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Mohammed Hachemaoui

C’est le DRS qui dirige l’Algérie pas le président Bouteflika !

Le général Mohamed Mediene, ancien patron du DRS, garde la main sur les leviers du pouvoir, selon Mohammed Hachemaoui.

Dans un entretien accordé au quotidien français La Croix, Mohammed Hachemaoui, chercheur en sociologie politique et enseignant à Sciences Po de Paris, bat en brèche la thèse de la fin du Département du renseignement et sécurité. Il estime que ce n’est pas le président Bouteflika qui dirige le pays.

L’Etat profond garde la main sur le pays. Saïd Bouteflika et son frère ne dirigent pas le pays. C’est une fable. C’est Mohammed Hachemaoui qui l’affirme dans cet entretien. L’AVC qui qui foudroyé le président Bouteflika en avril 2013 a « mis à nu le régime en révélant au grand jour les institutions qui gouvernent l’Algérie, à savoir la police secrète, l’État profond. Depuis lors s’est mise en place une narration hégémonique qui fait de Saïd Bouteflika, le frère du président, un « vice-roi » à la tête du « clan présidentiel » et qui prétend à une « déstructuration » et une « décapitation du DRS » (le département du renseignement et de la sécurité), la puissante police politique ». L’analyse remet toutes les analyses dont sont abreuvés les Algériens depuis cinq ans.

Le pouvoir informel

Que l’ancien patron du DRS ne soit plus en fonction depuis 2015 ne semble pas gêner l’analyste. Il estime que que «le chef de l’État n’est que la façade institutionnelle derrière laquelle se cache le pouvoir réel, ce dernier ayant été siphonné par le DRS et son redoutable patron depuis 1990, le général de corps d’armée Mohamed Liamine Mediene alias « Toufik ». Mohammed Hachemaoui observe que « plus de deux ans et demi après » après le limogeage de Mohamed Mediene, ancien chef du DRS, il n’y a eu « aucun décret certifiant le prétendu « départ » ». Et celui concernant la nomination de son successeur, Bachir Tartag, n’a pas été publié ». Voilà qui douche froidement nos petites croyances !!!

Et surtout, ajoute Mohammed Hachemaoui, «ce n’est pas parce que la police secrète aurait une nouvelle fois changé d’appellation – DSS ou département de surveillance et de sécurité – qu’elle a été dissoute ». Pour lui donc c’est une mise en scène établie avec la complicité de la presse car « l’élément de langage « dissolution du DRS », que la presse a répété en chœur, est trompeur». Si l'on comprend cette analyse, "l'Etat civil" tant vanté par le clan Bouteflika et ses courtisans est une chimère, elle est à mettre sur le compte de toutes ces billevesées relayées par les médias acquis au terrible DRS. Nous sommes désormais avertis !!!

Auteur
La rédaction