Aller au contenu principal
Body

TRIBUNE

CNUAC : solidarité avec Karim Tabou et les prisonniers d’opinion

La Coordination nationale des universitaires algériens pour le changement (CNUAC) estime dans une déclaration que la condamnation de Karim Tabbou est une insulte à "l'Etat de droit". Les universitaires pourfend le simulacre de justice qui sévit contre les voix de l'opposition.

Voilà qu’aujourd’hui s’est creusé encore davantage le fossé entre légalité et légitimité de ce que l’on désigne par « pouvoir algérien ». Loin d’obtenir une légitimité, qui lui fait pourtant défaut, ce «  pouvoir » s’échine à vouloir faire taire toute voix qui s’oppose au destin qu’il s’évertue à imposer à la population.

Contre toute attente, et en pleine crise sanitaire, il choisit de renforcer son caractère répressif et profite du malheur de la société et de la douleur du peuple pour redoubler de violence. Le procès de Karim Tabbou - pire qu’une parodie - est une insulte à l’Etat de droit et une profanation de l’esprit de justice. Encore une fois, cette dernière n’apparaît seulement que comme aux ordres ! Ce pouvoir sortira encore plus dégradé de ce simulacre de justice et reporte, encore une fois, l’émergence d’une justice indépendante. Faut-il rappeler que la question de la légitimité a toujours été secondaire pour tous les pouvoirs qui se sont succédé depuis 1962 ?  

Karim Tabbou est le patronyme de toute Algérienne et de tout Algérien. Ce procès inique porte la marque d’un arbitraire sans nom et d’un mépris inacceptable vis-à-vis du peuple algérien au nom duquel est rendue la justice. Les Algériennes et les Algériens sont en mesure d’observer que rien n’a changé dans ce système sclérosé.

Il persiste dans sa politique de mépris et de répression de toute expression émanant  de la population. Il a par ailleurs, par le passé, montré prouvé qu'il faisait peu de cas de la vie de la population comme lors du décès du journaliste Mohamed Tamalt et plus récemment de celui du militant Kamel Eddine Fekhar qui, par leurs actions désespérées, ont voulu mettre en avant une parole qui ne sera jamais entendue. C'est donc de la même façon que Karim Tabou, Brahim Daouadji et bien d’autres, risquent de connaître le même sort, dans l’indifférence totale de nos gouvernants ! Nos pensées vont d’ailleurs à leurs familles.  

Nous, enseignants membres de la Coordination nationale des universitaires algériens engagés pour le changement (CNUAC), tenons à dénoncer énergiquement les verdicts sévères et inadmissibles prononcés à l’encontre de tous les détenus d’opinions. Nonobstant, nous savons que la loi, lorsqu’elle est l’expression de la justice, s'impose comme une manifestation d’une autorité légitime, et le procès de Karim Tabou compte parmi les instruments de répression mis en branle par le pouvoir, dans le but de livrer encore et encore ce qui reste du sort de notre pays à la prédation des issaba, toujours  à l’œuvre. 

Tandis que l’on assiste  à l’émergence d’une conscience citoyenne et politique qui a renforcé la cohésion sociale nationale. En face, nous avons un  pouvoir composé de figures différentes, mais d’une même réalité : des instruments de répression destinés à nous contenir pendant qu’une issaba, des issaba continuent  à décider de notre sort et se livrent à des actions de prédation.  

Nous appelons à une grande mobilisation via la presse et les réseaux sociaux, en raison des recommandations inhérentes à la crise sanitaire que vit notre pays. Cette mobilisation se doit d'être celle d’un peuple uni contre l'injustice et pour exiger la libération immédiate et sans condition de tous les détenu-es d’opinion. 

Pour une Algérie libre et démocratique

Alger, le 25 mars 2020