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TRIBUNE

Ces politicards qui piétinent les droits de l'homme au nom de la camaraderie

Je me demandais tout le temps pourquoi mon peuple ne croit plus en aucun politicien et pour quelle raison, a-t-il perdu confiance en ces hommes et en ces femmes.  

J'ai trouvé que chez ces gens avides, c'est tout le temps l'intérêt personnel et la camaraderie qui l'emporte sur les convictions et je dirai même sur l'intérêt de la patrie. 

Il y a des moments où je préfère "Abou marteau", cet obscurantiste, islamiste et salafiste qui s'est attaqué avec acharnement à l'aide d'un marteau à la splendide statue qui représente une femme nue à Aïn El Fouara de Sétif pour la saccager à cause de sa nudité. En dépit de cet acte ignoble, condamnable et digne des comportements moyenâgeux, au moins cet énergumène possède une conviction enracinée jusqu'à la moelle et croit dur comme fer que sculpter la forme d'une élégante femme avec la tenue d'Eve est un péché capital qui provoque la colère céleste. 

À l'époque où c'étaient les valeurs démocratiques, les convictions et l'honnêteté qui donnaient la grandeur aux hommes publics, chez les grands de ce monde devenus en nos temps une espèce rare et en voie d'extinction, le racisme, la haine, la violence, l'intolérance et l'exclusion sont des actes lâches, odieux, honteux et scandaleux à ne justifier en aucune manière et en aucun cas, tout le temps et partout sur la planète. 

Mais maintenant, comme disait feu Abdelhamid Mehri : "Nous sommes au temps de la médiocrité et la médiocrité possède ses détenteurs". 

Ces soi-disant politiciens chez qui la camaraderie et la confraternité priment toujours sur les valeurs universelles et les droits de l'homme osent aujourd'hui s'autoproclamer avocats du diable afin de justifier ses horreurs. 

Comme le ridicule ne tue pas et la terre n'engloutit pas, ils nous sortent ce qu'ils appellent le "Timing". 

Oh, mon Dieu ! Cette phrase me rappelle le temps du parti unique et leur journal de vingt heures qui nous agressait avec ce "timing" par la phrase suivante : ( (لماذا في هذا الوقت بالذات "Pourquoi précisément en ce moment ?" Et cela, chaque fois que le peuple tente de secouer le joug de la dictature ou chaque fois qu'un des dignes fils de cette patrie tente de révéler leurs crimes odieux. 

Je crois qu'à force d'observer les pratiques du pouvoir en place, beaucoup de ces politicards finissent par imiter le comportement de nos despotes dans la pratique comme dans leurs discours. 

Sinon, comment tolérer et justifier qu'un Algérien invite d'autres Algériens à s'exiler et à quitter leur patrie mère, juste parce qu'ils ne se souscrivent pas à son opinion religieuse ? 

Est-ce que ce peuple s'est-il révolté juste pour troquer ce régime despotique contre un autre régime encore pire qui va expatrier et expulser les Algériens pour leurs opinions comme le faisait le colonialisme français en condamnant tout rebelle à l'exil vers l'île de Cayenne ? 

La gravité n'est pas dans la personne qui a vomi ce venin, car on peut aisément en faire une opinion sur elle, mais dans ces politicailleurs et ces soi-disant démocrates qui tentent de l'innocenter et de la blanchir. 

À ma connaissance, un politicien digne de ce nom est une personne qui propose à son peuple un projet soigneusement réfléchi et étudié. Et lorsqu'il prend la parole, tous ses dires doivent être inspirés de ce qui a été réfléchi et inscrit dans son programme. Bien évidemment, tout humain peut tomber dans l'erreur, mais il est intolérable de tenir un discours qui contredit son projet, sinon le type n'est qu'un imposteur sans scrupule qui veut tromper ses concitoyens ou c'est une personne qui aime plaire à tout le monde et qui change de discours suivant les lieux et les circonstances. Et dans les deux cas, cette personne, si elle n'ennuie pas à la patrie, elle ne lui apportera rien de bon. 

Je crois que ces gens qui appliquent la ridicule citation qui dit : "Je prends ta défense que tu as raison ou que tu as tort", ils portent atteinte non seulement à la raison et aux droits d'autrui, mais aussi à leurs amis qu'ils encouragent à continuer dans leur cynisme et leur aberration, car un ami bienveillant doit inciter son camarade égaré à rétablir son bon sens et corriger son erreur et non pas à l'applaudir même dans sa perdition. 

Si je résonne avec le "timing" de ces plaideurs qui disent que la phrase a été lâchée depuis quelques années, pourquoi juger son auteur aujourd'hui ? 

Je dirai : et vous ? pourquoi voulez-vous juger aujourd'hui, ceux qui ont assassiné 250 000 Algériens, alors qu'ils ont commis leurs crimes dans les années 90 ?

Pourquoi vouloir présenter à la justice les assassins des 128 jeunes Kabyles, eux aussi ont tiré à bout pourtant sur ces juvéniles en 2001.

Pourquoi poursuivre aujourd'hui les concepteurs et les exécuteurs du rebelle Matoub Lounes, alors qu'ils l'ont liquidé en juin 1998. 

Pourquoi nous répéter aussi avec dégoût les paroles d'Ouyahia qui disait : "Le peuple n'est pas obligé de prendre des yaourts" et qui disait aussi :" Affame ton chien, il te suivra" ? Toutes ses paroles ont été prononcées selon votre "timing" dans le passé qu'il ne faut pas juger. 

D'après votre "timing", aucun crime, aucun génocide et aucune atteinte aux droits fondamentaux ne seront jugés et condamnés s'ils sont découverts quelques années plus tard. Quelle absurdité ! Quelle aberration ! et quelle stupidité !  

De grâce, cessez ces calomnies et ces camaraderies aveugles, car ce qui est odieux et odieux. Respectez au moins les chartes des partis auxquels vous êtes adhéré et la Déclaration universelle des droits de l'homme que vous chantez sur tous les toits, notamment ses articles 13 et 18 :

Article 13 : "Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays".

Article 18 : "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion".

Auteur
Rachid Mouaci