire notre patrie ! Mais il n'est jamais trop tard et il ne sera jamais trop tard car on lutte pour la véritable indépendance finale de notre ALGERIE ou tout le peuple, dans toute sa richesse et sa diversité COMMENCERA enfin a vivre heureux, solidaire et uni. Ainsi naitra la nouvelle Algérie.

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ya si lakhdar dit au peuple de défiler avec des drapeaux et cartons rouges, pour faire sortir les mauvais joueurs, et surtout le vieil dernier gardien de buts, de l'aire de jeu.

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