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TRIBUNE

Cnuac : le combat pacifique doit continuer 

La Coordination Nationale des Universitaires Algériens pour le Changement (CNUA) a rendu publique la déclaration suivante.  

A quelques heures du deuxième anniversaire du soulèvement populaire, le bricolage et la fuite en avant du pouvoir continuent. Belle et cinglante fut la réponse, venue de Kherrata en ce jour du 16 février 2021 au déni dont est l’objet  la volonté d’un peuple. Au pied du massif des Babors, l’Algérie s’est donné rendez-vous, encore une fois, pour affirmer sa  détermination d’aller vers un véritable changement. 

Rien n’a changé.

L’espace public demeure confisqué. La liberté d'expression est toujours muselée. Les journalistes, constamment, emprisonnés sans état d’âme les détenus d'opinions sont maltraités, torturés et parfois même violés. C’est par cette répression violente, abjecte et aveugle que le pouvoir en place tente de faire taire toute voix libre, qui s’élève discordante ou dissonante.

La liberté de l’exercice politique est, encore et toujours, négociée dans les arcanes du pouvoir. Les institutions de l’Etat continuent d’être contrôlées d’en haut et la crise politique persiste à être régentée à coup d’ateliers, de commissions, de décrets, le tout encadré par une gestion sécuritaire et autoritaire. 

Un comble en ce mémorable lundi 22 février 2021 ! Notre collègue, Fatma Boufenik, enseignante universitaire et militante féministe, infatigable des causes justes, sera convoquée par la justice pour avoir tenu un sit-in.

C’est dire que le droit de manifester inscrit dans la Constitution n’est qu’un leurre. Quelle possibilité a la société civile d’exister et de s’exprimer, dans un climat d’arrestations arbitraires diligentées par une justice aux ordres ? Ceci continue de se dérouler alors que les Algériennes et les Algériens, ont cru que plus rien ne serait plus jamais comme avant, alors qu’on leur martèle des velléités d’un pseudo changement avec l’avènement d’une Algérie Nouvelle. 

Du Hirak al-assli au Hirak al-moubarak la perversion, la manipulation et la récupération politiques sont au pied du mur. 

Aux décideurs actuels, qui ont pris tout un peuple en otage, nous disons que le cynisme d’une grâce présidentielle ne saurait cautériser les profondes blessures, infligées à des personnes, qui se sont retrouvées embastillées par le fait d’une justice instrumentalisée. De même qu’il est vain de vouloir gommer par une tardive dissolution l’illégitimité légendaire d’une Assemblée Nationale dont les membres sortent plutôt de la « chkara » que de l’urne.

Enfin, que peut, raisonnablement, apporter au pays un prétendu remaniement ministériel opéré par des dirigeants qui ne sont pas investis de la confiance du peuple qui, massivement, a boycotté les deux derniers scrutins.

Seul un long travail, fondé sur la consultation de la population, de réflexion à l’échelle de l’histoire politique de notre pays, pourra  permettre aux institutions de retrouver le chemin de la légitimité. Nous nous sommes reconnus comme peuple uni, le 1er Novembre 1954, autour d’une déclaration qui en appelait à une République Démocratique et Sociale.

Sachez-le une fois pour toutes messieurs les décideurs « d’en haut », que le peuple algérien aspire plus que jamais à :

· L’exercice plein et entier de sa souveraineté. 

· La réécriture des textes fondamentaux.

·  Un changement radical du mode de gouvernance du pays.

Et exige : 

· Le passage immédiat et sans tutorat à une transition démocratique.

Face à son histoire, fidèle à ses engagements et à ses martyrs, le peuple algérien n’a pas d’autres choix, dans l’état actuel des choses que de continuer la révolution pacifique et citoyenne. C’est de cette manière que pourra être conquise la souveraineté populaire

Pour une Algérie souveraine, libre et démocratique, le peuple vaincra.

Le 21 février 2021